Efficacité des vaccins contre l'hépatite B 

                

Efficacité des vaccins contre l'hépatite B 

                

Introduction

                

HISTORIQUE DE LA VACCINATION
VACCINS CONTRE L'HEPATITE B DISPONIBLES
IMMUNITÉ NATURELLE

              

/// HISTORIQUE de la vaccination

               

En 1981, la première génération de vaccins contre l’hépatite B, d’origine plasmatique, est homologuée aux Etats-Unis. Ils sont rapidement remplacés par les vaccins recombinants dont le premier est homologué en 1986 et le second en 1989. [1][6]

Les Etats-unis, le Canada et le Royaume-Uni ont initialement adopté une stratégie de vaccination contre le VHB ciblée sur les personnes à risque. Cependant, cela n’a pas suffit à agir de manière significative sur ces populations et donc sur la circulation du VHB.[3] En 1991, les Etats-Unis adoptent alors une vaccination systématique des nourrissons et des adolescents.[6]

Depuis 1992, basée sur cette première expérience, l’OMS a émis plusieurs recommandations de vaccination “universelle” des nourrissons et/ou pré-adolescents à l’ensemble des pays y compris industrialisés. [3]

Avec plus de 250 millions de porteurs chroniques du VHB (jusque 370 millions selon certaines sources) et environ 1 million de morts par an, l’hépatite B représente l’un des principaux problèmes de santé publique dans le monde.[5][9] En 2016, l’Assemblée Mondiale de la Santé a adopté le plan de la "Stratégie mondiale du secteur de la santé contre l’hépatite virale" avec des objectifs de réduction majeure du virus de l'hépatite B d’ici 2030. [7][9] Fin 2016, 186 pays avaient introduit à l’échelle nationale le vaccin contre l’hépatite B. La couverture mondiale pour 3 doses chez les nourrissons est estimée à 84%. [8]

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En France

En 1995, suite aux recommandations OMS, la France introduit une stratégie de vaccination systématique ciblant les nourrissons associée à un rattrapage chez les préadolescents dans son calendrier vaccinal de routine.[3] L’objectif était de diminuer de 90% l’incidence de la maladie sur les 20 ans à venir et son élimination à long terme. [1]

En 1998, suite à un signal de sécurité de pharmacovigilance concernant un risque majoré d’affections démyélinisantes centrales (dont la SEP), la vaccination en milieu scolaire a été suspendue.[1] (voir la page Vaccination et Sclérose en plaques)

En 2007, le conseil d'hygiène publique de France et le HCSP ont publié plusieurs avis en faveur de cette vaccination, confirmés par les résultats rassurants des études réalisées suite au signal de sécurité. La priorité de la vaccination est fixée chez les nourrissons et personnes à risque, associée à un rattrapage des enfants et adolescents non vaccinés.[1]  Ainsi, depuis 1999, la couverture vaccinale complète à 3 doses des nourrissons ne cesse d’augmenter (de 23.9% à 90.0% en 2016).[2]

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/// VACCINS contre l'hepatite b DISPONIBLES

               

Seuls les vaccins obtenus par recombinaison génétique sont autorisés en France aujourd’hui.[1] Tous les vaccins sont donc des vaccins inactivés et composés de l’AgHBs, antigène présent à la surface du virus de l’hépatite B.[1][4] Ils nécessitent tous des adjuvants (principalement l’aluminium) et ne contiennent pas de Thimérosal. [6][9]

Les vaccins existent soit sous formes monovalentes : Engerix B®, HBVaxPro® et le Fendrix®, soit sous formes combinées : [1]

  • à l’hépatite A sous forme bivalente : Twinrix®

  • au paludisme sous forme bivalente, réservées aux zones endémiques : Mosquirix®

  • aux DTP, coqueluche et Hib sous forme hexavalente pour les nourrissons : Infanrix Hexa®, Hexyon®, Vaxelis®

Les doses d’AgHBs varient en fonction de la population cible : 5-10 µg pour les enfants, 10-20µg chez l’adulte et 40µg chez les immuno-déprimés et les patients sous dialyse. [9]

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/// IMMUNITÉ NATURELLE

                   

La réponse immunitaire naturelle face à une infection par le virus de l'hépatite B est variable selon les individus et leur âge. (voir "hépatite B").

