Efficacité des vaccins contre les oreillons

                     

Efficacité des vaccins contre les oreillons

                     

Introduction

             

HISTORIQUE DE LA VACCINATION
VACCINS DISPONIBLES
IMMUNITÉ NATURELLE

             

/// Historique DE LA VACCINATION

                 

    Le tout premier vaccin a été mis au point en 1948. Il s’agissait d’un vaccin inactivé à partir du virus des oreillons isolé trois ans plus tôt. Celui-ci produisait une immunité de courte durée et son utilisation a été interrompue au milieu des années 1970.[5]

    En France, la vaccination généralisée contre les oreillons est recommandée dans le calendrier vaccinal sous la forme du vaccin triple ROR (Rougeole-Oreillons-Rubéole) depuis 1986. Les premiers vaccins contre les oreillons étaient issus de la souche Urabe.[1] En 1994, les vaccins trivalents utilisant la souche Urabe ont été substitués par ceux issus de la souche Jeryl Lynn. Cette décision fait suite à l’augmentation du nombre de méningites aseptiques postvaccinales, qui se sont avérées être beaucoup plus fréquentes avec la souche Urabe ( 1 cas/11.000 à 62.000 vaccinations contre 1 cas /million avec la souche Jeryl Lynn).[2]

    En 1996, une seconde dose de vaccin ROR a été introduite à l’âge de 11-13 ans. Ce rappel a progressivement été abaissé à l’âge de 3-6 ans en 1997 puis à l’âge de 16-18 mois en 2005, en se basant essentiellement sur les travaux de modélisation de lutte contre la Rougeole. 

    Le schéma vaccinal actuel répond avant tout au plan d’élimination de la rougeole et de la rubéole congénitale de l’OMS (2005) plutôt qu’à l’élimination des oreillons. Cependant, un niveau de couverture vaccinale important permettrait également d’éliminer la circulation de ce dernier. [2] Le ROR est actuellement utilisé en routine dans plus de 100 pays. [4]

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/// Vaccins DISPONIBLES

              

    Tous les vaccins actuels contre les oreillons sont des vaccins vivants atténués. Deux souches sont essentiellement utilisées dans le monde: la souche Jeryl Lynn (homologuée en 1967 aux Etats-Unis) et la souche Urabe (homologuée au Japon). D’autres souches sont également utilisées (souche Leningrad-3 en ex union soviétique, souche Leningrad-Zagreb en Croatie et en Inde, souche Rubini en Suisse et la Souche S79 en Chine). [6]

    Le vaccin contre les oreillons existe principalement sous forme combinée à la rougeole et la rubéole, mais une forme monovalente existe également bien qu’elle ne soit pas disponible en France. [2]

    En France, seuls deux vaccins sont actuellement disponibles. Il s’agit de vaccins sous forme combinée avec les valences rougeole et rubéole, tous deux issus de la souche Jeryl Lynn : MMR-VAXPRO et PRIORIX. [2] Les vaccins sont préparés sur des cultures de cellules d’embryon de poulet. [5]

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/// Immunité Naturelle

                

    Ce sont les anticorps dirigés contre l’Hémagglutinine-neuraminidase, une protéine de surface du virus responsable de sa virulence, qui permettent la neutralisation du virus. [6]

    L’infection naturelle confère une immunité prolongée et quasiment à vie en général. Cependant, des récidives d’oreillons ont déjà été signalées. [3][6] Par ailleurs, on ne sait pas si les rappels (dus à l’exposition au virus sauvage en circulation, principe du “booster naturel”) sont une condition nécessaire de l’immunité à vie contre cette maladie. [6]

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Sources 

  1. Oreillons / Maladies à prévention vaccinale / Maladies infectieuses / Dossiers thématiques / Accueil [Internet]. [cité 1 août 2018]. Disponible sur: http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Oreillons

  2. GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_les_oreillons.pdf [Internet]. [cité 2 août 2018]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/pdf/GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_les_oreillons.pdf

  3. hcspa20130711_casgroupesoreillonscoll.pdf. disponible sur : https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=364

