Je ne vois pas l’utilité de me faire vacciner

               


                

Des maladies bien présentes et mortelles
Incidence et gravité actuelles des infections à prévention vaccinale
Les conséquences de cette perception erronée

           

Grâce aux programmes de vaccination efficaces, de nombreux individus ne perçoivent plus les maladies à prévention vaccinale comme une menace. Certains pensent que ces maladies ont disparu ou ne sont plus graves, et estiment ainsi que la vaccination n’est pas utile. [1][4]

 

/// Des maladies bien présentes et mortelles

 

Des maladies présentes au niveau mondial

Selon les données de l’OMS, la vaccination sauve 2 à 3 millions de vies dans le monde chaque année et évite à des millions de personnes de souffrir de séquelles ou d’incapacité permanente.[4][5] Cependant, encore aujourd’hui, les maladies infectieuses à prévention vaccinale sont présentes et mortelles à travers le monde (données OMS de 2009) : [4]

  • Chaque année, 3 millions de personnes (enfants et adultes confondus) décèdent d’une maladie à prévention vaccinale. 

  • Chaque année, 10.6 millions d’enfants meurent avant l’âge de 5 ans dont 1.4 millions provoqués par des infections qui auraient pu être évitées par la vaccination : *

    • La rougeole représente 38% des décès (cependant, les décès ont diminué depuis grâce aux campagnes de vaccination et sont à environ 110 000 en 2017).

    • L’Haemophilus influenzae b représente 27% des décès ;

    • La coqueluche représente 20% des décès ;

    • Le tétanos néonatal représente 13% des décès ;

    • Le tétanos (autre que néonatal) représente 1% des décès ;

    • Les autres (poliomyélite, diphtérie et fièvre jaune) représentent 1% des décès.

Lorsqu’elles ne sont pas mortelles, les maladies à prévention vaccinale peuvent entraîner également de sérieuses complications chez l’enfant comme chez l’adulte, à l’origine d’handicap et de séquelles permanentes. (Voir ci-dessous)

 

En France : parfois éliminées mais pas éradiquées

 

1) Même si le nombre de maladie a diminué, certains microbes persistent et peuvent être responsables d’épidémie en cas de diminution de la couverture vaccinale (cf épidémiologie vaccinale - élimination et éradication).

2) Si certaines infections ont été éliminées en France (ou devenues rares), beaucoup sont encore présentes dans d’autres parties du monde (par exemple, la poliomyélite ou la diphtérie dans certains pays d'Afrique et d’Asie). Le monde étant actuellement fortement interconnecté, les infections peuvent facilement franchir les frontières. Les voyageurs peuvent contracter la maladie et la transmettre à leur retour aux personnes non protégées par la vaccination.[6][7]

3) Pour le tétanos, la source de la bactérie (la terre) est inépuisable. La vaccination est indispensable car la bactérie ne peut pas disparaître (cf tétanos).

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/// Incidence et gravité actuelles des infections à prévention vaccinale

Les données présentées dans ce tableau sont issues des recherches effectuées pour chaque maladie infectieuse. Les sources et les données détaillées sont disponibles sur chaque article “maladie” :

Maladie

Prévalence / incidence actuelle

Gravité

Diphtérie

France : rares cas isolés / an depuis 1990

Monde : 8819 cas rapportés en 2017, et 1400 décès en 2011

- Paralysies voire asphyxie

- Myocardites

- Mortalité de 5-10%, jusqu'à 20% chez l’enfant < 5 ans

Tétanos

France : 4 cas en 2017 dont un décès

Monde : 73.000 décès estimés en 2011, 12476 cas rapportés en 2017

- Mortalité de 30%

- Atteinte neuromusculaire avec contractures parfois généralisées et convulsion.

Poliomyélite

France : Élimination de la maladie

Monde : 96 cas déclarés en 2017

- Mortalité de 5-10% en cas de forme paralytique (1/1000 infections chez l’enfant, 1/75 chez l’adulte)

- Principale cause de handicap chez l’enfant avant introduction vaccination.

Coqueluche

France : 128 cas déclarés chez les < 17 ans en 2015 (38% hospitalisés en réanimation)

Monde : 40 à 60 millions cas estimés (143 963 déclarés) et 300.000 décès estimés en 2017

- 1ère cause de mortalité bactérienne chez les enfants < 3 mois en France

- Pneumopathies

- Affections neurologiques (encéphalites)

- Coqueluche maligne (⅓ mortelle, ⅓ séquelles)

Infections invasives  à Hib

(chez les <5 ans)

France : 106 cas en 2017 (< 3 méningites /an)

Monde : 200 000 décès en 2008 (soit 2% de la mortalité toute cause confondue chez les enfants < 5 ans)

- Méningites purulentes (létalité de 3%, 10 à 15% des séquelles neurologiques)

- Épiglottites

- Bactériémies

- Pneumopathies, arthrites, ostéomyélites, péricardites purulentes, cellulites…

Hépatite B

France : 0.44 hépatites aiguës /100 000 hab - 280 000 porteurs chroniques - 1500 décès / an

Monde : 257 millions de porteurs chroniques - 887 220 décès en 2015

- Hépatite fulminante (<1%, mais létalité > 80% en l’absence de greffe)

- Hépatite B chronique (1 cas / 10) avec un risque de cirrhose et de carcinome hépatocellulaire

Infections invasives à pneumocoque

France : 17.0 /100 000 enfants < 2 ans

Monde : 500 000 décès /an chez les enfants < 2 ans

- Pneumopathies (5-15% mortalité)

- Méningites (mortalité 10%, jusqu’à 50% dans les pays en développement et 30% séquelles neuro-psychiques)

Infections invasives à méningo C

France : 118 cas d’IIM en 2015, environ 25 décès par an.

- Méningites (létalité de 16% en France pour le sérogroupe C, séquelles neurologiques dans 10-20% des cas)

- Méningococcémie (létalité de 20 à 30%)

Rougeole

France : 2805 cas déclarés dont 3 décès entre Nov 2017 et oct 2018. Épidémies successives depuis 2008.

Monde : 173 330 cas déclarés, 110 000 décès estimés en 2017

- Encéphalites et cécité (0.5-1/1000)

- Pan-encéphalites Subaiguës Sclérosantes

- Pneumopathies

- Mortalité 0.1-0.2% jusqu'à 5-15% dans les pays en développement

Oreillons

France : 9 / 100 000 en 2011, plusieurs foyers épidémiques dans des communautés d’adolescents et de jeunes adultes

Monde : 554 513 cas déclarés en 2017

- Méningites (5%)

- Encéphalites (0.02 à 0.3%) avec risque séquelles neurologiques

- Décès (0.01%)

- Surdité transitoire (4%) ou définitive (rare)

- Pancréatite aiguë (4%)

- Orchite (10% chez l’adulte) / Stérilité (rare)

Rubéole

France : < 2 cas de rubéole pdt la grossesse / 100 000 hab depuis 2006 (<3 cas de SRC/an)

Monde : 830 cas de SRC déclarés en 2017 mais > 80 000 estimés /an.

- Avant la 11e SA : transmission foetale dans 90% des cas avec un risque de malformation dans 70-100% des cas (syndrome de rubéole congénitale).

- Mort foetale

Papillomavirus

France :

- 70% des hommes et femmes sexuellement actifs seront infectés par le HPV.

- 3000 cas de cancer du col de l’utérus / an dont 1000 décès / an

Monde :

- Prévalence du portage de 11.7%

- 500 000 cancers du col / an dont 250 000 à 300 000 décès /an

- Cancer du col de l’utérus

- Cancer du vagin

- Cancer de la vulve

- Cancer du canal anal

- Cancer sphère ORL

Zona

France :

- 235 000 cas /an

- 20% feront au moins un épisode de zona au cours de leur vie.

- Douleurs post zostériennes (12.5 à 30.5%)

- Zona ophtalmique (5%) et risque de séquelles visuelles irréversibles et graves

- Zona auriculaire : paralysie faciale

- Zona genital : rétention aiguë d’urine

Grippe

France : pour la saison 2017-2018 :

- 2.4 millions de consultations pour syndrome grippal

- 75 500 passages aux urgences pour grippe

- 2 922 cas graves signalés en réanimation

- Excès de mortalité attribuable à la grippe : 12 980 décès.

Monde : 3 à 5 millions de cas de maladies graves, 290 000 à 650 000 décès / an

- Pneumonies virales

- Pneumopathies bactériennes

- encéphalites, myocardites, péricardites

- Décompensation de pathologies chroniques

- Mortalité (3% des personnes âgées vivant en collectivité)

             

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/// Les conséquences de cette perception erronée


La vaccination est victime de son succès. Les vaccins ont permis de diminuer l’incidence de nombreuses maladies infectieuses et leur morbi-mortalité. Ainsi, la fréquence et la gravité initiale des maladies tend à être oubliées par le grand public. Les effets secondaires deviennent alors la préoccupation principale, et la balance bénéfice-risque du vaccin peut être remise en question. Cela peut susciter une perte de confiance envers le vaccin et une baisse de couverture vaccinale, à l’origine d’un risque de flambées épidémiques.[2][3] Pour exemple, au milieu des années 1970 en Angleterre, des groupes anti-vaccination ont semé le doute quant à l’utilité du vaccin anti-coquelucheux. Cela s’est traduit par une chute du taux de vaccination en quelques années, associée à deux épidémies de coqueluche et de nombreux enfants décédés.[3] L’insuffisance de couverture vaccinale a été responsable dans d’autres pays d’épidémies de rougeoles, diphtéries et rubéoles.[4]

 

Evolution pgm vaccination

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Sources 

      Littérature grise

  1. Isabelle Mahe, Pierre-André Attard, Michel Bismuth. Les freins à la vaccination : revue systématique de la littérature. 2014;66.

  2. Pilly E, Épaulard O, Le Berre R, Tattevin P, Collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales (France). ECN.Pilly: maladies infectieuses et tropicales : préparation ECN, tous les items d’infectiologie. 2017. Disponible sur : http://www.infectiologie.com/UserFiles/File/formation/ecn-pilly-2018/ecn-2018-ue6-143-nb.pdf

  3. MODULE 1 – Sécurité des vaccins dans les programmes de vaccination - Les bases de la sécurité des vaccins [Internet]. [cité 2 déc 2018]. Disponible sur :http://fr.vaccine-safety-training.org/securite-des-vaccins-dans-les-programmes-de-vaccination.html

  4. Les sept raisons essentielles - pour que la vaccination reste une priorité dans la Région européenne de l’OMS. :8.

  5. OMS | 10 faits sur la vaccination [Internet]. WHO. [cité 12 févr 2019]. Disponible sur: http://www.who.int/features/factfiles/immunization/fr/

  6. Pourquoi se faire vacciner contre des maladies qui ont presque disparu de France ? [Internet]. [cité 12 févr 2019]. Disponible sur: https://vaccination-info-service.fr/Questions-frequentes/Questions-generales/Benefices-de-la-vaccination/Pourquoi-se-faire-vacciner-contre-des-maladies-qui-ont-presque-disparu-de-France

  7. OMS | Vaccination et sécurité des vaccins [Internet]. WHO. [cité 12 févr 2019]. Disponible sur: http://www.who.int/features/qa/84/fr/

                


 

L’impact des progrès en mesure d’hygiène
L'amélioration des conditions d’hygiène est-elle seule responsable ?
Les changements de rythme de l’espérance de vie et la vaccination
Une diminution des infections à prévention vaccinale sans progrès sanitaire
L’impact des différents taux de couverture vaccinale entre pays comparables
La survenue d’épidémies lors de baisses de couverture vaccinale
L’hygiène, est-ce réellement suffisant ?
Attention à l’interprétation des courbes de mortalité

        

Une part d’individus estiment que l’amélioration des conditions d’hygiène (eau potable, alimentation, mesures d’assainissement : collecte, traitement et évacuation des eaux usées et des déchets) a été responsable de la diminution de l’incidence des maladies infectieuses, et non la vaccination.[4]

Selon le Haut Conseil de Santé Publique, la vaccination est probablement l’action de santé publique la plus efficace selon le Haut Conseil de Santé Publique (”à l’exception de l’eau potable, aucune modalité d’intervention - y compris les antibiotiques - n’a eu autant d’impact sur la réduction de la mortalité et la croissance de la population. - Stanley plotkin”) [10]

 

/// L’impact des progrès en mesure d’hygiène

Il est indéniable que les conditions de vie moderne (meilleure alimentation, promiscuité moindre, meilleure hygiène) ont contribué à l’amélioration de santé de millions de personnes.[5]

Depuis le milieu du XVIIIe siècle, l’espérance de vie a progressé de façon spectaculaire. Elle est passée d'environ 27 ans (chez les hommes) et 28 ans (chez les femmes) en 1750 à respectivement 78 ans et 85 ans en 2010. Ceci est le résultat de progrès importants réalisés dans plusieurs domaines : économique, médical, social et culturel.[7]

Au cours du XXe siècle, les améliorations en matière d’hygiène individuelle et communautaire (eau potable, assainissement, installation d’égouts…) ont joué un rôle majeur dans la réduction de la morbidité et de la mortalité dues aux infections, notamment celles transmises par contact oro-fécal et par contact direct.[1]

 

L’exemple des Etats-Unis (données du CDC): [3]

Au XIXe siècle, des épidémies répétées de choléra, dysenterie, tuberculose, grippe, fièvre typhoïde sévissent, liées aux conditions insalubres générées par l’exode rural en pleine période d’industrialisation et d’immigration.

Au début du XXe siècle, de nombreux efforts de santé publique ont été fournis : création de départements de santé, progrès dans l’élimination des eaux usées et des déchets solides, traitement de l’eau (utilisation du chlore), mesures de sécurité sanitaire des aliments, diminution de la promiscuité et sensibilisation du public aux pratiques d’hygiène. Cette lutte contre les maladies infectieuses a contribué à une forte baisse de la mortalité infantile et juvénile :

  • En 1900, 30.4% des décès totaux survenaient chez des enfants de moins de 5 ans : un tiers des décès totaux étaient d’origine infectieuse (pneumopathies, tuberculose, diarrhées infectieuses et diphtérie étant les 4 principales causes infectieuses).

  • En 1997, seul 1.4% des décès totaux survenaient chez les enfants < 5 ans. Ce sont les maladies cardiaques et les cancers qui sont les causes les plus fréquentes de décès tout âge (54.7%).

D’autres mesures ont également eu un impact significatif, comme les programmes de vaccination des animaux et la lutte contre les moustiques et les rongeurs qui ont contribué à réduire les maladies d’origine animale et notamment la peste associée aux rats.

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Ainsi, les mesures d’hygiène en général permettent en partie : [5]

  • La diminution de maladies à transmission oro-fécale (poliomyélite, hépatite A, typhoïde, choléra, rotavirus)

  • La diminution de maladies favorisées par un manque d'asepsie (tétanos néonatal)

  • La diminution de maladies favorisées par des conditions d’habitat précaire (tuberculose)

  • La diminution de maladies à transmission aérienne (ex: grippe) dans une moindre mesure.

Evolution mortalit USA

L’utilisation des antibiotiques avec la découverte de la pénicilline, mise au point à usage médical dans les années 1940, a permis de diminuer la mortalité liée à certaines infections comme celles à streptocoques, staphylocoques, syphilis et autres. Cependant, l’émergence de résistances souligne l’importance de la prévention des maladies.[3]

Enfin, les campagnes de vaccination promues dans les années 1960 ont pratiquement éliminé les maladies qui étaient auparavant courantes aux Etats-Unis, notamment la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la variole, la rougeole, les oreillons, la rubéole et l’Hib. Le concept d’éradication de la maladie est alors né, avec le premier succès en 1977 concernant l’éradication de la variole à travers le monde.[3]

 

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/// L'amélioration des conditions d’hygiène est-elle seule responsable ?

 

NON ! Selon l’OMS, les vaccins sont nécessaires. L’hygiène, l’assainissement, la qualité de l’eau et de la nutrition ne suffisent pas à eux seuls pour arrêter les maladies infectieuses, bien qu’ils contribuent à protéger les populations contre un certain nombre d’entre-elles.[8][11]

 Plusieurs arguments ci-dessous permettent d’affirmer que l’amélioration des conditions de vie et d’hygiène ne peuvent expliquer à elles seules la diminution d’incidence des maladies à prévention vaccinale.

 

Les changements de rythme de l’espérance de vie et la vaccination

Selon les travaux de l’INED (Institut National d'Études Démographiques), l’évolution de l’espérance de vie se décompose en 4 segments de pente variable. La première rupture date de 1790, marquant un changement de rythme avec une “pente de progression” de 12% de l’espérance de vie. Elle coïncide avec la diffusion du premier vaccin (vaccine de Jenner) ayant permis d’obtenir un recul significatif de la variole (mortelle chez l’enfant). D’autres facteurs sont probablement impliqués avec notamment le début de la lutte contre la famine et les maladies infectieuses (progrès dans la production agricole, dans la circulation des denrées, et dans le contrôle des épidémies).[7]

 

Evolution esprance de vie

             

Un nouveau changement de rythme apparaît au milieu des années 1880 avec une nouvelle accélération. La rupture coïncide avec les découvertes de Pasteur (vaccins). D’autres progrès sanitaires ont également suivi (asepsie, antibiotiques) et les innovations sociales et culturelles ont permis de mieux les diffuser auprès de la population.[7]

Depuis les années 1970, la progression linéaire se poursuit mais à un rythme moins rapide principalement grâce à la lutte contre les maladies cardio-vasculaires et la lutte contre les maladies de société (accident de la route, alcoolisme, tabagisme).[7]

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Une diminution des infections à prévention vaccinale sans progrès sanitaire

Prenons l’exemple du vaccin contre l’Haemophilus influenzae b (Hib), agent responsable d’infections invasives dont les méningites, particulièrement fréquentes et graves chez les nourrissons et les jeunes enfants (5% de létalité, 15% de séquelles neurologiques). Le vaccin a fait son apparition en France en 1992 dans le calendrier vaccinal, et son association au vaccin DTP-Ca a permis d'obtenir rapidement une couverture vaccinale très élevée. [12][13]

Avant l’introduction de la vaccination, l’incidence des méningites était de 11 cas /100 000 enfants de moins de 5 ans, soit environ 500 cas / an. [12]

Mningite haemophilus

                 

Entre 1991 et 2009, l’incidence des méningites a été divisée par 10 (diminution de 96%). Depuis 1999, le centre national de référence des Haemophilus n’a identifié que 39 cas de méningite à Hib chez les enfants de moins de 5 ans. Aucun cas de méningite à Hib n’a été identifié chez les enfants ayant reçu la série vaccinale complète.[12][13]

Entre 1991 et le début des années 2000, il ne semble pas y avoir eu de révolution sanitaire qui semble pouvoir expliquer cet impact en dehors de l’introduction de la vaccination.

