La Communication avec un patient hésitant

                                 

Nous avons exclu de la recherche les revues portant sur la communication sans étudier l'impact sur le patient, les revues portant sur l'hésitation vaccinale sans étudier les méthodes de communication et les revues étudiant la communication des autorités avec les professionnels de santé.

                  

La Communication avec un patient hésitant

                                 

Nous avons exclu de la recherche les revues portant sur la communication sans étudier l'impact sur le patient, les revues portant sur l'hésitation vaccinale sans étudier les méthodes de communication et les revues étudiant la communication des autorités avec les professionnels de santé.

                  

L'impact des professionnels de santé

                               

L'IMPACT DE LA RECOMMANDATION D'UN VACCIN PAR UN PROFESSIONNEL DE SANTÉ
L'impact de la confiance du professionnel de santé sur le taux de vaccination
L'IMPACT DE LA RELATION MÉDECIN-PATIENT
Les conditions pour établir une relation médecin-patient de bonne qualité
Comment améliorer cette confiance ?

            

L'impact de la recommandation d'un vaccin par un professionnel de santé

                                     

Les professionnels de santé sont la première source d'informations pour les patients concernant les vaccinations. [8]

La revue systématique et méta analyse de Kaufmann et al. publiée en 2018, évalue les effets des interventions en face à face pour informer ou éduquer les parents sur la vaccination de la petite enfance.[7] 10 études ont été incluses impliquant un total de 4 527 participants. La plupart des études ont évalué l'efficacité d'une seule séance d'intervention dispensée à des parents individuels. Les interventions consistaient en un mélange équilibré de séances courtes (dix minutes ou moins) et plus longues (15 minutes à plusieurs heures). Des données probantes de faible certitude issues de sept études (3004 participants) ont suggéré que les interventions en face à face pour informer ou éduquer les parents pourraient améliorer le statut vaccinal (RR = 1,20, [IC 95 % : 1,04 à 1,37]). Des données probantes de certitude modérée issues de quatre études (657 participants) ont révélé que les interventions en face à face amélioraient probablement légèrement les connaissances des parents (différence moyenne standardisée (DMS) 0,19, [IC 95 % : 0,00 à 0,38] et des données probantes de faible certitude issues de deux études (179 participants) ont suggéré qu'ils pourraient légèrement améliorer l'intention de vacciner (DMS 0,55, [IC 95 % : 0,24 à 0,85]. Des données probantes de faible certitude ont révélé que les interventions pouvaient entraîner peu ou pas de changement dans les attitudes ou les croyances des parents à propos de la vaccination (DMS 0,03, [IC 95% : ‐0,20 à 0,27] ; trois études, 292 participants) ou dans l'anxiété des parents (différence moyenne (DM) ‐1,93, [IC 95 %:  ‐7. 27 à 3,41] ; une étude, 90 participants). Les auteurs concluent que les messages éducatifs axés sur la vaccination peuvent être suffisants pour améliorer la couverture vaccinale. 

 

Selon la revue systématique de Smith et al., publiée en 2017, la recommandation d'un vaccin aux parents par les professionnels de santé a un impact positif sur la vaccination de leur enfant. A contrario, l'absence de recommandation ou le fait de déconseiller un vaccin, influence significativement sur la non-vaccination. [1] Ce résultat est confirmé par la revue systématique de Williams et al., publiée en 2014, qui retrouve un lien statistiquement significatif entre la recommandation du vaccin par le professionnel de santé et la vaccination de l'adolescent (p<0.03). [6]

La revue narrative de Kestenbaum et al., publiée en 2015, explique également que la recommandation d'un médecin est souvent citée comme la raison pour laquelle les parents choisissent de vacciner leur enfant. Cela nécessite que le médecin ait confiance en la sécurité et l'efficacité du vaccin, mais aussi, qu'il ait la capacité de répondre aux questions des patients. Pour cela, il doit disposer de ressources fiables et à jour, qu'il peut également partager avec le patient. [9]

Ainsi, la recommandation vaccinale par le professionnel de santé influe sur la vaccination du patient. C'est pourquoi, le CDC recommande aux professionnels de santé d'exprimer de manière claire et forte leur recommandation de vacciner l'enfant auprès des parents. [11]

                      

L'impact de la confiance du professionnel de santé sur le taux de vaccination

La revue narrative de Tokis et al., publiée en 2020, montre que les parents citent une relation de confiance avec leur pédiatre comme le facteur le plus important influençant leur décision de vacciner.[10]

La revue systématique de Paterson et al., publiée en 2016, étudie l’impact de la confiance ou de l’hésitation des professionnels de santé au sujet de la vaccination sur leurs recommandations de vacciner ou non. 185 études ont été incluses. Les principaux résultats sont : [5]

  • Les professionnels de santé vaccinés recommandent plus facilement la vaccination à leurs patients ;

  • Les professionnels ayant un avis positif sur la vaccination ont des taux de patients vaccinés plus élevés ;

  • Les professionnels non vaccinés considèrent plus facilement la décision de vacciner comme un choix autonome alors que les professionnels vaccinés perçoivent plus facilement la vaccination comme un enjeu de santé publique ;

  • La connaissance de la vaccination (efficacité et sécurité du vaccin) par le professionnel de santé est associée à des taux de patients vaccinés plus élevés (car les vaccins sont davantage recommandés) ;

  • Le manque de formation sur les vaccins est présenté comme un frein pour répondre aux patients hésitants.