L’immunité naturelle contre la maladie repose sur la présence d’anticorps anti-Hbs (anticorps protecteur contre la maladie). Sa présence suite à une infection aiguë indique une protection contre les futures ré-infections.[6] 

Chez l’adulte, la plupart des infections aiguës entraînent une guérison complète avec l’élimination de l’AgHbs (quelques semaines à quelques mois) et la production d’anticorps anti-Hbs créant une immunité aux infections futures. De plus, il existe un haut degré de protection croisée entre les différents génotypes de l’AgHbs (au nombre de 10). [6][9]

Mais chez la plupart des nourrissons (dans près de 90% des cas), les infections par le VHB entraînent une réponse immunitaire inadaptée et donc une infection chronique. [6]

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Sources 

  1. GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_hepatite_B.pdf [Internet]. [cité 15 oct 2018]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/pdf/GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_hepatite_B.pdf

  2. Hépatite B / Données / Couverture vaccinale / Maladies à prévention vaccinale / Maladies infectieuses / Dossiers thématiques / Accueil [Internet]. [cité 15 oct 2018]. Disponible sur: http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Couverture-vaccinale/Donnees/Hepatite-B

  3. Hépatite B / Hépatites virales / Maladies infectieuses / Dossiers thématiques / Accueil [Internet]. [cité 15 oct 2018]. Disponible sur: http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Hepatites-virales/Hepatite-B

  4. Hépatite B [Internet]. [cité 16 oct 2018]. Disponible sur: http://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/Hepatite-B

  5. Hépatites virales [Internet]. Institut Pasteur. 2015 [cité 16 oct 2018]. Disponible sur: https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/hepatites-virales

  6. Pinkbook | Hepatitis B | Epidemiology of Vaccine Preventable Diseases | CDC [Internet]. 2018 [cité 16 oct 2018]. Disponible sur: https://www.cdc.gov/vaccines/pubs/pinkbook/hepb.html

  7. Greenbook_chapter__18.pdf [Internet]. [cité 16 oct 2018]. Disponible sur: https://assets.publishing.service.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/628602/Greenbook_chapter__18.pdf

  8. Couverture vaccinale [Internet]. World Health Organization. [cité 16 oct 2018]. Disponible sur: http://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/immunization-coverage

  9. WER9227.pdf [Internet]. [cité 16 oct 2018]. Disponible sur: http://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/255841/WER9227.pdf?sequence=1

           

Epidémiologie et avis des institutions

             

DONNEES DES INSTITUTIONS FRANCAISES
DONNEES DES INSTITUTIONS ETRANGERES
Aux Etats-Unis
Au Royaume-Uni
DONNEES DES INSTITUTIONS MONDIALES

               

/// DONNEES DES INSTITUTIONS FRANCAISES

                        

Selon les données de Santé Publique France et de l'institut Pasteur

Les vaccins recombinants contre l’hépatite B sont hautement immunogènes :

  • Chez les nourrissons, le taux de réponse sérologique est supérieur à 95% et plus élevé que chez l’adulte.[2]

  • Tout âge confondu : près de 90% des sujets vaccinés vont développer des anticorps à un taux protecteur un mois après la 3e injection.[1]

  • Certains facteurs diminuent la réponse immunitaire : l’âge > 40 ans, le sexe masculin, l’obésité, le tabagisme et certains groupes HLA. [1]

  • La durée de protection contre le VHB est longue chez 90% des personnes vaccinées. Elle permet de protéger le nourrisson plusieurs décennies plus tard, voire probablement à vie (même si les anticorps sériques ne sont plus détectables, grâce à la mémoire immunitaire[1]). Des rappels ne semblent pas nécessaires. [2][3][4]