Selon l’OMS, 184 pays avaient inclus le vaccin anti-Hib dans leur programme de vaccination en 2013. Le vaccin a engendré une diminution de plus de 90% des infections invasives à Hib, indépendamment du niveau de développement et de la situation économique du pays en question.[14]

 

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L’impact des différents taux de couverture vaccinale entre pays comparables

Prenons l’exemple du vaccin contre le méningocoque C, agent bactérien exclusivement humain responsable d’infections invasives graves (les méningites et les méningococcémies) notamment chez les nourrissons de moins de 1 an.[15]

 

Les Pays-Bas ont introduit en 2002 la vaccination systématique contre le méningocoque C du nourrisson à 14 mois associée à une campagne de rattrapage chez les 1-18 ans. Le pays a obtenu rapidement des taux de couvertures vaccinales élevés (94% sur l’ensemble des tranches d’âge).[16][19] La vaccin a permis une diminution des cas d’IIM C (Infections Invasives à Méningocoques C) de 99% dans les groupes d’âges vaccinés. Entre 2011 et 2016, seulement 3 à 8 cas sont rapportés par an contre 285 cas en 2001.[19][20]

meningo C pays basMningo Royaume uni

         

Au Royaume-Uni, le schéma de vaccination a évolué à plusieurs reprises, mais la forte adhésion aux campagnes de vaccination depuis 1999 a permis de faire chuter de plus de 90% les IMM C confirmées dans tous les groupes d’âge ciblés par la vaccination, et de plus de deux tiers dans les autres groupes grâce à la réduction du portage et du risque d’exposition.[21]

 

En France, fort des données d’efficacité des pays voisins, le HCSP a recommandé en 2009 l’introduction de la vaccination systématique des nourrissons de 12 à 24 mois, associée à une campagne de vaccination de rattrapage jusqu’à 24 ans révolus. L’objectif était d’atteindre rapidement une immunité de groupe forte afin de protéger les nourrissons < 1 an non ciblés par la vaccination.   

Cependant, les données de surveillance indiquent que la stratégie vaccinale introduite en 2010 n’a pas eu l’impact espéré. En effet, un nouveau cycle naturel du méningocoque C est survenu en 2010, à l’origine d’une augmentation de l’incidence des cas chez le nourrisson de moins de 1 an (0.88/100 000 en 2010 à 2.43/100 000 en 2014).[16] La principale raison est l’insuffisance de couverture vaccinale obtenue : fin 2011, elle n’était que de 48.0% chez les nourrissons < 24 mois, 29.2% chez les 3-9 ans, et inférieure à 15% chez les 10-25 ans.[17]

Mningo C France                          

L’incidence des infections invasives à méningocoques C a donc considérablement diminué au Royaume-Uni et aux Pays-Bas suite à l’introduction de la vaccination et à sa forte adhésion. En revanche, la faible couverture vaccinale obtenue en France n’a pas permis d’obtenir des résultats similaires. Pourtant, tous ces pays ont un niveau de développement médical, social et économique similaire. Si la vaccination n’avait pas d’impact, les différences de couverture vaccinale n’auraient pas influé sur ces variations épidémiologiques.

 

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La survenue d’épidémies lors de baisses de couverture vaccinale

Plusieurs épidémies de maladies à prévention vaccinale sont survenues lors d’une baisse de couverture vaccinale, notamment suite à des polémiques vaccinales. Ceci est d’autant plus marqué pour des affections comme la rougeole et la coqueluche, maladies très contagieuses quelles que soient l'hygiène et les conditions de vie.[5]

 

Exemple de l’épidémie de coqueluche en Angleterre au milieu des années 1970 : [6]

Des groupes anti-vaccination ont semé le doute quant à l’utilité du vaccin anticoquelucheux au milieu des années 1970 en Angleterre et au Pays de Galles. La couverture vaccinale a alors chuté, passant de 81% à 31% en quelques années. Deux épidémies de coqueluche se sont alors succédées, et de nombreux enfants sont décédés. Le regain de couverture vaccinale suite aux épidémies s’est accompagné d’une nouvelle diminution de l’incidence.

Ainsi, l’épidémiologie varie indépendamment des conditions d’hygiène (stables pendant cette période) mais uniquement en fonction de la couverture vaccinale.

Epidmies oreillons Angleterre

D’autres épidémies similaires sont survenues dans les suites de baisse de couverture vaccinale telles que la rougeole, la diphtérie et la rubéole. [24]

 

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/// L’hygiène, est-ce réellement suffisant ?

       

L’importance de l’hygiène ...

Les agents pathogènes transmis par contact oro-fécal et par contact direct ont particulièrement vu leur morbi-mortalité décroître au cours du XXe siècle grâce à l’amélioration des conditions d’hygiène.[1] L’UNICEF considère par exemple que, bien qu’il existe des vaccins contre le choléra, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement reste la solution la plus efficace pour éviter la maladie.[9]

La revue systématique de Aiello et al., publiée en 2002, a cherché à évaluer l’impact des pratiques d’hygiène sur l’épidémiologie des infections.[1] 53 études (observationnelles et interventionnelles) ont été incluses. Les mesures évaluées sont multiples : l’éducation à l’hygiène, le lavage des mains, l’approvisionnement en eau potable, la construction de latrines, la lutte contre le péril fécal, l’élimination des ordures ménagères, les précautions de manipulation des aliments etc. Au total, les 53 études indiquent une forte tendance à la réduction des infections par la mise en oeuvre de mesures d’hygiène. Du fait des limites de ces études, il n’est pas possible d’estimer précisément l’impact d’une mesure d’hygiène sur une maladie. Cependant, la réduction du risque était supérieure à 20% pour la plupart, et les principales infections concernées sont les diarrhées infectieuses (la grande majorité), les infections respiratoires, les syndromes pseudo-grippaux, les infections ORL, les trachomes et les infections cutanées.

La revue narrative de Luby évoque également l’impact des progrès de distribution de l’eau potable, des mesures d’assainissement et de l’hygiène individuelle (lavage des mains, utilisation des toilettes, élimination des déchets) sur les infections à transmission oro-fécale.[2] Cependant ces mesures peuvent faire défaut dans les pays en développement. Les stratégies de vaccination (rotavirus et typhoïde), bien qu’ayant une efficacité partielle, sont complémentaires afin de lutter contre ces infections.

           

...et ses limites : des maladies qui se propagent indépendamment de l’état de propreté

Avoir une bonne alimentation et une bonne hygiène de vie rend-il les vaccins inutiles ? L’INPES et l’OMS rappellent tout deux que l’hygiène, l’assainissement, la qualité de l’eau et de la nutrition ne suffisent pas à eux seuls pour arrêter les maladies infectieuses. Nombre d’entre-elles peuvent se propager indépendamment de l’état de propreté.[5][8] C’est notamment le cas des maladies à transmission aérienne (rougeole, coqueluche, rubéole etc.), mais aussi des infections sexuellement transmissibles ou celles ayant d’autres mécanismes de transmission (tétanos).

De nombreuses infections à prévention vaccinale sont ainsi encore bien présentes, y compris en France, et pour lesquelles l’amélioration des conditions de vie n’a pas suffi :

  • La rougeole est une maladie extrêmement contagieuse (taux de reproduction Ro > 15) transmise par les voies aériennes. L’impact de l’hygiène est donc limité. Une couverture vaccinale insuffisante explique les épidémies de rougeole actuelles (24 500 cas de rougeoles déclarés et 20 décès entre 2008 et 2017).[22][23]

  • La grippe reste présente et mortelle (excès de mortalité attribuable à la grippe = 12 980 décès entre 2017-2018). L’impact des mesures d’hygiène individuelle est limitée, rendant nécessaire la vaccination des sujets à risque.[25]

  • L’hépatite B et le papillomavirus sont des infections sexuellement transmissibles et ne sont pas concernés par l’amélioration des conditions d’hygiène : plus de 70% des français sexuellement actifs rencontreront un papillomavirus au moins une fois dans leur vie. [25]

  • Voir également l’incidence des autres maladies à prévention vaccinale en France dans le tableau de l’onglet : “les maladies ont disparus”

 

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/// Attention à l’interprétation des courbes de mortalité

De nombreux sites à orientation anti-vaccinale présentent des courbes de la mortalité des maladies à prévention vaccinale, accompagnées de slogans comme “la mortalité des maladies a décru bien avant l’introduction des vaccins”, “la disparition des maladies infectieuses n’est pas due aux vaccins”, “la rougeole a disparu grâce à la vaccination, c’est faux !!” etc.

Comme vu ci dessus avec l’exemple du CDC (Centers for Disease Control and Prevention) sur l’évolution sanitaire aux Etats-Unis, les nombreux progrès en santé publique et en hygiène (assainissement, traitement de l’eau, sécurité sanitaire des aliments, diminution de la promiscuité etc.) ont contribué à une forte baisse de la mortalité infantile et juvénile au cours du XXe siècle.[3] De toute évidence, les progrès de la médecine et l'introduction des antibiotiques ont également contribué à une meilleure prise en charge des infections.

La mortalité liée aux maladies infectieuses a donc fortement diminué avant le développement des campagnes de vaccination universelle, introduite progressivement dans l’après guerre. (voir la courbe de mortalité aux Etats-Unis ci-dessus) [3]

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que “la mortalité” n’est pas le seul paramètre qui permette d’évaluer l’efficacité vaccinale. Ce paramètre est même peu pertinent pour un certain nombre d’infections à prévention vaccinale, dont l’objectif est principalement d’agir sur l’incidence et les comorbidités de la maladie.

         

Exemple de la rougeole

En France (pays développé) :

Avant la mise en oeuvre de la vaccination entre 1983, la mortalité de la rougeole en France n’était “que” de 15 à 30 décès.[22] Selon les archives de la Bibliothèque Nationale Française, le journal officiel de la République française publiait en 1912 que la rougeole était responsable de 3 717 décès pour l’année 1910, et un taux de décès pour 100 000 habitants encore 3 fois plus élevé dans la période 1886-1890.[26] Entre les données de 1910 et 1983, on peut calculer une baisse de mortalité de 99% liée à la rougeole, et ce probablement grâce aux progrès médicaux et sanitaires.

La mortalité suit la formule suivante :  Nombre de décès = nombre de cas (incidence) x létalité (probabilité de décès liés à la maladie)

Ainsi, les progrès médicaux et sanitaires réalisés au cours du XXe siècle ont permis de diminuer la létalité liée à l’infection, diminuant ainsi le nombre de décès. Pour preuve avec la rougeole, on constate que la létalité est de 0.1% à 0.01% dans les pays développés, mais de 5 à 15% dans les pays en voie de développement. [27]

Les sites anti-vaccins s’empressent de présenter les courbes de mortalité, estimant ainsi que les maladies ont disparu avant l’introduction de la vaccination. Par exemple : [29]

mortalit rougeole

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Mais le critère “mortalité” de la rougeole en France n’est devenu qu’un paramètre secondaire grâce à la baisse de la létalité, et il n’est donc pas pertinent pour évaluer l’efficacité du vaccin. Il faut s’intéresser plutôt à l’incidence des cas de rougeole et la morbidité associée. Au début des années 1980, l’incidence en France était de 500 000 cas en moyenne chaque année. En tenant compte des pourcentages de complications dans les pays industrialisés, on retrouvait avant vaccination : [22]

  • Otites : 7 à 9%  soit 35 000 à 45 000 cas / an

  • Pneumopathies : 1 à 6% soit 5 000 à 30 000 cas / an

  • Complications neurologiques (encéphalite et cécité) : 0.5 à 1 / 1000 cas soit 250 à 500 cas / an

  • Pan encéphalite sclérosante subaiguë : 1 / 100 000 cas soit 5 cas environ.

  • Létalité : 0.01% à 0.1% soit potentiellement 50 à 500 décès (dans les pays en développement, la létalité se situe entre 5 et 15%).[27]

 

La mortalité ne constitue pas la seule complication de la rougeole. La mesure de l’incidence de la maladie est donc plus pertinente pour évaluer le programme de vaccination et son impact sur la morbi-mortalité.

incidence rougeole

         

Or, les données épidémiologiques objectivent une nette diminution d’incidence de la maladie depuis la fin des années 1980 en lien avec l’introduction et l’amélioration de la couverture vaccinale. [25]

  • En 2006 et 2007, une quarantaine de cas de rougeole chaque année a été dénombrée.

  • Les complications diminuent donc également : le nombre d'encéphalite est passé à moins de 5 cas en 1995-1996, et le nombre de décès est inférieur à 5 par an depuis les années 2000.

  • Les épidémies qui surviennent depuis 2008 ont été responsables de 24 500 cas et 20 décès, soit loin des 500 000 cas annuels d’avant vaccination.[28]

 

Dans les pays en voie de développement :

L’importance de la létalité de la rougeole dans les pays en voie de développement (5 à 15%) rend le critère “mortalité” plus pertinent. D’ailleurs, concernant les données mondiales sur la rougeole, l’incidence des cas et des décès liés à la rougeole a chuté d’environ 80% entre 2000 et 2015-16, soit 20.4 millions de décès évités sur cette période. (voir efficacité du vaccin contre la rougeole)

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Les autres infections

Ce raisonnement basé uniquement sur la mortalité ne s’applique pas également pour d’autres infections à prévention vaccinale. A titre d’exemple :

  • Les oreillons : les décès sont très rares (1 cas / 10 000). En revanche, les comorbidités liées aux complications possibles sont nombreuses : méningite ourlienne (5%), encéphalite ourlienne (0.02 à 0.3%), pancréatite aiguë (4%), orchite (3.3 à 10% des adultes), surdité transitoire (4%). (voir oreillons)

  • La rubéole : la gravité ne provient pas de l’infection contractée chez l’enfant, mais du risque de rubéole pendant la grossesse à l’origine de mort foetale ou de graves malformations congénitales (SRC) (risque > 70% de SRC si l’infection survient avant 11 SA). (voir rubéole)

  • Le zona : les principales complications sont les douleurs post zostériennes (22% des zonas chez les plus de 75 ans) et ses localisations à risque, mais pas la mortalité.

              

          

Sources   

      Revues systématiques

  1. Aiello AE, Larson EL. What is the evidence for a causal link between hygiene and infections? The Lancet Infectious Diseases. 1 févr 2002;2(2):103‑10. (Prisma ●●○○ ; Amstar ●○○)

    Revues narratives

  2. Luby SP. Clean water, clean hands or new vaccines? J Infect. 2017;74 Suppl 1:S18‑22.

    Littérature grise

  3. Achievements in Public Health, 1900-1999: Control of Infectious Diseases [Internet]. [cité 16 févr 2019]. Disponible sur: https://www.cdc.gov/mmwr/preview/mmwrhtml/mm4829a1.htm

  4. Isabelle Mahe, Pierre-André Attard, Michel Bismuth. Les freins à la vaccination : revue systématique de la littérature. 2014;66.

  5. Chemlal K, Jestin C, Lévy-Bruhl D. Planète vaccination - INPES. :68.

  6. MODULE 1 – Sécurité des vaccins dans les programmes de vaccination - Les bases de la sécurité des vaccins [Internet]. [cité 2 déc 2018]. Disponible sur :http://fr.vaccine-safety-training.org/securite-des-vaccins-dans-les-programmes-de-vaccination.html

  7. pes473.fr.pdf [Internet]. [cité 12 févr 2019]. Disponible sur: https://www.ined.fr/fichier/s_rubrique/19141/pes473.fr.pdf

  8. OMS | Vaccination et sécurité des vaccins [Internet]. WHO. [cité 12 févr 2019]. Disponible sur: http://www.who.int/features/qa/84/fr/

  9. 08_VACCINATION_ET_MALADIES_EVITABLES(1).pdf [Internet]. [cité 12 févr 2019]. Disponible sur: https://www.unicef.fr/sites/default/files/userfiles/08_VACCINATION_ET_MALADIES_EVITABLES(1).pdf

  10. hcspa20140306_poletobligvaccinalepopgene.pdf [Internet]. [cité 12 févr 2019]. Disponible sur: https://www.mesvaccins.net/textes/hcspa20140306_poletobligvaccinalepopgene.pdf

  11. Une bonne hygiène de vie ne suffit-elle pas à protéger contre les maladies ? [Internet]. [cité 12 févr 2019]. Disponible sur: https://vaccination-info-service.fr/Questions-frequentes/Questions-generales/Benefices-de-la-vaccination/Une-bonne-hygiene-de-vie-ne-suffit-elle-pas-a-proteger-contre-les-maladies

  12. GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_les_infections_invasives_Haemophilus_influenzae_de_type_b.pdf [Internet]. [cité 22 juill 2017]. Disponible sur:http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/pdf/GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_les_infections_invasives_Haemophilus_influenzae_de_type_b.pdf

  13. Dossier-Pedagogique-Obligation-vaccinale070717.pdf [Internet]. [cité 17 juill 2018]. Disponible sur:http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/pdf/Dossier-Pedagogique-Obligation-vaccinale070717.pdf

  14. wer8839.pdf [Internet]. [cité 22 juill 2018]. Disponible sur: http://www.who.int/wer/2013/wer8839.pdf?ua=1

  15. GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_les_infections_invasives_meningocoque.pdf [Internet]. [cité 15 févr 2019]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/pdf/GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_les_infections_invasives_meningocoque.pdf

  16. HCSP. Vaccination antiméningococcique C [Internet]. Paris: Haut Conseil de la Santé Publique; 2016 déc [cité 15 févr 2019]. Disponible sur: https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=593

  17. Données / Couverture vaccinale / Maladies à prévention vaccinale / Maladies infectieuses / Dossiers thématiques / Accueil [Internet]. [cité 15 févr 2019]. Disponible sur: http://invs.santepubliquefrance.fr/fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Couverture-vaccinale/Donnees

  18. Bilan_IIM_2017 (1).pdf. Disponible sur : http://invs.santepubliquefrance.fr/content/download/148831/541618/version/4/file/Bilan_IIM_2017.pdf

  19. Meningococcal disease in the Netherlands. :58. Disponible sur : https://www.rivm.nl/bibliotheek/rapporten/2017-0031.pdf

  20. The National Immunisation Programme in the Netherlands. :160. Disponible sur : https://www.rivm.nl/bibliotheek/rapporten/201001002.pdf

  21. Green_Book_Chapter_22.pdf [Internet]. [cité 15 févr 2019]. Disponible sur: https://assets.publishing.service.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/554011/Green_Book_Chapter_22.pdf

  22. GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_la_rougeole.pdf [Internet]. [cité 15 févr 2019]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/pdf/GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_la_rougeole.pdf

  23. Lévy-Bruhl D. Etats des lieux des principales maladies à prévention vaccinale en France. :44. Disponible sur : http://www.geres.org/wp-content/uploads/2017/12/J26-2-Etat-des-lieux-MPV.pdf

  24. Les sept raisons essentielles - pour que la vaccination reste une priorité dans la Région européenne de l’OMS. :8.

  25. Maladies à prévention vaccinale / Maladies infectieuses / Dossiers thématiques / Accueil [Internet]. [cité 16 févr 2019]. Disponible sur: http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale

  26. Journal officiel de la République française. Lois et décrets [Internet]. Gallica. 1912 [cité 17 févr 2019]. Disponible sur: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64757944

  27. wer7914measles_April2004_position_paper.pdf [Internet]. [cité 29 juill 2017]. Disponible sur:http://www.who.int/immunization/wer7914measles_April2004_position_paper.pdf

  28. Rougeole [Internet]. [cité 29 sept 2018]. Disponible sur: http://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/Rougeole

    Référence non fiables utilisées pour exemple :  

  29. autreversion.info [Internet]. [cité 17 févr 2019]. Disponible sur: http://autreversion.info/Rougeole.htm

                    


           

Certains parents estiment que les vaccins sont inutiles, prétextant que leur enfant est en bonne santé. [3]

            

/// La vaccination est une mesure préventive et non curative

 

La vaccination consiste à induire une immunité chez un individu contre un agent pathogène spécifique, de manière à le protéger en cas de rencontre ultérieure avec celui-ci. La vaccination est donc une mesure de prévention, et plus précisément une “immunoprophylaxie active”. Cette prévention est à deux niveaux, puisque le vaccin assure protection individuelle mais aussi une protection de la collectivité (par le biais de l’immunité de groupe).[2]

Qu’il soit en bonne santé ou non, l’objectif du vaccin est donc justement de protéger l’enfant contre les infections futures pour éviter qu’il devienne en mauvaise santé.