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L'impact de la relation médecin-patient

              

Selon la revue narrative de Gowda et al., publiée en 2013, les études incluses ont montré que la qualité de la relation médecin-patient influençait sur la confiance envers les vaccins : plus la relation est mauvaise, plus la confiance dans la sécurité de la vaccination diminuait. De plus, les patients hésitants à la vaccination ont une défiance plus importante pour les professionnels de santé et respectent moins leurs conseils.[8] La revue systématique de Smith et al., publiée en 2017, rapporte également un impact significatif d'une mauvaise relation médecin-patient sur le choix de refuser la vaccination. [1] Cette relation médecin-patient constitue donc un rôle clé dans la vaccination.

                                    

Les conditions pour établir une relation médecin-patient de bonne qualité

Selon la revue systématique de Ridd et al., publiée en 2009, les facteurs contribuant à l'établissement d'une relation de médecin-patient de qualité sont : [4]

  • La continuité des soins : le fait de garder le même médecin ;

  • Le vécu positif des consultations : les patients sont plus enclins à créer une relation de qualité avec les médecins qui répondent à leurs attentes (c'est à dire : à l'écoute, fournissant des explications claires, ouverts à la discussion, qui prennent le temps, avec une attitude bienveillante, etc.) ;

  • Cette relation sera plus « intense » avec la connaissance du patient sur le médecin et vice versa ; la confiance du patient envers le médecin ; la loyauté du patient envers le médecin (c'est à dire la préférence du patient à voir son médecin) ; la relation affective du patient envers le médecin.

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Comment améliorer cette confiance ?

Selon la revue systématique de Murray et al., publiée en 2015, les 3 facteurs (modifiables par les professionels de santé) qui permettent d'améliorer la confiance dans la relation médecin-patient sont : [2]

  • Les compétences relationnelles et techniques (une communication centrée sur le patient, un degré élevé d'« intelligence émotionnelle », la compréhension de ses préoccupations, favoriser le renforcement positif, etc.)

  • Le comportement moral (être attentionné, avoir une connaissance personnelle du patient, respecter le patient, etc.)

  • La vigilance (avoir un effort constant pour construire cette confiance qui est remise en cause à chaque consultation, prendre le temps et répéter les consultations, etc.)

                   

Dans la revue systématique de Rolfe et al., publiée en 2014, plusieurs types d'interventions ont été testés pour améliorer la relation médecin-patient mais les résultats sont discordants. Les résultats de ces études retrouvent parfois un effet positif de certaines interventions : les formations médicales visant à former le médecin aux compétences associées à la confiance (empathie, méthode de communication, etc.), les mesures d'éducation du patient, les informations délivrées au patient sur le type de pratique du médecin ou ses sources de financement. Mais la méta-analyse de ces interventions ne retrouve pas de preuve qu'elles augmentent la confiance envers le médecin (l'hétérogénéité des études est importante, les critères de mesure de la confiance sont trop peu sensibles). [3]

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Sources 

Revues systématiques

  1. Smith LE, Amlôt R, Weinman J, Yiend J, Rubin GJ. A systematic review of factors affecting vaccine uptake in young children. Vaccine. 27 2017;35(45):6059 69. Prisma ●●●○ ; Amstar ●●○

  2. Murray B, McCrone S. An integrative review of promoting trust in the patient-primary care provider relationship. J Adv Nurs. janv 2015;71(1):3 23. Prisma ●●●○ ; Amstar ●●○

  3. Rolfe A, Cash-Gibson L, Car J, Sheikh A, McKinstry B. Interventions for improving patients’ trust in doctors and groups of doctors. Cochrane Database Syst Rev. 4 mars 2014;(3):CD004134. Prisma ●●●● ; Amstar ●●●

  4. Ridd M, Shaw A, Lewis G, Salisbury C. The patient-doctor relationship: a synthesis of the qualitative literature on patients’ perspectives. Br J Gen Pract. avr 2009;59(561):e116-133. Prisma ●●●○ ; Amstar ●●○

  5. Paterson P, Meurice F, Stanberry LR, Glismann S, Rosenthal SL, Larson HJ. Vaccine hesitancy and healthcare providers. Vaccine. 20 2016;34(52):6700 6. Prisma ●●○○ ; Amstar ●○○

  6. Williams SE. What are the factors that contribute to parental vaccine-hesitancy and what can we do about it? Hum Vaccin Immunother. 2014;10(9):2584 96. Prisma ●●○○ ; Amstar ●○○

  7. Kaufman J, Synnot A, Ryan R, Hill S, Horey D, Willis N, et al. Face to face interventions for informing or educating parents about early childhood vaccination. Cochrane Database Syst Rev. 31 mai 2013;(5):CD010038. Prisma ●●●○ ; Amstar ●●○

Revues narratives

  1. Gowda C, Dempsey AF. The rise (and fall?) of parental vaccine hesitancy. Hum Vaccin Immunother. août 2013;9(8):1755 62. 

  2. Kestenbaum LA, Feemster KA. Identifying and addressing vaccine hesitancy. Pediatr Ann. avr 2015;44(4):e71-75.

  3. Tokish, Hannah; Solanto, Mary V. (2020). The problem of vaccination refusal: a review with guidance for pediatricians. Current Opinion in Pediatrics, 32(5), 683–693.

