PEUR DES COMPOSANTS DES VACCINS

            

PEUR DES COMPOSANTS DES VACCINS

            

Les composants des vaccins

    

Le processus de fabrication des vaccins
Les composants des vaccins
Les antigènes
Les adjuvants 
Les conservateurs (Thiomersal)
Les stabilisants
Les composants à l'état de traces (Formaldéhydre / antibiotiques)

       

De nombreux composants sont présents dans les vaccins, utiles pour son bon fonctionnement ou au cours de son processus de fabrication. On y retrouve les antigènes, les conservateurs, les stabilisants, les adjuvants, les antibiotiques et autres composants à l’état de traces.[1]

La composition de chaque vaccin est disponible sur les liens suivants : DTP, coqueluche, Haemophilus influenzae b, hépatite B, pneumocoque, Rougeole-Oreillons-Rubéole, Méningocoque C, grippe, zona et papillomavirus.

 

/// Le processus de fabrication des vaccins

Le processus de fabrication est long et complexe. On estime qu’il faut entre 6 mois et 2 ans pour produire un vaccin. 70% du temps est en réalité consacré aux contrôles de qualité et de sécurité effectués à chaque étape de la fabrication.[4]

 

Les étapes de fabrication

            

production

 

1/ La première étape consiste à produire  la substance active, c’est à dire l’antigène. L’antigène provient du germe responsable de l’infection (bactérie, virus…), et il peut être :[4]

  • le germe lui-même sous la forme vivante mais atténuée (vaccins vivants atténués)

  • le germe ou une fraction du germe inactivé, ou encore une toxine produite par le germe. (vaccins inactivés)

         

Les étapes de production de la substance active sont les suivantes :[4][5]

  • Constituer la banque de germes : c’est-à-dire regrouper les virus et les bactéries et les conserver de manière à garder leurs propriétés constantes.

  • Mettre en culture et amplifier : Il s’agit de constituer un milieu avec un support nutritif pour leur développement. Certains milieux sont constitués de cellules ou sur des oeufs de poule (grippe, fièvre jaune). Tous les paramètres doivent être soigneusement maîtrisés (durée, température, pression, composition du milieu, aération etc.).

  • Extraire l’antigène produit du milieu de culture (la “récolte”).

  • Purifier la substance de toute impureté et la concentrer par des procédés physiques (centrifugation).

  • Inactiver la substance produite (si nécessaire) par la chaleur ou par des agents chimiques (ex: formaldéhyde) afin de supprimer le pouvoir pathogène tout en conservant le pouvoir immunogène.

  • Fabriquer “les valences antigéniques”, c’est à dire rassembler les substances antigéniques en un seul composé appelé “valence antigénique”. Par exemple, la valence antigénique contre la poliomyélite regroupe trois antigènes regroupées ensemble.

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2/ La seconde étape consiste à obtenir le produit final : c’est la mise en forme pharmaceutique :[4][5]

  • Assembler les valences pour constituer les vaccins combinés

  • Formuler le vaccin : cela consiste à ajouter les adjuvants afin d’augmenter la réponse immunitaire, les stabilisants afin d’améliorer la stabilité du produit et les conservateurs afin d’empêcher les contaminations.

  • Répartir le produit en flacon ou en seringue de manière stérile.

  • Lyophiliser le vaccin (si besoin) : cela consiste à retirer l’eau et à le transformer en poudre, ce qui lui assure une meilleure stabilité et donc une meilleure conservation

  • Conditionner, c’est-à-dire étiqueter les vaccins et les mettre en boîte sous forme de lots. Chaque lot représente un ensemble homogène de fabrication de doses.

  • Contrôler les lots : les vaccins font l’objet d’un double contrôle, par l’industriel et par une autorité indépendante. S’ils sont satisfaisants, les lots sont libérés et prêts à être commercialisés.

  • Livrer les lots en pharmacies, centres de vaccination, hôpitaux etc.

        

De nouveaux modes de production

 

La technique de génie génétique : elle consiste à insérer le gène codant pour l’antigène dans le génome d’une cellule animale, d’une levure, d’une bactérie ou d’un virus. On parle de vaccins recombinants. Plusieurs solutions sont alors possibles :[2][4]

  • On attend que la cellule synthétise l’antigène in vitro, puis on purifie et extrait l’antigène qui constitue alors la matière première du vaccin. C’est la méthode utilisée notamment pour les vaccins contre hépatite B et les papillomavirus.