             

/// Pourquoi prendre le risque de vacciner mon enfant en bonne santé ?

 

Les vaccins sont parmi les outils les plus sûrs de la médecine moderne. Les risques des maladies à prévention vaccinale sont beaucoup plus importants que ceux liés à une réaction indésirable d’un vaccin.[1]

La sécurité des vaccins est évaluée à de multiples reprises avant l’obtention de son AMM et se poursuit après par une surveillance étroite via la pharmacovigilance passive et active. (voir l’article sur l’innocuité et la sécurité vaccinale).

Nous proposons ici un tableau comparant les risques liés à la maladie et les risques liés aux effets indésirables du vaccin correspondant. Les données proviennent des recherches effectuées dans les articles “maladie” et  “les effets indésirables des vaccins” (notamment les données des fiches d’informations sur la sécurité des vaccins de l’OMS) :

       

Maladie

Gravité de la maladie

Effets indésirables graves du vaccin correspondant

Diphtérie

- Paralysies voire asphyxie

- Myocardites

- Mortalité de 5-10%, jusqu'à 20% chez l’enfant < 5 ans

- Anaphylaxie pour la valence tétanique (très rare : 1.6 / 1 000 000 de doses)

- Aucun EI grave en dehors de l’anaphylaxie

Tétanos

- Mortalité de 30%

- Atteinte neuromusculaire avec contractures parfois généralisées et convulsions.

Poliomyélite

(Vaccin anti-poliomyélite inactivé)

- Mortalité de 5-10% en cas de forme paralytique (1/1000 infections chez l’enfant, 1/75 chez l’adulte)

- Principale cause de handicap chez l’enfant avant introduction vaccination.

- Aucune réaction grave associée
Coqueluche

- 1ère cause de mortalité bactérienne chez les enfants < 3 mois en France

- Pneumopathies

- Affections neurologiques (encéphalites)

- Coqueluche maligne (⅓ mortelle, ⅓ ont des séquelles)

- Episode d’hypotonie-hyporéactivité : 14 à 62 /100 000 doses 

- Crise fébrile : 0.5/100 000 doses

- Cris persistants : 0 à 0.2%

- Oedème étendu du membre (2-6% au 4 et 5e dose)

Infections invasives  à Hib

(chez les <5 ans)

- Méningites purulentes (létalité de 3%, 10 à 15% des séquelles neurologiques)

- Épiglottites

- Bactériémies- Pneumopathies, arthrites, ostéomyélites, péricardites purulentes, cellulites…

- Pas de manifestations graves post-vaccinales (Vaccin monovalent)

Hépatite B

- Hépatite fulminante (<1%, mais létalité > 80% en l’absence de greffe)

- Hépatite B chronique (10%) avec risque de cirrhose et de carcinome hépatocellulaire

- Décès : 1500 / an en France

- Anaphylaxie (levures) : 1.1 / 1 million de doses

- Aucune relation de causalité n’a été retenue avec la SEP, SGB, diabète de type 1, syndrome de fatigue chronique, maladies auto-immunes.

Infections invasives à pneumocoque

- Pneumopathies (5-15% mortalité)

- Méningites (mortalité 10%, jusqu’à 50% dans les pays en développement et 30% séquelles neuro-psychiques)

- Aucune réaction grave notifiée à ce jour.

- Fréquence plus élevée de certains EI bénins (somnolence, anorexie, hyperthermie)

Infections invasives à méningo C

- Méningites (létalité de 16% en France pour le sérogroupe C, séquelles neurologiques dans 10-20% des cas)

- Méningococcémie (létalité de 20 à 30%)

- Anaphylaxie (1/500 000 doses)

Rougeole

- Encéphalites et cécité (0.5-1/1000)

- Pan-encéphalites Subaiguës Sclérosantes

- Pneumopathies

- Mortalité 0.1-0.2% jusqu'à 5-15% dans les pays en développement

- Réactions locales (17-30%)

- Fièvre ( 5 à 15% à J7-J12)

- Éruptions cutanées (2 -5% à J6-J10)

- Convulsions fébriles (1/ 3 000 doses)

- Thrombocytopénies (1/ 30 000 doses)

- Anaphylaxies (1-3.5 / million de doses).

- Pas d'association avec les maladies inflammatoires de l'intestin ni l'autisme.

Oreillons

- Méningites (5%)

- Encéphalites (0.02 à 0.3%) avec risque séquelles neurologiques

- Décès (0.01%)

- Surdité transitoire (4%) ou définitive (rare)

- Pancréatite aiguë (4%)

- Orchite (10% chez l’adulte) / Stérilité (rare)

- Tuméfactions de la parotide (1-2% à J10-J14)

- Orchites, surdités neurosensorielles, myosites, arthrites (cas isolés rapportés).

Rubéole

- Mort foetale

- Syndrome de rubéole congénitale (graves malformations) : avant 11 SA, le risque de transmission et de 90% avec un risque de malformations congénitales de 70 à 100%.

- Arthralgies aiguës et arthrites aiguës chez des filles pubères (respectivement 25% et 10%) pendant une durée de 1 jour à 3 semaines.

Papillomavirus

- Cancer du col de l’utérus (3000 / an dont 1000 décès en France)

- Cancer du vagin

- Cancer de la vulve

- Cancer du canal anal

- Cancer sphère ORL

Pour le vaccin quadrivalent :

- Anaphylaxies (1,7 à 2,6 cas /million de doses).

- Pas de lien prouvé avec le SGB.

Zona

- Douleurs post zostériennes (12.5 à 30.5%)

- Zona ophtalmique (5%) et risque de séquelles visuelles irréversibles et graves

- Zona auriculaire : paralysie faciale

- Zona genital : rétention aiguë d’urine

- Aucun signal de sécurité

Grippe

- Pneumonies virales

- Pneumopathies bactériennes

- Encéphalites, myocardites, péricardites

- Décompensation pathologie chronique

- Décès (excès de mortalité attribuable à la grippe : 14 400 décès pour la saison 2016-2017 en France)

- Anaphylaxie (0.7 cas/ million de doses)

- Cas de syndrome oculo-respiratoire pour 2 vaccins spécifiques non utilisés en France.

- Vaccin saisonnier : Pas d'association prouvée avec le SGB.

- Vaccin pandémique : 1-2 cas de SGB pour 1 million de vaccination.

          

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Il n’y a également pas de preuve d'association concernant les effets indésirables suivants :

  • Vaccin ROR et autisme

  • Diabète de type 1 et vaccination

  • Sclérose en Plaques et vaccin anti-hépatite B

  • Le Syndrome de Mort Subite du Nourrisson et le vaccin hexavalent

  • Le syndrome de guillain barré et le vaccin anti-HPV (pour le vaccin anti grippal saisonnier, la plupart des études ne retrouvent également pas d’augmentation ou très faible).

         

Sources

      Littérature grise

  1. Chemlal K, Jestin C, Lévy-Bruhl D. Planète vaccination - INPES. :68.

  2. GuideVaccinations2012_Principes_et_bases_immunologiques_de_la_vaccination.pdf [Internet]. [cité 16 févr 2019]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/pdf/GuideVaccinations2012_Principes_et_bases_immunologiques_de_la_vaccination.pdf

  3. Isabelle Mahe, Pierre-André Attard, Michel Bismuth. Les freins à la vaccination : revue systématique de la littérature. 2014;66.

          


         

Eviter les modes de garde collectifs, une solution ?
L’immunité naturelle est-elle préférable ?
Les vaccins surchargent le système immunitaire
La préférence de méthodes alternatives

          

Pour certains individus, adopter un “mode de vie sain” (une bonne alimentation, une bonne hygiène, l’éviction des modes de garde collectifs etc.) est aussi efficace que la vaccination. Ils craignent que les vaccins affaiblissent le système immunitaire, alors que l’infection naturelle le rend plus robuste.

 

/// Eviter les modes de garde collectifs, une solution ?

Les enfants qui fréquentent les modes de garde collectifs (garderie, crèche etc.) ont plus d’infections que les enfants gardés à la maison. Selon la revue narrative de Brady, c’est le cas des infections des voies aériennes supérieures, otites moyennes, infections gastro-intestinales, infections à CMV et méningites bactériennes. Il a également déjà été rapporté des épidémies tels que l’hépatite A, la rougeole ou de germes responsables de diarrhées invasives (shigella, campylobacter, salmonella etc.).

En effet, les modes de garde collectifs (crèches, garderies etc.) présentent des risques accrues d’infections par transmission aérienne ou via la salive (partage des jouets et mise à la bouche, toux, éternuements), soit par contamination oro-fécale (favorisée par l’absence d’acquisition de la propreté à cet âge), soit par contact direct (staphylocoque aureus).[1]

            

L’éviction des garderies n’élimine pas tous les risques

Parmi les maladies à prévention vaccinale, nombreuses sont celles pour lesquelles l’éviction d’un mode de garde collectif serait insuffisant, et ne peut suppléer la vaccination de par leur mode de transmission :

  • Le tétanos n’est pas contagieux et ne provient pas d’une contamination inter-humaine. La source est tellurique (s’attrappe à partir de la terre).[3]

  • L’hépatite B et le papillomavirus sont des infections sexuellement transmissibles et donc non prévenues de cette manière.[5]

  • La poliomyélite peut avoir une transmission indirecte via l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés (le virus résistant plusieurs semaines dans le milieu extérieur).[5]

Pour les pathologies à transmission aérienne de l’enfant, le risque persiste. Pour la coqueluche par exemple : les dernières études rapportent que les principales sources de contamination pour la coqueluche du nourrisson sont en réalité les adultes et l'entourage familial : les parents (55%), la fratrie (16%) et les oncles et tantes (10%).[4]

De même concernant le méningocoque, ce sont les adolescents et les jeunes adultes qui sont les classes d’âge où le portage est le plus fréquent, et donc les principaux responsables des transmissions.[6]

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La vaccination est une solution pour limiter le risque infectieux

Plusieurs interventions sont utiles pour réduire la transmission infectieuse : former le personnel aux mesures préventives, assurer une bonne hygiène des mains du personnel et des enfants, nettoyer régulièrement les surfaces contaminées, nettoyer et jeter les couches de manière appropriée, exclure temporairement les enfants atteints de certaines infections etc.[1]

La vaccination fait partie des mesures pour limiter le risque infectieux. Elle concerne les enfants et doit être vérifiée à leur entrée en collectivité, mais également le personnel de garde qui est à risque de développer des infections plus sévères ou de les transmettre.[1]

En France, les vaccinations obligatoires sont désormais exigées pour l’entrée ou le maintien en collectivité (école, garderie, colonie de vacances ou autre) pour les enfants nés depuis janvier 2018.[2]

             

/// L’immunité naturelle est-elle préférable ?

 

Si l’immunité induite naturellement semble avoir quelques avantages, elle fait face à de nombreuses limites que la vaccination a pour but d’éviter :

  • Elle se constitue au prix d’une infection et de ses complications parfois graves ;

  • Elle est partiellement déficiente chez le nourrisson (notamment contre le pneumocoque, méningocoque et haemophilus).

  • Elle n’est pas efficace contre certaines maladies (exemple du tétanos) ;

  • Elle n’est que partiellement efficace contre d’autres (papillomavirus, hépatite B).

De plus, il n’y a pas de preuve d’une augmentation du risque de maladie allergique, d’atopie ou d’asthme en lien avec la vaccination des nourrissons, contrairement à ce que pourrait laisser supposer “la théorie hygiéniste”, actuellement encore débattue.

 

=> Voir l’article sur “Immunité naturelle versus vaccinale

            

/// Les vaccins surchargent le système immunitaire

 

L'hypothèse de la surcharge immunitaire par les vaccinations multiples est une crainte parfois évoquée mais infondée:

  • Théoriquement, on estime que le système immunitaire du nouveau-né serait capable de répondre à 10 000 vaccins simultanés.

  • Si l'ensemble des vaccins recommandés chez le nourrisson était administré en une seule fois, ils n'utiliseraient que 0.1% des capacités du système immunitaire.

  • La stimulation immunitaire par les vaccins, dans les premiers mois de vie, ne constitue qu'une faible part de l'ensemble des antigènes environnementaux auxquels le nourrisson est exposé.

  • Bien que le nombre d'injections ait augmenté ces dernières années, le nombre d'antigènes total ne cesse de diminuer

  • Enfin, la susceptibilité aux autres infections, sous-entendue par la crainte de l'affaiblissement du système immunitaire, n'est pas retrouvée dans les études.

 

=> Voir l’article sur “Vaccinations multiples et surcharge du système immunitaire

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/// La préférence de méthodes alternatives

Certains patients s'opposent à la vaccination en préférant des solutions considérées comme plus «naturelles». Les deux principales disciplines opposées à la vaccination sont l'homéopathie et la naturopathie. L'homéopathie est la plus répandue, en particulier pour la prévention de la grippe. Cependant, les preuves scientifiques de l'efficacité de l'homéopathie sont insuffisantes pour conclure à un effet clinique supérieur au placebo.

 

=> Voir l’article sur “les méthodes alternatives à la vaccination

                 

Sources

      Revues narratives

  1. Brady MT. Infectious disease in pediatric out-of-home child care. Am J Infect Control. juin 2005;33(5):276‑85.

    Littérature grise

  2. LOI n° 2017-1836 du 30 décembre 2017 de financement de la sécurité sociale pour 2018 - Article 49. 2017-1836 déc 30, 2017.

  3. GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_le_tetanos.pdf [Internet]. [cité 20 juin 2017]. Disponible sur:http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/pdf/GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_le_tetanos.pdf

  4. 2015-prevention-Guiso-vaccin-coqueluche.pdf [Internet]. [cité 27 juin 2017]. Disponible sur:http://www.infectiologie.com/UserFiles/File/medias/_documents/Prevention/2015-prevention-Guiso-vaccin-coqueluche.pdf

  5. INPES - Vaccination - Guide des vaccinations 2012 - Téléchargements [Internet]. [cité 16 févr 2019]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/telechargements.asp

  6. HCSP. Vaccination antiméningococcique C [Internet]. Paris: Haut Conseil de la Santé Publique; 2016 déc. Disponible sur:http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=593

               


             

/// L'immunité est de groupe est-elle suffisante ?

 

Certains parents estiment que l’existence de l’immunité de groupe des vaccins rend inutile la vaccination de leurs enfants. Cependant, ceux-ci s’exposent à des risques car la protection collective a ses limites, et peut donner aux parents une illusion de sécurité :

  • Elle est limitée dans le temps : un individu non vacciné reste susceptible à la maladie et peut finir par être un jour en contact avec un individu malade ;

  • Elle est limitée dans l’espace : un individu non vacciné n’est plus protégé s’il quitte son environnement (ex : voyage) ;

  • L’individu non vacciné est plus à risque de contracter la maladie à l’âge adulte et plus à risque de complications en cas de phénomène de glissement épidémiologique.

  • Elle est inefficace pour certaines maladies, comme le tétanos.

  • Elle nécessite un nombre minimum d’individus vaccinés pour exister : toute personne non vaccinée augmente donc le risque pour elle même, mais aussi pour les autres, de contracter la maladie.

 

=> Voir l’article sur immunité de groupe

 


          

Le transfert passif de l’immunité humorale maternelle
Les limites de cette immunité passive
L’immunité passive est transitoire 
L’immunité passive est partielle
La vaccination : complément indispensable
Les vaccins efficaces pour protéger les nourrissons
La vaccination pour combler les failles du système immunitaire déficient
La vaccination de la femme enceinte pour protéger le nourrisson
Les limites de la vaccination chez le nouveau-né

         

       

Le nouveau-né présente un système immunitaire naïf et partiellement déficient, le rendant plus susceptible à certaines infections et aux formes sévères [8] : voir l’article sur les capacités du système immunitaire du nourrisson.

Protéger les nourrissons dans les premiers mois de vie est donc nécessaire : 20% de la mortalité néonatale serait imputable à des causes infectieuses, et 1.5 millions de décès d’enfants (0 à 4 ans) dans le monde sont liés à des maladies évitables par la vaccination.[9][13]

Certains parents estiment que l’immunité transmise par la mère, et notamment l’allaitement, suffit à protéger les nourrissons.