Littérature grise

  1. References for Provider Resources for Vaccine Conversations | CDC [Internet]. [cité 25 mai 2022]. Disponible sur:  https://www.cdc.gov/vaccines/hcp/conversations/talking-with-parents.html avril 2018

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L'attente des patients

                          

L'ATTENTE DES PATIENTS SUR LA COMMUNICATION A PROPOS DES VACCINS 

                                    

La synthèse de revue de Cooper et al., publiée en octobre 2021, explore les points de vue et les pratiques des parents et des prestataires de soins informels concernant la vaccination systématique des enfants, ainsi que les facteurs influençant l'acceptation, l'hésitation ou la non-acceptation de la vaccination systématique des enfants.[2] Les auteurs ont dégagé 17 facteurs complexes qui influencent les opinions et les pratiques de vaccination des parents, répartis en quatre thèmes :

  • Thème n°1 : idées et pratiques concernant la santé et la maladie de l'enfant. Les idées et pratiques des parents concernant la vaccination systématique des enfants peuvent être influencées par leurs idées et pratiques plus générales concernant la santé et la maladie en général, et plus particulièrement en ce qui concerne leurs enfants. 

    • Facteur 1 : les croyances religieuses. Certains parents acceptaient moins bien la vaccination des enfants en raison de leurs croyances religieuses et de l'idée que la maladie, y compris chez les enfants, ne peut être évitée que par la providence divine. Ces parents ont exprimé des objections religieuses à la vaccination (confiance faible). 

    • Facteur 2 : le nourrisson " fragile ". La compréhension des nourrissons et de leur système immunitaire comme étant fragiles et encore en phase de développement était commune aux parents dans divers milieux, contextes et groupes de population. De nombreux parents ont décrit les nourrissons et les jeunes enfants comme étant faibles et vulnérables, et ayant besoin d'être protégés contre de multiples menaces sociales, biologiques ou spirituelles. Cette perception était associée à une acceptation à la fois réduite et accrue de la vaccination des enfants (confiance élevée).

    • Facteur 3 : primauté de la " nature " et du " naturel ". Certains parents, principalement ceux des pays à haut revenus, acceptent moins la vaccination des enfants en raison de leur conception holistique de la santé et de la maladie. Cette conception considère de nombreuses interventions biomédicales, dont la vaccination, comme des intrusions contre nature, inutiles ou nuisibles (confiance élevée). 

    • Facteur 4 : santé, immunité et trajectoires de réponse aux vaccins individualisées. De nombreux parents, principalement dans les pays à haut revenus, considèrent que les enfants ont un corps et un système immunitaire uniques, et donc des besoins et des vulnérabilités individuels en matière de vaccination. Ainsi, ces parents évaluent fréquemment les risques et les avantages des vaccins en fonction de leur propre enfant, plutôt qu'en considérant les risques pour la communauté. S'ils considéraient que les risques étaient supérieurs aux avantages pour leur enfant en particulier, ils avaient tendance à moins accepter la vaccination des enfants (confiance élevée).  

    • Facteur 5 : revendication de l'expertise parentale. De nombreux parents des pays à haut revenus se considèrent comme des experts de leur enfant, possédant la meilleure compréhension des forces et des vulnérabilités de leur enfant en matière de santé. Ils se considéraient comme les mieux placés pour juger des besoins et des risques de vaccination de leur enfant (confiance modérée). 

    • Facteur 6 : choix et responsabilité personnels. De nombreux parents, principalement ceux des pays à haut revenus, considèrent que la prise de décision en matière de soins de santé, y compris la vaccination, est une question de responsabilité et de choix personnels. Dans les cas où les risques d'un vaccin ou de la vaccination en général étaient considérés comme supérieurs aux avantages pour leur enfant, ces valeurs de responsabilité et de choix personnels étaient souvent privilégiées par rapport à la responsabilité collective. Ces parents ont donc tendance à moins accepter la vaccination de leurs enfants (confiance élevée).                  

  • Thème n°2 : communautés et réseaux sociaux                  

    • Facteur 7 : les réseaux sociaux façonnent les idées et les pratiques en matière de vaccination. Les opinions et les pratiques des parents en matière de vaccination, dans divers milieux, contextes et groupes de population, ont été influencées par les opinions et les expériences de vaccination de leurs réseaux sociaux. Les opinions et les pratiques des autres parents, et en particulier des autres mères, ont été particulièrement influentes (confiance élevée). 

    • Facteur 8 : les idées et les pratiques en matière de vaccination façonnent les réseaux sociaux. Les idées et pratiques des parents en matière de vaccination ont également façonné leurs réseaux sociaux. Le partage d'idées et de pratiques en matière de vaccination a constitué une force puissante dans la création de relations et de liens sociaux. Si ce phénomène s'est produit chez tous les parents, quelle que soit leur attitude vis-à-vis de la vaccination, il peut être particulièrement significatif pour les parents qui acceptent moins la vaccination. 

  • Thème n°3 : événements, relations et processus politiques          

    • Facteur 9 : méfiance à l'égard des institutions ou des systèmes impliqués dans la vaccination. Certains parents acceptaient moins la vaccination en raison d'un manque de confiance ou d'une perte de confiance dans les institutions ou les systèmes impliqués dans la vaccination - plus particulièrement le gouvernement, l'industrie pharmaceutique et la science. Les raisons de cette méfiance étaient complexes et contextuelles, ancrées dans des événements, des relations et des processus politiques à des moments et des endroits spécifiques (confiance modérée). 

