Efficacité des vaccins anti Haemophilus influenzae de type B

            

Efficacité des vaccins anti Haemophilus influenzae de type B

            

Introduction

               

INTRODUCTION
HISTORIQUE DE LA VACCINATION
LES VACCINS
IMMUNITÉ NATURELLE

               

/// Introduction

               

L’haemophilus influenzae de type b (Hib) provoque des infections fréquentes et graves chez les enfants de moins de 5 ans, notamment des infections dites invasives : méningites purulentes, épiglottites, bactériémies, cellulites, arthrites, pneumopathies et ethmoïdites. Le sérotype b, parmi les 6 existants, était le plus fréquent avant la vaccination, responsable de 95% des infections invasives. [5][7] (voir la fiche maladie) Ce caractère invasif provient de sa capsule et notamment de son constituant polyosidique (le PRP : polyribosyl-ribitol-phosphate). A contrario, les germes non encapsulés sont eux responsables d’otites, conjonctivites, sinusites et de surinfections bronchiques moins graves. [1][3][7]

               

Les vaccins contre l'haemophilus ont été développés dans l’objectif de prévenir les formes invasives et tout particulièrement les infections méningées chez le nourrisson liées au sérotype b (le plus fréquent). Pour cela, c’est le constituant polyosidique de la capsule (PRP) qui a servi d’antigène pour le développement des vaccins. Les vaccins n’ont donc pas pour objectif d‘avoir un impact sur les otites ni sur les infections à Haemophilus d’un autre sérotype. [1]

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/// Historique DE LA VACCINATION

             

Le premier vaccin était un vaccin polysaccharidique pur (constitué uniquement du PRP), mis au point en 1974. Il a été homologué aux Etats-unis en 1985 et utilisé jusqu'à 1988. Cependant, le vaccin n’était pas efficace chez les moins de 18 mois (population la plus à risque), il avait une efficacité très variable chez les enfants plus âgés et il ne procurait pas d’effet de rappel quel que soit l’âge. [1][5][6]

D’autres vaccins ont donc été nécessaires par la suite. Ceux-ci ont été développés en conjuguant le vaccin PRP à des protéines porteuses permettant d’obtenir une réponse T-dépendante : cela génère un meilleur pouvoir immunogène, une immunité de plus longue durée et une mémoire immunologique dès les premiers mois de vie. [1][7]

C’est en Finlande, en 1987, que l’essai princeps d’efficacité des premiers vaccins conjugués a été réalisé. Il concernait le vaccin PRP-D (conjugué à l’anatoxine diphtérique). L’essai a mis en évidence une diminution des infections invasives chez les vaccinés, et la Finlande n’a plus observé de cas de méningite à Hib dès fin 1991.[1]

En France, c’est le vaccin PRP-T (conjugué à l’anatoxine Tétanique) qui a été instauré en 1992. Son association avec le vaccin DTPCa a permis d’obtenir rapidement une couverture vaccinale très élevée.

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/// Les vaccins

                 

Tous les vaccins actuellement autorisés dans le monde sont des vaccins conjugués

En France, seuls les vaccins conjugués à l’anatoxine tétanique sont utilisés (PRP-T). Ils se présentent : [1][2][3]

  • soit sous forme isolée (vaccin monovalent) ;

  • ou associée dans les vaccins pentavalents acellulaires et dans les vaccins hexavalents acellulaires.

               

D’autres vaccins conjugués existent à travers le monde et peuvent être associés à d’autres protéines que l’anatoxine tétanique comme : [2][7]

  • le PRP-D (conjugué à l’anatoxine diphtérique) : moins immunogène chez les < 18 mois et a finalement été retiré du marché.

  • le PRP-OMB (conjugué à un complexe protéique de la membrane du méningocoque B) notamment disponible aux Etats -Unis. [4]

  • le PRP-HbOC, appelé également PRP-OC ou PRP-CRM (conjugué à une toxine diphtérique mutante non toxique CRM197).

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/// Immunité naturelle

            

Ce sont les anticorps dirigés contre la capsule, et notamment contre le PRP, qui sont associés à une protection contre la maladie. [7] Le PRP, comme les autres polysaccharides bactériens, induit une réponse en anticorps T-indépendante.