 

/// Le transfert passif de l’immunité humorale maternelle

        

Passage trans-placentaire

Durant la grossesse, le foetus bénéficie d’un transfert passif d’IgG via le placenta qui est corrélé au taux d’IgG circulant dans le sang maternel. Ce transfert débute dès la 13e semaine gestationnelle et est maximal au cours du 3e trimestre. Ces anticorps permettent de protéger le nourrisson contre les maladies correspondantes au cours des 6 premiers mois de vie.[1][8]

        

Allaitement

Après la naissance, le nouveau-né va également bénéficier d’un transfert passif d’IgA, d’IgM et d’IgG via le colostrum et l’allaitement maternel. Le colostrum contient des taux importants de leucocytes, notamment des macrophages et neutrophiles qui vont phagocyter les agents pathogènes microbiens.[7] Le lait maternel contient lui essentiellement des IgA sécrétoires, contribuant à assurer une protection des muqueuses.[8] Il contient également des facteurs bioactifs qui participent au développement du système immunitaire : protéines antimicrobiennes (lactoferrine et lysozyme), facteurs qui favorisent la croissance de bactéries entériques protectrices (oligosaccharides qui empêchent la fixation de certains pathogènes) et facteurs de croissance améliorant la fonction de barrière de l’organisme (EGF).[4][6][7]

Il est ainsi prouvé que l’allaitement joue un rôle dans la prévention des maladies infectieuses, telles que l’otite moyenne, les infections des voies aériennes supérieures et inférieures, les diarrhées, les infections des voies urinaires et la septicémie néonatale.[6] Dans les pays en développement, allaiter permettrait de réduire de plus de la moitié la mortalité attribuable aux infections communes.[4] De plus, il semblerait que l’enfant nourri au sein continue à être mieux protégé contre diverses infections pendant plusieurs années (par exemple contre les infections invasives à Haemophilus influenzae b).[6]

L’impact de l’allaitement sur la réponse immunitaire aux futures vaccinations est controversé (améliorée ou inhibée selon les études).[6][7]

 

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/// Les limites de cette immunité passive

Il existe deux principales limites à cette immunité passive, expliquant que le nourrisson reste susceptible à de multiples infections.

       

L’immunité passive est transitoire

L’immunité passive transmise lors de la grossesse diminue rapidement pour quasiment disparaître vers le 6e mois. Ce délai est de plus variable d’une maladie à une autre.[2][9]

      

L’immunité passive est partielle

L’immunité passive ne protège l’enfant que vis à vis de pathogènes contre lesquels la mère est elle-même immunisée, et peut être de faible niveau.[8][9] Elle est d’autant plus partielle chez les prématurés qui ont bénéficié d’un transfert moindre d’anticorps au cours du 3e trimestre.[8]

Par ailleurs, la revue systématique de Leuridan, publiée en 2007, fait état d’un certain nombre de facteurs responsables d’une baisse de protection passive du nourrisson.[2] Dans les pays développés, il s’agit de la diminution des rappels naturels de la maladie chez la femme en âge de procréer (par baisse de circulation de l’agent pathogène suite à la vaccination) et de l’augmentation de l’âge moyen de la procréation. Dans les pays en développement (notamment en Afrique), il s’agit de la malnutrition ou de l’existence de co-infections (VIH, paludisme).

 

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/// La vaccination : complément indispensable

A la naissance, le système immunitaire du nourrisson est vierge. En dehors des anticorps maternels (transitoire et limité), il ne dispose pas de défense efficace pré-établie. Son système immunitaire va progressivement s’étoffer à chaque rencontre avec un agent infectieux, mais au prix de l’infection parfois sévère. Les vaccinations administrées lors de la petite enfance permettent de constituer “artificiellement” un capital de mémoire immunitaire contre les maladies à prévention vaccinale.[10] La vaccination va également prendre le relai de la protection transmise par la mère qui est limitée dans le temps.[12]

           

Les vaccins efficaces pour protéger les nourrissons

L’efficacité des vaccins est documentée dans les pages suivantes :

 

La vaccination pour combler les failles du système immunitaire déficient

Le système immunitaire du nourrisson est incapable d’assurer les réponses T-indépendantes avant l’âge de 2 ans. Or elles sont nécessaires contre les antigènes polysaccharidiques composant la paroi des bactéries Gram négatifs (Streptococcus pneumoniae, Neisseria meningitidis et Hib).

Seuls les vaccins polysaccharidiques conjugués qui, en assemblant l’antigène polysaccharidique à une protéine porteuse, sont capables de produire une réponse immunitaire thymo-dépendante efficace chez le nourrisson. Cela a mené à conjuguer les vaccins contre l’Hib, le pneumocoque et le méningocoque afin de protéger le nourrisson et suppléer les failles de l’immunité naturelle.[8][11]

 

La vaccination de la femme enceinte pour protéger le nourrisson

Les premiers mois du nourrisson sont une période de susceptibilité accrue aux infections : les vaccins ne sont pas réalisables (car inefficaces) avant 2 mois et le système immunitaire du nourrisson est immature.[1] Les infections à prévention vaccinale chez le nouveau-né sont plus graves, comme le montre la revue systématique de Faucette et al. (2015) : [1]

  • Grippe : augmentation du taux d’hospitalisation chez les < 6 mois ;

  • Rougeole : augmentation de la sévérité de la maladie et augmentation du risque de pan-encéphalite sclérosante subaiguë (PESS) ;

  • Méningocoque : augmentation de la morbi-mortalité ;

  • Coqueluche : augmentation de la sévérité de la maladie et des complications ;

  • Tétanos : risque de tétanos néonatal avec fort taux de mortalité (60%) ;

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La vaccination maternelle est une stratégie envisagée pour lutter contre les infections néonatales.[5] Les vaccins produisent une immunité protectrice chez la femme enceinte. En utilisant le phénomène naturel du transfert d’anticorps (transplacentaire et par l’allaitement), cela va permettre de protéger le nourrisson précocement en attendant la possibilité de le vacciner. Cela permet d’étendre la protection du nouveau-né à des infections auxquelles la mère n’était pas immunisée avant la vaccination.[1] A noter que les études sur la vaccination des femmes enceintes (efficacité et sécurité) ont pris du retard car il s’agissait d’un groupe initialement exclu des essais.[5]

=> Voir les vaccins recommandés chez la femme enceinte sur la page fausses contre-indications

 

Des études ont démontré les avantages de la vaccination maternelle dans la réduction des infections du nouveau-né grâce à l’immunité passive transmise par la mère, notamment pour le tétanos, la grippe et la coqueluche.[5] Cependant, certaines données montrent que l’immunité transmise par la mère suite à une infection naturelle peut s’avérer plus efficace que suite à la vaccination. Cela semble être le cas pour la rougeole. Ainsi selon plusieurs études incluses dans la revue systématique de Leuridan et al.(2007), les femmes vaccinées par le vaccin anti-rougeoleux présentent une quantité d’anticorps plus faible et procurent une protection plus courte chez leurs nourrissons par rapport aux mères naturellement infectées.[2] (voir les détails dans Immunité naturelle VS vaccinale).

 

Concernant l’allaitement, des études supplémentaires sont nécessaires pour démontrer l’impact des IgA sécrétoires spécifiques du vaccin présents dans le lait maternel sur l’incidence ou la gravité des maladies.[5]

La revue systématique de Maertens et al., publiée en 2014, étudie la protection immunologique fournie par l’allaitement suite à la vaccination maternelle pendant la grossesse.[3] 11 articles ont été inclus (un sur la coqueluche, 7 sur le pneumocoque, 2 sur la grippe et un sur le méningocoque). Toutes les études (8) analysant le taux d’IgA spécifiques aux vaccins dans le lait maternel retrouvent une augmentation des taux suite à la vaccination (non étudié pour la coqueluche). En revanche, seuls 3 articles ont étudié l’impact chez le nouveau-né : deux (issus d’une même étude au Bangladesh sur la vaccination anti-grippale) montrent un effet protecteur des IgA transmis par l’allaitement contre la grippe, et une (vaccination contre le pneumocoque 23 valents) n’a pas retrouvé d’impact. Les auteurs concluent qu’avec le manque de données disponibles, il est difficile de tirer des conclusions sur un effet protecteur.

 

 

/// Les limites de la vaccination chez le nouveau-né

Deux mécanismes peuvent se conjuguer pour rendre la vaccination moins efficace chez le nourrisson.

1/ L’immaturité du système immunitaire du nouveau-né :

  • Les réponses “T-dépendantes” sont immatures et ne permettent l’administration des vaccins protéiques qu’à partir de l’âge de 2 mois, la majorité n’induisant pas d’anticorps à un taux protecteur avant cet âge.[8]

  • Les réponses “T-indépendantes” n’apparaissent qu’après l’âge de 2 ans, nécessitant de conjuguer les vaccins polysaccharidiques et de renforcer leur action par les adjuvants.

2/ L'interaction entre les anticorps maternels transmis et la réponse immunitaire du nourrisson aux vaccins est débattue et en cours d’étude. Si l’hypothèse d’un risque d’inhibition de la réponse immunitaire est réelle, il semblerait que cela soit davantage dû à une interaction avec les lymphocytes B empêchant leur maturation plutôt que la neutralisation des antigènes vaccinaux.[9] Toutefois, ce risque d’interférence semble impacter essentiellement la primo-vaccination, mais pas les rappels ultérieurs avec des taux de séroconversions non modifiés après vaccination complète. [1][2]

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Sources

      Revues systématiques

  1. Faucette AN, Pawlitz MD, Pei B, Yao F, Chen K. Immunization of pregnant women: Future of early infant protection. Hum Vaccin Immunother. 2015;11(11):2549‑55. (Prisma ●○○○ ; Amstar ●○○)

  2. Leuridan E, Van Damme P. Passive transmission and persistence of naturally acquired or vaccine-induced maternal antibodies against measles in newborns. Vaccine. 21 août 2007;25(34):6296‑304.(Prisma ●○○○ ; Amstar ●○○)

  3. Maertens K, De Schutter S, Braeckman T, Baerts L, Van Damme P, De Meester I, et al. Breastfeeding after maternal immunisation during pregnancy: providing immunological protection to the newborn: a review. Vaccine. 1 avr 2014;32(16):1786‑92.(Prisma ●●○○ ; Amstar ●○○)

    Revues narratives

  4. Verhasselt V. Is infant immunization by breastfeeding possible? Philos Trans R Soc Lond, B, Biol Sci. 19 juin 2015;370(1671).

  5. Bergin N, Murtagh J, Philip RK. Maternal Vaccination as an Essential Component of Life-Course Immunization and Its Contribution to Preventive Neonatology. Int J Environ Res Public Health. 25 2018;15(5).

  6. Hanson LA, Korotkova M, Lundin S, Håversen L, Silfverdal S-A, Mattsby-Baltzer I, et al. The transfer of immunity from mother to child. Ann N Y Acad Sci. avr 2003;987:199‑206.

  7. Jackson KM, Nazar AM. Breastfeeding, the immune response, and long-term health. J Am Osteopath Assoc. avr 2006;106(4):203‑7.

    Littérature grise

  8. Gouvello SL, Bongrand P, Carcelain G, Chevailler A, Crétel E, Sterkers G. Développement du système immunitaire à la naissance. Disponible sur : http://www.assim.refer.org/colleges/colleges/styled/files/page80-l3.9a.de0301veloppement-du-syste0300me-immunitaire-a0300-la-naissance.pdf

  9. L’avancée des connaissances en immunologie pourrai... - MesVaccins.net [Internet]. [cité 11 févr 2019]. Disponible sur: https://www.mesvaccins.net/web/news/6725-l-avancee-des-connaissances-en-immunologie-pourrait-rendre-l-utilisation-des-vaccins-plus-efficace

  10. Autran B. Les bases immunologiques de la vaccination.pdf. Disponible sur : https://www.hcsp.fr/explore.cgi/Adsp?clef=111

  11. GuideVaccinations2012_Principes_et_bases_immunologiques_de_la_vaccination.pdf [Internet]. [cité 6 janv 2019]. Disponible sur:http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/pdf/GuideVaccinations2012_Principes_et_bases_immunologiques_de_la_vaccination.pdf

  12. INPES - La vaccination [Internet]. [cité 14 déc 2018]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/index.asp#servent

  13. global_immunization_data.pdf [Internet]. [cité 15 févr 2019]. Disponible sur: https://www.who.int/immunization/monitoring_surveillance/global_immunization_data.pdf

              

           

Les Méthodes Alternatives à la Vaccination

                                          


                                        

PRINCIPES ET LÉGISLATION DE L'HOMÉOPATHIE
Les principes
La mise sur le marché
EFFICACITÉ DE L'HOMÉOPATHIE
L'efficacité de l'homéopathie en général
L'efficacité de l'homéopathie dans la grippe
L'AVIS DES AUTORITÉS SCIENTIFIQUES SUR L'HOMÉOPATHIE 

                                 

Nous avons exclu de la recherche les revues étudiant la sécurité de ces méthodes alternatives et les revues portant sur l'efficacité de ces méthodes alternatives pour une pathologie spécifique ou un groupe de pathologies précis (sauf s'il s'agissait de pathologies prévenues par la vaccination).

           

/// Principes et législation de l'homéopathie

                                

Les principes

L'homéopathie se base sur 3 principes : [12]

  • La similitude : ce qui peut rendre malade à forte dose peut guérir à faible dose;

  • L'infinitésimalité : les remèdes sont préparés par dilutions successives (notées DH en cas de dilution au dixième ou CH en cas de dilution au centième) à partir d'une substance active appelée « souche », provenant du monde végétal, minéral ou animal ; plus la dilution est importante (dose faible), plus son efficacité est grande [10]

  • L'individualisation : l'homéopathie appréhende la globalité de la personne et non les symptômes uniquement.

 

La mise sur le marché

    Pour être commercialisé, un traitement homéopathique doit faire l'objet d'un enregistrement ou obtenir une autorisation de mise sur le marché.

  • L'enregistrement concerne les substances remplissant trois conditions : être administré par voie orale ou locale ; l'absence d'indication thérapeutique particulière du traitement homéopathique ; un degré de dilution permettant d'assurer son innocuité (1/10'000).

  • L'autorisation de mise sur le marché (AMM) concerne les traitements homéopathiques ayant une indication thérapeutique. Le dossier d'AMM est accepté ou non par l'ANSM. L'AMM ne nécessite pas de preuve d'efficacité contrairement aux autres médicaments allopathiques, l'existence d'une tradition homéopathique suffit. [12]

Article R5133 du Code de la santé publique : « Pour un médicament homéopathique soumis à autorisation de mise sur le marché, compte tenu de la spécificité de ce médicament, le demandeur est dispensé de produire tout ou partie des résultats des essais pharmacologiques, toxicologiques et cliniques lorsqu'il peut démontrer par référence détaillée à la littérature publiée et reconnue dans la tradition de la médecine homéopathique pratiquée en France que l'usage homéopathique du médicament ou des souches homéopathiques le composant est bien établi et présente toutes garanties d'innocuité. » [9]

    Après l'obtention de l'AMM, les médicaments homéopathiques sont soumis à la pharmacovigilance pour surveiller la survenue d'effets indésirables.

                                

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/// Efficacité de l'homéopathie 

                                       

L'efficacité de l'homéopathie en général

    L'efficacité de l'homéopathie est difficile à démontrer étant donné que le traitement homéopathique est propre à chaque sujet. Il est difficile d'établir un protocole standardisé (nécessaire dans les essais contrôlés) et la méthode n'est pas reproductible. Certaines méta-analyses retrouvent une efficacité légèrement supérieure du traitement homéopathique en comparaison au placebo. Cependant, la conclusion de ces méta-analyses est que les preuves sont insuffisantes (qualité méthodologique trop faible, échantillon trop faible, hétérogénéité importante) pour pouvoir conclure que l'homéopathie apporte un avantage thérapeutique par rapport au placebo.

  • La revue systématique et méta-analyse de Mathie et al., publiée en 2017, a inclus 75 essais cliniques randomisés sur les traitements homéopathiques non individualisés. Selon la méta-analyse sur 54 essais randomisés sur 5032 sujets, les résultats retrouvent un effet favorable pour l’homéopathie : après ajustement pour le biais de publication, DMS = -0.16 [IC 95% : -0.31 à -0,02]. L’analyse des études ayant un niveau de preuve fiable (3 essais) ne retrouve pas d’effet statistiquement significatif : DMS = -0.18 [IC 95% : -0.46 à 0.09]. L’analyse en sous-groupe en classant les études en fonction des syndromes cliniques visés retrouvent un effet en faveur de l’homéopathie pour la grippe (2 études : DMS = -0.25 [IC 95 % : -0.47 à -0.03]), le syndrome du côlon irritable (2 études) et la rhinite allergique saisonnière (5 études). Cependant les auteurs signalent qu’aucune de ces études ne comporte de preuve fiable. Les auteurs concluent que le traitement homéopathique non individualisé a un faible effet statistiquement significatif, mais qu’il n’est pas retrouvé en ne prenant en compte que des essais comprenant des preuves fiables. [6]

  • La méta-analyse de Mathie et al., publiée en 2014, a inclus 32 essais cliniques randomisés sur les traitements homéopathiques individualisés. Sur les 22 essais inclus dans la méta-analyse, on retrouve une efficacité significative par rapport au placebo avec OR = 1.53 (IC 95% : 1.22 à 1.91). En ne prenant en compte que les études les moins biaisées avec un niveau de preuve fiable (3 études) : OR = 1.98 [IC 95% : 1.16 à 3.38]. Les auteurs concluent que les traitements homéopathiques individualisés pourraient avoir un faible effet, mais que la faible qualité globale des études gêne. Le nombre d'études fiables est trop petit pour prendre une décision définitive. Ainsi, des essais de meilleure qualité sont nécessaires pour pouvoir conclure. [5]

  • La revue systématique de Ernst et al., publiée en 2010, a inclus 6 revues systématiques sur l’efficacité de l’homéopathie dans le cancer, les troubles d’hyperactivité avec déficit de l’attention, l’asthme, la démence, la grippe et le déclenchement du travail. L’auteur conclue que ces revues n'ont pas fourni de preuves convaincantes de l'efficacité des remèdes homéopathiques et qu’elles ne permettent pas de démontrer que les médicaments homéopathiques ont des effets au-delà de l’effet placebo. [4]

  • La revue systématique de Ernst et al., publiée en 2002, a inclus 17 revues systématiques. 6 concernent l’analyse des données de la méta-analyse de Linde et al., publiée en 1997 soutenant un effet global positif de l’homéopathie (Cf. ci-dessous). Ces 6 revues systématiques (en ne prenant en compte que les études avec une méthodologie fiable et en considérant le risque de biais de publication) ne retrouvent pas d’effet significatif en faveur de l’homéopathie. 11 autres revues systématiques ont été incluses et les résultats sont soit non significatifs soit en faveur de l’homéopathie (pour la grippe et l'iléus post-opératoire) mais avec un effet clinique peu pertinent et dont les limites méthodologiques empêchent toute conclusion définitive. En conclusion, les auteurs soutiennent que l'hypothèse selon laquelle un remède homéopathique entraîne des effets cliniques significativement différents du placebo ou supérieurs à d'autres interventions, ne s'appuie pas sur des preuves issues d'examens systématiques. [1]

