Syndrome de Guillain-Barré et vaccination

                  

Syndrome de Guillain-Barré et vaccination

                  

Introduction

                  

LE SYNDROME DE GUILLAIN-BARRÉ
L'ORIGINE DE LA SUSPICION
LES MÉCANISMES PHYSIOPATHOLOGIQUES PROPOSES

                   

/// SYNDROME DE GUILLAIN-BARRÉ (SGB)

                    

Le syndrome de Guillain-Barré (ou polyradiculonévrite démyélinisante aiguë), est une atteinte des nerfs périphériques d’origine auto-immune. Le mécanisme actuellement évoqué correspondrait à la formation d’anticorps dirigés contre divers antigènes de la myéline ou des axones.[8]

Le SGB provoque une paralysie rapide débutant aux membres inférieurs puis d’évolution ascendante. Il s’agit d’une maladie potentiellement grave. La récupération est le plus souvent complète, mais environ 5 % des patients décèdent et environ 10 % conservent des séquelles motrices. [1][3][8]

L’incidence annuelle se situe entre 1 à 3 cas pour 100 000 habitants par an. [1][3] Le SGB est plus fréquent chez les hommes et son incidence augmente avec l’âge.[8] On estime, en France, qu'environ 1 700 patients sont hospitalisés chaque année pour un SGB.[1]

L’étiologie est mal connue, mais dans ⅔ des cas, le SGB est précédé d’une infection virale ou bactérienne (campylobacter, mycoplasme…) dont fait également partie la grippe. Peu de données épidémiologiques existent, mais la plupart d’entre elles ont montré une augmentation des cas de SGB parallèlement au nombre de grippes observées. La seule étude qui montre une augmentation du risque de syndrome de Guillain-Barré liée à une grippe (confirmée par diagnostic sérologique) est une étude française qui a estimé l’incidence à 4 à 7 cas pour 100 000 sujets grippés. [1]

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/// ORIGINE DE LA SUSPICION

                

C’est en 1976 aux Etats-Unis, lors de la campagne de vaccination contre la grippe porcine (virus A/New Jersey/H1N1), qu’a été évoquée pour la première fois l’association entre la vaccination antigrippale et la survenue d’un Syndrome de Guillain-Barré. Suite à l’infection de soldats par des virus grippaux porcins, une campagne nationale a été organisée aboutissant à la vaccination de plus de 48 millions d’américains. Cette dernière a été brutalement arrêtée en raison d’une augmentation suspecte du nombre de déclarations de SGB, constituant “l’affaire de la grippe du porc”. Le risque de SBG attribuable au vaccin était de 1 cas pour 100 000 vaccinés pendant les 10 premières semaines suivant la vaccination. [1][2][7]

Ce résultat reste discuté. Selon l’ANSM et le GROG, après analyse des déclarations et les ré-analyses ultérieures, le nombre de cas de SGB chez les vaccinés correspondait à ce qui était attendu compte tenu de l’incidence habituelle de la maladie. A contrario, selon le CDC, l’examen scientifique approfondi de "l'Institute of Medicine" en 2003 confirme ce sur-risque. [1][2][7]

            

D’autres vaccins ont été suspectés de provoquer des SGB et plus particulièrement :

  • Les vaccins contre la grippe saisonnière : ils bénéficient d’une surveillance particulière suite à l’évènement de 1976. Les données varient d’une saison à l’autre.[7] Un sur-risque très faible, de 1 cas par million de vaccinés, à été retrouvé par quelques études. [6][7]

  • Le vaccin contre la grippe mexicaine A/H1N1 en 2009, puisqu’il s’agissait d’un vaccin contre un virus dérivant en partie d’une lignée porcine similaire au virus de la grippe porcine de 1976. [6] Certaines études ont retrouvé un sur-risque de 1 à 2 cas par million de vaccinés dans les 6 semaines suivant la vaccination. [8]

  • Le vaccin anti-poliomyélite oral suspecté dans les années 1980 suite à une augmentation de SGB concomitante à un programme national de vaccination en Finlande. [10]

  • Le vaccin anti méningococcique conjugué tétravalent, suite à plusieurs cas de SGB signalés aux Etat-Unis en 2005 (Vaccin Menactra®). Finalement, le nombre de cas signalés était semblable à celui normalement attendu. [4]

  • Le vaccin anti-HPV, homologué depuis 2006, est également incriminé notamment suite à une vaste étude rétrospective de l’ANSM publiée en 2015 dans laquelle un risque accru de SGB a été identifié dans les 3 premiers mois suivant la vaccination. Ce risque est très faible et estimé à 1 cas pour 100 000 vaccinations. [5][9] Cependant, étant donné les limites des études de pharmaco-épidémiologie, la relation causale n'est pas établie, d'autant que les autres études disponibles (de plus petite taille) n'ont pas retrouvé ce lien.

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/// MÉCANISMES PHYSIOPATHOLOGIQUES PROPOSES

                     

Le mécanisme entre la vaccination et le possible risque de syndrome de Guillain-Barré est mal connu. Deux hypothèses sont mises en avant pour expliquer la possibilité d’une relation de cause à effet entre vaccination et les maladies auto-immunes de manière générale : [9]

  • La première serait une stimulation non spécifique du système immunitaire inné chez une personne ayant d’autres facteurs d’auto-immunité.

  • La seconde serait une parenté antigénique entre un constituant du vaccin et un constituant normal de l’organisme. Les anticorps induits par la vaccination reconnaîtraient alors comme antigènes des constituants normaux de l’organisme. C’est ce qu’on appelle le principe du mimétisme moléculaire.

Cette deuxième hypothèse est notamment évoquée pour les vaccins grippaux. Certains de leurs composants tels que les hémagglutinines (antigènes à la surface du virus grippal) présentent une parenté avec les gangliosides contre lesquels sont dirigés les auto-anticorps présents dans le syndrome de Guillain-Barré. [8]

                 

D'autres hypothèses supplémentaires ont été évoquées pour le vaccin pandémique contre la grippe porcine de 1976, mais aucune étude n'a trouvé de preuve en leur faveur. (voir l'étude de Halsey et al.[11] dans l'onglet SGB et vaccins anti-grippaux).

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Sources

Littérature grise 

  1. 80c13b0df57cbfafe5551a115d8c402f.pdf [Internet]. [cité 14 juin 2018]. Disponible sur: http://ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/80c13b0df57cbfafe5551a115d8c402f.pdf

  2. NoteGuillainBarre.pdf. disponible sur : http://www.grog.org/documents.html

  3. wer8304.pdf [Internet]. [cité 16 juin 2018]. Disponible sur: http://www.who.int/wer/2008/wer8304.pdf

  4. OMS | Vaccin antiméningococcique conjugué et syndrome de Guillain-Barré [Internet]. WHO. [cité 18 juin 2018]. Disponible sur: http://www.who.int/vaccine_safety/committee/topics/meningococcal/GBS/Dec_2005/fr/

  5. OMS | Innocuité des vaccins contre le PVH [Internet]. WHO. [cité 20 juin 2018]. Disponible sur: http://www.who.int/vaccine_safety/committee/topics/hpv/Dec_2015/fr/

  6. OMS | Comité consultatif mondial de la Sécurité vaccinale, rapport de la réunion des 17 et 18 juin 2009 [Internet]. WHO. [cité 19 juin 2018]. Disponible sur: http://www.who.int/vaccine_safety/Jun_2009/fr/