  4. Green-Book-Chapter-23-v2_0.pdf [Internet]. [cité 15 août 2018]. Disponible sur: https://assets.publishing.service.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/147975/Green-Book-Chapter-23-v2_0.pdf

  5. Pinkbook | Mumps | Epidemiology of Vaccine Preventable Diseases | CDC [Internet]. 2018 [cité 15 août 2018]. Disponible sur: https://www.cdc.gov/vaccines/pubs/pinkbook/mumps.html

  6. wer8207.pdf [Internet]. [cité 15 août 2018]. Disponible sur: http://www.who.int/wer/2007/wer8207.pdf?ua=1

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Données épidémiologiques des institutions

               

EPIDEMIOLOGIE EN FRANCE
DONNEES EPIDEMIOLOGIQUES DES INSTITUTIONS ETRANGERES
DONNEES EPIDEMIOLOGIQUES DES INSTITUTIONS MONDIALES

             

/// EPIDEMIOLOGIE En France

               

D’un point de vue épidémiologique, les oreillons sont suivis par le réseau Sentinelles depuis 1985 et les complications neuro-méningées ont été suivies par le réseau Epivir de 1983 à 1992.[2] Avant introduction de la vaccination en 1986, on évaluait à plusieurs centaines de milliers le nombre de cas annuels d’oreillons. Il s’agissait de la 1ère cause de méningite virale.  L’incidence a chuté de 859 cas pour 100.000 habitants en 1986 à 9 cas pour 100.000 habitants en 2011, soit 100 fois moins.[1][5]

 

Evolution oreillons

             

L’efficacité du vaccin après 2 doses est d’environ 95% (90 à 97%). [5]

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Cependant, il existe quelques réserves.

1/ La réponse immunologique après vaccination n’est pas assez rapide pour prévenir la maladie après exposition. [4][7]

2/ La protection vaccinale diminue avec le temps (même après deux doses).  

  • Le HCSP précise que l’efficacité 10 ans après l'administration de la 2e dose est de 85%. Les personnes vaccinées à deux doses conservent un risque de complications significativement diminué. [4]

  • Les données issues de l'épidémie de 2013 indiquent que le risque de contracter les oreillons augmente de 10% pour chaque année suivant la 2e dose vaccinale : OR = 1,10 [IC95%: 1,02 à 1,19]. [6]

  • Une étude de séroprévalence réalisée en France en 2009-2010 montre que parmi les sujets âgés de 10 à 29 ans, l'immunité conférée par le vaccination est plus faible pour la valence ourlienne que pour la rougeole et la rubéole (à couverture vaccinale pourtant identique) : 14% n'avaient pas d'anticorps à un taux jugé protecteur contre 9% pour rougeole-rubéole. [4]

  • En 2013, plusieurs petits foyers épidémiques ont été signalés dans des communautés de jeunes adultes (internat, universités etc.). Comme la plupart des autres foyers épidémiques, la proportion de sujets ayant reçu deux doses de vaccins se situait entre 60 et 80% (voir la page “Épidémies récentes d’oreillon”). [1][4]

  • La baisse d'efficacité vaccinale avec le temps et l'éclosion de foyers épidémiques dans des communautés sous-vaccinées (touchant également les individus vaccinés) expliquent que l’efficacité clinique des vaccins évaluée lors des épidémies d’oreillons est inférieure à leur très bonne efficacité sérologique.

            

La vaccination contre les oreillons expose donc à une problématique semblable à celle de la rubéole : une couverture vaccinale insuffisante, une diminution d’efficacité des vaccins avec le temps et une exposition plus faible dans l’enfance (par diminution de la circulation du virus) expose à des cas chez l’adolescent et le jeune adulte. Ainsi, l’épidémiologie s’est modifiée depuis la vaccination et la majorité des cas surviennent entre 15 et 24 ans.[4][5] Or il s’agit de la population la plus symptomatique et la plus à risque de complications (pancréatite, encéphalite…) et notamment d’orchite ou d’ovarite pouvant altérer la fertilité (bien que cela reste très rare). [2][3]