  • La méta-analyse de Linde et al., publiée en 1997, incluant 89 études sur des troubles variés (dermatologiques, allergiques, gastro-intestinaux, musculo-squelettiques, etc.) retrouve une efficacité significative par rapport au placebo avec OR = 2.45 [IC 95% : 2.05 à 2.93]. En prenant en compte uniquement les études de bonne qualité (26 études) : OR = 1.78 (IC 95% : 1.03 à 3.1) après ajustement sur le biais de publication. Les résultats retrouvés ne sont donc pas en faveur de l’hypothèse selon laquelle les effets de l’homéopathie sont entièrement dus à l’effet placebo. Cependant, les preuves sont insuffisantes pour conclure à l’efficacité de l’homéopathie pour des troubles cliniques précis. [2]

                                    

L'efficacité de l'homéopathie dans la grippe

   La revue de la littérature de Marthie et al., publiée en 2015, incluant 6 essais cliniques randomisés, étudie l'efficacité du traitement homéopathique Oscillococcinum* pour prévenir (2 essais avec 327 patients) ou traiter la grippe (4 essais avec 1196 patients), ou les syndromes grippaux chez l'adulte et chez l'enfant. L'oscillococcinum est produit à partir de coeur et de foie de canards sauvages qui sont des potentiels réservoirs de virus grippaux. La conclusion de cette méta-analyse est qu'il n'y a pas de preuve d'un effet préventif d'Oscillococcinum* par rapport au placebo sur la survenue de syndrome grippaux : RR = 0.48 (IC 95% : 0.17 à 1.34). Concernant le traitement de la grippe, seules deux études de faible qualité (parmi les quatre études inclues) retrouvent une efficacité significative du traitement homéopathique par rapport au placebo : avec une diminution des symptômes à 48h (RR= 1.86; IC 95% [1.27 à 2.73]) et à 72h après le début des symptômes (RR = 1.27; IC 95% [1.03 à 1.56]), mais pas à 4 jours ni 5 jours. Cependant, étant donné la faible qualité de ces études, les preuves d'une efficacité du traitement homéopathique dans la grippe ne sont pas convaincantes. [3]

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/// L'avis des autorités scientifiques sur l'homéopathie 

                                          

Le Ministère des affaires sociales et de la santé

   « A ce jour, l'utilisation des médicaments homéopathiques ne s'appuie pas sur […] la médecine basée sur les preuves, mais sur la notion d'usage traditionnel ». Il rappelle que l'homéopathie peut être parfois utilisée en complément mais jamais en remplacement des traitements non homéopathiques et que les traitements homéopathiques ne peuvent en aucun cas se substituer à la vaccination car elle seule a démontré son efficacité. [13]

                                      

L'Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM)

   L'ANSM, dans son point d'information publié en novembre 2016, rappelle qu’aucun médicament homéopathique ne peut être considéré comme un vaccin ; leur utilisation à la place du vaccin antigrippal constitue une perte de chance, notamment chez les personnes à risque de complications. [12]

                       

Le Conseil supérieur d’hygiène publique de France

    "Le Conseil supérieur d’hygiène publique de France, section des maladies transmissibles, ne recommande, pour la prévention de la grippe, que l'utilisation des vaccins antigrippaux et rappelle que les médicaments homéopathiques ne peuvent se substituer à ces vaccins dans cette indication, notamment pour les personnes appartenant aux groupes pour lesquels cette vaccination est recommandée." [11]

                                                

National Institutes of Health (NIH) - Etats-Unis

   Les preuves sont très faibles pour une quelconque efficacité de l'homéopathie contre les maladies ; il rappelle que les concepts de l'homéopathie sont incohérents avec les concepts fondamentaux de physique et chimie ; il recommande de suivre le calendrier vaccinal et de ne pas utiliser des produits homéopathiques en substitution des vaccins. [10]

                               

National Health and Medical Research Council (NHMRC) - Australie

   Le revue de littérature australienne du NHMRC, publiée en 2015, conclut qu'il n'y a pas de preuve fiable pour prouver l'efficacité de l'homéopathie; que l'homéopathie ne doit pas être utilisée dans le traitement des maladies chroniques, graves ou pouvant le devenir ; les sujets utilisant l'homéopathie peuvent mettre leur santé en danger s'ils rejettent ou retardent la prise de traitements ayant prouvé leur sécurité et leur efficacité ; et que les études retrouvent soit l'absence de supériorité du traitement homéopathique par rapport au placebo, soit une efficacité supérieure mais d'un niveau de preuve trop faible pour confirmer son efficacité.[7], [8]

                            

La Société Canadienne de Pédiatrie

    Elle s'oppose à l'utilisation de ces vaccins homéopathiques dits nosodes qui n'ont pas montré leur efficacité dans la prévention des maladies infectieuses, qui ne sont pas des alternatives possibles à la vaccination. [14]

                                       

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Sources 

Revues systématiques et méta-analyses

  1. Ernst E. A systematic review of systematic reviews of homeopathy. Br J Clin Pharmacol. déc 2002;54(6):577‑82. Prisma ●●○○ ; Amstar ●○○
  2. Linde K, Clausius N, Ramirez G, Melchart D, Eitel F, Hedges LV, et al. Are the clinical effects of homeopathy placebo effects? A meta-analysis of placebo-controlled trials. Lancet. 20 sept 1997;350(9081):834‑43. Prisma ●●●●, Amstar ●●●
  3. Mathie RT, Frye J, Fisher P. Homeopathic Oscillococcinum® for preventing and treating influenza and influenza-like illness. In: Cochrane Database of Systematic Reviews [Internet]. John Wiley & Sons, Ltd; 2015. Prisma ●●●●, Amstar ●●●
  4. Ernst E. Homeopathy: what does the « best » evidence tell us? Med J Aust. 19 avr 2010;192(8):458‑60. Prisma ●○○○ ; Amstar ●○○
  5. Mathie RT, Lloyd SM, Legg LA, Clausen J, Moss S, Davidson JRT, et al. Randomised placebo-controlled trials of individualised homeopathic treatment: systematic review and meta-analysis. Syst Rev. 6 déc 2014;3:142. Prisma ●●●●, Amstar ●●●
  6. Mathie RT, Ramparsad N, Legg LA, Clausen J, Moss S, Davidson JRT, et al. Randomised, double-blind, placebo-controlled trials of non-individualised homeopathic treatment: systematic review and meta-analysis. Syst Rev. 24 2017;6(1):63. Prisma ●●●●, Amstar ●●●

Littérature grise

  1. cam02a_information_paper.pdf [Internet]. [cité 18 juin 2017]. Disponible sur: https://www.nhmrc.gov.au/_files_nhmrc/publications/attachments/cam02a_information_paper.pdf
  2. cam02_nhmrc_statement_homeopathy.pdf [Internet]. [cité 18 juin 2017]. Disponible sur: https://www.nhmrc.gov.au/_files_nhmrc/publications/attachments/cam02_nhmrc_statement_homeopathy.pdf
  3. Code de la santé publique - Article R5133. Code de la santé publique.
  4. Homeopathy [Internet]. NCCIH. 2012 [cité 18 juin 2017]. Disponible sur: https://nccih.nih.gov/health/homeopathy
  5. CONSEIL SUPERIEUR D’HYGIENE PUBLIQUE DE FRANCE. Lancement de la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière (07/10/2016) - Point d’Information : a_061124_grippehomeopathie_def.pdf [Internet]. Disponible sur: http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/Telecharger?NomFichier=a_061124_grippehomeopathie_def.pdf
  6. L’ANSM rappelle qu’aucun médicament homéopathique ne peut être considéré comme un vaccin contre la grippe - Point d’Information - ANSM : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé [Internet]. [cité 18 juin 2017]. Disponible sur: http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/L-ANSM-rappelle-qu-aucun-medicament-homeopathique-ne-peut-etre-considere-comme-un-vaccin-contre-la-grippe-Point-d-Information
  7. Les médicaments homéopathiques [Internet]. Ministère des Solidarités et de la Santé. 2016 [cité 18 juin 2017]. Disponible sur: http://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/medicaments/le-circuit-du-medicament/article/les-medicaments-homeopathiques
  8. Les « nosodes » ne remplacent pas les vaccins | Documents de principes et points de pratique | Société canadienne de pédiatrie [Internet]. [cité 18 juin 2017]. Disponible sur: http://www.cps.ca/fr/documents/position/les-nosodes-ne-remplacent-pas-les-vaccins
  9. ANSM. PI-131009-5_Questions_Grippe.pdf [Internet]. Disponible sur: http://ansm.sante.fr/content/download/54365/699845/version/2/file/PI-131009-5_Questions_Grippe.pdf

                                                                                           Haut de page


                            

LA PHYTOTHÉRAPIE
LA NATUROPATHIE

              

/// La phytothérapie

                     

    Dans la revue systématique de Mousa et al., publiée en 2017, les auteurs concluent que certaines plantes médicinales ont des preuves scientifiques d’activité contre les virus respiratoires.

Concernant les études évaluant l’efficacité clinique chez l’Homme sur la grippe ou les infections respiratoires, on retrouve :

  • le maoto sur le traitement de la grippe saisonnière (selon 1 étude randomisée : maoto versus inhibiteurs de la neuraminidase retrouvant une efficacité clinique équivalente);

  • le ginseng rouge coréen sur l'incidence et les symptômes des syndromes pseudo-grippaux (effet controversé avec 2 études sur 4 retrouvant un bénéfice);

  • l’antiwei sur les symptômes de la grippe (selon 1 essai randomisé);

  • le ginseng nord-américain sur les symptômes respiratoires (selon 1 essai randomisé);

  • les baies de sureau sur les symptômes de la grippe (selon 1 essai randomisé);

  • l’échinacée sur le traitement précoce de la grippe (selon 2 essais randomisés, versus inhibiteurs de la neuraminidase).

Certains compléments alimentaires ont également révélé une efficacité : les probiotiques sur les symptômes et l'incidence des infections respiratoires (selon 1 méta-analyse et 2 études en faveur; et une autre étude ne retrouvant pas d'effet), les produits à base de levure (selon 1 étude) et les extraits d'ail (selon 1 étude) ont démontré des effets contre les virus respiratoires. [1]

                 

    La recherche n'a permis de retrouver aucune recommandation des autorités concernant la place de la phytothérapie (notamment comme "alternative" à la vaccination). 

               

                   

/// La naturopathie

                         

   La naturopathie est un ensemble de pratiques visant à aider l’organisme à guérir de lui-même, par des moyens exclusivement naturels. Elle repose sur une théorie selon laquelle la force vitale de l’organisme permet à celui-ci de se défendre et de guérir spontanément. Elle consiste donc à renforcer les réactions de défense de l’organisme par diverses mesures d’hygiène (diététique, jeûne, musculation, relaxation, massages, thermalisme, thalassothérapie, etc.) aidées par les seuls agents naturels (plantes, eau, soleil, air pur, etc.), un traitement médical ne devant intervenir qu’en cas d’urgence.

                            

    Notre recherche n'a pas permis d'identifier de revues systématiques ou de recommandations sur l'efficacité de la naturopathie. Lors de notre recherche sur le web, certains naturopathes ont avancé des arguments contre la vaccination et concernent : 

                                        

Source 

Revue systématique

  1. Mousa HA-L. Prevention and Treatment of Influenza, Influenza-Like Illness, and Common Cold by Herbal, Complementary, and Natural Therapies. J Evid Based Complementary Altern Med. janv 2017;22(1):166‑74. Prisma ●○○○ ; Amstar ●○○

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L'Expérimentation Animale

                 

Nous avons exclu de la recherche les études portant sur la recherche animale dans un domaine médical précis de la recherche biomédicale (sauf si cela concernait la vaccination) ou dans un domaine autre que celui de la santé.

              


                            

JUSTIFICATION DE LA RECHERCHE ANIMALE
QUELLE EST L'AMPLEUR DE L'EXPÉRIMENTATION ANIMALE ?

               

/// Justification de la recherche animale 

                      

  • La nécessité des études de toxicité. Bien que la recherche animale pose des questionnements éthiques, elle reste indispensable dans la recherche biomédicale. Pour qu'une nouvelle thérapie puisse être testée chez l'Homme, son efficacité et son innocuité doivent être évaluées au préalable. Certaines substances sont évaluables in vitro ou par d'autres méthodes. Cependant, certains produits (dont les vaccins) nécessitent l'expérimentation animale.[4]

  • Des méthodes de substitution limitées. Le modèle animal est similaire à l'Homme : ils sont composés des mêmes organes, souffrent parfois des mêmes maladies. La souris possède par exemple 95% de nos gênes.[7] De plus, ces modèles permettent de prendre en compte la complexité du corps humain, ce que ne permettent pas à ce jour les modèles in vitro. [4]

                     

    Le choix du modèle animal dépend de plusieurs facteurs : l'agent pathogène responsable de la maladie (connaissance de l'agent pathogène, la susceptibilité de l'animal à cet agent), la similarité de la physiopathologie de la maladie chez l'homme et l'animal, l'expérimentation animale doit refléter l'effet attendu chez l'homme, etc. De plus, la conception de l'étude doit être la plus robuste possible pour que l'expérimentation soit acceptée. [2], [3]

                         

                           

/// Quelle est l'amplEUR de l'expérimentation animale ?

                     

    L'expérimentation animale est principalement utilisée pour la recherche biomédicale (75% de la recherche animale), même si la majorité de la recherche biomédicale est effectuée in vitro (70%).[4], [6] Ainsi l'expérimentation animale n'est pas une voie plus rapide, ni plus simple, ni systématique. Les animaux les plus utilisés sont les souris, les rats, les poissons et les oiseaux (90% des animaux). [7] 

    Concernant l'ensemble de la recherche biomédicale, on estime que plus de 100 millions d'animaux sont utilisés chaque année à travers le monde pour des expériences en laboratoire. [3] En 2011, 11.5 millions d'animaux ont été utilisés en Europe dont 2.2 millions en France[4]

    Concernant la vaccination, l'expérimentation animale est utilisée aux différents stades de la fabrication : lors des études précliniques (détermination de l'immunogénicité et évaluation de la sécurité), pendant les contrôles de qualité au cours des différentes étapes de production et avant la commercialisation lors des processus de libération de lots (vérification de la stérilité, de la stabilité, de l'immunogénicité, de la sécurité et de l'efficacité). Selon la revue narrative de Metz et al., 1.5 millions d'animaux sont utilisés chaque année en Europe pour les contrôles de qualité des vaccins (soit 10 à 15% de l'expérimentation animale en Europe). [1] 

    Les recherches animales sont parfois utiles à la fois pour l'Homme et pour l'animal. En effet, on estime que 90% des médicaments vétérinaires sont identiques ou extrêmement similaires à ceux utilisés pour soigner l'Homme. [5]

                                           

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Sources

Revues narratives

  1. Metz B, Hendriksen CFM, Jiskoot W, Kersten GFA. Reduction of animal use in human vaccine quality control: opportunities and problems. Vaccine. 7 juin 2002;20(19):2411‑30.

  2. Roberts R, McCune SK. Animal studies in the development of medical countermeasures. Clin Pharmacol Ther. juin 2008;83(6):918‑20.

  3. Griffin JFT. A strategic approach to vaccine development: animal models, monitoring vaccine efficacy, formulation and delivery. Adv Drug Deliv Rev. 4 oct 2002;54(6):851‑61.

Littérature grise

  1. Pourquoi la recherche animale reste indispensable [Internet]. CNRS Le journal. [cité 3 juin 2017]. Disponible sur: https://lejournal.cnrs.fr/articles/pourquoi-la-recherche-animale-reste-indispensable

  2. Le développement de vaccin | ari.info [Internet]. [cité 3 juin 2017]. Disponible sur: http://www.animalresearch.info/fr/avancees-medicales/medecine-veterinaire/le-developpement-de-vaccin/

  3. fabrew.pdf [Internet]. [cité 3 juin 2017]. Disponible sur: http://www.academie-veterinaire-defrance.org/fileadmin/user_upload/pdf/fabrew.pdf

  4. 40 raisons en faveur de l’utilisation d’animaux dans la recherche [Internet]. EARA. 2014 [cité 3 juin 2017]. Disponible sur: http://eara.eu/fr/campagnes/40-raisons-en-faveur-de-lutilisation-danimaux-dans-la-recherche/

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/// Les problèmes éthiques de l'expérimentation animale 

                                

Un questionnement éthique peut se poser concernant :[1], [2], [3], [4]

  • Le bien-être animal (environnement, isolement ou surpeuplement, douleur, stress) ; le sacrifice des animaux à l'issue de l'étude (jusqu'à 50% d'animaux sacrifiés après élevage malgré l'absence d'expérimentation).

  • Les défauts concernant la conception des études (mauvaise définition de la taille de l'échantillon animal nécessaire et des paramètres statistiques) ;le manque de transparence de ces études.

  • Les problèmes d'extrapolation des données animales liés aux différences entre les espèces. En effet, certaines substances ont un effet qui diffère selon l'espèce (exemple : l'effet de l'aspirine). Malgré la similitude entre certains modèles et l'Homme (notamment sur le plan génétique), la physiologie et le métabolisme cellulaire peuvent différer...

  • La difficulté à détecter certains effets secondaires : surtout les effets secondaires non objectifs (nausée, céphalée, etc.) et les effets secondaires à long terme (car les animaux ont une durée de vie beaucoup plus courte que l'Homme). 

Ainsi, l'expérimentation animale est de plus en plus mise en question par l'opinion publique. Seuls 44% des européens sont favorables aux tests sur chiens et singes (66% pour les tests sur rongeurs), s'ils permettent d'améliorer la santé. [2]

                                     

Sources

Revues narratives

  1. Spier RE. Ethical aspects of the methods used to evaluate the safety of vaccines. Vaccine. 7 mai 2004;22(15‑16):2085‑90. 

  2. Singh VP, Pratap K, Sinha J, Desiraju K, Bahal D, Kukreti R. Critical evaluation of challenges and future use of animals in experimentation for biomedical research. Int J Immunopathol Pharmacol. déc 2016;29(4):551‑61. 

  3. Rai J, Kaushik K. Reduction of Animal Sacrifice in Biomedical Science & Research through Alternative Design of Animal Experiments. Saudi Pharm J. sept 2018;26(6):896‑902.