  7. Préoccupations liées au syndrome de Guillain-Barré | Sécurité des vaccins | CDC [Internet]. 2018 [cité 23 juin 2018]. Disponible sur: https://www.cdc.gov/vaccinesafety/concerns/guillain-barre-syndrome.html

  8. vaccins_papillomavirus_et_syndromes_de_Guillain-Barre___gerer_les_incertitudes (1).pdf. Rev Prescrire 2016 ; 36 (392) : 427-432

  9. Vaccins anti-HPV et risque de maladies auto-immunes : etude pharmacoepidemiologique. 2015;92. Disponible sur : file:///C:/Users/Corentin/Downloads/Ansm_Gardasil-Hpv_Rapport_Septembre-2015_Version-2.pdf

Revues systématiques

 10. Haber P, Sejvar J, Mikaeloff Y, DeStefano F. Vaccines and Guillain-Barré syndrome. Drug Saf. 2009;32(4):309‑23. (Prisma ●●○○ ; Amstar ●○○)

 11. Halsey NA, Talaat KR, Greenbaum A, Mensah E, Dudley MZ, Proveaux T, et al. The safety of influenza vaccines in children: An Institute for Vaccine Safety white paper. Vaccine. 30 déc 2015;33 Suppl 5:F1‑67.   (Prisma ●●●● ; Amstar ●●●)

                     

SGB et vaccins anti-grippaux

                   

SGB ET VACCIN CONTRE LA GRIPPE SAISONNIÈRE
SGB ET VACCINS CONTRE LES GRIPPES PANDÉMIQUES
AVIS DES INSTITUTIONS
Institutions Françaises
Institutions Internationales
Institutions étrangères

           

/// SGB ET VACCIN CONTRE LA GRIPPE SAISONNIÈRE

                  

La revue systématique et méta-analyse Cochrane de Demicheli et al., mise à jour en février 2018, évalue l’efficacité et la tolérance des vaccins antigrippaux chez les adultes en bonne santé.[1] Concernant le SGB et les vaccins inactivés saisonniers : deux études de cohorte et une étude cas-témoin ont été incluses. Elles n’ont retrouvé aucune association statistiquement significative entre le SGB et les vaccins saisonniers inactivés dans les 6 semaines suivant l'inoculation, y compris pendant la grossesse.

             

La seconde méta-analyse Cochrane de Demicheli et al., publiée en février 2018, étudie l’efficacité et la tolérance de la vaccination anti-grippale chez les sujets âgés de plus de 65 ans.[2] Trois études de surveillance aux Etats-Unis ont été incluses. Le sur-risque retrouvé dans l'étude portant sur le vaccin pandémique de 1976 n'est pas retrouvé au cours des saisons suivantes selon les 2 autres études incluses (1982 et 1998) avec les vaccins saisonniers ne contenant pas la souche du vaccin pandémique.

             

La revue systématique de Spencer et al., publiée en 2017, passe en revue les effets indésirables liés aux vaccins. Concernant le vaccin contre la grippe saisonnière, les données de la littérature sont contradictoires, mais le vaccin contre la grippe peut augmenter légèrement le risque de SGB de 1 cas pour 1.25 millions de vaccins, ce qui est bien inférieur au risque de SGB suite à une infection grippale. La vaccination pourrait donc en réalité réduire l’incidence globale.[12]

              

La méta-analyse de Martin Arias et al., publiée en 2015, étudie l’association entre le syndrome de Guillain-barré (SGB) et les vaccins contre la grippe.[3] Les auteurs ont inclus 39 études observationnelles contrôlées : 16 sur les vaccins pandémiques, 22 sur les vaccins saisonniers et 1 sur les deux vaccins administrés simultanément. Concernant les vaccins saisonniers, la méta-analyse retrouve un risque très faible mais significatif de SGB avec un RR à 1.22 [IC95% : 1.01-1.48]. Ce risque est inférieur à celui des vaccins pandémiques estimé à 1.84 [IC95% : 1.36 - 2.50].

               

La revue systématique de Halsey et al., publiée en 2015, résume les données disponibles sur la sécurité des vaccins anti-grippaux chez l’enfant.[6] Concernant le SGB, les auteurs ont inclus 24 études : 9 études de cohortes, 3 cas-témoins, et 12 séries de cas auto-contrôlés. 11 études ont été conduites entre 1977 et 2008 concernant les vaccins saisonniers. La plupart des études n’ont pas trouvé de lien statistiquement significatif avec le SGB, à l’exception de 2 études (dont les risques restent nettement plus faibles que pour le vaccin pandémique de 1976) : 

  • Une étude américaine sur la période 1992-1994 retrouve un RR à 1.7 [IC95% : 1.0-2.8] de SGB dans les 6 semaines suivant la vaccination ;

  • Une étude au Canada entre 1992 et 2004 retrouve un risque faible mais significatif de SGB avec RR = 1.45 [IC95% : 1.05-1.99] ;

  • L’IOM a examiné les preuves accumulées entre 1976 et 2008 et conclu que les preuves ne permettent pas d’accepter ou de rejeter un lien de causalité entre le vaccin antigrippal et le SGB.

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La revue systématique de Maglione et al., publiée en 2014, évalue la sécurité des vaccins recommandés chez les enfants aux États-Unis.[7] Cette revue fait partie du rapport final intitulé «Safety of vaccines used for routine immunisation in the United States», de l’Agency for Healthcare Research and Quality. Concernant les vaccins saisonniers, l’IOM estimait en 2012 que les preuves étaient “inadéquates pour accepter ou rejeter” une relation causale avec le SGB. Deux études ultérieures incluses dans la revue n’ont pas retrouvé d’association statistiquement significative.

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La revue systématique de Lehmann et al., publiée en 2010, étudie le lien entre SGB et l’infection par le virus de la grippe ou la vaccination anti-grippale.[9] Concernant les vaccins saisonniers, les auteurs ont inclus 9 études épidémiologiques provenant de différents pays suite à la vaccination A / H1N1 / New jersey de 1976. Ces dernières n’ont pas établi de risque significatif de SGB par les vaccins saisonniers pour la plupart. Les rares études retrouvant un risque significatif, le sur-risque était faible de l’ordre d’un cas supplémentaire par million de vaccinés.

               

La revue systématique de Haber et al., publiée en 2009, examine les preuves existantes en faveur ou non d’un lien de cause à effet entre différents vaccins et le SGB.[10] Ont été inclus par les auteurs 67 articles ainsi que les rapports de deux systèmes de pharmacovigilance. Concernant les vaccins saisonniers, 6 études ne retrouvent pas de risque significatif versus deux autres retrouvant un sur-risque (pour le vaccin anti-grippal de la saison 1990-91 et 1992-93). Les auteurs concluent que les études portant sur les vaccins anti-grippaux ont montré un risque de SGB faible ou nul.

          

La revue systématique de Schattner et al., publiée en 2005, recherche les manifestations auto-immunes déclarées pour chaque vaccin utilisé en routine.[11] Les auteurs estiment que les études suggèrent un lien entre SGB et vaccin saisonnier, avec un sur risque de 1 cas par million de personnes vaccinées.

         

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/// SGB et vaccins contre lES grippeS pandémiqueS

                   

La méta-analyse Cochrane de Demicheli et al., mise à jour en février 2018, évalue l’efficacité et la tolérance des vaccins antigrippaux chez les adultes en bonne santé. [1] 

  • Concernant le vaccin contre la grippe porcine de 1976, une étude de cohorte a été incluse et retrouve un sur-risque de 1 cas de SGB pour 100 000 vaccinations. 