    • Facteur 10 : baisse généralisée de la confiance dans l'autorité et les systèmes experts. Pour certains parents, la méfiance à l'égard des institutions ou des systèmes impliqués dans la vaccination peut s'inscrire dans une tendance contemporaine plus généralisée de diminution de la confiance dans les autorités et les systèmes experts (faible confiance).

    • Facteur 11 : agendas et intérêts sous-jacents aux systèmes experts impliqués dans la vaccination. Pour certains parents, la méfiance à l'égard des institutions ou des systèmes impliqués dans la vaccination était liée à leurs préoccupations concernant les programmes ou les intérêts sous-jacents à ces systèmes. Nombre de ces parents étaient particulièrement préoccupés par les intérêts économiques de ces systèmes, et notamment ceux de l'industrie pharmaceutique, qu'ils percevaient comme influençant négativement les programmes de vaccination (confiance modérée). 

    • Facteur 12 : controverses actuelles et passées. La méfiance de certains parents à l'égard des institutions ou des systèmes impliqués dans la vaccination est liée à des " scandales " ou à des " controverses " particuliers liés à la vaccination ou, plus largement, à des questions de santé. La survenue de tels scandales, et la manière dont ils ont été perçus comme ayant été gérés, ont amené certains parents à se sentir trompés par les autorités et à remettre en question leur légitimité à protéger la santé du public (faible confiance). 

    • Facteur 13 : marginalisation, services publics inadéquats et décalage des priorités. La méfiance de certains parents à l'égard des institutions ou des systèmes impliqués dans la vaccination était liée à leurs expériences de marginalisation, de services publics inadéquats ou de décalage entre leurs propres priorités et celles de l'État. Ces expériences ont sapé les relations de confiance entre l'État et les citoyens, conduisant de nombreux parents à se méfier du gouvernement et des programmes parrainés par le gouvernement, y compris la vaccination (confiance modérée).                         

  • Thème 4 : interactions entre l'accès, l'offre et la demande.

    • Facteur 14 : difficultés socio-économiques pour accéder aux services de vaccination. Les parents vivant dans des environnements à ressources limitées sont souvent confrontés à de nombreux défis socio-économiques pour accéder aux services de vaccination, notamment des questions pratiques liées à la géographie et au transport, aux contraintes liées à la garde des enfants, à l'économie familiale et aux pressions du travail domestique. En raison de ces difficultés, certains de ces parents acceptent moins la vaccination en raison du temps, des efforts et des coûts d'opportunité qu'implique l'accès à la vaccination (confiance élevée).

    • Facteur 15 : caractéristiques indésirables des services de vaccination et de la logistique de livraison. Certains parents acceptaient moins bien la vaccination en raison des caractéristiques indésirables des services de vaccination et de la logistique d'administration. Ces caractéristiques, communes aux services de vaccination dans des contextes à ressources limitées, comprennent les contraintes de ressources qui affectent l'approvisionnement en vaccins et les coûts, les temps d'attente dans les établissements de santé et les procédures organisationnelles contraignantes (confiance modérée).  

    • Facteur 16 : la vaccination en tant qu'événement social. La vaccination peut être un événement social où les gens se rassemblent et interagissent les uns avec les autres. Ceci a pu être perçu de manière positive et inciter certains parents à participer aux services de vaccination. Aux contraire, certains ont vécu une expérience négative qui a pu diminuer leur adhésion. 

    • Facteur 17 : interactions avec les agents de santé de première ligne. Les opinions et les pratiques des parents en matière de vaccination, ont été influencées par les interactions en face à face ou les relations personnelles qu'ils ont avec les agents de santé de première ligne. Certains parents acceptaient moins la vaccination en raison de mauvais traitements de la part du personnel de santé, et lorsqu'ils estimaient que les informations sur la vaccination qui leur étaient fournies étaient simplistes et déséquilibrées. À l'inverse, certains parents acceptaient mieux la vaccination en raison d'interactions positives avec le personnel de santé, où ils se sentaient soutenus, écoutés et respectés, et où le personnel de santé partageait des informations équilibrées et des histoires personnelles sur eux-mêmes en tant que parents (confiance élevée).

 

Le deuxième objectif des auteurs était de développer une compréhension conceptuelle de la nature et de la manière dont les différents facteurs réduisent l'acceptation par les parents de la vaccination systématique des enfants. 

  • Le premier concept, la " logique néolibérale ", suggère que de nombreux parents, en particulier dans les pays à revenu élevé, considèrent que les décisions en matière de santé et de soins relèvent du risque, du choix et de la responsabilité individuels. Pour certains parents, cette conception est en contradiction avec les programmes de vaccination, qui mettent l'accent sur le risque généralisé et la santé de la population. Ce conflit perçu a conduit certains parents à moins accepter la vaccination de leurs enfants.

  • Le deuxième concept, "l'exclusion sociale", suggère que certains parents, en particulier dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires, acceptaient moins la vaccination des enfants en raison de leur expérience de l'exclusion sociale. L'exclusion sociale peut nuire aux relations de confiance entre le gouvernement et le public, générer des sentiments d'isolement et de ressentiment, et donner lieu à une démotivation face à des services publics de mauvaise qualité et difficiles d'accès. Ces facteurs ont à leur tour conduit certains parents socialement exclus à se méfier de la vaccination, à refuser la vaccination comme une forme de résistance ou un moyen de provoquer le changement, ou à éviter la vaccination en raison du temps, des coûts et de la détresse qu'elle engendre.