Littérature grise

  1. Animal-Experimentation_French_tcm46-28244.pdf [Internet]. [cité 3 juin 2017]. Disponible sur: https://ccea.fr/wp-content/uploads/2014/09/Animal-Experimentation_French_tcm46-28244.pdf

                        


                                               

LES RÉGLEMENTATIONS
La directive européenne 2010/63/UE
La charte nationale portant sur l'éthique de l'expérimentation animale
LE CONCEPT DES 3R : REPLACE – REDUCE – REFINE
LES ALTERNATIVES À L'EXPÉRIMENTATION ANIMALE
Les alternatives lors de la recherche biomédicale (dont les vaccins)
Les alternatives lors des contrôles de qualité des vaccins 

                     

/// les réglementations

                             

La directive européenne 2010/63/UE 

    Cette directive exige que toute expérimentation animale doive recevoir l'accord d'un comité d'éthique indépendant et l'autorisation des organismes de réglementation nationaux (Ministère de la Recherche). En Europe, aucune recherche animale n'est permise tant qu'il existe des alternatives possibles. Le bien-être des animaux de laboratoire est dicté par des directives européennes (2010/63/UE) mais aussi par de nombreux décrets nationaux. [9], [10], [12], [14]

                                                            

La charte nationale portant sur l'éthique de l'expérimentation animale

    La charte portant sur l'éthique de l'expérimentation animale rappelle que toute expérimentation animale est précédée d'une réflexion sur : l'absence de méthode alternative, la pertinence de la méthode – du modèle choisi – des objectifs scientifiques attendus, l'importance de l'atteinte des animaux en regard des résultats attendus, la limitation du nombre d'animaux et le respect du bien-être animal. [11]

                                         

                                          

/// Le concept des 3R : Replace – Reduce – Refine

                      

Le concept des 3 R de Russel et Burch (Replace, Reduce, Refine) est repris dans l'ensemble des directives veillant au bien-être animal : [3], [5], [9], [13], [14]

  • REMPLACEMENT des expérimentations animales (recherche in vitro, simulation informatique, autopsie, épidémiologie, essai clinique sur l'homme, pharmacovigilance post-commercialisation, etc.)

  • REDUCTION du nombre d'études et d'animaux : réduction des effectifs, implication des comités d'éthiques, mise en commun des données mondiales, etc.).

  • OPTIMISER / PERFECTIONNER l'expérimentation animale : améliorer le bien-être animal, utilisation de substances antalgiques, formation des scientifiques au respect animal; utile à la fois pour améliorer la vie des animaux de laboratoire mais aussi améliorer la qualité de la recherche (car l'inconfort et le stress peuvent modifier les résultats de l'expérimentation). [3]

    Ce concept des 3R est appliqué à la pharmacopée européenne grâce à la DEQM (Direction Européenne de la Qualité des Médicaments et des soins de santé), en adaptant la réglementation par l'introduction d'alternatives aux tests sur les animaux. Au niveau national, l'ANSM joue un rôle important dans cette stratégie étant donné qu'elle est responsable d'au moins 35% des libérations de lots de vaccins qui circulent sur le marché européen. [5], [8] 

                               

                                              

/// Les alternatives à l'expérimentation animale

 

Les alternatives lors de la recherche biomédicale (dont les vaccins)

Les alternatives possibles lors de la recherche biomédicale sont : [2], [3], [4]

  • Les techniques de cultures cellulaires et tissulaires;

  • Les modèles informatiques (avec l'apport de la modélisation informatique qui simule les événements physiopathologiques);

  • L'utilisation d'organismes alternatifs : les vertébrés dits "inférieurs" (ex: le poisson zèbre), les invertébrés (ex: les drosophiles) et les micro-organismes (ex: les levures);

  • Les organes sur puce (ex: poumon sur puce), modèles de tissu tridimensionnel dérivé de l'homme (ex: modèle de peau humaine), les dérivés du sang; 

  • La recherche impliquant des humains volontaires (études utilisant des techniques d'imagerie non invasives, études de pharmacocinétiques avec des expériences de "microdosage", etc.) après avis d'un comité d'éthique.

Ces méthodes alternatives aident dans une certaine mesure à réduire le nombre d'animaux requis pour la recherche. Cependant, elles ne sont pas en mesure, actuellement, d'éliminer complètement le besoin de l'expérimentation animale pour la recherche.

                                

Les alternatives lors des contrôles de qualité des vaccins 

    Pour la plupart des vaccins, les normes de contrôle et de fabrication sont celles de la pharmacopée européenne, permettant d'avoir des critères communs dans l'Union Européenne facilitant la libre circulation des vaccins. Les contrôles spécifiques pratiqués pour les vaccins concernent : l'identité, l'activité (= son potentiel à induire une réponse immunitaire), la sécurité et la stabilité. [7]

 

L'expérimentation animale est progressivement remplacée lors des contrôles de qualité. Par exemple : [1], [6]

  • L'activité des vaccins vivants atténués (rougeole, oreillon, rubéole, BCG et vaccin anti-poliomyélitique oral) est mesurée in vitro par titrage en culture cellulaire (l'efficacité étant liée au nombre de particules vaccinales vivantes)

  • L'activité de certains vaccins inactivés est mesurée in vitro pour les vaccins antigrippaux, anti-poliomyélitiques et contre l'hépatite B; pour les autres vaccins inactivés (diphtérie, tétanos, coqueluche acellulaire), les tests d'activités in vivo restent nécessaires lors de la libération des lots.

  • La sécurité est vérifiée in vitro pour certains vaccins (diphtérie, tétanos, coqueluche).

 

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Sources

Revues narratives

  1. Metz B, Hendriksen CFM, Jiskoot W, Kersten GFA. Reduction of animal use in human vaccine quality control: opportunities and problems. Vaccine. 7 juin 2002;20(19):2411‑30. 

  2. Cheluvappa R, Scowen P, Eri R. Ethics of animal research in human disease remediation, its institutional teaching; and alternatives to animal experimentation. Pharmacol Res Perspect. août 2017;5(4). 

  3. Doke SK, Dhawale SC. Alternatives to animal testing: A review. Saudi Pharm J. juill 2015;23(3):223‑9. 

  4. Rai J, Kaushik K. Reduction of Animal Sacrifice in Biomedical Science & Research through Alternative Design of Animal Experiments. Saudi Pharm J. sept 2018;26(6):896‑902.

Littérature grise

  1. rapportFRANCOPA_MAJ_07112016.pdf [Internet]. [cité 7 août 2018]. Disponible sur: http://www.francopa.fr/web/pdf/francopa/rapportFRANCOPA_MAJ_07112016.pdf

  2. La libération de lots de vaccins - ANSM : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé [Internet]. [cité 7 août 2018]. Disponible sur: https://ansm.sante.fr/Activites/Controle-en-laboratoire/La-liberation-de-lots/La-liberation-de-lots-de-vaccins

  3. GuideVaccinations2012_Mise_au_point_des_vaccins_mise_sur_le_marche_et_surveillance_des_effets_indesirables.pdf [Internet]. [cité 7 août 2018]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/pdf/GuideVaccinations2012_Mise_au_point_des_vaccins_mise_sur_le_marche_et_surveillance_des_effets_indesirables.pdf

  4. francopa.pdf [Internet]. [cité 7 août 2018]. Disponible sur: http://www.francopa.fr/web/francopa?page=newsletterFile&id=92975

  5. Respecter les animaux pour la science de demain [Internet]. [cité 3 juin 2017]. Disponible sur: http://www.recherche-animale.org/sites/default/files/eu_doc1_fr.pdf

  6. Décret n° 2013-118 du 1er février 2013 relatif à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques.

  7. Charte_nationale_portant_sur_l_ethique_de_l_experimentation_animale_243579.pdf [Internet]. [cité 3 juin 2017]. Disponible sur: https://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/Encadrement_des_pratiques_de_recherche/57/9/Charte_nationale_portant_sur_l_ethique_de_l_experimentation_animale_243579.pdf

  8. Arrêté du 1er février 2013 relatif à l’évaluation éthique et à l’autorisation des projets impliquant l’utilisation d’animaux dans des procédures expérimentales.

  9. Animal-Experimentation_French_tcm46-28244.pdf [Internet]. [cité 3 juin 2017]. Disponible sur: https://ccea.fr/wp-content/uploads/2014/09/Animal-Experimentation_French_tcm46-28244.pdf

  10. 40 raisons en faveur de l’utilisation d’animaux dans la recherche [Internet]. EARA. 2014 [cité 3 juin 2017]. Disponible sur: http://eara.eu/fr/campagnes/40-raisons-en-faveur-de-lutilisation-danimaux-dans-la-recherche/

                       

La Communication avec un patient hésitant

                                 

Nous avons exclu de la recherche les revues portant sur la communication sans étudier l'impact sur le patient, les revues portant sur l'hésitation vaccinale sans étudier les méthodes de communication et les revues étudiant la communication des autorités avec les professionnels de santé.

                  


                               

L'IMPACT DE LA RECOMMANDATION D'UN VACCIN PAR UN PROFESSIONNEL DE SANTÉ
L'impact de la confiance du professionnel de santé sur le taux de vaccination
L'IMPACT DE LA RELATION MÉDECIN-PATIENT
Les conditions pour établir une relation médecin-patient de bonne qualité
Comment améliorer cette confiance ?

            

/// L'impact de la recommandation d'un vaccin par un professionnel de santé

                                     

    Les professionnels de santé sont la première source d'informations pour les patients concernant les vaccinations. [7] Selon la revue systématique de Smith et al., publiée en 2017, la recommandation d'un vaccin aux parents par les professionnels de santé a un impact positif sur la vaccination de leur enfant. A contrario, l'absence de recommandation ou le fait de déconseiller un vaccin, influence significativement sur la non vaccination. [1] Ce résultat est confirmé par la revue systématique de Williams et al., publiée en 2014, qui retrouve un lien statistiquement significatif entre la recommandation du vaccin par le professionnel de santé et la vaccination de l'adolescent (p<0.03). [6]

    La revue narrative de Kestenbaum et al., publiée en 2015, explique également que la recommandation d'un médecin est souvent citée comme la raison pour laquelle les parents choisissent de vacciner leur enfant. Cela nécessite que le médecin ait confiance en la sécurité et l'efficacité du vaccin, mais aussi, qu'il soit en capacité de répondre aux questions des patients. Pour cela, il doit disposer de ressources fiables et à jour, qu'il peut également partager avec le patient. [8]

    Ainsi, la recommandation vaccinale par le professionnel de santé influe sur la vaccination du patient. C'est pourquoi, le CDC recommande aux professionnels de santé d'exprimer de manière claire et forte leur recommandation de vacciner l'enfant auprès des parents. [9]

                      

L'impact de la confiance du professionnel de santé sur le taux de vaccination

La revue systématique de Paterson et al., publiée en 2016, étudie l’impact de la confiance ou de l’hésitation des professionnels de santé au sujet de la vaccination sur leurs recommandations de vacciner ou non. 185 études ont été incluses. Les principaux résultats sont : [5]

  • Les professionnels de santé vaccinés recommandent plus facilement la vaccination à leurs patients ;

  • Les professionnels ayant un avis positif sur la vaccination ont des taux de patients vaccinés plus élevés ;

  • Les professionnels non vaccinés considèrent plus facilement la décision de vacciner comme un choix autonome alors que les professionnels vaccinés perçoivent plus facilement la vaccination comme un enjeu de santé publique ;

  • La connaissance de la vaccination (efficacité et sécurité du vaccin) par le professionnel de santé est associée à des taux de patients vaccinés plus élevés (car les vaccins sont davantage recommandés) ;

  • Le manque de formation sur les vaccins est présenté comme un frein pour répondre aux patients hésitants.

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/// L'impact de la relation médecin-patient

              

     Selon la revue narrative de Gowda et al., publiée en 2013, les études incluses ont montré que la qualité de la relation médecin-patient influençait sur la confiance envers les vaccins : plus la relation est mauvaise, plus la confiance dans la sécurité de la vaccination diminuait. De plus, les patients hésitants à la vaccination ont une défiance plus importante pour les professionnels de santé et respectent moins leurs conseils.[7] La revue systématique de Smith et al., publiée en 2017, rapporte également un impact significatif d'une mauvaise relation médecin-patient sur le choix de refuser la vaccination. [1] Cette relation médecin-patient constitue donc un rôle clé dans la vaccination.

                                    

Les conditions pour établir une relation médecin-patient de bonne qualité

Selon la revue systématique de Ridd et al., publiée en 2009, les facteurs contribuant à l'établissement d'une relation de médecin-patient de qualité sont : [4]

  • La continuité des soins : le fait de garder le même médecin ;

  • Le vécu positif des consultations : les patients sont plus enclins à créer une relation de qualité avec les médecins qui répondent à leurs attentes (c'est à dire : à l'écoute, fournissant des explications claires, ouverts à la discussion, qui prennent le temps, avec une attitude bienveillante, etc.) ;

  • Cette relation sera plus « intense » avec la connaissance du patient sur le médecin et vice versa ; la confiance du patient envers le médecin ; la loyauté du patient envers le médecin (c'est à dire la préférence du patient à voir son médecin) ; la relation affective du patient envers le médecin.

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Comment améliorer cette confiance ?

Selon la revue systématique de Murray et al., publiée en 2015, les 3 facteurs (modifiables par les professionels de santé) qui permettent d'améliorer la confiance dans la relation médecin-patient sont : [2]

  • Les compétences relationnelles et techniques (une communication centrée sur le patient, un degré élevé d' « intelligence émotionnelle », la compréhension de ses préoccupations, favoriser le renforcement positif, etc.)

  • Le comportement moral (être attentionné, avoir une connaissance personnelle du patient, respecter le patient, etc.)

  • La vigilance (avoir un effort constant pour construire cette confiance qui est remise en cause à chaque consultation, prendre le temps et répéter les consultations, etc.)

                   

    Dans la revue systématique de Rolfe et al., publiée en 2014, plusieurs types d'interventions ont été testés pour améliorer la relation médecin-patient mais les résultats sont discordants. Les résultats de ces études retrouvent parfois un effet positif de certaines interventions : les formations médicales visant à former le médecin aux compétences associées à la confiance (empathie, méthode de communication, etc.), les mesures d'éducation du patient, les informations délivrées au patient sur le type de pratique du médecin ou ses sources de financement. Mais la méta-analyse de ces interventions ne retrouve pas de preuve qu'elles augmentent la confiance envers le médecin (l'hétérogénéité des études est importante, les critères de mesure de la confiance sont trop peu sensibles). [3]

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Sources 

Revues systématiques

  1. Smith LE, Amlôt R, Weinman J, Yiend J, Rubin GJ. A systematic review of factors affecting vaccine uptake in young children. Vaccine. 27 2017;35(45):6059 69. Prisma ●●●○ ; Amstar ●●○

  2. Murray B, McCrone S. An integrative review of promoting trust in the patient-primary care provider relationship. J Adv Nurs. janv 2015;71(1):3 23. Prisma ●●●○ ; Amstar ●●○

  3. Rolfe A, Cash-Gibson L, Car J, Sheikh A, McKinstry B. Interventions for improving patients’ trust in doctors and groups of doctors. Cochrane Database Syst Rev. 4 mars 2014;(3):CD004134. Prisma ●●●● ; Amstar ●●●

  4. Ridd M, Shaw A, Lewis G, Salisbury C. The patient-doctor relationship: a synthesis of the qualitative literature on patients’ perspectives. Br J Gen Pract. avr 2009;59(561):e116-133. Prisma ●●●○ ; Amstar ●●○

  5. Paterson P, Meurice F, Stanberry LR, Glismann S, Rosenthal SL, Larson HJ. Vaccine hesitancy and healthcare providers. Vaccine. 20 2016;34(52):6700 6. Prisma ●●○○ ; Amstar ●○○

  6. Williams SE. What are the factors that contribute to parental vaccine-hesitancy and what can we do about it? Hum Vaccin Immunother. 2014;10(9):2584 96. Prisma ●●○○ ; Amstar ●○○

Revues narratives

  1. Gowda C, Dempsey AF. The rise (and fall?) of parental vaccine hesitancy. Hum Vaccin Immunother. août 2013;9(8):1755 62. 

  2. Kestenbaum LA, Feemster KA. Identifying and addressing vaccine hesitancy. Pediatr Ann. avr 2015;44(4):e71-75.

Littérature grise

  1. References for Provider Resources for Vaccine Conversations | CDC [Internet]. [cité 12 juin 2017]. Disponible sur: https://www.cdc.gov/vaccines/hcp/conversations/index.html

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/// L'ATTENTE DES PATIENTS SUR LA COMMUNICATION A PROPOS DES VACCINS 

                                    

La revue systématique de Armes et al., publiée en 2017, examine le ressenti des parents à propos de la communication sur la vaccination de leurs enfants : [1]

  • Le manque d'informations, par rapport à ce qu'ils en attendaient, provoque des inquiétudes ou des regrets pour les décisions de vaccination;

  • Les parents souhaitent une information équilibrée sur les avantages et les préjudices de la vaccination, exposée simplement et adaptée à leur situation;

  • Ils souhaitent trouver l'information à plusieurs endroits (écoles, pharmacies, bibliothèques, etc.) et avant la consultation pour se faire vacciner;

  • Les professionnels de santé jouent un rôle important pour leur décision : une communication trop faible et une relation altérée constituent un frein;

  • Les parents évoquent des difficultés à trouver des sources fiables et impartiales.

                     

                              

Source 

Revue systématique

  1. Ames HM, Glenton C, Lewin S. Parents’ and informal caregivers’ views and experiences of communication about routine childhood vaccination: a synthesis of qualitative evidence. Cochrane Database Syst Rev. 07 2017;2:CD011787. Prisma ●●●○ ; Amstar ●●●

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ABORDER LA VACCINATION ET ADAPTER SON DISCOURS
Comment aborder la discussion sur la vaccination ?
Une approche adaptée au patient
LES METHODES DE COMMUNICATION EVALUÉES
La méthode CASE
Utiliser les principes de l'entretien motivationnel
Utiliser une communication narrative
Impact de la communication
LES MÉTHODES DE COMMUNICATION À ÉVITER

             

    Les professionnels de santé constituent le facteur prédictif le plus important dans l'acceptation de la vaccination, d'autant plus que leur recommandation de se faire vacciner est claire et forte. [13], [14], [15] 

                                 

/// ABORDER LA VACCINATION ET ADAPTER SON DISCOURS 

                                           

    La méthode d'approche du sujet hésitant dépend de son expérience avec la vaccination. La décision du patient est influencée par les facteurs environnementaux (politique vaccinale en vigueur, les normes sociales, la relation médecin-patient, les médias), les facteurs spécifiques au vaccin (l'efficacité et la sécurité perçues du vaccin, la perception de la susceptibilité à la maladie), les facteurs spécifiques au patient (les valeurs culturelles, le niveau d'éducation, l'expérience antérieure avec la vaccination, les connaissances sur la vaccination, les réponses émotionnelles). Ces facteurs sont à prendre en compte lors de la communication avec le patient. [12]

                                 

Comment aborder la discussion sur la vaccination ?