  • On injecte le virus portant le gène codant après l’avoir atténué à l’individu, sous forme de vaccin. Celui-ci va alors se répliquer au sein des cellules de l’hôte et produire l’antigène.

 

La synthèse chimique : elle consiste à reproduire in vitro l’antigène complet, de manière complètement artificielle.[2]

 

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/// Les composants des vaccins

 

Les antigènes

Les antigènes sont les molécules dérivées de la structure des organismes infectieux qui sont reconnus comme “étrangers” par le système immunitaire (SI). Ils sont à la base du principe de la vaccination. Une fois détectés, le système immunitaire s’active et produit une réponse protectrice dirigée contre ces antigènes, principalement via la production d’anticorps.[1]

Le fonctionnement de la vaccination ainsi que les différents types de vaccins sont détaillées dans l’articles : La vaccination et ses avantages

       

Les adjuvants

Les adjuvants sont conçus pour augmenter et moduler la réponse immunitaire provoquée par l'antigène vaccinal injecté (la renforcent, l'accélèrent et la prolongent). Ils sont indispensables pour les vaccins inactivés qui sont moins immunogènes que les vaccins vivants. De plus, ils permettent de réduire la quantité d’antigènes par dose et le nombre total de doses nécessaires et renforcent la réponse chez les populations au système immunitaire défaillant (sujets âgés, immunodéficients, nourrissons).

Ils sont utilisés depuis des décennies et à ce jour, il en existe plusieurs centaines de types différents : le plus connu et l’un des plus anciens couramment utilisé étant les sels d’aluminium.[1][2][6]

 

Les adjuvants et leur sécurité sont détaillées dans l’articleadjuvants, aluminium et narcolepsie”.

 

 

Les conservateurs (Thiomersal)

 Le rôle des conservateurs est de maintenir l’asepsie des vaccins en empêchant la contamination et  la prolifération bactérienne ou fongique, qui pourrait survenir en cas de contamination accidentelle du vaccin, comme cela peut être le cas lors de la ponction répétée des flacons multidoses. Ils peuvent également être utilisés au cours du processus de fabrication pour empêcher la prolifération bactérienne.[1][7]

 Il existe différentes substances, les principaux étant le thiomersal (ou thimérosal) et les dérivés du phénol (phénol et 2-phénoxyéthanol).[3][6]

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Les stabilisants

Leur rôle est de préserver l’efficacité du vaccin pendant toute la durée du transport et du stockage.[1][3]

En effet, certains paramètres peuvent se modifier et influencer la stabilité du vaccin, comme la température ou le pH du vaccin (acidité / alcalinité) avec le risque d’une perte d’efficacité. Les stabilisants maintiennent le vaccin actif face aux changements provisoires de température et de pH. Ils sont donc essentiels, en particulier lorsque la chaîne du froid n’est pas fiable.[1]

Les stabilisants sont notamment représentés par les sucres, la gélatine, les acides aminés ou encore l’albumine (exemple : saccharose, le lactose-sorbitol, le sorbitol-gélatine, les sels de potassium ou de sodium, acide glutamique, glycine etc. ) [1][6][8]

         

Les composants à l’état de traces (Formaldéhyde / Antibiotiques) 

Il s’agit de substances qui ont été utilisées au cours du processus de fabrication et progressivement éliminées au cours des différentes étapes. Cependant, elles peuvent persister à des quantités jugées infimes, dites “à l’état de traces”. Celles-ci servent :

- A éviter les contaminations bactériennes des cellules en cours de culture.[1] Il s'agit des antibiotiques dont les plus fréquents sont les suivants : néomycine, polymyxine B, streptomycine, gentamicine, kanamycine et l’amphotéricine B.[6]

- A favoriser la croissance des cultures virales ou bactériennes, nécessaire à la fabrication du vaccin. Par exemple : les protéines d’oeufs, l’albumine, levures, glycérol, sérum (ex : sérum foetal de veau ou bovin), acides aminés et enzymes. [3][6][8]

- A inactiver les virus ou les toxines composant les vaccins. Le plus fréquent étant le Formaldéhyde, mais également fréquemment le Glutaraldéhyde.[3][6] Ils sont quasi-éliminés de la composition des vaccins suite au processus de purification.[1]