  • Concernant le vaccin pandémique A H1N1pdm09, une étude cas-témoins a été incluse regroupant 6 ensembles de données. Avant ajustement, le vaccin pandémique est associé à un risque accru de SGB dans les six semaines suivant la vaccination avec OR = 2.22 [IC95% : 1.14-4.31]. Cependant, après ajustement sur plusieurs facteurs de confusion, l’analyse ne met plus en évidence de lien statistiquement significatif quelle que soit la durée prise en compte après la vaccination. Les auteurs concluent ne pas avoir trouvé de preuve d’une association entre les vaccins pandémiques H1N1 de 2009 et le SGB.

              

La seconde méta-analyse Cochrane de Demicheli et al., publiée en février 2018, étudie l’efficacité et la tolérance de la vaccination anti-grippale chez les sujets âgés de plus de 65 ans.[2] Trois études de surveillance aux Etats-Unis ont été incluses. Seule une étude de 1979 a étudié le vaccin contre la grippe porcine de 1976 A/ New jersey/ H1N1 et retrouve un sur-risque significatif de SGB avec RR = 5.2 [IC95% : 3.9-7] chez les plus de 64 ans.

              

La revue systématique de Spencer et al., publiée en 2017, passe en revue les effets indésirables liés aux vaccins. Concernant le vaccin contre la grippe porcine de 1976, le risque de syndrome de guillain-barré était augmenté de 4 à 8 fois, soit un risque d’un cas pour 100 000 personnes vaccinées. En revanche, une étude du vaccin antigrippal de 2009 n’a pas montré d’association similaire.[12]

         

La méta-analyse de Martin Arias et al., publiée en 2015,  étudie l’association entre le SGB et les vaccins contre la grippe (saisonniers et pandémiques, à l’exclusion du vaccin antigrippal de 1976).[3] Les auteurs ont inclus 39 études observationnelles contrôlées : 16 sur les vaccins pandémiques, 22 sur les vaccins saisonniers et 1 sur les deux vaccins administrés simultanément. Les principaux résultats sont les suivants :

  • Concernant l’ensemble des vaccins anti-grippaux (saisonniers et pandémiques), la méta-analyse met en évidence une augmentation significative du risque de SGB : RR = 1.41 [IC95% : 1.20-1.66].

  • Ce sont les vaccins pandémiques qui semblent présenter le risque le plus élevé avec un RR = 1.84 [IC95% : 1.36 - 2.50] comparés aux vaccins saisonniers (RR = 1.22 [IC95% : 1.01-1.48]).

  • Il n’y avait pas de différence significative entre les vaccins pandémiques avec ou sans adjuvant.

Les auteurs concluent que les données de la méta-analyse mettent en évidence un risque faible de SGB mais tout de même significatif entre les vaccins anti-grippaux, et plus particulièrement les vaccins pandémiques.

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La revue systématique de Halsey et al., publiée en 2015, résume les données disponibles sur la sécurité des vaccins anti-grippaux chez l’enfant.[6] Concernant le SGB, les auteurs ont inclus 24 études : 9 études de cohortes, 3 cas-témoins, et 12 séries de cas auto-contrôlés. Bien que la revue cible les enfants, les auteurs estiment que les preuves sont insuffisantes pour conclure à un sur-risque de SGB chez l’enfant quel que soit le vaccin utilisé. En revanche, les conclusions tirées de la revue concernant les vaccins pandémiques sans restriction d’âge sont les suivantes :

Les vaccins anti-grippaux pandémiques (grippe porcine) de 1976 ont augmenté le risque SGB avec un 1 cas de SGB supplémentaire pour 100 000 vaccinés  :

  • Le risque est maximal dans les 2 à 3 semaines suivant la vaccination, et celui-ci ne semble pas en lien avec le processus de fabrication. 

  • Plusieurs hypothèses ont été émises pour expliquer l’association entre SGB et ce vaccin en particulier :

    • La première serait une contamination des oeufs utilisés dans la production des vaccins par la bactérie Campylobacter jejuni. Cependant, les études réalisées utilisant la méthode PCR n’ont pas trouvé de preuve en faveur de cette hypothèse. 

    • La deuxième serait une contamination par erreur des vaccins avec des protéines de myéline, mais les études n’ont pas trouvé de preuve concernant celle-ci.

    • Enfin la troisième hypothèse, provenant d’étude sur souris, est la production d’un faible taux d’anticorps anti-gangliosides suite à la vaccination (par mimétisme moléculaire). Cependant, celle-ci a également lieu avec d’autres vaccins anti-grippaux qui n’ont pourtant pas été associés à un sur-risque de SGB.

Les vaccins pandémiques A (H1N1) de 2009 ont été responsables d’une augmentation des cas de SGB à un taux de 1 à 3 cas pour 1 million de doses délivrées dans les 6 semaines suivant la vaccination :

  • Cette conclusion provient de la méta-analyse de Salmon et al. (détaillé ci-dessous) et de la revue collaborative internationale (détaillée au paragraphe suivant) ayant les méthodologies les plus robustes. Toutes deux ont retrouvé un doublement du risque de SGB (risque relatif de 2.35 et 2.42) suite à la vaccination. En revanche, le risque n’était pas significatif chez les enfants dans les 2 études, probablement par manque de puissance dans cette sous-population.

  • La revue collaborative internationale est une vaste étude et méta-analyse incluant l'Autralie, le Canada, la Chine, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas, l'Espagne, Singapour, le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Cette dernière a révélé un risque accru de SGB après les vaccins pH1N1 de 2009 (avec ou sans adjuvants) avec une incidence relative = 2.42 [IC95%: 1.58-3.72]. En revanche, une étude cas-témoins européenne (Royaume-Uni, Danemarl, Pays-bas, France et Suède) ne retrouve pas d'association significative entre SGB et le vaccin pH1N1 après ajustement.

  • Les preuves actuelles des études ne permettent pas de supporter l’hypothèse de la production d’anticorps anti-gangliosides, mais d’autres études seraient nécessaires sur ce point.

  • Au total, les auteurs estiment que les avantages du vaccin, comprenant le fait qu'il puisse prévenir le SGB provoqué par la grippe, l'emportent largement sur le très faible risque de SGB lié à la vaccination. 

 

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La revue systématique de Maglione et al., publiée en 2014, évalue la sécurité des vaccins recommandés chez les enfants aux États-Unis.[7] Cette revue fait partie du rapport final intitulé «Safety of vaccines used for routine immunisation in the United States », de l’Agency for Healthcare Research and Quality. Concernant le vaccin pandémique monovalent H1N1 de 2009, les auteurs ont inclus :

  • Une méta-analyse (Salmon et al.) de 6 systèmes de surveillance aux Etats-Unis retrouvant un sur-risque significatif de SGB de 1.6 cas par million de vaccinés.

  • Plusieurs études notamment en Californie (étude de 415 cas de SGB), en France (étude cas-témoin sur 1.225 sujets), en Australie (série de cas auto-contrôlés) et aux Etats-unis (série de cas auto-contrôlés sur 4.5 millions de doses) : aucune n’a mis en évidence d’association statistiquement significative.