Chez certains nourrissons, iI existe une protection passive qui est assurée par des anticorps IgG maternels acquis par voie transplacentaire et par l’allaitement maternel au cours des six premiers mois. L’incidence des maladies à Hib est donc relativement faible les deux premiers mois de vie. Cela explique également qu’avant l’ère vaccinale, le pic d’infection survenait entre 6 et 11 mois. [5][7]

Les enfants, avant l’âge de 18 mois, sont incapables de générer des réponses robustes à des antigènes polysaccharidiques purs. Il existe donc une période, entre 4 et 18 mois, où le nourrisson est hautement vulnérable et où la morbi-mortalité est la plus forte. [7]

A partir de 2 ans, les enfants en bonne santé sont capables de construire une immunité naturelle. Avant la vaccination, la plupart des enfants avaient acquis cette immunité vers l’âge de 5 à 6 ans suite à des infections asymptomatiques à Hib ou par exposition à des organismes partageant des structures antigéniques communes avec la capsule de l’Hib. C’est pourquoi la maladie devenait plus rare après 60 mois. [5]

 (Voir la page sur "Les capacités du système immunitaire du nourrisson")          

 

 Haemophilus incidence avant vaccination

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Sources 

  1. GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_les_infections_invasives_Haemophilus_influenzae_de_type_b.pdf [Internet]. [cité 17 juill 2018]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/pdf/GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_les_infections_invasives_Haemophilus_influenzae_de_type_b.pdf

  2. Vaccins - MesVaccins.net [Internet]. [cité 17 juill 2018]. Disponible sur: https://www.mesvaccins.net/web/vaccines?utf8=%E2%9C%93&name_or_disease=disease&search-by-name=&search-by-disease=5&search-by-age=&age_unit=ans&commit=Chercher

  3. Méningites à Haemophilus influenzae de type b [Internet]. [cité 21 juill 2018]. Disponible sur: http://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/Meningites-a-Haemophilus-influenzae-de-type-b

  4. À propos du vaccin anti-Hib | Haemophilus Influenzae Type b Vaccin | CDC [Internet]. 2018 [cité 21 juill 2018]. Disponible sur: https://www.cdc.gov/vaccines/vpd/hib/hcp/about-vaccine.html

  5. Pinkbook | Hib | Epidemiology of Vaccine Preventable Diseases | CDC [Internet]. 2018 [cité 21 juill 2018]. Disponible sur: https://www.cdc.gov/vaccines/pubs/pinkbook/hib.html

  6. Green-Book-Chapter-16.pdf [Internet]. [cité 21 juill 2018]. Disponible sur: https://assets.publishing.service.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/147953/Green-Book-Chapter-16.pdf

  7. wer8839.pdf [Internet]. [cité 22 juill 2018]. Disponible sur: http://www.who.int/wer/2013/wer8839.pdf?ua=1

               

Avis des institutions

                

DONNEES EPIDEMIOLOGIQUES FRANCAISES
DONNEES EPIDEMIOLOGIQUES DES INSTITUTIONS ETRANGERES
DONNEES EPIDEMIOLOGIQUES MONDIALES

               

/// DONNéES éPIDéMIOLOGIQUES Francaises

              

Selon Santé Publique France, à travers son guide de la vaccination de 2012 et le site vaccination info-service :[1][2][3] Le vaccin est très efficace avec une protection proche de 100%.

D’un point de vue épidémiologique, les infections invasives à Hib ont diminué suite à l’introduction de la vaccination :            

En France, si l’on compare les incidences avant et après la vaccination instaurée en 1992, on constate un véritable impact du vaccin, plus particulièrement chez les classes d’âges les plus jeunes et sur les méningites :

Mningite haemophilus

  • Chez les enfants de moins de 5 ans : ( cf figure)

    • L’incidence des infections invasives était de 18 cas pour 100.000 (soit environ 700 cas par an). Elle a été divisée par deux entre 1991 et 2009.