Selon la revue systématique de Leask et al., publiée en 2012, la discussion autour de la vaccination doit respecter certaines conditions : [1]

  • Bâtir une relation de confiance : prendre le temps, accepter les préoccupations, avoir les connaissances scientifiques nécessaires, avoir une approche globale et non condescendante ;

  • Utiliser le langage corporel ;

  • Éviter les distractions (ex : le fait d'écrire en même temps sur l'ordinateur) ;

  • Clarifier les préoccupations des parents, ne pas les minimiser ni les rejeter ;

  • Expliquer au patient les différentes phases de la discussion : le « signposting » ;

  • Délivrer l'information progressivement et vérifier la compréhension : « Chunking and checking » ;

  • Éviter les discours directifs, le jargon médical et d'entrer dans la confrontation; préférer la forme de l'entretien motivationnel avec un discours pour guider le patient dans son cheminement.

Concernant le contenu de la discussion, les auteurs conseillent de :

  • Communiquer efficacement sur les risques : les effets mineurs mais fréquents, les effets rares mais graves ;

  • Présenter et utiliser toutes les sources d'informations (documents, sites web, dépliants, etc.) si besoin avant la consultation ;

  • Communiquer les risques en probabilité ; et donner des points de comparaison pour pouvoir interpréter ces probabilités.

Selon les autres revues, il est également important de se positionner de manière claire et forte sur la recommandation du vaccin[13], [14], [15]

                               

Une approche adaptée au patient   

    La revue systématique de Leask et al. (2012), ainsi que les revues narratives de Hagood et al. (2013) et Kestenbaum et al. (2015) proposent une approche adaptée à la position du patient au sujet de la vaccination : [1][7][9]

Méthode de communication selon l'hésitation vaccinale

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/// LES METHODES DE COMMUNICATION EVALUéES

                                               

    Plusieurs méthodes sont proposées pour communiquer avec un patient hésitant. Il est conseillé d'utiliser chaque consultation comme une occasion d'aborder la vaccination et d'utiliser plusieurs méthodes de communication pour réduire efficacement l'hésitation vaccinale.[7], [13][15]

                                   

La méthode CASE

Cette méthode est reprise dans la revue systématique de Williams et al., ainsi que dans les revues narratives de Hagood et al., Domachowske et al. et Jacobson et al. [5], [7][10][13] 

  • C = corroborate by acknowledging the stated concern : confirmer les préoccupations du patient, proposer une discussion respectueuse et proposer de commencer par un domaine où les deux parties sont d'accord.

  • A = About you : se présenter et dire en quoi on est légitime pour parler des vaccins.

  • S = Science : expliquer les réponses qu'apportent les études scientifiques à propos de ces préoccupations (avec des réponses d'autant plus précises que le patient est intéressé).

  • E = Explain / Advise : conseiller le patient en lui recommandant le vaccin, expliquer que cet avis médical suit les recommandations vaccinales et les preuves scientifiques. En cas d'impossibilité à répondre à la question, il est conseillé de prendre le temps de faire les recherches. En cas de recherches menées par le patient, il faut alors les revoir avec lui et vérifier la fiabilité des sources.

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Utiliser les principes de l'entretien motivationnel  

    L'entretien motivationnel est une approche qui a pour but d'explorer et de résoudre l'ambivalence des patients face au changement. Il repose sur quatre principes : l'empathie, l'absence d'argumentation (notamment l'absence de confrontation des points de vue), l'exploration de l'ambivalence et le respect de l'autonomie. Cette méthode est reprise dans la revue narrative de Hagood et al. et dans le rapport de l'INPES.  [7], [15]

                                       

Utiliser une communication narrative

    Ce mode de communication est largement utilisé par les activistes anti-vaccins, qui transmettent la peur et le doute sur la vaccination sans preuve scientifique. Ces méthodes ne sont pas utilisées traditionnellement par la communauté médicale, car ce sont des anecdotes personnelles et non scientifiques.

    Traditionnellement, la plupart des stratégies visant à accroître la confiance dans la vaccination ont été basées sur le modèle de déficit d'informations. Ce modèle repose sur l'hypothèse que les êtres humains sont rationnels et que la « vaccine hesitancy » est liée à une connaissance insuffisante. Or des études retrouvent un impact plus important de ces histoires sur l'hésitation vaccinale que les informations basées sur les preuves. Ainsi le récit narratif, accompagné par la suite de données fondées sur les preuves pourrait être un moyen de communication efficace.

    Ces récits peuvent concerner : le développement d'une maladie prévenue par la vaccination chez un enfant non vacciné ; la vaccination d'un enfant sans complication et l'explication des bénéfices que lui procure ce vaccin ; le discours d'un parent qui encourage les autres parents de vacciner leur enfant (après avoir refusé de vacciner le sien qui a contracté la maladie et qui souffre de ses conséquences) ; etc.  [4], [8], [9][11][14]

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Les autres méthodes évaluées 

  • La cohérence des discours entre les professionnels de santé

  • La présence d'affiches en salle d'attente

  • La diffusion de vidéos, le partage de sites web, etc. [2], [3]

                          

Impact de la communication

   Aucune de ces méthodes n'est efficace à 100%. Les résultats de ces méthodes diffèrent entre les revues incluses. Les preuves sont difficiles à interpréter étant donné la variabilité des populations ciblées, des facteurs influençant l’hésitation vaccinale et l'absence de procédure standardisée dans une communication qui se veut centrée sur le patient.

 

    La méta-analyse de Kaufman et al., publiée en 2018, a inclus 10 essais cliniques randomisés dans la méta-analyse. Les auteurs concluent que les interventions d’information ou d’éducation des parents concernant la vaccination infantile en face à face permettent : [2]

  • d’améliorer le statut vaccinal des enfants : RR = 1.20 [IC 95% : 1.04 à 1.37] selon 7 études sur 3004 sujets avec un niveau de preuve faible;

  • probablement d’améliorer légèrement le niveau de connaissance des parents sur la vaccination : DMS = 0.19 [IC 95% : 0.00 à 0.38] selon 4 études sur 657 sujets avec un niveau de preuve modéré;

  • d’améliorer l’intention des parents de vacciner leurs enfants : DMS = 0.55 [IC 95% : 0.24 à 0.85], selon 2 études sur 179 sujets avec un niveau de preuve faible.

En revanche, il n'y avait pas d'impact significatif de ces interventions sur le changement d'opinion des parents sur la vaccination ni sur la diminution de l'anxiété.

              

    La revue systématique de Bisset et al., publiée en 2018, évalue les stratégies efficaces pour augmenter le taux de vaccination des femmes enceintes dans les pays développés. 22 études ont été incluses (13 études observationnelles et 9 essais randomisés). Concernant l’information ou l’éducation des patientes, 4 études ont retrouvé un impact d’une communication basée soit sur une intervention d’éducation, soit via un dépliant ou un poster. En revanche, l’information via la diffusion d’une vidéo n’a pas retrouvé d’effet significatif sur le taux de vaccination. [3]

                   

    La revue systématique de Walling et al., publiée en 2016, s'intéresse à l'impact de différents supports de communication sur la vaccination contre le HPV. Parmi les différentes interventions de communication sur la vaccination contre le HPV, les auteurs citent : [6]

  • Une étude, menée aux Etats-Unis, qui retrouve des taux de vaccination plus élevés après une intervention d'éducation sur le HPV auprès de parents à faibles revenus. Une autre étude menée lors d'une campagne de masse par les médias ciblant les garçons a retrouvé un taux de vaccination plus élevé dans le groupe exposé lors de la campagne, cependant il n'y avait pas de différence significative dans la période post-exposition.

  • Une étude, menée dans une université aux Etats-Unis, retrouvant un impact sur le taux de vaccination après visionnage d'une vidéo sur le HPV.

  • Une étude, effectuée dans une école allemande, ne retrouvant pas de différence significative sur le taux de vaccination entre le groupe ayant reçu un dépliant avec une information scientifique "équilibrée" et le groupe ayant reçu un dépliant avec une information basée sur le "sensationnel".

  • Une autre étude, menée dans une université aux Etats-Unis, ne retrouvant pas de différence significative entre le groupe recevant un message basé sur les bénéfices de la vaccination et le groupe recevant un message basé sur les risques de l'absence de vaccination.

                     

    De plus, les professionnels de santé ne doivent pas être les seuls à communiquer sur la vaccination. La revue systématique du SAGE de Jarrett et al., publiée en 2015, a inclus 181 études évaluant l’impact des stratégies sur l’hésitation vaccinale. La revue retrouve un effet positif de l'information sur la vaccination quand elle est relayée par les autorités religieuses, les réseaux sociaux et les médias (avec un niveau de preuve faible). [4]

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/// LES MéTHODES DE COMMUNICATION à éVITER

                                                   

Les échecs de certains discours et les conseils pour éviter ces échecs de communication

Malgré une bonne intention, certains discours se voulant éducatifs deviennent contre productifs avec une augmentation de l'hésitation vaccinale, comme l'explique la revue narrative de Rossen et al. [8]. Plusieurs mécanismes psychologiques peuvent expliquer les raisons de ces échecs :

  • La familiarité : le fait de répéter et d'expliquer une fausse information pour ensuite présenter les faits scientifiques réels, accroît la familiarité du patient à cette fausse information et le pousse à la considérer comme vraie. Il est préférable de commencer par énoncer les faits; puis introduire le mythe; puis le contredire; et enfin remplacer le mythe par un fait scientifique. Mais ne pas répéter le mythe lors de l'explication.

  • L'excessivité : le fait de présenter de nombreux contre-arguments s'opposant à la désinformation peu justifiée, peut amener le patient à préférer la désinformation qui est la plus simple à comprendre. Il est préférable d'avoir un message clair et simple. Il vaut mieux présenter uniquement quelques contre-arguments à un mythe, plutôt que beaucoup, car de nombreux contre-arguments demandent plus d'effort cognitif et réduisent ainsi l'efficacité de la correction de la désinformation.

  • L'opposition aux croyances : quand les informations vont à l'encontre des croyances du patient, il a tendance à se rappeler sélectivement d'arguments contre cette information. Il rend plus fort ses croyances initiales et ignore les informations qui rentrent en conflit avec ses croyances. Il est plus efficace d'utiliser des informations formulées en termes propres aux croyances et aux valeurs du patient (sans forcément parler des faits scientifiques).

  • Les valeurs sacrées : par exemple, lorsque l'on demande aux patients d'échanger leurs convictions profondes basées sur des valeurs morales pour des récompenses matérielles (ex : financières), ils s'indignent moralement et deviennent encore moins susceptibles de s'engager dans le comportement souhaité.

  • Les normes sociales : le risque de parler d'un comportement problématique comme d'une vérité générale (ex : "les parents se méfient de plus en plus des vaccins"), amène à faire de ce comportement une "norme sociale", ce qui va conduire les personnes à le suivre. Au contraire, il vaut mieux utiliser positivement les normes sociales (ex : "malgré l'inquiétude grandissante des parents, les taux de vaccination sont encore élevés dans la plupart des communautés").

  • Les critiques envers un groupe de sujets : lorsque les personnes estiment qu'un groupe auquel ils s'identifient (ex : les parents refusant la vaccination) a été critiqué négativement, ceux qui y sont fortement engagés vont s'opposer plus fortement à ces critiques.

  • La menace par la peur : convaincre les patients, en les menaçant des risques des maladies prévenues par la vaccination, peut se retourner contre les professionnels de santé en déclenchant des réponses défensives. Cependant, utiliser la communication basée sur la peur est possible, mais en incorporant au message des composants qui induisent des émotions positives.

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Sources 

Revues systématiques

  1. Leask J, Kinnersley P, Jackson C, Cheater F, Bedford H, Rowles G. Communicating with parents about vaccination: a framework for health professionals. BMC Pediatr. 21 sept 2012;12:154. Prisma ●●○○ ; Amstar ●●○

  2. Kaufman J, Ryan R, Walsh L, Horey D, Leask J, Robinson P, et al. Face-to-face interventions for informing or educating parents about early childhood vaccination. Cochrane Database Syst Rev. 08 2018;5:CD010038. Prisma ●●●● ; Amstar ●●●

  3. Bisset KA, Paterson P. Strategies for increasing uptake of vaccination in pregnancy in high-income countries: A systematic review. Vaccine. 11 2018;36(20):2751  Prisma ●●○○ ; Amstar ●●○

  4. Jarrett C, Wilson R, O’Leary M, Eckersberger E, Larson HJ, SAGE Working Group on Vaccine Hesitancy. Strategies for addressing vaccine hesitancy - A systematic review. Vaccine. 14 août 2015;33(34):4180 90. Prisma ●●●○ ; Amstar ●●○

  5. Williams SE. What are the factors that contribute to parental vaccine-hesitancy and what can we do about it? Hum Vaccin Immunother. 2014;10(9):2584 96. Prisma ●●○○ ; Amstar ●○○

  6. Walling EB, Benzoni N, Dornfeld J, Bhandari R, Sisk BA, Garbutt J, et al. Interventions to Improve HPV Vaccine Uptake: A Systematic Review. Pediatrics. juill 2016;138(1). Prisma ●●●○ ; Amstar ●●○

Revues narratives

  1. Hagood EA, Mintzer Herlihy S. Addressing heterogeneous parental concerns about vaccination with a multiple-source model: a parent and educator perspective. Hum Vaccin Immunother. Août 2013;9(8):1790 4.

  2. Rossen I, Hurlstone MJ, Lawrence C. Going with the Grain of Cognition: Applying Insights from Psychology to Build Support for Childhood Vaccination. Front Psychol. 2016;7:1483.

  3. Kestenbaum LA, Feemster KA. Identifying and addressing vaccine hesitancy. Pediatr Ann. avr 2015;44(4):e71-75.

  4. Domachowske JB, Suryadevara M. Practical approaches to vaccine hesitancy issues in the United States: 2013. Hum Vaccin Immunother. Déc 2013;9(12):2654 7.

  5. Shelby A, Ernst K. Story and science: how providers and parents can utilize storytelling to combat anti-vaccine misinformation. Hum Vaccin Immunother. Août 2013;9(8):1795 801.

  6. Gowda C, Dempsey AF. The rise (and fall?) of parental vaccine hesitancy. Hum Vaccin Immunother. Août 2013;9(8):1755 62.

  7. Jacobson RM, St Sauver JL, Finney Rutten LJ. Vaccine Hesitancy. Mayo Clin Proc. Nov 2015;90(11):1562 8.

Littérature grise

  1. References for Provider Resources for Vaccine Conversations | CDC [Internet]. [cité 12 juin 2017]. Disponible sur: https://www.cdc.gov/vaccines/hcp/conversations/index.html

  2. pdf [Internet]. [cité 16 juin 2017]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/jp/cr/pdf/2011/session6/synthese.pdf

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Les Barrières Religieuses

               


                      

/// des épidémies au sein de populations religieuses

                        

    La religion peut être un des facteurs de l'hésitation vaccinale, soit du fait de la composition des vaccins soit du fait des croyances qui y sont associées. Cette hésitation vaccinale peut expliquer la survenue d'épidémie dans ces groupes de maladies normalement prévenues par la vaccination.

             

    La revue narrative de Wombwell et al., publiée en 2015, rappelle la survenue de 18 épidémies de rougeole en 2014 aux Etats-Unis, alors que le virus n'y circulait plus depuis l'an 2000. Ces épidémies sont survenues au sein de populations non vaccinées qui évoquaient alors, en premier lieu, des raisons religieuses ou philosophiques au refus vaccinal. [2]

                                     

    Le rapport de la Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires (Miviludes) publiée en 2017, analyse les résistances à la vaccination sous l’angle de la recherche géopolitique. Concernant les épidémies récentes de rougeole en Europe et en France entre 2008 et 2016, les auteurs rapportent que la description de certains groupes sociaux impliqués dans ces épidémies de rougeole a le plus souvent montré que les épidémies se sont diffusées dans des réseaux de populations non vaccinées en raison de leurs convictions religieuses ou philosophiques. [3]

                   

             

/// DES FACTEURS ASSOCIéS COMMUNS à L'ENSEMBLE DES RELIGIONS

                 

    La première revue systématique de Fournet et al., publiée en 2018, a inclus 48 études sur les groupes en Europe avec une faible couverture vaccinale ou dans lesquels une épidémie d'une maladie prévenue par la vaccination a éclos. 5 communautés religieuses ou idéologiques ont été identifiées en Europe : les protestants orthodoxes, les anthroposophes, les Roms, les « Travellers » irlandais et les juifs orthodoxes. [1]

La deuxième revue systématique a inclus 13 études portant sur les facteurs associés à la non-vaccination de ces populations. Les principaux facteurs rapportés sont :

  • l'absence de gravité perçue ou le caractère bénéfique pour le développement de l'enfant de ces maladies infantiles traditionnelles ;

  • la pensée qu'ils ne sont pas susceptibles de contracter ces maladies (maladies rares touchant un faible nombre d'enfants) ;

  • la crainte des effets secondaires du vaccin, des composants ou des mythes associés à ces vaccins ;

  • la négation de l'efficacité de ces vaccinations ou la supériorité d'une bonne hygiène de vie ;

  • la rigidité des calendriers vaccinaux ou l'impossibilité de choisir les vaccinations du fait des vaccins combinés ;

  • le besoin d'informations supplémentaires ;

  • les informations retrouvées sur les réseaux sociaux ;

  • les croyances religieuses associées à la maladie ou à la vaccination (ex : la maladie vue comme une épreuve de Dieu) ;

  • les facteurs socio-économiques : la barrière de la langue, l'analphabétisme, le manque d'accès aux structures de soins, la discrimination et la marginalisation de ces communautés, la méfiance envers les autorités publiques, etc.

Les auteurs concluent que des stratégies de communication concernant ces facteurs communs (ex : risques associés à la vaccination comparés à la non-vaccination, etc.), la prise en compte de leurs préoccupations, la lutte contre les mythes associés à la vaccination, peuvent aider à établir une relation de confiance avec ces communautés et augmenter leur participation à la vaccination. De plus, d’autres interventions telles que l’amélioration de l’accès aux soins de santé pourraient aussi augmenter leur adhésion à la vaccination.

 

Sources

Revue systématique 

  1. Fournet N, Mollema L, Ruijs WL, Harmsen IA, Keck F, Durand JY, et al. Under-vaccinated groups in Europe and their beliefs, attitudes and reasons for non-vaccination; two systematic reviews. BMC Public Health. 30 2018;18(1):196. (Prisma ●○○ ; Amstar ●○○)

Revue narrative

  1. Wombwell E, Fangman MT, Yoder AK, Spero DL. Religious barriers to measles vaccination. J Community Health. juin 2015;40(3):597‑604.