  • Une étude en Europe qui a analysé la base de données EUdraVigilance et mis en avant un taux de déclaration de SGB variant de 6.87 [6.06-7.68] à 9.98 [6.81-13.16] cas par million de vaccinés pour les vaccins H1N1 avec adjuvants et sans adjuvants respectivement.

Les auteurs concluent en l’existence d’une preuve élevée d’une association entre SGB et le vaccin pandémique monovalent H1N1 de 2009 en se basant sur la méta-analyse. Le sur-risque est considéré comme “extrêmement rare”,  estimé à 1.6 cas par million de vaccinés.

               

La revue systématique de Cardenas et al., publiée en 2014, étudie tous les cas de complication neurologique survenus après l’infection grippale ou la vaccination contre le virus de la grippe A (H1N1)pdm09.[8] 104 articles ont été inclus représentant un total de 1636 patients ayant présentés une complication neurologique. Parmi eux, 287 correspondent à des cas post-vaccination (essentiellement des adultes : 250 cas) et 1349 à des cas post-infection grippale (essentiellement des enfants : 1256 cas)  :

  • Parmi les 287 cas post-vaccination, la principale complication neurologique était le SGB ou une polyneuropathie (125 cas).

  • parmi les complications neurologiques rapportées, le SGB était statistiquement plus fréquent dans le groupe post-vaccination que dans le groupe post-infection (64.1 % VS 35.9%, p=0.0001).

  • En revanche, les cas mortels (60 cas) n’ont été observés que dans le groupe post-infection grippale ainsi que la majorité des séquelles neurologiques graves et permanentes (52 cas VS 2 cas) . 

Les auteurs concluent avoir trouvé plus de rapports de complications neurologiques suite à l’infection que suite à la vaccination. De plus, les complications sont moins graves dans le groupe post vaccination. L’étude n’évoque pas en revanche la possibilité d’une association ou relation de cause à effet entre vaccin et SGB.

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La méta-analyse de Salmon et al., publiée en 2013, a pour objectif d’évaluer si le vaccin pandémique contre la grippe A (H1N1) 2009 a augmenté le risque de SGB aux Etats-Unis.[4] Les données proviennent de six systèmes de surveillance américains des effets indésirables, correspondant à 23 millions de personnes vaccinées. La méta-analyse montre que les vaccins inactivés contre la grippe A (H1N1)pdm09  sont associés à un risque légèrement accru de SGB (RR = 2.35 [IC95% ; 1.42-4.01]). Cela correspond à environ 1.6 cas supplémentaires de SGB par million de personnes vaccinées (variant de 1.05 cas chez les moins de 18 ans à 3.09 cas chez les plus de 65 ans). Les auteurs concluent toutefois que les avantages de la vaccination l’emportent largement sur les risques.

                 

La méta-analyse et revue systématique de Yin et al., publiée en 2011, a évalué l’immunogénicité et l’innocuité des vaccins contre la grippe pandémique A(H1N1) 2009.[5] 17 études ont évalué la sécurité du vaccin (dont une incluant les données de 2 systèmes de pharmacovigilance). Aucun cas de syndrome de Guillain-barré n’a été signalé. Cependant, les auteurs précisent que les essais inclus étaient de taille relativement faible, ne permettant pas forcément la détection des effets indésirables rares qui nécessite une surveillance à l’échelle de la population.

               

La revue systématique de Lehmann et al., publiée en 2010, étudie le lien entre SGB et l’infection par le virus de la grippe ou la vaccination anti-grippale.[9] Les études épidémiologiques ont montré un sur-risque de SGB dans les 6 semaines ayant suivi la vaccination A/H1N1/New jersey de 1976 avec un risque relatif de 8.8 par rapport aux non-vaccinés, données confirmées par deux études épidémiologiques.

              

La revue systématique de Haber et al., publiée en 2009, examine les preuves existantes en faveur ou non d’un lien de cause à effet entre les vaccins et le SGB.[10] Ont été inclus par les auteurs 67 articles ainsi que les rapports de deux systèmes de surveillance des effets indésirables. Les auteurs concluent que les preuves les plus fortes en faveur d’une relation causale concernant le vaccin contre la grippe porcine A(H1N1) New jersey de 1976 avec un RR entre 4 et 8 (d'après les études observationelles), soit un risque attribuable de 1 cas de SGB pour 100 000 personnes vaccinées.

             

La revue systématique de Schattner et al., publiée en 2005, recherche les manifestations auto-immunes déclarées pour chaque vaccin utilisé en routine. Les données présentées pour la grippe pandémique de 1976 sont les mêmes que celles décrites préalablement.[11]

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/// AVIS DES INSTITUTIONS

             

Institutions Françaises

Selon l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament - ex Afssaps) : 

  • Concernant le vaccin contre la grippe porcine (A/H1N1) de 1976 : le risque de SBG attribuable au vaccin était de 1 cas pour 100.000 vaccinés pendant les 10 premières semaines suivant la vaccination. Cependant,  les expertises réalisées postérieurement n’ont pas établi de façon certaine ce lien. [13]

  • Concernant le vaccin contre la grippe mexicaine (A/H1N1) de 2009 : 9 cas de SGB ont été rapportés pour 5.7 millions de français vaccinés, alors que le nombre attendu était de 42 cas si l’on se base sur l’incidence annuelle de 2.8 cas/100 000 habitants. Les données sont donc rassurantes. [17]

  • Concernant le vaccin contre la grippe saisonnière : plusieurs études ont été conduites et ne retrouvent pas d’association avec le syndrome de Guillain-Barré. Seule une étude, conduite aux Etats-Unis sur deux périodes de grippe saisonnière, a mis en évidence un risque très faible d’environ un cas pour 1 million de vaccinés. Or en France, où environ 1 700 patients sont hospitalisés chaque année pour un SGB, on estime que 4 à 7 cas de cette maladie surviennent pour 100 000 sujets grippés. L’ensemble des données suggère donc que le risque avéré de SGB découlant de la grippe est donc très supérieur au risque incertain de SGB suite à la vaccination.[13]

        

Selon le GROG (Groupes Régionaux d’Observation de la Grippe), malgré une vaccino-vigilance intensive et des enquêtes approfondies, il n’a jamais été démontré que les vaccins anti-grippaux inactivés utilisant des virus tués puissent provoquer un sur-risque de Syndrome de Guillain Barré. [14]

             

Selon Santé Publique France, à travers le guide des vaccinations de 2012, trois vaccins sont évoqués concernant la possibilité d’effets indésirables à type de syndrome de Guillain Barré: [18]  

  • Le vaccin trivalent inactivé contre la grippe saisonnière, avec un risque d’un peu plus d’un cas additionnel pour 1 million de personnes vaccinées (selon une étude rétrospective Américaine en 1992-1993 et 1993-1994).

  • Le vaccin contre la rage (seulement Rabipur®: vaccin inactivé et produit sur des cellules d’embryons de poulet) pour lequel des cas de SGB d’évolution favorable sans aucune séquelle ont été très rarement rapportés.

  • Le vaccin anti-amarile, évènement qualifié de très rare.

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Institutions Internationales

Selon l’OMS et le Comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale (GACVS) (relevé épidémiologique hebdomadaire de 2008, Rapport du GACVS de 2009 et les fiches d’informations sur la sécurité des vaccins de 2012) [15][16][17] :

  • Une association significative a été observée entre le SGB et le vaccin contre la grippe porcine en 1976 (risque estimé à environ 1 cas/100 000 vaccinations) aux Etats-Unis ainsi qu’avec les vaccins antirabiques préparés à partir de tissu nerveux. Les causes sous jacentes sont mal-connues.