De même, le statut vaccinal des cas s'est modifié : en 2006, 98% des cas n'étaient pas vaccinés alors qu'en 2011, 69% des cas étaient vaccinés.[4] Outre le fait que les cas notifiés étaient de diagnostic clinique seul pour la plupart (or la plupart des parotidites ne sont pas forcément ourliennes) [4], cela peut s'expliquer également par la nette augmentation du nombre de jeunes adultes vaccinés entre 2006 et 2011 (la vaccination ayant été introduite en 1986). Cf. la page épidémiologie vaccinale

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/// DONNEES EPIDEMIOLOGIQUES DES INSTITUTIONS EtrangerES

Evoultion oreillons USA depuis 1970

                     

Aux Etats-Unis

L’efficacité de la vaccination contre les oreillons a été bien démontrée aux États-Unis : depuis l’ère pré-vaccinale, les cas d’oreillons ont diminué de plus de 99% aux Etats-Unis. Ils font l’objet d’une déclaration nationale depuis 1968. [8] Ainsi, suite à l'introduction de la vaccination en 1967, l’incidence s’est effondrée de 130 cas / 100 000 habitants (environ 212 000 déclarés en 1964) à 1.55 cas / 100 000 en 1983 (environ 3 000 cas). [2][9]

          

Une résurgence de cas est apparue en 1986 et 1987 (environ 13 000 cas signalés) principalement chez les enfants non vaccinés.

En 1989, les Etats-unis ont introduit un schéma à deux doses dans leur calendrier vaccinal pour lutter contre la rougeole. Cela leur a permis d’annoncer en 2000 la fin de la transmission endémique de la maladie (229 cas en  2012). [7]

           

Cependant, des épidémies persistent occasionnellement comme en 2006 (plus de 6 584 cas), en 2009 (plus de 3 000 cas) et en 2016 dont la plupart survenus dans des campus universitaires, communautés proches ou religieuses, ou encore dans des prisons. Elles se propagent davantage dans les zones avec un faible taux de couverture vaccinale mais peuvent se propager également chez les personnes vaccinées suite à un contact étroit. [8]

 

         

Selon le CDC :

  • Une dose unique entraîne une séroconversion chez 94% (entre 89 et 97%) des sujets receveurs ; [9]

  • Une dose du vaccin est efficace à 78% [49% à 92%] et deux doses efficaces à 88% [IC95%: 66-95%] pour prévenir les oreillons d'après les études post-AMM. [9]

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Au Royaume-Uni  [7]

Avant l'introduction de la vaccination en 1988, les oreillons étaient responsables de 1200 hospitalisations chaque année et la cause la plus fréquente de méningite virale chez les enfants. Elle fait partie des maladies notifiables aux autorités depuis 1988. Dès 1989, le nombre de cas a considérablement chuté.

En 1996, une deuxième dose du vaccin ROR a été introduite après avoir jugé que l’efficacité d’une seule dose était insuffisante (entre 61 et 91% contre les oreillons).

En 1999 puis en 2004, le Royaume-Uni constate une augmentation importante de cas d’oreillons, la plupart survenant chez des adolescents ou adultes n’ayant pas bénéficiés des vaccins introduits en 1988 puis 1996. Le pic de survenue a eu lieu entre 2004 et 2006 avec plus de 70 000 cas signalés. Parmi tous les cas en 2004, environ 3.3% avaient reçu deux doses de vaccin ROR et 30.1% avaient reçu une dose. [12] Des épidémies similaires à celles françaises apparaissent notamment dans les universités.

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Au Canada

Selon le relevé des maladies transmissibles au Canada de 2007, rédigé par le NACI (National Advisory Committee on Immunization) [12] : le nombre de cas d’oreillons signalés est passé de 34 000 au début des années 1950 à moins de 300 cas par an au début des années 90 suite à l’approbation du vaccin contre les oreillons en 1969. L’incidence a de nouveau diminué suite à l’introduction d’une 2e dose de ROR en 1996-97 avec une incidence moyenne de 79 cas par an entre 2000 et 2006. Cependant, plusieurs épidémies ont également éclos touchant principalement des communautés sous-vaccinées ou des communautés de jeunes adultes (collèges, universités, etc.).