    Hepatite B fulminante

 

 

Les vaccins sont efficaces sur la maladie et ses complications :

  • Selon Pasteur, 98% des individus sont protégés contre la maladie après 3 injections. [4]

  • Le vaccin a permis une diminution du nombre d’hépatites fulminantes. [3]

  • Il est efficace sur le portage chronique et les complications, selon l’expérience Taïwan (voir "avis des institutions mondiales"). [1]

  • Il a permis une quasi disparition des contaminations par le VHB du personnel soignant. [3] 

  • Enfin, il protège aussi indirectement contre l'hépatite Delta (qui peut compliquer une hépatite B chronique). 

 

 

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D’un point de vue épidémiologique

Les infections aiguës par le virus de l’hépatite B sont de nouveau à déclaration obligatoire depuis mars 2003, alors que celle-ci avait été suspendue en 1985. Entre temps, deux systèmes de surveillance ont poursuivi le recueil d’incidence de la maladie : le réseau des laboratoires de la communauté urbaine de Lyon et le réseau Sentinelles des médecins généralistes (INSERM). [1][2]

            

Hepatite B France

Les réseaux ont constaté une nette diminution de l’incidence de l’hépatite B entre 1986 et 1996, qui s’est poursuivie dans les décennies suivant la vaccination systématique (1995) telles que le montrent les données recensées concernant les hépatites aiguës B symptomatiques :

  • En 1996, on estime entre 2 et 12 nouveaux cas pour 100 000 habitants par an (soit environ 1200 à 7200 nouveaux cas par an). [1][2]

  • En 2005, le taux d’incidence estimé était de 1 cas d'infection aiguë symptomatique / 100 000 habitants [IC95%: 0.92-1.14] (soit 628 cas estimés après correction sur la sous-déclaration) suivi d’une légère hausse en 2006. [1]

  • Depuis 2010, le nombre de cas notifiés est inférieur à 100/an, ce qui correspond à une diminution forte de 53% par rapport à 2006. [2]  

  • Cette tendance à la baisse doit rester d’interprétation prudente du fait d’une sous-déclaration majeure. Ainsi, selon une enquête de 2013, la sous-déclaration était estimée à 77% avec un nombre de cas estimé à 291 soit 0.44 cas / 100 000 habitants (après correction pour la sous-déclaration).

La diminution de l'incidence de l'hépatite B chronique ainsi que de ses complications ne sera constatée qu’avec un décalage étant donnée la chronologie de la maladie. Actuellement, on estime que près de 280 000 personnes sont porteuses d’une hépatite B chronique et que, chaque année, près de 1 500 décès sont liés à l’hépatite B. [3]

              

Une couverture vaccinale très élevée du nourrisson permet d’envisager d’éliminer à terme l’hépatite B en France.

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/// DONNEES DES INSTITUTIONS ETRANGERES

              

Aux Etats-Unis

Selon les données du CDC (Centers for Disease Control and Prevention) : [5]

  • Après 3 injections, plus de 90% des adultes en bonne santé et plus de 95% des nourrissons, enfants et adolescents développent des anticorps protecteurs.

  • L’immunogénicité diminue avec l’âge : 90% après 40 ans, 75% après 60 ans.

  • La vaccination complète est efficace entre 80 et 100% contre les infections ou l’hépatite clinique.

  • Le taux d’anticorps diminue avec le temps, mais la mémoire immunitaire reste intacte plus de 20 ans après la vaccination chez l’enfant comme chez l’adulte.

  • L’infection chronique au VHB est rare chez les personnes qui ont répondu au vaccin.

              

D’un point de vue épidémiologique [5]

Hepatite B USASelon le CDC, le vaccin (introduit en 1981 pour les populations à risque puis devenu systématique en 1991)  a eu un impact important sur les hépatites B aiguës mais moindre sur les infections chroniques. Concernant les hépatites B aiguës :

  • Le pic d’incidence d’hépatite B a eu lieu au milieu des années 1980 avec environ 26 000 cas rapportés par an. Depuis, l’incidence a diminué continuellement.