  • Les études portant sur les vaccins antigrippaux saisonniers depuis 1976 n’ont établi soit aucune association avec le SGB, soit pour quelques-unes d’entre elles, qu’un très faible risque (1 cas/1 million de vaccinations). Il n’y a donc pas de preuve suffisante pour une association de causalité. Des études à grandes échelles pourraient être utiles pour préciser les risques du fait de la faible prévalence de la maladie. A noter que le SGB associé à la grippe est 4 à 7 fois plus fréquent que le SGB associé au vaccin.  

  • D’autres cas ont été notifiés concernant les vaccins contre le vaccin anti-tétanique, les vaccins conjugués anti-méningococciques et le vaccin DTC. A ce jour, aucune relation de cause à effet n’a été établie entre le SGB et ces vaccins.

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Institutions étrangères

Selon le CDC (Centers for Disease Control and prevention) aux Etats-Unis :

  • Le vaccin contre la grippe porcine de 1976, après réévaluation scientifique en 2003, semble avoir été à l’origine d’un risque accru de SGB d’environ un cas pour 100 000 vaccinés. Les scientifiques ont plusieurs théories sur la cause, mais la raison exacte du lien reste inconnue. [21][19]

  • En revanche, les vaccins grippaux inactivés contre la grippe saisonnière préparés à partir d'autres souches de virus n'ont pas été clairement associés à une fréquence accrue du SGB. [18] Les données varient d’une saison à l’autre, mais la plupart des nombreuses études effectuées ne retrouve pas d’association. Lorsque le risque était accru, il était faible et estimé entre 1 et 2 cas par millions de personnes vaccinées. Ce risque est bien plus faible que le risque de complications sévères liées à la grippe pouvant être prévenues par la vaccination. [20][21]

  • Cependant, le CDC estime qu’il semble prudent pour les personnes ayant un antécédent de SGB survenu dans les six semaines suivant une vaccination antigrippale antérieure d'éviter la re-vaccination contre la grippe. [19]

             

La revue de l'Institute of Medicine (IOM) des États Unis, via le « Committee to Review Adverse Effects of Vaccines », publiée en 2012, énonce les effets indésirables imputables ou non aux vaccins. [22] Concernant le vaccin contre la grippe saisonnière, l’IOM a inclus 21 études mais n’a tenu compte que des 9 études les plus fiables méthodologiquement. Prises ensemble, les neuf études contrôlées n'ont pas confirmé que la vaccination antigrippale saisonnière est associée au SGB. La conclusion de l’IOM est que les preuves sont inadéquates pour accepter ou rejeter un lien de cause à effet entre le vaccin et le SGB. En effet, bien que le poids des preuves épidémiologiques ne soutienne pas un lien de causalité au cours des 30 dernières années, une association ne peut être exclue avec certitude, en particulier pour les futures souches vaccinales (du fait de la variabilité des souches chaque année).

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Sources

Méta-analyses

  1. Demicheli V, Jefferson T, Ferroni E, Rivetti A, Di Pietrantonj C. Vaccines for preventing influenza in healthy adults. In: Cochrane Database of Systematic Reviews [Internet]. John Wiley & Sons, Ltd; 2018. (Prisma ●●●●; Amstar ●●●)

  2. Demicheli V, Jefferson T, Di Pietrantonj C, Ferroni E, Thorning S, Thomas RE, et al. Vaccines for preventing influenza in the elderly. In: The Cochrane Library [Internet]. John Wiley & Sons, Ltd; 2018 [cité 4 juill 2018].  (Prisma ●●●●; Amstar ●●●)

  3. Martín Arias LH, Sanz R, Sáinz M, Treceño C, Carvajal A. Guillain-Barré syndrome and influenza vaccines: A meta-analysis. Vaccine. 17 juill 2015;33(31):3773‑8.  (Prisma ●●●○ ; Amstar ●●○)

  4. Salmon DA, Proschan M, Forshee R, Gargiullo P, Bleser W, Burwen DR, et al. Association between Guillain-Barré syndrome and influenza A (H1N1) 2009 monovalent inactivated vaccines in the USA: a meta-analysis. Lancet. 27 avr 2013;381(9876):1461‑8.  (Prisma ●●○○ ; Amstar ●●○)

  5. Yin JK, Khandaker G, Rashid H, Heron L, Ridda I, Booy R. Immunogenicity and safety of pandemic influenza A (H1N1) 2009 vaccine: systematic review and meta-analysis. Influenza Other Respir Viruses. sept 2011;5(5):299‑305. (Prisma ●●●○ ; Amstar ●●○)

    Revues systématiques

  6. Halsey NA, Talaat KR, Greenbaum A, Mensah E, Dudley MZ, Proveaux T, et al. The safety of influenza vaccines in children: An Institute for Vaccine Safety white paper. Vaccine. 30 déc 2015;33 Suppl 5:F1‑67.   (Prisma ●●●● ; Amstar ●●●)

  7. Maglione MA, Gidengil C, Das L, Raaen L, Smith A, Chari R, et al. Safety of Vaccines Used for Routine Immunization in the United States. Agency for Healthcare Research and Quality (US); 2014. (Prisma ●●●○; Amstar ●●○)

  8. Cárdenas G, Soto-Hernández JL, Díaz-Alba A, Ugalde Y, Mérida-Puga J, Rosetti M, et al. Neurological events related to influenza A (H1N1) pdm09. Influenza Other Respir Viruses. mai 2014;8(3):339‑46.  (Prisma ●●○○ ; Amstar ●●○)

  9. Lehmann HC, Hartung H-P, Kieseier BC, Hughes RAC. Guillain-Barré syndrome after exposure to influenza virus. Lancet Infect Dis. sept 2010;10(9):643‑51.(Prisma ●○○○ ; Amstar ●○○)

  10. Haber P, Sejvar J, Mikaeloff Y, DeStefano F. Vaccines and Guillain-Barré syndrome. Drug Saf. 2009;32(4):309‑23. (Prisma ●●○○ ; Amstar ●○○)

  11. Schattner A. Consequence or coincidence? The occurrence, pathogenesis and significance of autoimmune manifestations after viral vaccines. Vaccine. 10 juin 2005;23(30):3876‑86. (Prisma ●●○○ ; Amstar ●○○)

  12. Spencer JP, Trondsen Pawlowski RH, Thomas S. Vaccine Adverse Events: Separating Myth from Reality. Am Fam Physician. 15 juin 2017;95(12):786‑94.(Prisma ●○○○ ; Amstar ●○○)

    Littérature grise

  13. 80c13b0df57cbfafe5551a115d8c402f.pdf [Internet]. [cité 14 juin 2018]. Disponible sur:http://ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/80c13b0df57cbfafe5551a115d8c402f.pdf

  14. NoteGuillainBarre.pdf. disponible sur : http://www.grog.org/documents.html

  15. wer8304.pdf [Internet]. [cité 16 juin 2018]. Disponible sur:http://www.who.int/wer/2008/wer8304.pdf

  16. July_2014_Influenza_final_FR.pdf [Internet]. [cité 8 juill 2018]. Disponible sur:http://www.who.int/vaccine_safety/initiative/tools/July_2014_Influenza_final_FR.pdf?ua=1