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Sources

      Littérature grise

  1. MODULE 2 – Composants des vaccins - Les bases de la sécurité des vaccins [Internet]. [cité 7 janv 2019]. Disponible sur: http://fr.vaccine-safety-training.org/composants-des-vaccins.html

  2. GuideVaccinations2012_Principes_et_bases_immunologiques_de_la_vaccination.pdf [Internet]. [cité 14 déc 2018]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/pdf/GuideVaccinations2012_Principes_et_bases_immunologiques_de_la_vaccination.pdf

  3. Parents | Making the Vaccine Decision | CDC [Internet]. 2017 [cité 22 juill 2018]. Disponible sur: https://www.cdc.gov/vaccines/parents/vaccine-decision/index.html

  4. Processus de fabrication d’un vaccin [Internet]. [cité 25 févr 2019]. Disponible sur: https://vaccination-info-service.fr/index.php/Generalites-sur-les-vaccinations/Qualite-securite-et-efficacite-des-vaccins/Securite-et-qualite-des-vaccins/Processus-de-fabrication-d-un-vaccin

  5. infographie-A4-Vaccin-fabrication-020913.pdf [Internet]. [cité 25 févr 2019]. Disponible sur: https://www.leem.org/sites/default/files/infographie-A4-Vaccin-fabrication-020913.pdf

  6. Canada A de la santé publique du, Canada A de la santé publique du. Page 15 : Guide canadien d’immunisation : Partie 1 – Information clé sur l’immunisation [Internet]. aem. 2007 [cité 25 févr 2019]. Disponible sur: https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/publications/vie-saine/guide-canadien-immunisation-partie-1-information-cle-immunisation/page-15-contenu-agents-immunisants-utilises-canada.html

  7. Research C for BE and. Questions about Vaccines - Thimerosal in Vaccines Questions and Answers [Internet]. [cité 25 févr 2019]. Disponible sur: https://www.fda.gov/biologicsbloodvaccines/vaccines/questionsaboutvaccines/ucm070430.htm

  8. Research C for BE and. Vaccine Safety & Availability - Common Ingredients in U.S. Licensed Vaccines [Internet]. [cité 25 févr 2019]. Disponible sur: https://www.fda.gov/biologicsbloodvaccines/safetyavailability/vaccinesafety/ucm187810.htm

                 

Sécurité des composants vaccinaux

               

Les vaccins sont-ils des poisons ? Surveillance et sécurité.
La toxicité des conservateurs (le mercure) ?
Qu’est-ce que le Thiomersal ?
Quel est impact du mercure sur la santé ?
Le principe de précaution
Le thiomersal est-il toxique ?
La toxicité du Formaldéhyde
Qu’est ce que le Formaldéhyde ?
Un agent cancérigène reconnu
Les données de sécurité pour les vaccins
Les adjuvants, l'aluminium et la narcolepsie
La sécurité des autres composants (risque allergique)

              

Plusieurs freins à la vaccination sont cités concernant les composants vaccinaux, principalement concernant l’impression d’un manque de sécurité des composants ou leur dangerosité : “les composants ne sont pas sûr”, “les vaccins sont des poisons” (mercure, aluminium, formaldéhyde), “les conservateurs provoquent des dégâts neurologiques” etc. [4]

        

/// Les vaccins sont-ils des poisons ? Surveillance et sécurité.

 

L’innocuité des vaccins (et ses composants) fait l’objet de nombreuses mesures de surveillance. Elle est évaluée avant leur commercialisation avec l’étape préclinique chez l’animal, puis chez l’Homme dans les essais cliniques de phase 1 à 3. Après obtention de l’AMM, la surveillance des vaccins est poursuivie via la pharmacovigilance passive et active.

> Pour plus de détails sur les méthodes de surveillance et la sécurité vaccinale, cliquez ici.

> Pour avoir accès aux effets indésirables des vaccins, cliquez ici.

                    

/// La toxicité des conservateurs (le mercure) ?

        

Qu’est-ce que le Thiomersal ?