Selon le NACI, les essais cliniques contrôlés retrouvent une efficacité vaccinale de 95% pour une dose. Cependant, les études d'observation menées pendant les épidémies d'oreillons retrouvent une efficacité moindre, autour de 70 à 80% pour les schémas à une dose. Ces mêmes études montrent que deux doses sont nettement plus efficaces qu'une seule.

                    

En Europe

Selon Santé Publique France : en Europe, les pays ayant mis en œuvre un schéma vaccinal comportant deux doses et ayant atteint des niveaux élevés de couverture vaccinale (> 95 %) ont virtuellement éliminé la maladie. [2]

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/// DONNEES EPIDEMIOLOGIQUES des institutions mondiales

             

Selon les données de l'OMS [10]

D’un point de vue épidémiologique :

  • Dans la plupart des régions du monde, l’incidence annuelle des oreillons en l’absence de vaccination est comprise entre 100 et 1000 cas pour 100 000 habitants, avec des pics épidémiques tous les 2 à 5 ans.

  • Dans les pays où la vaccination à grande échelle contre les oreillons a été mise en œuvre, l’incidence de la maladie a chuté de façon spectaculaire : l’incidence baisse à < 1 cas / 100.000 habitants en 10 ans de vaccination.

  • Cependant, plusieurs pays (dont les Etats-Unis et Royaume-Uni ou plus récemment les pays du Moyen-orient) ont constaté des flambées 10 à 15 ans après l’introduction de la vaccination, touchant des classes d’âge plus élevées non ciblées lors de l’introduction du vaccin.

  • En 2016, 121 pays avaient introduit le vaccin anti-ourlien à l'échelle nationale [11]

          

Concernant l’efficacité vaccinale :

  • Le taux de séroconversion est bon, avec pour la plupart des souches vaccinales (sauf Rubini) un taux à court terme proche ou supérieur à 90% après une dose ;

  • En revanche, l’efficacité à long terme mise en évidence par les études lors des flambées épidémiques semble inférieure variant entre 60 et 90%.

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La position de l’OMS sur la vaccination anti-ourlienne :

  • L’OMS recommande la vaccination dans les pays pour lesquels la réduction de l’incidence des oreillons est une priorité de santé publique.

  • Elle prévient cependant qu’ “une couverture vaccinale infantile insuffisante contre les oreillons peut entraîner un glissement épidémiologique de l’incidence de cette maladie vers des classes d’âge plus élevées, susceptible de conduire à des taux de morbidité grave et de complications plus importants que ceux enregistrés avant l’introduction de la vaccination à grande échelle.”  Il est donc nécessaire de lutter efficacement contre la maladie avec une couverture vaccinale optimale.

  • Par ailleurs : “S’appuyant sur la mortalité et le poids de la maladie, l’OMS estime que la lutte contre la rougeole et la prévention du syndrome de rubéole congénitale constituent des priorités plus importantes que la lutte contre les oreillons”

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Sources  

  1. Oreillons / Maladies à prévention vaccinale / Maladies infectieuses / Dossiers thématiques / Accueil [Internet]. [cité 1 août 2018]. Disponible sur: http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Oreillons

  2. GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_les_oreillons.pdf [Internet]. [cité 2 août 2018]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/pdf/GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_les_oreillons.pdf

  3. Oreillons [Internet]. [cité 4 août 2018]. Disponible sur: http://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/Oreillons

  4. hcspa20130711_casgroupesoreillonscoll.pdf. disponible sur : https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=364

  5. Fiche_Oreillons.pdf. disponible sur : http://www.inrs.fr/publications/bdd/eficatt.html

  6. Waning immunity against mumps in vaccinated young adults, France 2013 [cité 3 août 2017]. Disponible sur: http://invs.santepubliquefrance.fr/en/pmb/invs/(id)/PMB_12883

  7. Green-Book-Chapter-23-v2_0.pdf [Internet]. [cité 15 août 2018]. Disponible sur: https://assets.publishing.service.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/147975/Green-Book-Chapter-23-v2_0.pdf