    • L’incidence des méningites était de 11 cas pour 100.000 enfants (soit environ 500 cas par an) , et a été divisée par 10 entre 1991 et 2009 (diminution de 96%). L’efficacité a été maximale chez les nourrissons :

      • Chez les moins de 1 an : l’incidence est passée de 25 cas à 0.6 cas/100 000

      • Entre 1 et 2 ans, elle a diminué de 14.3 cas à 0.2 cas/100 000

      • Entre 3 et 4 ans, elle a diminué de 2 à 0.2 cas/100 000

      • Entre 1999 et 2015, le centre national de référence des Haemophilus a identifié 39 cas de méningite à Hib chez des enfants < 5 ans : aucun cas de méningite à Hib n’a été identifié chez les enfants ayant reçu la série vaccinale complète. [2]

            

  • Tout âge confondu, l’incidence des infections invasives à Hib (II Hib) a diminué de 1,8 à 0,8/100 000 de 1991 à 1995, puis s’est stabilisée de 1995 à 2008. Cette diminution des II Hib tout âge confondu était principalement due à la diminution des méningites à Hib chez l'enfant < 5 ans suite à la vaccination (de 0.8 à 0.1/100 000). En 2016, l'incidence des II Hib tout âge confondu a légèrement réaugmenté à 1.2/100 000, tandis que l'incidence des méningites à Hib est restée stable à 0.1/100 000.[1][10]  (cf figures ci-dessous).
    Pour rappel, 80% des méningites à Hib surviennent entre 3 et 18 mois, tandis que plus de 50% des infections invasives surviennent chez le sujet agé > 65 ans (d'où le faible impact de la vaccination sur le nombre total d'II Hib et des bactériémies à Hib). (voir la page sur "Les infections invasives à Hib")

         

haemophilus graphique guide vaccination

Haemophilus rseau Epibac 2000 2016

             

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/// données épidémiologiques des institutions étrangères

            

Aux Etats-Unis

Selon le CDC (Centers for disease Control and Prevention) : [4][5]

Les vaccins conjugués Hib sont très immunogènes : plus de 95 % des nourrissons développent des taux d’anticorps protecteurs après la primo-vaccination (série de 2 ou 3 doses). Cependant, bien que les vaccins fournissent une immunité durable, les experts ne connaissent pas la durée exacte de l’immunité induite.

            
Les vaccins sont efficaces : une infection invasive à Hib (dont les méningites) chez un enfant ayant reçu l’ensemble des doses recommandées est rare. Entre 2010 et 2011, parmi les cas d'II à Hib chez les enfants < 5ans, 1/3 était trop jeune pour avoir la série de primovaccination (âge < 6 mois) et pour les 2/3 restants, seuls 36% avaient un schéma complet. Des études ont montré une efficacité clinique contre les infections invasives estimée entre 93 et 100 %. [5][6] 

Haemophilus USA

            

D’un point de vue épidémiologique aux Etats-Unis :

  • Avant la vaccination (début des années 1980), l’infection à Hib était une cause majeure de méningite chez les enfants de moins de 5 ans : chaque année, environ 20.000 jeunes enfants développaient une infection invasive et 1.000 en décédaient. [6]

  • L'incidence de la maladie invasive à Hib a commencé à décliner de façon spectaculaire à la fin des années 1980 coïncidant avec l'homologation des vaccins conjugués contre le Hib. Celle-ci a diminué de plus de 99%.

  • Actuellement, moins de 50 cas d’infection à Hib ont lieu chaque année : la plupart concernent des enfants non vaccinés ou ayant eu un schéma vaccinal incomplet.

             

 

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Au Royaume-Uni [7]

D’un point de vue épidémiologique :

Haemophilus gov UK

  • Avant l’ère vaccinale, l’incidence annuelle des infections invasives à hib était estimée à environ 34 pour 100 000 enfants de moins de 5 ans. Le pic survenait à l’âge de 10-11 mois, et la maladie devenait rare après 4 ans.

  • L’incidence des infections invasives a considérablement chuté suite à l’introduction de la vaccination en 1992 : elle est passée de 20.5 cas pour 100 000 en 1991 à 0.65 cas pour 100 000 enfants < 5 ans en 1998. Le nombre de méningite a également chuté sur la même période, passant de 485 cas à 29 cas.

  • Cependant, une augmentation des cas a été constatée à partir de 1999. Plusieurs facteurs peuvent l'expliquer, notamment le fait que le vaccin ait été inclus dans une forme combinée DTCa/Hib moins efficace. En 2003, une campagne de rappel a été organisée et a permis de diminuer à nouveau l’incidence des infections.

            

L’efficacité du vaccin conjugué a été démontrée à travers de vastes essais en Finlande, aux Etats-Unis et au Royaume-uni avec une efficacité estimée entre 83 et 100%. L’immunogénicité du vaccin, selon les études, est comprise entre 90 et 99% après 3 doses.