  17. OMS | Comité consultatif mondial de la Sécurité vaccinale, rapport de la réunion des 17 et 18 juin 2009 [Internet]. WHO. [cité 19 juin 2018]. Disponible sur:http://www.who.int/vaccine_safety/Jun_2009/fr/

  18. 1133.pdf [Internet]. [cité 23 juin 2018]. Disponible sur:http://inpes.santepubliquefrance.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1133.pdf

  19. Pinkbook | Influenza | Épidémiologie des maladies évitables par la vaccination | CDC [Internet]. 2018 [cité 23 juin 2018]. Disponible sur:https://www.cdc.gov/vaccines/pubs/pinkbook/flu.html

  20. Vaccines: Vac-Gen/Side Effects [Internet]. 2018 [cité 23 juin 2018]. Disponible sur:https://www.cdc.gov/vaccines/vac-gen/side-effects.htm

  21. Préoccupations liées au syndrome de Guillain-Barré | Sécurité des vaccins | CDC [Internet]. 2018 [cité 23 juin 2018]. Disponible sur:https://www.cdc.gov/vaccinesafety/concerns/guillain-barre-syndrome.html

  22. Read « Adverse Effects of Vaccines: Evidence and Causality » at NAP.edu [Internet]. [cité 14 juill 2017]. Disponible sur: https://www.nap.edu/read/13164/chapter/1

              

SGB et vaccins anti-HPV

            

DONNÉES DE LA LITTÉRATURE
AVIS DES INSTITUTIONS
Institutions Françaises
Institutions internationales
Institutions étrangères

              

/// Données de la littérature

             

La méta-analyse de Mouchet et al., publiée en 2018, évalue le risque de développer une maladie démyélinisante à la suite de la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV). 25 études ont été incluses, dont 11 études épidémiologiques contrôlées dans la méta-analyse. La méta-analyse concernant le risque de syndrome de Guillain Barré n’a pas pu être effectuée du fait du faible nombre d’études incluses. Les Odds Ratio des 2 études étaient de 1.26 [IC 95% : 0.55 à 2.92] et de 4.00 [IC 95% : 1.84 à 8.69].[7]

               

La revue systématique de Vichnin et al., publiée en 2015, évalue l’innocuité du vaccin quadrivalent anti-HPV (6/11/16/18 - Gardasil) au cours des neuf années qui ont suivi son homologation en 2006.[1] Les résultats proviennent des études de pharmacovigilance dites “actives” et “passives”Après une analyse approfondie notamment sur le SGB, les études d’innocuité commanditées par les autorités de santé ou les laboratoires ainsi que les programmes de surveillance passive de différents pays ne retrouvent pas d’augmentation de l’incidence de SGB par rapport au taux de base.  Les auteurs concluent que le vaccin anti-HPV quadrivalent présente un profil d’innocuité favorable.

               

La revue systématique de Stillo et al., publiée en 2015, analyse les effets indésirables du vaccin anti-HPV quadrivalent notifiés en pré-licence et en post-AMM. Seules les études post-AMM ont traité du SGB :[2]

  • 2 études décrivent un taux plus élevé de déclaration de SGB chez les filles vaccinées. En opposition, 3 autres études rapportent que la survenue de SGB après la vaccination contre l’HPV ne suggère pas une association causale ; Une autre étude cas-témoin de grande ampleur sur des jeunes filles n’a retrouvé aucun cas de SGB.

  • Une étude, basée sur les données du système de pharmacovigilance VSD («Vaccine Safety Datalink») sur plus de 600 000 doses de vaccin, n’a pas retrouvé d’association statistiquement significative entre le SGB et la vaccination anti HPV quadrivalente.

  • Selon le CDC, le nombre de syndrome de Guillain Barré déclaré au VAERS est compatible avec le nombre de syndrome de Guillain Barré attendu pour cette tranche d'âge.

              

La revue systématique d’Angelo et al., publiée en 2014, étudie la sécurité du vaccin anti-HPV bivalent (16/18 - Cervarix) après plus de 4 ans d’utilisation.[3] Les notifications spontanées issues de la pharmacovigilance passive de pays du monde entier n’ont pas retrouvé d’excès d’incidence du SGB suite à la vaccination (taux de 0.048 cas pour 100 000 doses de vaccin distribuées). En effet, les taux d’incidence de SGB, quelle que soit la tranche d’âge, étaient inférieurs ou égaux à ceux attendus par rapport aux données de la population générale.

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La revue systématique de Maglione et al., publiée en 2014, évalue la sécurité des vaccins recommandés chez les enfants aux États-Unis. Cette revue fait partie du rapport final intitulé «Safety of vaccines used for routine immunisation in the United States», de l’Agency for Healthcare Research and Quality.  Concernant le vaccin anti-HPV, les auteurs concluent qu’il n’y a pas d’association avec le SGB avec une preuve modérée.

            

La revue systématique de Pomfret et al., publiée en 2011, évalue l'efficacité et les effets indésirables du vaccin anti-HPV quadrivalent.[5]

  • Selon les données post-AMM récoltées par le VAERS (Vaccine Adverse Event Reporting System) : 11 916 déclarations ont été effectuées sur les 23 millions de doses distribuées jusque fin 2008 aux États-Unis. 6% étaient des effets secondaires sévères (incluant le SGB). Les auteurs dénombrent 31 déclarations de SGB, dont 10 seulement ont été confirmées. Le taux de SGB retrouvé correspond au taux attendu en population générale dans cette tranche d'âge.

  • De plus, les autres systèmes de surveillance des vaccins (le « Vaccine Safety Datalink » et le « Project and the Clinical Immunization Safety Assessment ») n'ont pas retrouvé de lien entre le SGB (et autres troubles du système nerveux central ou périphérique) et le vaccin anti-HPV.

          

La revue de Slade et al, publiée en 2009, étudie l’ensemble des effets indésirables déclarés au VAERS. 12 424 déclarations ont été reçu entre début 2006 et fin 2008, dont 6.2% concernait des effets indésirables graves.[6] Concernant le SGB, le taux de déclaration pour 100 000 doses distribuées était de 0.2 cas avec 42 cas déclarés, mais seulement 12 cas ont pu être confirmés. Ce taux est inférieur au taux d’incidence de base du SGB des femmes de 9 à 26 ans estimé à 1.57/100 000 par an.

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/// AVIS DES INSTITUTIONS

            

Institutions Françaises

Selon l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament), une augmentation du risque de syndrome de Guillain-Barré (SGB) après vaccination contre les infections à HPV apparaît probable. [10][11]  Ces données proviennent de l’étude réalisée conjointement par l’ANSM et l’Assurance Maladie en 2014. Il s’agit d’une cohorte de 2.2 millions de jeunes filles âgées de 13 à 16 ans, dont 840 000 ont été vaccinées contre les infections à HPV (gardasil ou Cervarix). L’objectif de l’étude était d’évaluer l’incidence de 14 maladies auto-immunes suite à la vaccination anti-HPV : 

  • Une augmentation significative du risque de SGB a été retrouvée, estimée entre 1 et 2 cas pour 100 000 filles vaccinées quelle que soit le vaccin utilisé (21 cas dans le groupe vacciné contre 19 dans le groupe non vacciné soit RR=4,00 [IC95% : 1,84-8,69]).

  • L’association entre la vaccination et le SGB était très marquée au cours des 3 mois suivant la dernière dose de vaccin, puis tendait à diminuer. Ce risque reste cependant faible.