 

La revue systématique de Armes et al., publiée en 2017, examine le ressenti des parents à propos de la communication sur la vaccination de leurs enfants : [1]

  • Le manque d'informations, par rapport à ce qu'ils en attendaient, provoque des inquiétudes ou des regrets pour les décisions de vaccination ;

  • Les parents souhaitent une information équilibrée sur les avantages et les préjudices de la vaccination, exposée simplement et adaptée à leur situation ;

  • Ils souhaitent trouver l'information à plusieurs endroits (écoles, pharmacies, bibliothèques, etc.) et avant la consultation pour se faire vacciner ;

  • Les professionnels de santé jouent un rôle important pour leur décision : une communication trop faible et une relation altérée constituent un frein ;

  • Les parents évoquent des difficultés à trouver des sources fiables et impartiales.

                     

                              

Source 

Revue systématique

  1. Ames HM, Glenton C, Lewin S. Parents’ and informal caregivers’ views and experiences of communication about routine childhood vaccination: a synthesis of qualitative evidence. Cochrane Database Syst Rev. 07 2017;2:CD011787. Prisma ●●●○ ; Amstar ●●●

Revue narrative

  1. Cooper S, Schmidt BM, Sambala EZ, Swartz A, Colvin CJ, Leon N, Wiysonge CS. Factors that influence parents' and informal caregivers' views and practices regarding routine childhood vaccination: a qualitative evidence synthesis. Cochrane Database Syst Rev. 2021 Oct 27;10(10):CD013265.

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Communiquer avec un patient hésitant

                                             

ABORDER LA VACCINATION ET ADAPTER SON DISCOURS
Comment aborder la discussion sur la vaccination ?
Une approche adaptée au patient
LES METHODES DE COMMUNICATION EVALUÉES
La méthode CASE
Utiliser les principes de l'entretien motivationnel
Utiliser une communication narrative
Impact de la communication
LES MÉTHODES DE COMMUNICATION À ÉVITER

             

Les professionnels de santé constituent le facteur prédictif le plus important dans l'acceptation de la vaccination, d'autant plus que leur recommandation de se faire vacciner est claire et forte. [14], [17]

                                 

ABORDER LA VACCINATION ET ADAPTER SON DISCOURS 

                                           

La méthode d'approche du sujet hésitant dépend de son expérience avec la vaccination. La décision du patient est influencée par les facteurs environnementaux (politique vaccinale en vigueur, les normes sociales, la relation médecin-patient, les médias), les facteurs spécifiques au vaccin (l'efficacité et la sécurité perçues du vaccin, la perception de la susceptibilité à la maladie), les facteurs spécifiques au patient (les valeurs culturelles, le niveau d'éducation, l'expérience antérieure avec la vaccination, les connaissances sur la vaccination, les réponses émotionnelles). Ces facteurs sont à prendre en compte lors de la communication avec le patient. [13]

                                 

Comment aborder la discussion sur la vaccination ?

La revue narrative de Shenet al., publiée en 2019 prodigue des conseils pratiques pour répondre à l’hésitation des parents face à la vaccination dans les soins de première ligne.[15] Ils consistent à commencer tôt, à présenter la vaccination comme l’approche par défaut, à établir une relation de confiance, à être honnête quant aux effets secondaires, à rassurer les parents en leur disant que le système d’innocuité vaccinale est solide, à s’attarder sur la protection de l’enfant et de la collectivité, à raconter des histoires et à parler de la douleur.

Selon la revue systématique de Leask et al., publiée en 2012, la discussion autour de la vaccination doit respecter certaines conditions : [1]

  • Bâtir une relation de confiance : prendre le temps, accepter les préoccupations, avoir les connaissances scientifiques nécessaires, avoir une approche globale et non condescendante ;

  • Utiliser le langage corporel ;

  • Éviter les distractions (ex : le fait d'écrire en même temps sur l'ordinateur) ;

  • Clarifier les préoccupations des parents, ne pas les minimiser ni les rejeter ;

  • Expliquer au patient les différentes phases de la discussion : le « signposting » ;

  • Délivrer l'information progressivement et vérifier la compréhension : « Chunking and checking » ;

  • Éviter les discours directifs, le jargon médical et d'entrer dans la confrontation ; préférer la forme de l'entretien motivationnel avec un discours pour guider le patient dans son cheminement.

Concernant le contenu de la discussion, les auteurs conseillent de :

  • Communiquer efficacement sur les risques : les effets mineurs mais fréquents, les effets rares mais graves ;

  • Présenter et utiliser toutes les sources d'informations (documents, sites web, dépliants, etc.) si besoin avant la consultation ;

  • Communiquer les risques en probabilité ; et donner des points de comparaison pour pouvoir interpréter ces probabilités.

Selon les autres revues, il est également important de se positionner de manière claire et forte sur la recommandation du vaccin[14], [17]

                               

Une approche adaptée au patient   

La revue systématique de Leask et al. (2012), ainsi que les revues narratives de Hagood et al. (2013) et Kestenbaum et al. (2015) proposent une approche adaptée à la position du patient au sujet de la vaccination : [1][8][10]

Méthode de communication selon l'hésitation vaccinale

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LES METHODES DE COMMUNICATION EVALUéES

                                               

Plusieurs méthodes sont proposées pour communiquer avec un patient hésitant. Il est conseillé d'utiliser chaque consultation comme une occasion d'aborder la vaccination et d'utiliser plusieurs méthodes de communication pour réduire efficacement l'hésitation vaccinale.[8], [14]

                                   

La méthode CASE

Cette méthode est reprise dans la revue systématique de Williams et al., ainsi que dans les revues narratives de Hagood et al., Domachowske et al. et Jacobson et al. [5], [8][11][14] 

  • C = corroborate by acknowledging the stated concern : confirmer les préoccupations du patient, proposer une discussion respectueuse et proposer de commencer par un domaine où les deux parties sont d'accord.