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/// données épidémiologiques MONDIALES

               

Selon l’OMS, à travers le relevé épidémiologique de 2013 [8][9], les vaccins anti-Hib conjugués utilisés depuis le début des années 1990 sont considérés comme une intervention sanitaire hautement efficace. La vaccination reste le seul moyen efficace pour prévenir les maladies à Hib et prend une importance croissante avec le développement de la résistance de cette bactérie aux antibiotiques.

D’un point de vue épidémiologique :

  • En 2000, avant l’introduction à grande échelle de la vaccination dans les pays en développement, Hib était responsable d’au moins 8.13 millions de cas de maladies graves chez les enfants de moins de 5 ans, dont 371.000 décès  [247.000 à 527.000].

  • En 2008, 136 états membres de l’OMS ont introduit la vaccination et le nombre de décès imputable au Hib était estimé entre 136.000 et 281.000 chez les enfants < 5ans.

  • En 2013, 184 pays (soit 81% des enfants nés en 2012) ont inclus un vaccin anti-Hib conjugué dans leur programme de vaccination. Le vaccin a engendré une diminution de plus de 90% des infections invasives à Hib, indépendamment du niveau de développement et de la situation économique des pays.

Des essais contrôlés randomisés (ECR) et des études d’observation ont démontré que les vaccins protègent efficacement contre les méningites, les pneumonies et d’autres formes invasives à Hib.

Concernant la durée de protection : il existe certaines preuves d’une diminution avec le temps du pourcentage d’individus présentant des titres d’anticorps à dose protectrice. Mais les éléments suggérant que cette baisse soit associée à une progression de la maladie clinique sont limités.

La colonisation nasopharyngée par la bactérie Hib a aussi grandement régressé dans les populations où l’on atteint une forte couverture par la vaccination, grâce à l’immunité collective conférée par l’utilisation des vaccins anti-Hib conjugués.

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Sources

  1. GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_les_infections_invasives_Haemophilus_influenzae_de_type_b.pdf [Internet]. [cité 17 juill 2018]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/pdf/GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_les_infections_invasives_Haemophilus_influenzae_de_type_b.pdf

  2. Dossier-Pedagogique-Obligation-vaccinale070717.pdf [Internet]. [cité 17 juill 2018]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/pdf/Dossier-Pedagogique-Obligation-vaccinale070717.pdf

  3. Méningites à Haemophilus influenzae de type b [Internet]. [cité 21 juill 2018]. Disponible sur: http://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/Meningites-a-Haemophilus-influenzae-de-type-b

  4. À propos du vaccin anti-Hib | Haemophilus Influenzae Type b Vaccin | CDC [Internet]. 2018 [cité 21 juill 2018]. Disponible sur: https://www.cdc.gov/vaccines/vpd/hib/hcp/about-vaccine.html

  5. À propos du vaccin contre le Hib | Haemophilus influenzae type b | CDC [Internet]. 2018 [cité 21 juill 2018]. Disponible sur: https://www.cdc.gov/vaccines/vpd/hib/public/index.html

  6. Pinkbook | Hib | Epidemiology of Vaccine Preventable Diseases | CDC [Internet]. 2018 [cité 21 juill 2018]. Disponible sur: https://www.cdc.gov/vaccines/pubs/pinkbook/hib.html

  7. Green-Book-Chapter-16.pdf [Internet]. [cité 21 juill 2018]. Disponible sur: https://assets.publishing.service.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/147953/Green-Book-Chapter-16.pdf

  8. wer8839.pdf [Internet]. [cité 22 juill 2018]. Disponible sur: http://www.who.int/wer/2013/wer8839.pdf?ua=1

  9. PP_hib_july2013_summary_presentation.pdf [Internet]. [cité 22 juill 2018]. Disponible sur: http://www.who.int/immunization/position_papers/PP_hib_july2013_summary_presentation.pdf?ua=1

  10. Bulletin du réseau de surveillance des infections invasives bactériennes / Infections invasives d’origine bactérienne - Réseau EPIBAC / Maladies à prévention vaccinale / Maladies infectieuses / Dossiers thématiques / Accueil [Internet]. [cité 19 oct 2018]. Disponible sur: http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Infections-invasives-d-origine-bacterienne-Reseau-EPIBAC/Bulletin-du-reseau-de-surveillance-des-infections-invasives-bacteriennes

              

Données des revues systématiques

              

Les résultats présentés ci-dessous concernent le vaccin PRP-T (seul vaccin conjugué actuellement utilisé en France). Les études d'efficacité ne traitant que des autres vaccins (PRP-D, PRP-OMB etc.) sans traiter du PRP-T ont été exclues de la revue de littérature.