  • En 1996, l’incidence est passée sous les 10 000 cas rapportés par an. La baisse initiale est essentiellement attribuée à la diminution de transmission du virus dans les populations homosexuelles et les toxicomanes, suite aux campagnes de prévention contre le VIH.

  • Entre 1990 et 2004, l’incidence globale a diminué de 75% et de 94% chez les enfants et adolescents, en lien avec l’augmentation de la couverture vaccinale.

  • En 2012, 2895 cas d’hépatite B ont été rapportés.

         

Actuellement, on estime entre 800 000 et 1.4 millions d’individus présentent une infection chronique au VHB avec 5 000 à 8 000 nouveaux cas par an. Le CDC dénombre également entre 3.000 à 4.000 décès par cirrhose et 1 000 à 1 500 décès par carcinome hépato-cellulaire suite à une hépatite B chronique chaque année. [5]

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Au Royaume-Uni  [6]

Les institutions estiment également que les vaccins recombinants contre l’hépatite B sont efficaces dans la prévention de l'infection chez l’enfant et la plupart des adultes, avec une immunité à long terme (20-30 ans voir plus) après 3 doses chez les individus en bonne santé. La vaccination à la naissance des nourrissons de mères porteuses du VHB permet de prévenir à 90% le risque d’infection chronique.

            

D’un point de vue épidémiologique

Le vaccin a été introduit au début des années 1980, recommandé uniquement chez les individus à risque. Le Royaume-Uni fait partie des pays avec un taux faible de VHB.

  • Entre 1984 et 1992, le taux d’hépatite B aiguë a chuté de 2000 cas rapportés à 531 cas rapportés, principalement dû à une diminution des cas chez les toxicomanes, ainsi que les autres groupes à risque. Cette baisse semble davantage liée à la baisse des comportements à risque en lien avec la prévention du VIH.

  • Depuis 2009, une meilleure couverture vaccinale des groupes à risque a permis de réduire l’incidence qui stagne à 500-600 cas/an, alors que les groupes à risque ont changé (hétérosexuels à partenaires multiples et homosexuels HSH).

 

Hepatite B UK

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/// DONNEES DES INSTITUTIONS MONDIALES

Selon les données de l’OMS et le dernier relevé épidémiologique de 2017

Concernant l’efficacité des vaccins : [7]

  • Une série de 3 doses de primovaccination induit une séroconversion protectrice chez plus de 95% des nourrissons, enfants et jeunes adultes en bonne santé. L’âge > 40 ans, l’obésité, le tabagisme et les maladies chroniques peuvent entraîner des taux de réponse plus faibles.

  • Selon une méta-analyse d’essais cliniques, le taux de séroprotection se maintient à plus de 90% jusqu'à l’âge de 49 ans et à plus de 80% jusqu’à l'âge de 60 ans.

  • Selon une méta-analyse d’ECR, les nourrissons nés de mères infectées par le VHB ayant reçu la vaccination à la naissance ont 3.5 fois moins de risque d’être infectés par rapport aux non vaccinés (RR= 0.28  [IC95%: 0.20-0.40]).

  • Les programmes de vaccination sont très efficaces, comme en témoigne l’expérience à Taïwan dans les décennies suivant l’introduction du vaccin : baisse de 60.1% de CHC, de 76.3% de la mortalité par insuffisance hépatique fulminante et 92.0% de la mortalité due aux hépatites chroniques.

  • La vaccination est efficace pour prévenir l’infection à VHB et l’hépatite B chronique chez les professionnels de santé.

  • La durée de protection vaccinale est longue : environ 90% des individus vaccinés demeurent protégés pendant au moins 30 ans, indépendamment du taux d’anticorps mesurable (résultats basés sur une étude en Alaska). Une dose de rappel n’est actuellement pas justifiée selon les données des revues. D’autres études sont nécessaires dans d’autres populations.