  • A = About you : se présenter et dire en quoi on est légitime pour parler des vaccins.

  • S = Science : expliquer les réponses qu'apportent les études scientifiques à propos de ces préoccupations (avec des réponses d'autant plus précises que le patient est intéressé).

  • E = Explain / Advise : conseiller le patient en lui recommandant le vaccin, expliquer que cet avis médical suit les recommandations vaccinales et les preuves scientifiques. En cas d'impossibilité à répondre à la question, il est conseillé de prendre le temps d'effectuer les recherches. En cas de recherches menées par le patient, il faut alors les revoir avec lui et vérifier la fiabilité des sources.

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Utiliser les principes de l'entretien motivationnel  

L'entretien motivationnel est une approche qui a pour but d'explorer et de résoudre l'ambivalence des patients face au changement. Il repose sur quatre principes : l'empathie, l'absence d'argumentation (notamment l'absence de confrontation des points de vue), l'exploration de l'ambivalence et le respect de l'autonomie. Cette méthode est reprise dans la revue narrative de Tokis et al, ainsi que celle de Hagood et al. et dans le rapport de l'INPES.  [8]

La revue narrative de Gaillat et al., publiée en 2019 a pour objectif d’étudier comment lever les freins à l’hésitation vaccinale.[16] L’écoute est la clé indispensable à toute communication. Le rôle du médecin est de percevoir les motivations des parents opposés à la vaccination afin de permettre une relation de confiance, levier indispensable pour toute prise en charge diagnostique, thérapeutique ou de prévention. L’entretien motivationnel, initialement utilisé pour lutter contre les addictions, peut être appliqué à toutes sortes de situations de refus marquées par l’ambivalence face aux choix de changement. Cette méthode de communication a donné des résultats positifs évalués sur le taux de vaccination avant-après en maternité au Canada chez les nouveau-nés. Elle renforce le lien patient médecin indispensable à une relation de confiance pour accepter la vaccination. Identifier le niveau d’ambiguïté de la personne en est le 1er stade. Il repose sur l’empathie, l’absence d’argumentation, l’exploration de l’ambivalence et le respect de l’autonomie. Son but est de permettre à la personne d’établir la balance des risques potentiels qui guidera sa démarche. Apporter des réponses sur les risques de la maladie et son niveau de prévalence, la réalité des effets associés à la vaccination sont considérés comme prépondérants.

                                       

Utiliser une communication narrative

Ce mode de communication est largement utilisé par les activistes anti-vaccins, qui transmettent la peur et le doute sur la vaccination sans preuve scientifique. Ces méthodes ne sont pas utilisées traditionnellement par la communauté médicale, car ce sont des anecdotes personnelles et non scientifiques.

Traditionnellement, la plupart des stratégies visant à accroître la confiance dans la vaccination ont été basées sur le modèle de déficit d'informations. Ce modèle repose sur l'hypothèse que les êtres humains sont rationnels et que la « vaccine hesitancy » est liée à une connaissance insuffisante. Or des études retrouvent un impact plus important de ces histoires sur l'hésitation vaccinale que les informations basées sur les preuves. Ainsi le récit narratif, accompagné par la suite de données fondées sur les preuves pourrait être un moyen de communication efficace.

Ces récits peuvent concerner : le développement d'une maladie prévenue par la vaccination chez un enfant non vacciné ; la vaccination d'un enfant sans complication et l'explication des bénéfices que lui procure ce vaccin ; le discours d'un parent qui encourage les autres parents de vacciner leur enfant (après avoir refusé de vacciner le sien qui a contracté la maladie et qui souffre de ses conséquences) ; etc.  [4], [9], [10][12][17]

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Les autres méthodes évaluées 

  • La cohérence des discours entre les professionnels de santé.

  • La présence d'affiches en salle d'attente.

  • La diffusion de vidéos, le partage de sites web, etc. [2], [3]

                          

Impact de la communication

Aucune de ces méthodes n'est efficace à 100%. Les résultats de ces méthodes diffèrent entre les revues incluses. Les preuves sont difficiles à interpréter étant donné la variabilité des populations ciblées, des facteurs influençant l’hésitation vaccinale et l'absence de procédure standardisée dans une communication qui se veut centrée sur le patient.

 

La revue systématique de Singh et al., publiée en avril 2022 ​​évalue les interventions testées au niveau mondial pour améliorer l’adhésion à la vaccination.[7] Les catégories d’interventions testées étaient : formation en santé communautaire, approche incitative, culture sanitaire basée sur la technologie et l’implication des médias. 

  • Formations en santé communautaire :

Les visites à domicile et les campagnes d'information étaient les types de modalités de formation communautaire les plus courants. L'activité communautaire pour l'engagement systématique des parents et les visites à domicile par les agents de santé communautaires et les internes en médecine ont considérablement amélioré l'acceptation du programme et l'utilisation des services de vaccination. 