                  

La méta-analyse de Jackson et al., publiée en 2015, évalue l’efficacité des vaccins conjugués Hib selon différents schémas vaccinaux, à partir des études observationnelles exclusivement. Les auteurs ont inclus au total 20 études cas-témoins, 6 études de cohorte et 4 autres études dites “de screening”. Les vaccins PRP-D n’ont pas été inclus par les auteurs (car non utilisés) et les PRP-OMC non décrits ici (car non disponibles en France). Les méta-analyses des études cas-témoins (vaccinées VS non vaccinées) effectuées retrouvent : [1]

  • Suite à l’administration de 3 doses :

    • Efficacité de 97% [IC95% : 87-99] (3 études) contre les infections invasives à Hib

    • Efficacité de 96% [IC95% : 86-99] (4 études) contre les méningites à Hib

  • Suite à l’administration de 2 doses :

    • Efficacité de 96% [IC95% : 86-99] (3 études) contre les méningites à Hib

  • Suite à l’administration d’une seule dose :

    • Efficacité de 59% [IC95% : 30-76] (3 études) contre les infections invasives à Hib

    • Efficacité de 55% [IC95% : 2-80] (3 études) contre les méningites à Hib

Les auteurs concluent que 2 à 3 doses de vaccins anti-Hib sont très efficaces contre les infections invasives.

                

La méta-analyse de Griffiths et al., publiée en 2012, évalue l’efficacité du vaccin conjugué anti-Hib en fonction du nombre de doses administrées, à partir des ECR et quasi-ECR exclusivement. 8 essais ont été inclus (représentant 300 297 enfants), dont 6 évaluent le vaccin PRP-T, un pour le vaccin PRP-HbOC et un autre le vaccin PRP-OMP. Les résultats de la méta-analyse sur l’efficacité vaccinale sont : [2]

  • Suite à l’administration des 3 doses :

    • Efficacité de 93% [IC95% : 83-97] (5 études sur 186 607 enfants) sur les infections invasives

    • Efficacité de 88 %  [IC95% : 46-97] (2 études sur 75 019 enfants) sur les méningites confirmées à Hib

    • Résultats non significatifs sur les pneumopathies à Hib.

  • Suite à l’administration de 2 doses :

    • Efficacité de 92%  [IC95% : 69-98] (3 études sur 18 204 enfants) sur les infections invasives

    • Efficacité de 92%  [IC95% :37-99] (3 études sur 8 809 enfants) sur les méningites confirmées à Hib

    • Résultats non significatifs sur les pneumopathies à Hib (1 étude)

  • Suite à l’administration de 1 dose : les résultats non significatifs sur les infections invasives (3 études), sur les méningites (3 études) et sur les pneumopathies à Hib (2 études).

Les auteurs concluent qu’il existe des preuves robustes de l’efficacité des vaccins contre les infections invasives à Hib, avec respectivement 93% et 92% pour 3 et 2 doses de vaccin administrées. Les preuves concernant les méningites et les pneumopathies sont moins robustes du fait des petits échantillons concernés à l’origine d’un manque de puissance.

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La revue systématique et méta-analyse Cochrane de Swingler et al., publiée en 2009, étudie l’efficacité du vaccin anti-Hib conjugué dans la prévention de la maladie et du décès chez les enfants de moins de 5 ans.[3] 6 études ont été incluses dans la revue dont 4 dans la méta-analyse :

  • L’efficacité des vaccins anti-Hib contre les infections invasives est de 80% [IC95% : 46 - 93] selon la méta-analyse avec modèle à effets aléatoires. Cependant, l’hétérogénéité était élevée.

  • L’importance de l’efficacité ne semble pas varier entre les différents types de vaccins, le nombre de doses (deux à quatre), l’âge à la première vaccination ou les différents niveaux de développement des pays.

  • Les résultats ne retrouvent pas de réduction significative de la mortalité lié à l’Hib (rapportée par 2 essais seulement), mais une tendance en faveur est constatée selon les auteurs.

Les auteurs concluent que les résultats suggèrent un effet bénéfique important du vaccin conjugué sur les infections invasives, mais l’ampleur de cet effet est incertain en raison de la variation des résultats des différents essais.