 

D’un point de vue épidémiologique

La vaccination systématique, introduite entre les années 1980 et 2000 selon les pays, a permis de progresser dans la lutte contre l’hépatite B :

  • Entre la date d’introduction des vaccins et l’année 2015, la proportion d’enfants de < 5 ans atteints d’une infection à VHB chronique a chuté de 4.7% à 1.3%.

  • Selon les modèles mathématiques : 14.2 millions de cas d’infection à VHB ont pu être évités dans le monde chez les < 5 ans entre l’introduction des vaccins et l’année 2013.

  • La prévalence de l’infection chronique est passée de plus de 8% avant vaccination à moins de 1% en 2014 chez les enfants de la plupart des pays de la région du pacifique occidental.

            

Ainsi en 2015, l’OMS dénombre encore 257 millions d’individus souffrant d’une infection chronique au VHB (soit une prévalence de 3.5%), touchant principalement les régions africaine et pacifique occidental. L’infection a provoqué le décès de 887 220 individus : 337 454 par CHC, 462 690 par cirrhose et 87 076 par hépatite aiguë. [7]

En 2016, le taux de couverture vaccinale a atteint 84% chez le nourrisson, mais seulement 39% à la naissance pour les nourrissons de mères atteintes du VHB. [8]

En 2016, la stratégie mondiale du secteur de la santé contre l’hépatite virale a fixé des cibles pour 2020 et 2030 :[7]

  • Pour 2020 : réduire de 30% le nombre de nouveaux cas d’infection chronique soit obtenir une prévalence de 1% de l’AgHBs chez les enfants de 5 ans

  • Pour 2030 : atteindre une prévalence de 0.1% chez les enfants de 5 ans.

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Sources

  1. GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_hepatite_B.pdf [Internet]. [cité 15 oct 2018]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/pdf/GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_hepatite_B.pdf

  2. Hépatite B / Hépatites virales / Maladies infectieuses / Dossiers thématiques / Accueil [Internet]. [cité 15 oct 2018]. Disponible sur: http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Hepatites-virales/Hepatite-B

  3. Hépatite B [Internet]. [cité 16 oct 2018]. Disponible sur: https://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/Hepatite-B

  4. Hépatites virales [Internet]. Institut Pasteur. 2015 [cité 16 oct 2018]. Disponible sur: https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/hepatites-virales

  5. Pinkbook | Hepatitis B | Epidemiology of Vaccine Preventable Diseases | CDC [Internet]. 2018 [cité 16 oct 2018]. Disponible sur: https://www.cdc.gov/vaccines/pubs/pinkbook/hepb.html

  6. Greenbook_chapter__18.pdf [Internet]. [cité 16 oct 2018]. Disponible sur: https://assets.publishing.service.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/628602/Greenbook_chapter__18.pdf 

  7. WER9227.pdf [Internet]. [cité 16 oct 2018]. Disponible sur: http://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/255841/WER9227.pdf?sequence=1 

  8. Couverture vaccinale [Internet]. World Health Organization. [cité 16 oct 2018]. Disponible sur: http://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/immunization-coverage 

               

Données des revues systématiques

                

/// Données des revues systématiques

            

La méta-analyse de Whitford et al., publiée en 2018, a pour but d’évaluer l’impact à long terme de la vaccination des nourrissons sur la prévalence de l’infection au VHB. 26 études ont été incluses, la majorité (20 études) provenant de Taïwan et de Chine. Concernant la stratégie de vaccination universelle des nourrissons, les auteurs ont comparé la prévalence de l’infection entre les cohortes vaccinées et celles non-vaccinées au moins 15 auparavant. Les résultats sont les suivants : [1]

  • La prévalence relative de l’Antigène Hbs (considéré dans l’étude comme marqueur d’une infection chronique au VHB) est de 0.24 [IC95%: 0.16-0.35] chez les vaccinés par rapport aux non-vaccinés (21 études) ;

  • La prévalence relative des AC Anti-HbC (marqueur d’un contact ancien avec le VHB) est de 0.23 [IC95%: 0.17-0.32] chez les vaccinés par rapport aux non-vaccinés (13 études).