Le thiomersal est un conservateur très souvent utilisé depuis les années 1930 dans de nombreux pays. Son rôle est de prévenir la prolifération bactérienne ou fongique et de maintenir l’asepsie du vaccin, notamment dans les flacons multidoses, permettant ainsi de réduire les besoins et les coûts de stockage des vaccins.[5] Il peut également être utilisé au cours du processus de fabrication afin d’empêcher la prolifération des germes ou en tant qu’agent inactivateur, mais il est alors ensuite éliminé par la suite de manière à ce que seules des traces persistent.[1][6]

Son emploi (comme les autres conservateurs) s’est justifié au début du XXe, à la suite de plusieurs décès et complications graves liés à des contaminations bactériennes de certains vaccins multidoses.[1]

D’un point de vue biochimique, le thiomersal est composé à 49.6% d’éthylmercure.[5] Lorsqu’il est utilisé en tant que conservateur, la concentration de thiomersal dans le vaccin est de l’ordre de 0.003% à 0.01%, soit maximum 25-50µg/dose.[1][8]

 

Quel est impact du mercure sur la santé ?

Le mercure est un métal que l’on trouve naturellement dans l’environnement. L’être humain peut être exposé à deux types de mercure organique différents : le méthylmercure et l’éthylmercure.

  • Le méthylmercure est produit de manière naturelle dans l’environnement. On le retrouve dans certains poissons et coquillages pollués par l’activité humaine. Une consommation importante peut exposer l’individu à des taux élevés de méthylmercure, à l’origine d’une toxicité multiple menaçant le développement du foetus et du nourrisson : neurotoxicité (atteinte du système nerveux central), mais aussi toxicité digestive, immunitaire, pulmonaire, rénale, cutanée et ophtalmique.[10][14]

  • L’éthylmercure, dérivé du thiomersal contenu dans les vaccins, se comporte différemment. Celui-ci est métabolisé et éliminé par l’organisme beaucoup plus rapidement (demi-vie de 6 jours versus 40 à 50 jours pour le méthylmercure), ce qui rend l’exposition dans le sang plus brève et ne permet pas une accumulation du composé lorsque les vaccins sont administrés successivement. [6][10][14]

Le mercure existe également sous forme inorganique. Il est notamment employé sous cette forme dans certains produits cosmétiques (crèmes et savons éclaircissants). Ils sont jugés dangereux pour la santé humaine et sont interdits dans de nombreux pays.

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Le principe de précaution

A la fin des années 1990, une préoccupation est apparue, notamment aux Etats-Unis, à partir de l’hypothèse selon laquelle l’exposition précoce au thiomersal pourrait être associée à des déficits neuropsychologiques (comme l’autisme, les déficits d’attention, l’hyperactivité etc.) chez les enfants ainsi qu’à des atteintes rénales. Ces soupçons se basaient notamment sur des données disponibles concernant l’autre composé mercuriel, le méthylmercure.[8][9][10]

En 1999, la FDA a comparé la quantité de mercure qu’un enfant pouvait recevoir suite aux vaccinations systématiques et la limite fixée concernant l’exposition au méthylmercure, étant donné l’absence de directives pour l’éthylmercure. L’exposition maximale liée à la vaccination était souvent conforme, mais pouvait selon certaine formulation vaccinale ou certains nourrissons (prématurés) dépasser cette limite.[1][7]

Ainsi, malgré l'absence de données évoquant un préjudice quelconque pour le nourrisson, les services de santé américains (dont l’académie de pédiatrie, le National Institute Health, le CDC et la FDA) ont recommandé la réduction voire l'élimination du mercure dans les vaccins administrés aux nourrissons par principe de précaution. Cette décision a été prise devant la possibilité de créer des vaccins aussi sûrs et efficaces sans thiomersal, notamment en réalisant des conditionnements à usage unique.[6]

En France, les agences de santé se sont ralliées aux agences européennes et à l’OMS afin d’inciter les laboratoires à développer des vaccins unidoses ne contenant pas de thiomersal en vue d’une utilisation en pédiatrie.[8] Ainsi depuis 2002, en Europe et aux Etats-Unis, tous les vaccins indiqués chez l’enfant sont désormais dépourvus de thiomersal ou n’en contiennent plus qu’à l’état de trace (à l’exception du vaccin anti-grippal aux Etats-Unis). A noter qu’en France, seuls deux vaccins en contenaient (vaccin anti-hépatite B et anti-grippal) dans les années 1990.[10]

            

Le thiomersal est-il toxique ?

Le mercure en tant que tel peut avoir deux grands types d’effets sur l’organisme humain : une toxicité neurologique et rénale, et des phénomènes allergiques. Mais qu’en est-il du thiomersal ?