                 

La méta-analyse de Obonyo et al., publiée en 2006, étudie l’efficacité des vaccins conjugués contre les infections invasives à Hib chez les enfants de moins de 5 ans. 8 études ont été inclus : 6 ECR et 2 quasi-ECR représentant 185 138 enfants vaccinés et 180 230 enfants non vaccinés. Les principaux résultats issus de la méta-analyse sont : [4]

  • Efficacité vaccinale de 84% [IC95%: 69-92%] contre les infections invasives à Hib (8 études sur 365 368 enfants).

  • Efficacité vaccinale de 75 % [IC95%: 16-92%] contre les méningites à Hib (4 études sur 145 168 enfants)

  • Efficacité vaccinale de 69% [IC95%: 3-90%] contre les pneumopathies bactériennes à Hib (4 études).

  • Pas d’efficacité sur la mortalité toutes causes confondues selon 2 études.  

Les auteurs concluent que les vaccins Hib sont sûrs et efficaces sur la prévention de toutes les formes invasives d’Hib.

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La revue systématique de Nascimento-Carvalho et al., publiée en 2006, évalue l’impact du vaccin conjugué Hib sur l’épidémiologie des infections invasives à Hib. Les principales informations tirées de la revue sont : [5]

  • En 2006, la majorité des pays d’Afrique et d’Asie n’avaient pas encore intégré de vaccin Hib. On estimait encore à environ 3 millions d’infections graves et 400 000 à 700 000 décès d’enfants chaque année dans le monde.

  • Dans les pays industrialisés : les infections invasives à Hib ont pratiquement disparu dans ceux dont le vaccin conjugué est utilisé depuis plus de 15 ans en routine :  

    • Les données de surveillance (Europe et Etats-unis principalement) ont détecté une diminution de plus de 80% des méningites à hib après introduction du vaccin.

    • Le Royaume-Uni a cependant présenté une recrudescence de cas à partir de 1998. Cela a conduit à la mise en place d’une campagne de rattrapage en 2003 avec une dose de vaccin pour tous les enfants âgés de 6 mois à 4 ans. Plusieurs facteurs sont incriminés pour expliquer cette augmentation :

      • La perte de l’impact initial de la campagne de vaccination de masse des enfants de 1 à 4 ans menée en 1992-1993 ;

      • L’utilisation de vaccins combinés (notamment à la coqueluche acellulaire) qui étaient moins immunogènes ;

      • La diminution des taux d’anticorps avec le temps, notamment vers 2 à 3 ans, et l’absence de rappel après 1 an (vaccins fait à 2, 3 et 4 mois au Royaume-uni).

      • La diminution des rappels immunologiques naturels par infection asymptomatique de l’enfant dû à la réduction de la circulation de la bactérie.

    • Comme au Royaume-uni, les Pays-Bas et l'Irlande ont connu également la réapparition de cas d'infections invasives à Hib. Ce phénomène n'a pas été observé dans d'autres pays comme aux Etats-Unis où une dose de rappel est administrée au cours de la première année de vie. 

  • Dans les pays en développement : La vaccination a eu également un grand impact, en particulier sur les méningites à Hib :

    • En Amérique latine (Cuba, Colombie, Uruguay, Chili, Brésil ), la vaccination a permis une baisse des taux d’incidence de la méningite à Hib de 40 à 95% au cours de la 1ère année de vie. 

    • En Afrique, peu de pays ont introduit la vaccination. La Gambie a été le premier pays Africain à introduire la vaccination en 1997 : après 8 ans, la méningite à Hib a été éliminée. Aucun cas de méningite n’a été détecté alors que le taux d’incidence était de 200 pour 100 000 enfants < 1an et 60 pour 100 000 enfants < 5 ans.

    • L’impact sur les pneumopathies reste plus modeste : seule une étude en Colombie a retrouvé des résultats significatifs avec une EV = 55% [IC95%: 7.0- 78.0].

    • Il existe peu de preuve de l’efficacité des vaccins sur la prévention de la mortalité due aux maladies invasives dans le monde.

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La revue systématique de Peltola, publiée en 2000, a recherché l’ensemble des données épidémiologiques disponibles à travers le monde afin d’évaluer l’impact des vaccins conjugués Hib. Les données recueillies proviennent de plus de 50 pays différents. En 2000, seuls 38 pays avaient inclus la vaccination anti Hib dans leur programmes de vaccination systématique, principalement des pays développés. Les principaux résultats tirés de cette analyse sont : [6]

Dans le monde

  • Avant la vaccination :

    • L’incidence mondiale de la méningite chez les enfants < 5 ans était de 57/100 000 : 32/100 000 dans les pays développés (27 000 cas dont 1300 décès) et 60/100 000 dans les pays en développement (337 000 cas dont 100 000 décès).