  • En limitant les analyses aux pays ayant une prévalence de l’AgHbs inférieure à 10%, la prévalence relative de l’AgHbs est de 0.34 [IC95%: 0.23-0.52] chez les vaccinés par rapport aux non-vaccinés.

Les auteurs concluent en une nette réduction de la prévalence de l’hépatite B chez les adolescents et adultes vaccinés dans l’enfance, quelque soit la prévalence initiale de l’infection, et que l’élimination de l’hépatite B est un objectif réalisable dans le futur.

               

La revue systématique de Alavian et al., publiée en 2010, évalue l’épidémiologie du VHB ainsi que l’impact des stratégies de vaccination contre le VHB dans différents pays : vaccination des sujets ayant des facteurs de risque d'infection au VHB (nourrisson de mère positive, professionnels de santé, les voyages et l'immigration), vaccination des toxicomanes, programmes de vaccination dont la vaccination universelle des nourrissons dans les pays cités par la revue : [3]

  • A Hawaï, l’introduction de la vaccination en 1992 et son obligation pour l’entrée scolaire en 1997 ont considérablement diminué l’incidence de l'hépatite B aiguë symptomatique chez l’enfant et l’adolescent, passant de 4.5 cas/100 000 en 1990 à 0.0 cas de 2002 à 2004. Les infections VHB chez l’enfant à Hawaï sont considérées comme quasi-éliminées.

  • L’Arabie Saoudite a mis en place la vaccination universelle des nourrissons en 1990 associée initialement à un rattrapage de masse des enfants à l’entrée à l’école. La prévalence de l’AgHbs a considérablement chuté chez les enfants, passant de 6.7% à 0.15%.

  • En Iran, la vaccination universelle des nouveaux-nés a été introduite en 1993. Entre 1991 et 1999, deux importantes études épidémiologiques ont constaté une diminution du taux de portage AgHbs de 1.5% à 0.8% uniquement chez les enfants entre 2 et 14 ans, mais pas le taux global tout âge confondu. la diminution s’est accélérée cette dernière décennie et l’Iran est passé dans les pays jugés à faible endémicité.

  • Selon une étude, la vaccination universelle contre l’hépatite est rentable dans les régions où l’incidence de l'hépatite B annuelle est d’au moins de 2 à 3 cas /100 000 habitants.

            

La revue systématique de Norris et al., publiée en 2009, évalue l’efficacité et la sécurité des vaccins anti-VHB dans les zones de faible endémicité et celles de forte endémicité. Elle s’intéresse à la fois à la vaccination universelle des nourrissons, la vaccination universelle des adolescents et de la vaccination ciblée des sujets à risque. Au total, 51 articles (revues systématiques, ECR ou études observationnelles) ont été inclus. En revanche, seuls 2 études observationnelles ont évalué la vaccination universelle dans les zones de faible endémicité. Les principaux résultats sont : [4]

    • Concernant la vaccination universelle des nourrissons dans les zones de faible endémicité (comparée au placebo ou à l'absence de vaccination)  :

      • peut réduire le risque d’hépatite B chez les enfants d’âge scolaire selon une étude de cohorte (2469 sujets) en comparant les données à celles d'une cohorte de 1989 ; preuves de très faible qualité.

      • Pas de données sur le portage chronique ni sur la mortalité.

    • Concernant la vaccination universelle des adolescents dans les zones de faible endémicité (comparée au placebo ou à l'absence de vaccination) :

      • Selon une étude de cohorte réalisée en Colombie-Britannique et au Canada (> 1.000 sujets), la vaccination de masse des pré-adolescents (mise en place en 1992) semble avoir réduit le risque d’hépatite B ; preuves de très faible qualité

      • Les auteurs n’ont pas de données sur le développement d’un portage chronique ni sur la mortalité.