  8. Mumps | For Healthcare Providers | CDC [Internet]. 2018 [cité 15 août 2018]. Disponible sur: https://www.cdc.gov/mumps/hcp.html

  9. Pinkbook | Mumps | Epidemiology of Vaccine Preventable Diseases | CDC [Internet]. 2018 [cité 15 août 2018]. Disponible sur: https://www.cdc.gov/vaccines/pubs/pinkbook/mumps.html

  10. wer8207.pdf [Internet]. [cité 15 août 2018]. Disponible sur: http://www.who.int/wer/2007/wer8207.pdf?ua=1

  11. Couverture vaccinale [Internet]. World Health Organization. [cité 15 août 2018]. Disponible sur: http://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/immunization-coverage

  12. Canada PHA of, Canada PHA of. ARCHIVED - Statement on Mumps Vaccine [Internet]. gcnws. 2007 [cité 20 août 2018]. Disponible sur: https://www.canada.ca/en/public-health/services/reports-publications/canada-communicable-disease-report-ccdr/monthly-issue/2007-33/statement-on-mumps-vaccine.html

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Données des revues systématiques

            

/// Données des revues systématiques

               

La revue systématique Cochrane de Demicheli et al., publiée en 2012, évalue l’efficacité et les effets indésirables associés au vaccin ROR chez les enfants de moins de 15 ans. Les auteurs ont inclus 5 essais contrôlés randomisés (ECR), un essai clinique contrôlé, 27 études de cohorte, 17 études cas‐témoins, 5 essais de séries temporelles, un essai de cas croisés, 2 études écologiques, 6 études de séries de cas auto‐contrôlées soit un total d’environ 14 700 000 enfants. Les principaux résultats concernant les oreillons proviennent de 5 études de cohorte et 5 études cas-témoins : [1]

  • Une dose de ROR contenant la souche Jeryl-Lynn a une efficacité estimée entre 69% [IC95%:41-84] et 81% [IC95%: 58-91] contre les oreillons diagnostiqués cliniquement chez l’enfant et l’adolescent (1 étude de cohorte et une étude cas témoins, 1656 participants).

  • L’efficacité du ROR (souche Jeryl-Lynn) est de 64-66% pour une dose et 83-88% pour deux doses contre les oreillons confirmés au laboratoire chez l’enfant et l’adolescent (2 études cas témoins, 1664 participants).

  • La protection contre les cas secondaires (cas d'oreillons cliniques après un contage intra-familial) assurée par les vaccins ROR contenant la souche Jeryl-Lynn n’était pas statistiquement significatif selon une étude de cohorte. (EV 61.6% [IC95%: -0.9 à 85.4].

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La revue systématique de Peltola et al., publiée en 2008, étudie l’impact du programme national de vaccination contre la Rougeole, les Oreillons et la Rubéole à partir de l’ensemble des données disponibles en Finlande. Les principaux points concernant l’efficacité vaccinale contre les oreillons sont : [2]

  • Dans les années 1970 avant l’introduction du programme de vaccination ROR en deux doses (initié en 1982), l’incidence annuelle des oreillons était de 240 cas pour 100 000 habitants. En 1997, les oreillons ont été éliminés de Finlande.

  • Entre 1997 et 2008, la Finlande a relevé 32 cas d’oreillons. La plupart des cas provient de l’importation depuis des pays étrangers et concerne des individus non vaccinés. Cependant, 7 cas correspondaient à des échecs vaccinaux (dont 4 avaient reçu deux doses).

  • L’efficacité sérologique est de 86% après une dose.

  • Cependant, les taux d’anticorps diminuent au cours des années. La longévité est d’ailleurs plus faible que pour la rougeole et la rubéole : 21 ans après la vaccination, 24% des vaccinés ne présentaient aucun anticorps anti-ourlien mesurable selon une étude.

Ainsi, en se basant sur les données des anciennes épidémies en Finlande et en tenant compte de la population actuelle de 5.4 millions d’habitants, les auteurs estiment éviter par la vaccination environ 23 000 cas, 450 méningites, 64 encéphalites, 30 à 60 déficiences auditives et 752 orchites bilatérales.