        

Thiomersal et toxicité neurologique et rénale

La revue systématique de Spencer et al., publiée en 2017, passe en revue les effets indésirables liés aux vaccins. Selon les auteurs, il n’y a pas de lien entre l’exposition au thiomersal et des anomalies du fonctionnement neuropsychologique ou l’autisme.[3]

 

La revue systématique de Ball et al., publiée en 2001, a cherché à évaluer l’impact de l’utilisation du thiomersal dans les vaccins administrés chez les enfants. Les principales conclusions tirées de la revue sont les suivantes : [1]

  • Chez l’être humain, les données sont peu nombreuses sur la toxicité de l’éthylmercure à faible dose. Les données issues du VAERS de 1990 à 1998 (système de surveillance passif américain) révèlent la survenue des événements suivants, sans qu’une relation de cause à effet ne puisse être clairement établie (liée au limite de ce système) :  

    • réactions au site d’injection (13 cas)

    • d’éruptions cutanées (9 cas) ou d’urticaire (8 cas)

    • d’oedème (5 cas dont un oedème angioneurotique)

    • de syndromes pseudo-grippaux (4 cas).

    • d’anaphylaxie, réaction allergique sévère, épisode de sifflement et malaise (1 cas)

  • Le seul risque bien étayé du thiomersal est le risque de réaction d’hypersensibilité retardée.

  • Aucune preuve n’est retrouvée pour la toxicité d’une exposition à faible dose d’éthylmercure chez l’homme. Cependant, les données animales suggèrent que l’éthylmercure pourrait avoir une toxicité proche du méthylmercure (chez l’animal).

  • L’exposition chronique à de faibles doses de méthylmercure a été étudiée au cours d’épisodes de contaminations, comme dans les années 1950 avec du poisson contaminé au Japon et dans les années 1970, avec la contamination de graines en Irak. Celle-ci peut provoquer des anomalies neurologiques (ex : retard développemental).

  • L’exposition accidentelle à de fortes doses de thiomersal (3 mg/kg à plusieurs centaines de mg/kg) peut être responsable d’une toxicité aiguë : nécrose locale, hémolyse aiguë, coagulation intra-vasculaire disséminée, néphrotoxicité (nécrose tubulaire aiguë) et des lésions du système nerveux central (coma voire décès). Cependant, cela correspond à des doses plus de 100 fois supérieures à celles des vaccins.

Les auteurs concluent que la revue systématique n’a révélé aucune preuve d’effets nocifs causés par le thiomersal contenu dans les vaccins en dehors de réactions d’hypersensibilité locales, dans la limite de nombreuses lacunes sur le sujet.

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Selon l’OMS, après avoir suivi pendant plus de 10 ans les données scientifiques sur l’utilisation du thiomersal dans les vaccins, le comité consultatif mondial sur la sécurité des vaccins a conclu qu’il n’existait pas d’élément laissant à penser que la quantité employée dans les vaccins présente un risque pour la santé. De plus l’OMS estime que l’utilisation de flacons multidoses demeure la meilleure option pour les programmes de vaccination systématique de nombreux pays car ils sont sûrs, efficaces, limitent les besoins en capacité de stockage et la quantité de déchets générée et contribuent à réduire les coûts vaccinaux.[14]

 

Selon les données du CDC, aucun effet nocif n’a été signalé avec le thiomersal en dehors de réactions locales mineures au point d’injection. Une toxicité au thiomersal ou à l’éthylmercure n’a été démontrée qu’à des expositions 100 à 1000 fois supérieures à celles présentes dans les vaccins. [6][7]

     

Selon le Département Américain de la Santé (HHS), le thiomersal (à la différence du méthylmercure) est sans danger du fait de sa moindre capacité à s’accumuler dans le corps et son utilisation en très faibles quantités.[11]

 

Selon l’Afssaps (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé), le thiomersal a été évalué à plusieurs reprises en France, mais aussi par l’EMA (Agence Européenne du Médicament) à l’échelle européenne et l’OMS au niveau mondial : [8]

  • Les analyses convergent pour considérer que l’existence du risque neurologique n’est pas établie au plan scientifique. Les vaccins concernés contiennent des doses minimes de thiomersal (0.003% à 0.01% soit maximum 25-50µg/dose). A ces doses, tout risque de toxicité est a priori exclu.

  • Aucune étude n’a évalué l’impact sur le développement embryonnaire et foetal de vaccination chez la femme enceinte à ce sujet.

Compte tenu de ces propriétés en tant que conservateur indispensable dans les présentations de vaccins multi-doses, les bénéfices de l’utilisation du thiomersal l’emportent sur le risque toxicologique théorique.