  • Approche incitative

 L'approche fondée sur l'incitation concernait principalement les zones rurales et des catégories socio-économiques les plus défavorisées. La plupart de ces études proposaient des incitations monétaires et leurs résultats suggèrent un impact élevé sur l'adoption des services de vaccination. Les incitations non monétaires avaient des effets plus modérés. 

  • Connaissances sanitaires basées sur la technologie

Ces études suggèrent qu'une intervention éducative utilisant des vidéos, des affiches et des conférences a permis d'améliorer l'acceptation du vaccin. 

  • Utilisation des médias

Le résultat global de l'étude avec cette stratégie d'intervention a révélé que les messages de rappel simples par SMS et par courrier électronique étaient préférés ; cependant, ils n'ont pas réellement diminué l'hésitation à se faire vacciner.

 

La méta-analyse de Kaufman et al., publiée en 2018, a inclus 10 essais cliniques randomisés dans la méta-analyse. Les auteurs concluent que les interventions d’information ou d’éducation des parents concernant la vaccination infantile en face à face permettent : [2]

  • D’améliorer le statut vaccinal des enfants : RR = 1.20 [IC 95% : 1.04 à 1.37] selon 7 études sur 3004 sujets avec un niveau de preuve faible ;

  • Probablement d’améliorer légèrement le niveau de connaissance des parents sur la vaccination : DMS = 0.19 [IC 95% : 0.00 à 0.38] selon 4 études sur 657 sujets avec un niveau de preuve modéré ;

  • D’améliorer l’intention des parents de vacciner leurs enfants : DMS = 0.55 [IC 95% : 0.24 à 0.85], selon 2 études sur 179 sujets avec un niveau de preuve faible.

En revanche, il n'y avait pas d'impact significatif de ces interventions sur le changement d'opinion des parents sur la vaccination ni sur la diminution de l'anxiété.

              

La revue systématique de Bisset et al., publiée en 2018, évalue les stratégies efficaces pour augmenter le taux de vaccination des femmes enceintes dans les pays développés. 22 études ont été incluses (13 études observationnelles et 9 essais randomisés). Concernant l’information ou l’éducation des patientes, 4 études ont retrouvé un impact d’une communication basée soit sur une intervention d’éducation, soit via un dépliant ou un poster. En revanche, l’information via la diffusion d’une vidéo n’a pas retrouvé d’effet significatif sur le taux de vaccination. [3]

                   

La revue systématique de Walling et al., publiée en 2016, s'intéresse à l'impact de différents supports de communication sur la vaccination contre le HPV. Parmi les différentes interventions de communication sur la vaccination contre le HPV, les auteurs citent : [6]

  • Une étude, menée aux États-Unis, qui retrouve des taux de vaccination plus élevés après une intervention d'éducation sur le HPV auprès de parents à faibles revenus. Une autre étude menée lors d'une campagne de masse par les médias ciblant les garçons a retrouvé un taux de vaccination plus élevé dans le groupe exposé lors de la campagne, cependant il n'y avait pas de différence significative dans la période post-exposition.

  • Une étude, menée dans une université aux États-Unis, retrouvant un impact sur le taux de vaccination après visionnage d'une vidéo sur le HPV.

  • Une étude, effectuée dans une école allemande, ne retrouvant pas de différence significative sur le taux de vaccination entre le groupe ayant reçu un dépliant avec une information scientifique "équilibrée" et le groupe ayant reçu un dépliant avec une information basée sur le "sensationnel".

  • Une autre étude, menée dans une université aux États-Unis, ne retrouvant pas de différence significative entre le groupe recevant un message basé sur les bénéfices de la vaccination et le groupe recevant un message basé sur les risques de l'absence de vaccination.

                     

De plus, les professionnels de santé ne doivent pas être les seuls à communiquer sur la vaccination. La revue systématique du SAGE de Jarrett et al., publiée en 2015, a inclus 181 études évaluant l’impact des stratégies sur l’hésitation vaccinale. La revue retrouve un effet positif de l'information sur la vaccination quand elle est relayée par les autorités religieuses, les réseaux sociaux et les médias (avec un niveau de preuve faible). [4]

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LES MéTHODES DE COMMUNICATION à éVITER

                                                   

Les échecs de certains discours et les conseils pour éviter ces échecs de communication

Malgré une bonne intention, certains discours se voulant éducatifs deviennent contre productifs avec une augmentation de l'hésitation vaccinale, comme l'explique la revue narrative de Rossen et al. [9]. Plusieurs mécanismes psychologiques peuvent expliquer les raisons de ces échecs :

  • La familiarité : le fait de répéter et d'expliquer une fausse information pour ensuite présenter les faits scientifiques réels, accroît la familiarité du patient à cette fausse information et le pousse à la considérer comme vraie. Il est préférable de commencer par énoncer les faits ; puis introduire le mythe; puis le contredire; et enfin remplacer le mythe par un fait scientifique. Mais ne pas répéter le mythe lors de l'explication.

  • L'excessivité : le fait de présenter de nombreux contre-arguments s'opposant à la désinformation peu justifiée, peut amener le patient à préférer la désinformation qui est la plus simple à comprendre. Il est préférable d'avoir un message clair et simple. Il vaut mieux présenter uniquement quelques contre-arguments à un mythe, plutôt que beaucoup, car de nombreux contre-arguments demandent plus d'effort cognitif et réduisent ainsi l'efficacité de la correction de la désinformation.