    • Pour information, selon les conclusions des auteurs :

      • La vaccination sélective des personnes à haut risque dans les pays à faible endémicité pour l’hépatite B peut prévenir l’infection aiguë et le développement d’un portage chronique.

      • La vaccination universelle des nourrissons (vaccins recombinants ou dérivés du plasma) dans les pays à forte endémicité (>8% AgHbs) réduit le risque d’hépatite aiguë, de portage chronique et de complications de l’infection chronique. La vaccination universelle pourrait être plus efficace que la vaccination sélective des sujets à risque. 

Selon les auteurs, la vaccination universelle des nourrissons et des adolescents dans les zones de faible endémicité (<2% de prévalence d’AgHbs) peut réduire le risque d’infection à VHB (les données sont toutefois limitées et de faible qualité).

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La méta-analyse cochrane de Mathew et al., publiée en 2008, a cherché à évaluer les avantages et inconvénients de la vaccination contre l’hépatite B chez des individus n’ayant jamais été exposés au VHB ou dont le statut est inconnu. La population cible correspond aux enfants et adultes de la population générale à “faible risque” d’exposition au VHB, par exclusion des groupes à risque (professionnels de santé, toxicomanes, homosexuels, hémodialysés etc.)  et des nourrissons de mères porteuses de l’AgHBs. 12 ECR ont été inclus, tous sont jugés à haut risque de biais. Les principaux résultats concernant la vaccination anti-VHB (comparée à un placebo, l’absence de vaccination ou un autre vaccin) sont décrits ci-dessous :  [2]

  • La méta-analyse en intention de traiter, considérant les données manquantes (nombreuses) comme défavorables (c’est-à-dire comme des infections pour le VHB) ne retrouve pas de diminution significative du risque de développer l’infection :

    • Développement des AgHbs : RR = 0.96 [IC95%: 0.89 - 1.03] ; 4 essais ; 1230 participants

    • Développement des AC anti-Hbc : RR = 0.81 [IC95%: 0.61-1.07] ; 4 essais ; 1230 participants

  • En revanche, la méta-analyse des données disponibles a prouvé une diminution significative du risque d’infection avec :

    • Développement des AgHbs :  RR = 0.12 [IC95% : 0.03-0.44] ; 4 essais ; 576 participants

    • Développement des AC anti-Hbc : RR = 0.36 [IC95%: 0.17-0.76] ; 4 essais ; 576 participants

    • Ces résultats sont similaires à ceux de la méta-analyse en intention de traiter qui considère toutes les données manquantes comme une absence d’infection.

Les auteurs concluent que la vaccination contre l’hépatite B n’a pas d’efficacité claire sur le risque de développer une infection par le VHB chez les enfants et adultes ne présentant pas un risque élevé d’exposition à l’hépatite B. La qualité des ECR inclus étant faible, d’autres essais cliniques randomisés de meilleure qualité sont donc nécessaires.

             

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Sources

      Méta-analyses

  1. Whitford K, Liu B, Micallef J, Yin JK, Macartney K, Van Damme P, et al. Long-term impact of infant immunization on hepatitis B prevalence: a systematic review and meta-analysis. Bull World Health Organ. 1 juill 2018;96(7):484‑97. (Prisma ●●●●; Amstar ●●●)

  2. Mathew JL, Dib RE, Mathew PJ, Boxall EH, Brok J. Hepatitis B immunisation in persons not previously exposed to hepatitis B or with unknown exposure status. Cochrane Database of Systematic Reviews [Internet]. 2008 [cité 17 oct 2018];(3). (Prisma ●●●●; Amstar ●●●)

    Revues systématiques

  3. Alavian SM, Fallahian F, Lankarani KB. Implementing strategies for hepatitis B vaccination. Saudi J Kidney Dis Transpl. janv 2010;21(1):10‑22.  (Prisma ●○○○; Amstar ●○○)

  4. Norris S, Mohsen A. Hepatitis B (prevention). BMJ Clin Evid. 23 sept 2009;2009.  (Prisma ●●○○; Amstar ●○○)