 

Selon l’académie de médecine de France, [10] la quantité de thiomersal contenue dans les vaccins est faible et les études préliminaires sur l’expositions à de très faibles doses n’ont pas permis d’identifier d’effets secondaires.

            

Thiomersal et autisme ou troubles apparentés

Aucune preuve épidémiologique ne vient supporter l’association entre le thiomersal et l'autisme.

=> Voir l’article sur l’autisme et les vaccins

 

 

Thiomersal et risque allergique

La revue systématique de Montana et al., publiée en 2010, a pour but d’évaluer les données de sécurité concernant les vaccins contenant du thiomersal.[2] Le thiomersal est responsable de réactions d'hypersensibilité retardée. Cela peut se traduire par une réaction inflammatoire cutanée, 48-72h après la vaccination et persistant quelques jours. La sensibilisation au thiomersal peut être testée par des tests cutanés, mais ceux-ci sont jugés peu fiables sur le risque de présenter une hypersensibilité retardée. Ainsi, chez les patients allergiques au thiomersal, 90% ne développeront pas de signe clinique après l’injection d’un vaccin en contenant.

 

La revue systématique de Ball et al., publiée en 2001, a cherché à évaluer l’impact de l’utilisation du thiomersal dans les vaccins administrés chez les enfants.[1] Selon les auteurs, les réactions d’hypersensibilité de type retardée suite à une exposition au thiomersal sont bien connues. L’importance des réactions n’est pas interprétée de la même manière selon les études, certaines estimant qu’elles sont suffisamment importantes pour exiger l’élimination du thiomersal dans les produits pharmaceutiques, et d’autres non.  

 

Selon l’Afssaps (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé), le thiomersal est un allergène de contact auquel 10 à 12% de la population serait allergique. Cependant, plus de 90% des patients ayant une allergie de contact au thiomersal ne développent aucune réaction à l’administration du vaccin.[8]

 

Selon l’académie de médecine de France[10], l’exposition à de faibles doses de thiomersal (notamment dans le cadre de son utilisation en produits cosmétiques) est associée à des réactions d’hypersensibilité, généralement de type retardée. Cependant, en date de l’avis (2003), aucune réaction anaphylactique au thiomersal suite à l’administration d’un vaccin n’a été observée. Cela reste donc un risque théorique. De plus, peu de données étayent le fait que l’allergie soit induite par les vaccins.

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/// La toxicité du Formaldéhyde

       

Qu’est ce que le Formaldéhyde ?

Le Formaldéhyde est un gaz, souvent commercialisé sous forme liquide (appelé formol).[15] Il est utilisé, dans le cadre de la vaccination, afin d’inactiver les virus (ex : le vaccin anti-poliomyélite inactivé) et détoxifier les toxines bactériennes (par exemple les vaccins à base d’anatoxine diphtérique et tétanique).[5]

 

Le formaldéhyde n’est pas uniquement retrouvé dans les vaccins. Celui-ci est produit naturellement par l’organisme, et donc présent dans le corps humain.[12] Il est également utilisé comme désinfectant (insecticide, fongicide), comme fixateur et comme liant dans des résines (revêtements muraux, sol, meubles etc.). Les expositions sont principalement professionnelles et environnementales. Plus de 190 000 travailleurs y seraient exposés issus d’une centaines de milieux professionnels variés (vétérinaire, cosmétique, médical, industrie, agriculture). Enfin, il est fréquemment présent dans l’air intérieur et sa concentration dans l’air des logements est jugée importante en France.[15]

      

Un agent cancérigène reconnu

Une exposition excessive au formaldéhyde peut provoquer des cancers. En effet, depuis 2004, le formaldéhyde est classé par le CIRC (Centre Internationale de Recherche sur le Cancer) comme un cancérogène avéré chez l’homme (groupe 1), responsable de cancers du nasopharynx et de leucémies myéloïdes.[15]

Les données suggèrent que les effets toxiques s’exercent par voie aérienne et localement par exposition directe chez les personnes en contact régulier (notamment par exposition professionnelle). Depuis 2009, le cancer du nasopharynx est reconnu comme maladie professionnelle (préparation du formol, utilisation dans certains laboratoires, vernissage de parquets, etc.).[12][15]

       