                  

La revue systématique de Hviid et al., publiée en 2008, étudie la pathologie des oreillons, ses complications, son diagnostic ainsi que l’efficacité vaccinale. Les principales informations tirées de la revue sont : [3]

  • L'efficacité sérologique est d’environ 80% après une dose.

  • L’efficacité théorique du vaccin monovalent (utilisant la souche Jeryl Lynn) évaluée avant son autorisation de mise sur le marché était supérieure à 95%. Cependant, l’efficacité clinique constatée lors des épidémies est de 77% (variant de 61 à 91%).

  • La durée de persistance des anticorps protecteurs est mal documentée. Une étude comparative retrouve un taux de séronégativité de 19% quatre ans après la vaccination avec la souche Jeryl-Lynn (utilisée en France).

  • La vaccination systématique s’est révélée très efficace pour réduire l’incidence des oreillons : diminution de 99% aux Etats-unis entre 1968 et 1993, éradication des oreillons en Finlande en 1998, réduction de 88 à 98% des cas dans les pays utilisant une dose unique. Cependant, des épidémies persistent même dans les populations vaccinées, comme :

    • au Royaume-Uni en 2005 : elle concernait principalement de jeunes adultes en communauté (universités) trop âgés pour avoir été vaccinés dans l’enfance mais trop jeunes pour avoir été exposés à une infection naturelle.

    • ou aux Etats-unis en 2006 : la plupart concernait des jeunes adultes (18-24 ans) en communauté mais pourtant souvent vaccinés.

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La revue systématique de Elliman et al., publiée en 2007, a pour but d’évaluer l’efficacité des vaccins monovalents et du vaccin trivalent ROR sur la rougeole, les oreillons et la rubéole. 102 revues systématiques, essais cliniques randomisés et études observationnelles ont été inclus. Concernant le vaccin contre les oreillons, 2 ECR et plusieurs études observationnelles ont été inclus. Le vaccin ROR ou monovalent, comparé au placebo ou l’absence de vaccination, est associé à une réduction significative du risque d’oreillons : [4]

  • 2 ECR réalisés aux Etats-Unis (en 1965 et 1966) ont évalué l’efficacité du vaccin monovalent (Jeryl-Lynn) contre les oreillons versus placebo. Le premier met en évidence une efficacité de 96% pour un suivi de 3924 enfants au total pendant 5 mois. Le second a suivi un total de 867 enfants de 5 à 9 mois et retrouve une efficacité vaccinale globale d’au moins 95%.

  • Les études de surveillance de la population des différents pays mettent en évidence une chute des incidences de la maladie après instauration de la vaccination.

  • Les études d’analyse lors des épidémies retrouvent une efficacité moins importante : 74% [IC95%: 5-84%] en 1986 dans l’état du Tennessee, 69% [IC95%: 41-84%] au Royaume-Uni en 1998-1999.

La vaccination ROR est considérée efficace dans la prévention de la rougeole, des oreillons et de la rubéole bien que peu d’études contrôlées contre placebo n’aient pu être effectuées et seraient actuellement considérées comme non éthiques.

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Sources 

  1. Demicheli V, Rivetti A, Debalini MG, Pietrantonj CD. Vaccines for measles, mumps and rubella in children. Cochrane Database of Systematic Reviews [Internet]. 2012 [cité 23 sept 2018];(2). (Prisma ●●●○; Amstar ●●●)

  2. Peltola H, Jokinen S, Paunio M, Hovi T, Davidkin I. Measles, mumps, and rubella in Finland: 25 years of a nationwide elimination programme. Lancet Infect Dis. déc 2008;8(12):796‑803. (Prisma ●○○○; Amstar ●○○)

  3. Hviid A, Rubin S, Mühlemann K. Mumps. Lancet. 15 mars 2008;371(9616):932‑44. (Prisma ●○○○; Amstar ●○○)

  4. Elliman D, Sengupta N, El Bashir H, Bedford H. Measles, mumps, and rubella: prevention. BMJ Clin Evid [Internet]. 21 déc 2009 [cité 20 août 2018];2009. Disponible sur: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2907817/ (Prisma ●○○○; Amstar ●○○)

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