  • En revanche, il n’y avait pas d’augmentation du risque global de survenue de maladies auto-immunes lorsqu’on regroupe l’ensemble des 14 pathologies (RR = 1,07 [IC95% : 0,99-1,16]). [11]

Les deux institutions estiment, compte tenu de la rareté de la maladie, que les résultats de l’étude ne remettent pas en cause la balance bénéfice-risque pour ces vaccins. [10]

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Institutions internationales

Selon l’OMS, le GACVS (Comité consultatif Mondial de la Sécurité Vaccinale) a examiné à plusieurs reprises les données d’innocuité concernant les vaccins contre le HPV.

En 2015, celui-ci s’est intéressé aux données de la vaste étude rétrospective de l’ANSM retrouvant un risque accru de SGB dans les 3 premiers mois suivant la vaccination. Ils estiment que ce risque est faible (1 cas pour 100 000) et nécessite des études complémentaires afin de mieux estimer l’ampleur du risque. [8]

En 2017, le GACVS s’est à nouveau réuni afin d'examiner les dernières données: [9]

  • Une étude au Royaume-Uni en 2017 concernant 10.4 millions de doses administrées n’a relevé aucune augmentation significative du risque de SGB quelles que soit la dose, la période et la marque du vaccin.

  • Plusieurs études effectuées aux Etats-unis basées sur la déclaration des effets indésirables sur plus de 60 millions de doses jusqu'à 2015 ne retrouvent également aucune association entre le SGB et le vaccin anti-HPV. Ces études britanniques et américaines ont conclu, sur la base de leurs données, qu’un risque supérieur à 1 cas par million de doses pouvait maintenant être exclu.

  • Enfin, une revue systématique des événements indésirables graves suite aux vaccins anti-HPV a été commanditée en 2017 par l’OMS. Les données préliminaires relatives à 73 697 individus n’ont pas mis en évidence de différence significative entre vaccinés et non vaccinés.

Le GACVS estime avoir ainsi accumulé une quantité considérable de données sur l’innocuité des vaccins anti-HPV. Il exprime la crainte que l’attention reste focalisée sur des rapports de cas fallacieux et allégations non substantiées pouvant avoir un impact négatif sur la couverture vaccinale. [10]

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Institutions étrangères

Selon le CDC, le suivi des effets secondaires du Gardasil entre 2006 et 2015 aux Etats-unis n’a mis en évidence qu’un cas de SGB sur 2.7 millions de doses administrées montrant que le risque reste très rare. Le suivi actuel du gardasil 9 n’a pas mis en évidence de signal de sécurité concernant le SGB. [12]

               

La revue de l'Institute of Medicine (IOM) des États Unis, via le «Committee to Review Adverse Effects of Vaccines», publiée en 2012, énonce les effets indésirables imputables ou non aux vaccins. [13] Concernant le vaccin anti-HPV, 3 études ont été examinées mais non retenues du fait de l’absence de population témoin non-vaccinée et de l’utilisation de système de pharmacovigilance passive uniquement. L’IOM conclut que les preuves épidémiologiques sont insuffisantes ou absentes pour évaluer une association ainsi qu’une relation causale entre le vaccin anti-HPV et le SGB.

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Sources 

Revues systématiques 

  1. Vichnin M, Bonanni P, Klein NP, Garland SM, Block SL, Kjaer SK, et al. An Overview of Quadrivalent Human Papillomavirus Vaccine Safety: 2006 to 2015. Pediatr Infect Dis J. sept 2015;34(9):983‑91.  (Prisma ●○○○ ; Amstar ●○○)

  2. Stillo M, Carrillo Santisteve P, Lopalco PL. Safety of human papillomavirus vaccines: a review. Expert Opin Drug Saf. Mai 2015;14(5):697 712. (Prisma ●○○○; Amstar ○○)

  3. Angelo M-G, Zima J, Tavares Da Silva F, Baril L, Arellano F. Post-licensure safety surveillance for human papillomavirus-16/18-AS04-adjuvanted vaccine: more than 4 years of experience. Pharmacoepidemiol Drug Saf. mai 2014;23(5):456‑65. (Prisma ●○○○ ; Amstar ●○○)

  4. Maglione MA, Gidengil C, Das L, Raaen L, Smith A, Chari R, et al. Safety of Vaccines Used for Routine Immunization in the United States. Agency for Healthcare Research and Quality (US); 2014. (Prisma ●●●○; Amstar ●●○)

  5. Pomfret TC, Gagnon JM, Gilchrist AT. Quadrivalent human papillomavirus (HPV) vaccine: a review of safety, efficacy, and pharmacoeconomics. J Clin Pharm Ther. Févr 2011;36(1):1 9. (Prisma ●○○○; Amstar ●○○)

  6. Slade BA, Leidel L, Vellozzi C, Woo EJ, Hua W, Sutherland A, et al. Postlicensure safety surveillance for quadrivalent human papillomavirus recombinant vaccine. JAMA. 19 août 2009;302(7):750‑7. (Prisma ●●○○; Amstar ●○○)

  7. Mouchet J, Salvo F, Raschi E, Poluzzi E, Antonazzo IC, De Ponti F, et al. Human papillomavirus vaccine and demyelinating diseases-A systematic review and meta-analysis. Pharmacol Res. juin 2018;132:108‑18. (Prisma ●●●●; Amstar ●●●)

    Littérature grise

  8. OMS | Innocuité des vaccins contre le PVH [Internet]. WHO. [cité 20 juin 2018]. Disponible sur: http://www.who.int/vaccine_safety/committee/topics/hpv/Dec_2015/fr

  9. OMS | Le point sur l’innocuité des vaccins contre le HPV [Internet]. WHO. [cité 20 juin 2018]. Disponible sur: http://www.who.int/vaccine_safety/committee/topics/hpv/June_2017/fr/

  10. Vaccination contre les infections à HPV et risque de maladies auto-immunes : une étude Cnamts/ANSM rassurante - Point d’information - ANSM : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé [Internet]. [cité 20 juin 2018]. Disponible sur: http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Vaccination-contre-les-infections-a-HPV-et-risque-de-maladies-auto-immunes-une-etude-Cnamts-ANSM-rassurante-Point-d-information

  11. Vaccins anti-HPV et risque de maladies auto-immunes : etude pharmacoepidemiologique. 2015;92. Disponible sur : file:///C:/Users/Corentin/Downloads/Ansm_Gardasil-Hpv_Rapport_Septembre-2015_Version-2.pdf

  12. FAQs about HPV Safety | Vaccine Safety | CDC [Internet]. 2018 [cité 23 juin 2018]. Disponible sur: https://www.cdc.gov/vaccinesafety/vaccines/hpv/hpv-safety-faqs.html

  13. Read « Adverse Effects of Vaccines: Evidence and Causality » at NAP.edu [Internet]. [cité 14 juill 2017]. Disponible sur: https://www.nap.edu/read/13164/chapter/1

                    

SGB et autres vaccins

                  

DONNÉES DE LA LITTÉRATURE
AVIS DES INSTITUTIONS 

              

/// DONNÉES DE LA LITTÉRATURE

               

La revue systématique de Maglione et al., publiée en 2014, évalue la sécurité des vaccins recommandés chez les enfants aux États-Unis. [1] Cette revue fait partie du rapport final intitulé «Safety of vaccines used for routine immunisation in the United States », de l’Agency for Healthcare Research and Quality. Les auteurs, qui se sont principalement basés sur le rapport de l’IOM de 2012 et quelques études ultérieures, concluent qu’il n’y a pas suffisamment de preuves pour conclure à une association causale avec le SGB concernant les vaccins contre l’hépatite B, la varicelle et le méningocoque.