Les données de sécurité pour les vaccins

Au cours de la production des vaccins inactivés, le processus de purification permet d’éliminer la quasi-totalité du formaldéhyde initialement présent. Ainsi, la quantité présente dans les vaccins est infime, plusieurs centaines de fois inférieure à celle considérée comme nocive pour les humains et nourrissons selon l’OMS. [5]

     

Selon la Société de Pathologie infectieuse de Langue Française (SPILF), bien que le formaldéhyde soit reconnu comme cancérigène, cette toxicité apparaît pour des quantités plusieurs milliers de fois plus importantes que les traces présentes dans le vaccin suite à sa fabrication. Ainsi, prétendre que ces quantités pourraient présenter un risque n’est basé sur aucune réalité scientifique.[13]

       

Selon le Département Américain de la Santé et la Foods And Drugs Administration (FDA) : [11][12]

  • Le formaldéhyde utilisé dans les vaccins n’est présent qu’en très petites quantités dans le produit final, si infime qu’elle n’est pas jugée toxique.

  • Le formaldéhyde est produit naturellement par l’organisme. Selon les études, la quantité de formaldéhyde présent dans l’organisme d’un nourrisson est 50 à 70 fois supérieure à la quantité maximale qu’il pourrait recevoir avec une dose de vaccin.

  • Il n’existe aucune preuve établissant un lien entre le cancer et une exposition peu fréquente aux faibles quantités de formaldéhyde induites par les vaccins.

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/// Les adjuvants, l'aluminium et la narcolepsie

 

Voir l’article sur  les “adjuvants - Aluminium et Narcolepsie”.

           

/// La sécurité des autres composants

           

Le risque allergique et les composants vaccinaux

Les réactions anaphylactiques à un vaccin sont rares mais graves. Une réaction allergique grave à l’administration antérieure du même vaccin ou en cas d’antécédent d’anaphylaxie à un de ses composants contre-indique la vaccination. Les composants concernés sont notamment les antibiotiques (streptomycine, néomycine, polymyxine), la gélatine, le latex, les levures ou l’oeuf.

 => Voir l’article :“anaphylaxie et vaccinations”

            

Cependant, la FDA (Food and Drugs Administration) précise que les antibiotiques les plus fréquemment responsables de réactions allergiques sévères (pénicillines, céphalosporines et sulfamides) ne sont pas utilisés dans la production de vaccins. Les antibiotiques utilisés (néomycine, polymyxine B, streptomycine et gentamicine) ne sont présents qu’en très faible quantité, quasiment indétectables, et n’ont pas été clairement associés à des réactions allergiques graves.[12]

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Sources

     Revues systématiques

  1. Ball LK, Ball R, Pratt RD. An assessment of thimerosal use in childhood vaccines. Pediatrics. mai 2001;107(5):1147‑54. (Prisma ●○○○ ; Amstar ●○○)

  2. Montana M, Verhaeghe P, Ducros C, Terme T, Vanelle P, Rathelot P. Safety review: squalene and thimerosal in vaccines. Therapie. déc 2010;65(6):533‑41. (Prisma ●○○○ ; Amstar ●○○)

  3. Spencer JP, Trondsen Pawlowski RH, Thomas S. Vaccine Adverse Events: Separating Myth from Reality. Am Fam Physician. 15 juin 2017;95(12):786‑94.(Prisma ●○○○ ; Amstar ●○○)

    Littérature grise

  4. Isabelle Mahe, Pierre-André Attard, Michel Bismuth. Les freins à la vaccination : revue systématique de la littérature. 2014;66.

  5. MODULE 2 – Composants des vaccins - Les bases de la sécurité des vaccins [Internet]. [cité 7 janv 2019]. Disponible sur: http://fr.vaccine-safety-training.org/composants-des-vaccins.html

  6. Understanding Thimerosal, Mercury, and Vaccine Safety - CDC. february 2013. Disponible sur : https://www.cdc.gov/vaccines/hcp/conversations/downloads/vacsafe-thimerosal-color-office.pdf

  7. Research C for BE and. Questions about Vaccines - Thimerosal in Vaccines Questions and Answers [Internet]. [cité 25 févr 2019]. Disponible sur: https://www.fda.gov/biologicsbloodvaccines/vaccines/questionsaboutvaccines/ucm070430.htm

  8. Fiche-Thiomersal.pdf Affsaps [Internet]. Disponible sur: https://ansm.sante.fr/content/download/21746/274707/version/3/file/Fiche-Thiomersal.pdf

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