    • L’incidence mondiale de toutes les infections invasives à Hib (en excluant la pneumopathie non bactériémique) était de 71/100.000 soit 445.000 cas par an chez < 5 ans : au moins 108.500 enfants en sont décédés.

    • En tenant compte des chiffres sur la pneumopathie non bactériémique, on estime à plus de 2.2 millions le nombre d’infections à Hib dont 520 000 décès à travers le monde.

  • Suite à la vaccination :

    • Les résultats à l’échelle mondiale sont faibles puisque la plupart des pays ayant introduit la vaccination en 2000 sont des pays développés. Ainsi dans le monde entier : seuls 5.9% des cas de méningites et 8.5% cas infections à Hib chez les < 5 ans sont évités chaque année. En prenant en compte les pneumopathies, cela représente moins de 2% (38.000 sur 2.2 millions) des cas d’infections à Hib qui sont évités chaque année.

    • Mais dans les pays développés : 78% des méningites (21 000 cas sur 27 000) et 50% des infections à Hib (38 000 cas) sont évitées chaque année.

En Europe, plusieurs pays ont successivement introduit la vaccination suite à la Finlande en 1987 :

  • En France : l’incidence des infections à Hib selon une étude réalisée dans le Val-de-Marne, est passée d’environ  23/100 000 cas à 4 cas/100 000 chez les enfants de < 5 ans, soit une diminution de 90%.

  • Les données sont similaires pour les autres pays européens ayant introduit la vaccination (Allemagne, Royaume uni, Suède, Finlande, Danemark, Islande, Espagne etc.)

  • La vaccination permet d’éviter 6000 cas chaque année en Europe (soit environ 33% des cas), certains pays n’ayant pas encore introduit la vaccination.

Aux Etats-Unis : l’incidence globale des infections invasives à Hib a diminué de 98% chez les enfants de moins de 5 ans après l’homologation des vaccins conjugués en 1991 : cela représente une diminution de 19.500 cas à 300 cas par an.

Les auteurs concluent que l’impact global de la vaccination anti-Hib, 10 ans après l’introduction des vaccins conjugués (en 2000), a été négligeable puisque moins de 2% des cas de Hib est prévenu chaque année dans le monde entier.

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Sources

      Méta-analyses

  1. Jackson C, Mann A, Mangtani P, Fine P. Effectiveness of Haemophilus influenzae Type b Vaccines Administered According to Various Schedules: Systematic Review and Meta-analysis of Observational Data. The Pediatric Infectious Disease Journal. nov 2013;32(11):1261. (Prisma ●●●○; Amstar ●●○)

  2. Griffiths UK, Clark A, Gessner B, Miners A, Sanderson C, Sedyaningsih ER, et al. Dose-specific efficacy of Haemophilus influenzae type b conjugate vaccines: a systematic review and meta-analysis of controlled clinical trials. Epidemiology & Infection. août 2012;140(8):1343‑55. (Prisma ●●●○; Amstar ●●○)

  3. Swingler GH, Michaels D, Hussey G. Conjugate vaccines for preventing Haemophilus influenzae type B infections [Internet]. [cité 22 juill 2018].  (Prisma ●●●○; Amstar ●●●)

  4. Obonyo CO, Lau J. Efficacy of Haemophilus influenzae type b vaccination of children: a meta-analysis. Eur J Clin Microbiol Infect Dis. 1 févr 2006;25(2):90‑7. (Prisma ●●●○; Amstar ●●○)


    Revues systématiques

  5. Nascimento-Carvalho CM, de Andrade ALSS. Haemophilus influenzae type b vaccination: long-term protection. J Pediatr (Rio J). juill 2006;82(3 Suppl):S109-114.  (Prisma ●○○○; Amstar ●○○)

  6. Peltola H. Worldwide Haemophilus influenzae type b disease at the beginning of the 21st century: global analysis of the disease burden 25 years after the use of the polysaccharide vaccine and a decade after the advent of conjugates. Clin Microbiol Rev. avr 2000;13(2):302‑17.  (Prisma ●○○○; Amstar ●○○)