  • L'opposition aux croyances : quand les informations vont à l'encontre des croyances du patient, il a tendance à se rappeler sélectivement d'arguments contre cette information. Il rend plus fort ses croyances initiales et ignore les informations qui rentrent en conflit avec ses croyances. Il est plus efficace d'utiliser des informations formulées en termes propres aux croyances et aux valeurs du patient (sans forcément parler des faits scientifiques).

  • Les valeurs sacrées : par exemple, lorsque l'on demande aux patients d'échanger leurs convictions profondes basées sur des valeurs morales pour des récompenses matérielles (ex : financières), ils s'indignent moralement et deviennent encore moins susceptibles de s'engager dans le comportement souhaité.

  • Les normes sociales : le risque de parler d'un comportement problématique comme d'une vérité générale (ex : "les parents se méfient de plus en plus des vaccins"), amène à faire de ce comportement une "norme sociale", ce qui va conduire les personnes à le suivre. Au contraire, il vaut mieux utiliser positivement les normes sociales (ex : "malgré l'inquiétude grandissante des parents, les taux de vaccination sont encore élevés dans la plupart des communautés").

  • Les critiques envers un groupe de sujets : lorsque les personnes estiment qu'un groupe auquel ils s'identifient (ex : les parents refusant la vaccination) a été critiqué négativement, ceux qui y sont fortement engagés vont s'opposer plus fortement à ces critiques.

  • La menace par la peur : convaincre les patients, en les menaçant des risques des maladies prévenues par la vaccination, peut se retourner contre les professionnels de santé en déclenchant des réponses défensives. Cependant, utiliser la communication basée sur la peur est possible, mais en incorporant au message des composants qui induisent des émotions positives.

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Sources 

Revues systématiques

  1. Leask J, Kinnersley P, Jackson C, Cheater F, Bedford H, Rowles G. Communicating with parents about vaccination: a framework for health professionals. BMC Pediatr. 21 sept 2012;12:154. Prisma ●●○○ ; Amstar ●●○

  2. Kaufman J, Ryan R, Walsh L, Horey D, Leask J, Robinson P, et al. Face-to-face interventions for informing or educating parents about early childhood vaccination. Cochrane Database Syst Rev. 08 2018;5:CD010038. Prisma ●●●● ; Amstar ●●●

  3. Bisset KA, Paterson P. Strategies for increasing uptake of vaccination in pregnancy in high-income countries: A systematic review. Vaccine. 11 2018;36(20):2751  Prisma ●●○○ ; Amstar ●●○

  4. Jarrett C, Wilson R, O’Leary M, Eckersberger E, Larson HJ, SAGE Working Group on Vaccine Hesitancy. Strategies for addressing vaccine hesitancy - A systematic review. Vaccine. 14 août 2015;33(34):4180 90. Prisma ●●●○ ; Amstar ●●○

  5. Williams SE. What are the factors that contribute to parental vaccine-hesitancy and what can we do about it? Hum Vaccin Immunother. 2014;10(9):2584 96. Prisma ●●○○ ; Amstar ●○○

  6. Walling EB, Benzoni N, Dornfeld J, Bhandari R, Sisk BA, Garbutt J, et al. Interventions to Improve HPV Vaccine Uptake: A Systematic Review. Pediatrics. juill 2016;138(1). Prisma ●●●○ ; Amstar ●●○

  7. Singh P, Dhalaria P, Kashyap S, Soni GK, Nandi P, Ghosh S, Mohapatra MK, Rastogi A, Prakash D. Strategies to overcome vaccine hesitancy: a systematic review. Syst Rev. 2022 Apr 26;11(1):78. Prisma ●●●○ ; Amstar ●●●

Revues narratives

  1. Hagood EA, Mintzer Herlihy S. Addressing heterogeneous parental concerns about vaccination with a multiple-source model: a parent and educator perspective. Hum Vaccin Immunother. Août 2013;9(8):1790 4.

  2. Rossen I, Hurlstone MJ, Lawrence C. Going with the Grain of Cognition: Applying Insights from Psychology to Build Support for Childhood Vaccination. Front Psychol. 2016;7:1483.

  3. Kestenbaum LA, Feemster KA. Identifying and addressing vaccine hesitancy. Pediatr Ann. avr 2015;44(4):e71-75.

  4. Domachowske JB, Suryadevara M. Practical approaches to vaccine hesitancy issues in the United States: 2013. Hum Vaccin Immunother. Déc 2013;9(12):2654 7.

  5. Shelby A, Ernst K. Story and science: how providers and parents can utilize storytelling to combat anti-vaccine misinformation. Hum Vaccin Immunother. Août 2013;9(8):1795 801.

  6. Gowda C, Dempsey AF. The rise (and fall?) of parental vaccine hesitancy. Hum Vaccin Immunother. Août 2013;9(8):1755 62.

  7. Jacobson RM, St Sauver JL, Finney Rutten LJ. Vaccine Hesitancy. Mayo Clin Proc. Nov 2015;90(11):1562 8.

  8. Shen S (Cindy), Dubey V. Répondre à l’hésitation face à la vaccination. Can Fam Physician. mars 2019;65(3):e91‑8. 

  9. Gaillat J, Groupe de prévention SPILF. [Vaccine hesitancy: How to lift the brake?]. Rev Mal Respir. oct 2019;36(8):962‑70.

Littérature grise

  1. References for Provider Resources for Vaccine Conversations | CDC [Internet]. [cité 25 mai 2022]. Disponible sur: https://www.cdc.gov/vaccines/hcp/conversations/index.html

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