Littérature grise

  1. Rapport annuel d’activité 2016-2017 [Internet]. Disponible sur: http://www.derives-sectes.gouv.fr/sites/default/files/publications/francais/rapport_miviludes_2017_web_v2_0.pdf

                          


                            

UTILISATION DE CELLULES FOETALES POUR LA FABRICATION DE CERTAINS VACCINS
Origine de ces cellules fœtales
Pourquoi sont utilisées ces lignées cellulaires et cette souche virale rubéolique ?
Les vaccins concernés
L'avis des autorités catholiques
L'UTILISATION D'EXCIPIENTS PORCINS
A quoi servent les hydrolysats de gélatine ?
Les vaccins concernés
L'avis majoritaire des leades islamiques
Les principes judaïques

                  

/// Utilisation de cellules foetales pour la fabrication de certains vaccins

 

   Certains vaccins sont fabriqués avec utilisation de cellules foetales humaines pour la réplication virale. Ce processus de fabrication est rapporté comme un frein moral pour certains patients (notamment de religion hindouiste ou chrétienne). 

                                                                

Origine de ces cellules fœtales 

   La lignée cellulaire WI-38 a été développée à Philadelphie en 1961. Cette lignée est issue de cellules pulmonaires d'un fœtus féminin de 3 mois suédois dont les parents ont choisi l'avortement car ils estimaient avoir trop d'enfants. La lignée cellulaire MRC-5 a été développée en Angleterre en 1966. Cette lignée est issue de fibroblastes pulmonaires d'un fœtus masculin de 14 semaines avorté car la mère présentait des troubles psychiatriques. La souche virale de la rubéole RA 27/3 a été isolée à partir des cellules rénales d'un fœtus avorté en 1964 pour des raisons médicales (infection materno-foetale par la rubéole avec haut risque de malformation congénitale). Le virus a été isolé puis répliqué dans des cellules diploïdes humaines (lignée WI-38). [1], [2], [3]

   Les 2 lignées cellulaires WI-38 et MRC-5 ont été obtenues à partir de 2 fœtus avortés. Ces deux avortements ont été réalisés pour des raisons différentes de la vaccination : aucun n'a été réalisé dans le but de fabriquer des vaccins. Aucun autre foetus avorté n'a été utilisé plus récemment dans les processus de fabrication. [1], [2]

                                     

Pourquoi sont utilisées ces lignées cellulaires et cette souche virale rubéolique ?

   Contrairement aux bactéries, les virus ne se répliquent pas seuls. Pour la fabrication de vaccins, les virus doivent être cultivés dans des cultures cellulaires propres à chaque virus. Ces lignées cellulaires diploïdes embryonnaires ont la capacité de se diviser plusieurs dizaines de fois avant d'entrer en sénescence. Ces deux lignées sont toujours utilisées et ont progressivement remplacé les lignées cellulaires issues d'animaux (primate, canard, lapin, poulet, chien ou souris), qui étaient plus à risque de contamination. Il y a peu d'options possibles pour la culture de virus et le changement de culture cellulaire n'est pas si facile : les virus se multiplient différemment en fonction du type de lignée cellulaire, avec un potentiel risque de contamination et un recul moins important pour les autres lignées.

   Concernant la souche rubéolique, la souche RA 27/3 avait la particularité d'entraîner une réponse immunitaire plus élevée et mieux tolérée que les autres souches rubéoliques disponibles dans les années 1960.  [1]

                                                           

Les vaccins concernés 

  Les vaccins concernés sont les vaccins hépatite A, ROR, varicelle et zona: AVAXIM, HAVRIX, TYAVAX, TWINRYX et VAQTA (MRC5) ; MMRVAXPRO (WI 38 et souche RA 27/3) ; PRIORIX (MRC 5 et RA 27/3) ;VARILRIX et VARIVAX (MRC 5) ; ZOSTAVAX (MRC 5). [4]

   Les lignées cellulaires WI-38 et MRC-5 sont utilisées pour la réplication virale, puis sont écartées de la composition finale. Elles ne font donc pas partie des vaccins : aucune cellule humaine n'est donc injectée. [1]

                               

L'avis des autorités catholiques

   Les autorités catholiques estiment que l'utilisation de ces vaccins n'est pas contraire aux opinions qui s'opposent à l'avortement. Du fait que les avortements sont anciens et qu'ils n'ont pas été réalisés dans le but de produire des vaccins, être immunisé ne constitue pas la promotion d'un acte (jugé par les autorités catholiques) immoral. Elles affirment que les parents ont le devoir moral de s'occuper de la santé de leur enfant par le biais de la vaccination. Cependant, elles indiquent qu'elles préféreraient des vaccins alternatifs sans utilisation de cellules fœtales et que leurs adhérents doivent continuer à faire pression pour avoir des vaccins moralement plus acceptables. [6], [8]

    Concernant les chrétiens protestants, ils ne s'opposent pas à l'utilisation de ces vaccins. Seuls quelques groupes spécifiques estiment que les vaccins empêchent un individu de dépendre entièrement de Dieu et réfutent ainsi le principe de la vaccination. [2]

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/// L'UTILISATION D'EXCIPIENTS PORCINS

              

  Certains vaccins comprennent au début de leur fabrication des produits issus d'animaux comme le sérum bovin ou la gélatine de porc. Ceci peut être une source de préoccupation pour les groupes religieux musulmans ou judaïques, même si aucune loi musulmane ni judaïque n'interdit l'utilisation de ces vaccins.               

                                                                

A quoi servent les hydrolysats de gélatine ?

    Les hydrolysats de gélatine sont utilisés dans la fabrication des vaccins pour stabiliser et conserver le produit vaccinal ou en tant que solvant. Elle est produite par une hydrolyse partielle du collagène (habituellement issu de tissus de peau, de tendons, de cartillage ou d'os). Leur utilisation est justifiée par leur efficacité et leur sécurité. Leur remplacement par d'autres stabilisateurs nécessiterait des études de long cours pour vérifier leur efficacité et innocuité.[1], [2], [5]

                           

Les vaccins concernés 

    Les vaccins contenant de la gélatine porcine sont certains vaccins de la grippe, le ROR et le zona : FLUENZ et FLUENZ TETRA, MMR-VAX-PRO et ZOSTAVAC.[4]

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L'avis majoritaire des leades islamiques 

   L'organisation mondiale des sciences médicales islamiques (qui s'est réunie en 1995 en réunissant 112 juristes et experts médicaux) permet l'utilisation des vaccins contenant des excipients à base de tissu porcin en se basant sur 3 arguments : [1], [2], [3], [7]

  • Les substances utilisées ont été suffisamment transformées par les processus de fabrication pour être utilisées (principe de transformation, appelé "Istihala").

  • Les quantités sont minimes (principe de dilution)

  • Le vaccin a des fins médicales et ne fait pas partie de l'alimentation (les règles diététiques ne s'appliquent donc pas).

Cependant, des vaccins alternatifs ne contenant pas ces substances seront à préférer s'ils sont disponibles.[5], [7]

       

Les principes judaïques

   Dans le judaïsme, les règles diététiques qui interdisent la consommation de porc (jugé impur) ne s'appliquent pas aux produits injectables. En effet, les produits médicaux doivent répondre aux règles médicales et non aux règles diététiques (« Kasher »). D'autant plus pour les produits médicaux qui ne s'administrent pas par voie orale et qui ne répondent aucunement aux règles diététiques. De plus, les principes judaïques énoncent que les sujets doivent prendre toutes les démarches nécessaires pour prévenir les maladies et se maintenir en bonne santé. [1], [2], [3], [5], [7]

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Sources 

Revues narratives

  1. Grabenstein JD. What the world’s religions teach, applied to vaccines and immune globulins. Vaccine. 12 avr 2013;31(16):2011‑23. 

  2. Wombwell E, Fangman MT, Yoder AK, Spero DL. Religious barriers to measles vaccination. J Community Health. juin 2015;40(3):597‑604. 

  3. Domachowske JB, Suryadevara M. Practical approaches to vaccine hesitancy issues in the United States: 2013. Hum Vaccin Immunother. déc 2013;9(12):2654‑7. 

Littérature grise

  1. Vaccins - MesVaccins.net [Internet]. [cité 3 juin 2017]. Disponible sur: https://www.mesvaccins.net/web/vaccines

  2. Vaccines and porcine gelatine [Internet]. [cité 3 juin 2017]. Disponible sur: http://www.nhsdirect.wales.nhs.uk/pdfs/WGGe.pdf

  3. Moral Reflections on Vaccines Prepared From Cells Derived From Aborted Human Foetuses [Internet]. [cité 3 juin 2017]. Disponible sur: http://www.lifeissues.net/writers/doc/doc_40vaccinesfoetuses.html

  4. Judicially Prohibited and Impure Substances in Foodstuff and Drugs [Internet]. [cité 3 juin 2017]. Disponible sur: http://www.immunize.org/concerns/porcine.pdf

  5. Instruction Dignitas Personae on Certain Bioethical Questions, Congregation for the Doctrine of the Faith [Internet]. [cité 3 juin 2017]. Disponible sur: http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20081208_dignitas-personae_en.html

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FREINS LIÉS AUX VALEURS PARENTALES SUR LA SEXUALITÉ 
Que répondre aux parents ayant ces inquiétudes ?
L'avis des autorités religieuses

                 

/// FREINS LIÉS AUX VALEURS PARENTALES SUR LA SEXUALITÉ 

                                           

   Un autre frein religieux concerne la vaccination contre les virus dont le mode de contamination est en partie sexuel (vaccination contre l'hépatite B et le papillomavirus humain). Ces oppositions sont surtout avancées par les parents qui craignent de favoriser les relations sexuelles (plus précoces, nombreuses et à risques ; ou que la vaccination s'oppose à l'abstinence avant le mariage et à la fidélité).

                       

    La revue narrative de Gamble et al., publiée en 2010, résume les facteurs psychologiques et environnementaux influençant la vaccination contre le HPV. Les opinions religieuses et la crainte que la vaccination encourage l’activité sexuelle sont citées comme un frein à la vaccination. Les parents ayant des difficultés à parler de sexualité avec leurs enfants sont moins enclins à encourager cette vaccination. Le rôle des professionnels de santé est donc majeur, puisque leurs recommandations ont une influence considérable sur les décisions de vaccination. [4]

                    

    La revue systématique d’études qualitatives de Ferrer et al., publiée en 2014, examine les facteurs influençant la décision des adolescentes de se faire vacciner contre le papillomavirus. 41 études ont été incluses. Les facteurs influençant cette décision sont : les considérations financières, les normes sociales et les valeurs au sujet des relations sexuelles, la confiance envers la politique vaccinale et les professionnels de santé. Concernant la préoccupation liée aux activités sexuelles, les études qualitatives retrouvent des craintes concernant : le risque que la vaccination modifie le comportement sexuel de l'adolescent (début de l’activité sexuelle plus précoce, partenaires multiples, activité sexuelle à risque), les valeurs religieuses (partenaires multiples, activité sexuelle avant le mariage), la discussion parent-enfant au sujet des maladies sexuellement transmissibles, ou enfin, la crainte que le souhait d'une vaccination soit associé négativement à leur comportement sexuel. [2]

                         

Que répondre aux parents ayant ces inquiétudes ?

Pour le virus de l'hépatite B, il convient de rappeler aux parents que la voie sexuelle n'est qu'un des modes de contamination du virus.

Pour le virus HPV, les études ne retrouvent pas de modification du comportement sexuel chez les femmes vaccinées (pas de rapport sexuel plus précoce ni plus fréquent). De plus, cette vaccination est une occasion pour les professionnels de santé de discuter des composantes éducatives au sujet de l'initiation sexuelle, dans le but de réduire les comportements à risque. [6]        

 

La vaccination modifie t-elle les comportements sexuels chez les femmes vaccinées ? 

     La revue systématique de Madhivanan et al., publiée en 2016, résume les preuves disponibles concernant l'augmentation des comportements sexuels à risque dans les suites de la vaccination HPV. La revue a inclu 21 études (avec 527'475 sujets) de 12 pays différents. Les études rapportent soit l'absence de lien entre la vaccination HPV et l'augmentation des comportements sexuels à risque, soit une association entre la vaccination HPV et des comportements sexuels plus sûrs (ex : usage de préservatifs, contraception). [1]

  • Le début de l'activité sexuelle (3 études), le nombre de partenaires sexuels (10 études), le comportement sexuel (sexe oral, anal ou en groupe ; 5 études) et le nombre d'infections sexuellement transmissibles, grossesses ou avortements (10 études) : n'étaient pas statistiquement différents chez les femmes vaccinées contre l'HPV, dans l'ensemble des études inclues.

  • L'usage du préservatif et/ ou d'une contraception était plus fréquent chez les sujets vaccinés contre l'HPV (dans 5 des 9 études inclues)

Les preuves sont cependant limitées par les faiblesses méthodologiques de ces études. Les auteurs concluent à l'absence de preuve d'une augmentation des comportements sexuels à risque dans les suites de la vaccination.

                                          

Pourquoi vacciner si jeune (alors que l'enfant n'est pas sexuellement actif) ou si l'enfant choisi l'abstention sexuelle ?

Pour le vaccin HPV, l'efficacité n'est prouvée que chez les femmes n'ayant pas été exposées au virus HPV. Ainsi la vaccination doit être antérieure au début des activités sexuelles. De plus, le taux d'anticorps en réponse à la vaccination semble plus élevé dans la tranche 9-14 ans. [3][7]

Le choix de l'abstention sexuelle est difficile à évaluer, en particulier dans la tranche d'âge où la vaccination est proposée. [3]

                             

L'avis des autorités religieuses

   Les autorités religieuses catholiques soutiennent la vaccination HPV en rappelant le risque potentiel de cette infection et en rassurant les parents sur l'absence de donnée évoquant une augmentation des activités sexuelles non recommandées par leur religion; et continuent en parallèle à promouvoir l'abstinence avant le mariage.[5], [6]

                          

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Sources 

Revues systématiques

  1. Madhivanan P, Pierre-Victor D, Mukherjee S, Bhoite P, Powell B, Jean-Baptiste N, et al. Human Papillomavirus Vaccination and Sexual Disinhibition in Females: A Systematic Review. Am J Prev Med. sept 2016;51(3):373‑83. (Prisma ●●●○, Amstar ●○)

  2. Ferrer HB, Trotter C, Hickman M, Audrey S. Barriers and facilitators to HPV vaccination of young women in high-income countries: a qualitative systematic review and evidence synthesis. BMC Public Health. 9 juill 2014;14:700. (Prisma ●●●○, Amstar ●○)

Revues narratives

  1. White MD. Pros, cons, and ethics of HPV vaccine in teens-Why such controversy? Transl Androl Urol. déc 2014;3(4):429‑34. 

  2. Gamble HL, Klosky JL, Parra GR, Randolph ME. Factors influencing familial decision-making regarding human papillomavirus vaccination. J Pediatr Psychol. août 2010;35(7):704‑15. 

  3. Tomkins A, Duff J, Fitzgibbon A, Karam A, Mills EJ, Munnings K, et al. Controversies in faith and health care. Lancet. 31 oct 2015;386(10005):1776‑85.

Littérature grise

  1. Position Paper on HPV Immunization.pdf [Internet]. [cité 3 juin 2017]. Disponible sur: http://www.cathmed.org/assets/files/Position%20Paper%20on%20HPV%20Immunization.pdf

  2. infections à Papillomavirus humains (HPV) [Internet]. [cité 3 juin 2017]. Disponible sur: http://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/infections-a-Papillomavirus-humains-HPV?gclid=CjwKEAjwvMnJBRCO2NSu-Puc6AUSJAAf-OSUZy3HZW9NapO0CyTjjaUbx1IFU6QZ2zgLq_5HmbUs_xoCX27w_wcB

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LES FAUSSES INFORMATIONS 
LES AUTRES RELIGIONS
Les Amish
Les Témoins de Jehovah
Le Jaïnisme, le Bouddhisme et l'Hindouisme

                   

/// Les fausses informations 

                   

   Des freins religieux sont parfois dus à de fausses informations véhiculées sur le web (ex : tous les vaccins sont fabriqués à partir d'oeuf de poulet ; les vaccins sont des produits sanguins ; les vaccins sont contaminés par l'alcool, les toxines ou les métaux lourds ; les vaccins sont génétiquement modifiés ; l'anatoxine tétanique contient des contraceptifs ou des abortifs ; etc...)[2], [3]

Cf. page sur les informations contradictoires.

               

                  

/// Les autres religions

                        

Les Amish

    La faible couverture vaccinale de ces communautés religieuses est d'avantage liée à leur mode de vie traditionnel (accès limité aux soins, compréhension limitée de la maladie, doute sur la sécurité des vaccins, rejet de la modernité, ...) plutôt qu'à une opposition idéologique. [3] La vaccination n'est donc pas interdite par la doctrine religieuse. [2]

            

Les Témoins de Jehovah 

    Même si elle a été initialement considérée comme un produit sanguin et donc prohibée, la vaccination n'est désormais plus interdite dans ces communautés selon la Watch Tower Society (organisme de référence de la religion). La décision de la vaccination repose donc uniquement sur le choix du sujet. [3]

                    

Le Jaïnisme, le Bouddhisme et l'Hindouisme

    Ces 3 religions prônent le respect de toute forme de vie. Cependant elles reconnaissent également la nécessité de soutenir la vie humaine, avec l'acceptation de la cuisson des aliments, de l'eau bouillante, des antibiotiques et des vaccins. [3]

    L'opposition peut concerner l'utilisation de sérum bovin dans le milieu de croissance. La religion hindouiste croit en la réincarnation et la vache est la réincarnation ultime. Sa consommation est ainsi interdite. Les vaccins concernés seraient les vaccins contre le ROR : MMR-II* et Proquad*. [4]

                    

              

Sources

Revues narratives

  1. Domachowske JB, Suryadevara M. Practical approaches to vaccine hesitancy issues in the United States: 2013. Hum Vaccin Immunother. Déc 2013;9(12):2654 7. 

  2. Tomkins A, Duff J, Fitzgibbon A, Karam A, Mills EJ, Munnings K, et al. Controversies in faith and health care. Lancet. 31 oct 2015;386(10005):1776 85. 

  3. Grabenstein JD. What the world’s religions teach, applied to vaccines and immune globulins. Vaccine. 12 avr 2013;31(16):2011 23. 

  4. Wombwell E, Fangman MT, Yoder AK, Spero DL. Religious barriers to measles vaccination. J Community Health. Juin 2015;40(3):597 604.