                     

La revue systématique de Haber et al., publiée en 2009, examine les preuves existantes en faveur ou non d’un lien de cause à effet entre différents vaccins et le SGB. Ont été inclus par les auteurs 67 articles ainsi que les rapports de deux systèmes de surveillance des effets indésirables. Les principaux résultats et conclusions présentés par les auteurs sont :[2]

Concernant les vaccins anti-rabiques :

  • Deux formulations anciennes de vaccin antirabique cultivées dans les tissus cérébraux de mammifères ont été associées à un risque accru de SGB estimé à 1 cas sur 7500 vaccinés. Cela a conduit à l’arrêt d’utilisation de ces vaccins aux Etats-Unis et dans d’autres pays en 1980.

  • En revanche, les nouvelles formulations dérivées des cellules embryonnaires de poulet ne semblent pas associées au SGB puisque le taux de SGB suivant la vaccination n’est pas supérieur à celui de la population générale.

Concernant le vaccin anti-poliomyélite oral (VPO):

  • Les anciennes conclusions de l’"Institute of Medicine" (IOM), suite à une recrudescence de SGB concomitant à une campagne de vaccination nationale en Finlande dans les années 1970, étaient en faveur d’une relation causale avec le vaccin VPO.

  • Depuis, les études épidémiologiques récentes et les campagnes de vaccination de masse de différents pays (notamment en Amérique du Sud) n’ont trouvé aucune corrélation entre le vaccin anti-poliomyélite oral et le SGB.

Concernant  les vaccins contenant l’anatoxine tétanique :

  • Suite à plusieurs rapports de cas, l’IOM a estimé en 1994 qu’il y avait suffisamment de preuves pour suggérer un lien causal entre la toxine tétanique et le SGB, malgré l’absence d’études contrôlées (ne permettant pas d’estimer ainsi l’incidence).

  • Depuis, les études épidémiologiques récentes dont une étude de grande ampleur américaine n’ont trouvé aucune corrélation entre l’anatoxine tétanique et le SGB.

Concernant le vaccin conjugué quadrivalent contre le méningocoque :

  • Les préoccupations proviennent de rapports de cas signalés au système de pharmacovigilance américain (VAERS) concernant le vaccin Menactra® en 2005, suite à sa recommandation chez l’adolescent. Une augmentation du taux d'incidence relative est retrouvée : IRR = 1.78  [IC95% : 1.02-2.85] dans les six semaines suivant la vaccination. Ce risque reste très faible puisqu’il correspond à un cas supplémentaire de SGB pour un million de personnes vaccinées.

  • Cependant, le résultat reste à interpréter avec précaution du fait des limites du VAERS. De plus, le manque d’études épidémiologiques contrôlées ne permet pas de conclure à une association causale.

Concernant les autres vaccins comprenant le ROR, hépatite B, Haemophilus influenzae B, fièvre jaune, encéphalite japonaise et la coqueluche :

  • Les données disponibles proviennent de rapports de cas isolés ou sur de très petits groupes qui ne permettent pas de tirer de conclusion sur un lien de causalité. De plus, les études de pharmacovigilance à grande échelle ne retrouvent pas d’association significative entre le SGB et ces vaccins.

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La revue systématique de Schattner et al., publiée en 2005, recherche les manifestations auto-immunes déclarées pour chaque vaccin utilisé en routine.[3] Les vaccins qui ont fait l’objet d’un signalement de cas de SGB sont :

  • Le vaccin contre l’hépatite B, dont les différents comités d’examen indépendants n’ont finalement pas trouvé de lien évident entre le vaccin anti-VHB et les manifestations auto-immunes

  • Le vaccin ROR, dont les campagnes de vaccination de masse n’ont pas retrouvé d’association avec le SGB.

  • Le vaccin anti-poliomyélite oral suite à la campagne de vaccination en Finlande, mais dont la réanalyse des données et une étude en Californie n’ont pas permis de retrouver d’association.

  • Le vaccin contre la varicelle.

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/// AVIS DES INSTITUTIONS 

                

Institutions Françaises

Selon Santé Publique France, à travers le guide des vaccinations de 2012, trois vaccins sont évoqués concernant la possibilité d’effets indésirables à type de syndrome de Guillain-Barré:[5]  

  • Le vaccin trivalent inactivé contre la grippe saisonnière, avec un risque d’un peu plus d’un cas additionnel pour 1 million de personnes vaccinées, repris selon une étude rétrospective américaine en 1992-1993 et 1993-1994.

  • Le vaccin contre la rage (seulement Rabipur®: vaccin inactivé et produit sur cellules d’embryons de poulet) pour lequel des cas de SGB d’évolution favorable sans aucune séquelle ont été très rarement rapportés.

  • Le vaccin anti-amarile, évènement qualifié de très rare

                

Institutions internationales

Selon l’OMS et le Comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale (GACVS) [4] : d’autres cas ont été notifiés concernant les vaccins contre le vaccin anti-tétanique, les vaccins conjugués anti-méningococciques et le vaccin DTC (Diphtérie-Tétanos-Coqueluche). A ce jour, aucune relation de cause à effet n’a été établie entre le SGB et ces vaccinations.

                

Institutions étrangères

La revue de l'"Institute of Medicine" (IOM) des États Unis, via le « Committee to Review Adverse Effects of Vaccines », publiée en 2012, énonce les effets indésirables imputables ou non aux vaccins. [6] Plusieurs vaccins ont fait l’objet d’analyse concernant le risque de SGB : le vaccin ROR (5 études), le vaccin contre la varicelle (1 étude), le vaccin contre l’hépatite A (aucune étude), le vaccin contre l’hépatite B (5 études), le vaccin DT-Coqueluche (4 études), le vaccin contre le méningocoque C (2 études). Pour tous les vaccins cités, l’IOM a conclu que les preuves épidémiologiques sont insuffisantes ou absentes pour évaluer une association avec le SGB.

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Sources

Revues systématiques 

  1. Maglione MA, Gidengil C, Das L, Raaen L, Smith A, Chari R, et al. Safety of Vaccines Used for Routine Immunization in the United States. Agency for Healthcare Research and Quality (US); 2014. (Prisma ●●●○; Amstar ●●○)

  2. Haber P, Sejvar J, Mikaeloff Y, DeStefano F. Vaccines and Guillain-Barré syndrome. Drug Saf. 2009;32(4):309‑23. (Prisma ●●○○ ; Amstar ●○○)

  3. Schattner A. Consequence or coincidence? The occurrence, pathogenesis and significance of autoimmune manifestations after viral vaccines. Vaccine. 10 juin 2005;23(30):3876‑86. (Prisma ●●○○ ; Amstar ●○○)

    Littérature grise

  4. wer8304.pdf [Internet]. [cité 16 juin 2018]. Disponible sur:http://www.who.int/wer/2008/wer8304.pdf

  5. 1133.pdf [Internet]. [cité 23 juin 2018]. Disponible sur:http://inpes.santepubliquefrance.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1133.pdf

  6. Read « Adverse Effects of Vaccines: Evidence and Causality » at NAP.edu [Internet]. [cité 14 juill 2017]. Disponible sur: https://www.nap.edu/read/13164/chapter/1