Efficacité du vaccin contre la Coqueluche

                                          

 Efficacité du vaccin contre la Coqueluche

                                          

Introduction

                     

LES DIFFÉRENTS TYPES DE VACCIN
SPECIFICITES DE LA VACCINATION
HISTORIQUE DE LA VACCINATION
IMMUNITÉ NATURELLE

                  

/// LES DIFFÉRENTS TYPES DE VACCIN

                             

Les vaccins acellulaires (Ca)

Il s’agit de vaccins sous-unitaires composés de plusieurs antigènes inactivés de Bordetella Pertussis. La teneur en antigènes dans le vaccin varie selon s’il est destiné au nourrisson et l’enfant (dose entière Ca) ou à l’adolescent et l’adulte (dose réduite ca).[9] Ce sont les seuls actuellement disponibles en France, et sont présentés sous formes combinés. [4][5][6]

                       

Les vaccins à germes entiers (Ce)

Il s’agit de vaccins entiers inactivés composés du bacille Bordetella pertussis cultivé puis inactivé par la chaleur ou traité par le formol.[10] Ces vaccins sont plus réactogènes que les vaccins acellulaires et ne sont plus recommandés en France. [6][7]

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/// SPECIFICITEs DE LA VACCINATION

                              

Il n'y a pas de corrélation qui ait été établie entre le taux d'anticorps produit par le vaccin à germes entiers et la protection contre la coqueluche, même si il est supposé que la présence d'anticorps contre l'antigène "toxine coquelucheuse"  jouerait un rôle dans la protection contre les formes graves de la maladie chez le nourrisson.  Concernant les vaccins acellulaires, la contribution exacte des différents antigènes qui entrent dans leur composition n'est pas clairement connue. [10]

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/// HISTOrique DE LA VACCINATION

                      

La vaccination anti coqueluche a été introduite en France en 1959. Sa couverture vaccinale s’est principalement améliorée en 1966 avec son association aux vaccins Diphtérie-Tétanos-Poliomyélite. Les premiers vaccins utilisés étaient ceux à germes entiers inactivés. [1]

L’association d’une bonne couverture vaccinale des nourrissons, de l’efficacité limitée du vaccin dans le temps et d’une diminution de la circulation de la bactérie a modifié l’épidémiologie de la maladie dans les années 90. La proportion de cas de coqueluche chez les adolescents et les adultes a augmenté (avec une présentation clinique atypique), à l’origine d’une augmentation de la contamination des nourrissons très jeunes non vaccinés.

C’est pourquoi en 1990, l’âge du début de la primovaccination a été fixé à l’âge de 2 mois afin de limiter l’atteinte des nourrissons. Des rappels étaient également nécessaires chez l’adolescent et l’adulte, mais les vaccins à germes entiers (Ce) limitaient cette possibilité au vu de leurs effets indésirables fréquents, parfois graves.

En 1996 arrivent sur le marché de nouveaux vaccins dits “acellulaires” efficaces et beaucoup mieux tolérés, créés au Japon suite aux décès de deux enfants suspectés d'être en lien avec le vaccin à germes entiers. Cette avancée a permis l'introduction d’une vaccination de rappel à 11-13 ans depuis 1998, puis celles des jeunes adultes et futurs parents à 25 ans depuis 2004 ainsi que la stratégie du cocooning (entourage du nourrisson dans ses 6 premiers mois, avec revaccination si besoin des adultes ayant reçu une dose de vaccin depuis plus de 10 ans). [4][8]

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/// IMMUNITÉ NATURELLE

                         

Après une infection naturelle par la coqueluche, on retrouve des anticorps chez 80 à 85% des individus, dont le titre n’est pas bien corrélé à la protection clinique apportée. De plus, la maladie coquelucheuse ne confère pas une immunité à vie : l'immunité naturelle après une infection serait de l’ordre d’une dizaine d’années, bien que difficile à déterminer. [7][10]. Il est donc possible de la contracter plusieurs fois au cours de sa vie, conférant des rappels naturels. [2][3]

Par ailleurs, malgré un passage placentaire des anticorps anticoquelucheux, la plupart des nourrissons ne semblent pas être protégés contre la maladie clinique pendant les premiers mois de vie à moins que leur mère n’ait été récemment vaccinée (probablement dû à la faiblesse ou l’insuffisance du titre d’anticorps transférés). [10]

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Sources 

Littérature grise

  1. GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_la_coqueluche.pdf [Internet]. [cité 13 avr 2018]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/pdf/GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_la_coqueluche.pdf

  2. Aide-mémoire / Coqueluche / Maladies à prévention vaccinale / Maladies infectieuses / Dossiers thématiques / Accueil [Internet]. [cité 16 avr 2018]. Disponible sur: http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Coqueluche/Aide-memoire

  3. Coqueluche [Internet]. [cité 16 avr 2018]. Disponible sur: http://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/Coqueluche

  4. Coqueluche [Internet]. Institut Pasteur. 2015 [cité 16 avr 2018]. Disponible sur: https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/coqueluche

  5. Vaccins - MesVaccins.net [Internet]. [cité 16 avr 2018]. Disponible sur: https://www.mesvaccins.net/web/vaccines?utf8=%E2%9C%93&name_or_disease=disease&search-by-name=&search-by-disease=3&search-by-age=&age_unit=ans&not_commercialized=true&commit=Chercher

  6. Vaccination contre la coqueluche : quels vaccins ?... - MesVaccins.net [Internet]. [cité 16 avr 2018]. Disponible sur: https://www.mesvaccins.net/web/news/5689-vaccination-contre-la-coqueluche-quels-vaccins-quelle-strategie

  7. calendrier_vaccinations_2018.pdf [Internet]. [cité 16 avr 2018]. Disponible sur: http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/calendrier_vaccinations_2018.pdf

  8. actu_dans-la coqueluche.pdf [Internet]. [cité 16 avr 2018]. Disponible sur: http://www.sp2a.fr/pdf/CFP2A-2013/sec-asppir-vm/actu_dans-la%20coqueluche.pdf

  9. 1715.pdf [Internet]. [cité 17 avr 2018]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1715.pdf

  10. wer9035.pdf [Internet]. [cité 20 avr 2018]. Disponible sur: 

    http://www.who.int/wer/2015/wer9035.pdf?ua=1

                               

Données de la littérature

                    

Les recherches ont été menées sur l’efficacité des vaccins acellulaires selon les recommandations vaccinales actuelles en population générale. Les vaccins à germe entiers ne sont pas recommandés en France de même que la vaccination pendant la grossesse, et donc les études ont été excluses. A noter que du fait de la variabilité des schémas vaccinaux dans le monde (plus de 80 différents), des différents types de vaccins et de la composition variable des vaccins (nombre de composés antigéniques), la réalisation de méta-analyses est difficile. 

                                

La méta-analyse de Chit et al., publiée en 2018, a pour objectif d’évaluer l’efficacité et la durée de protection conférées par les vaccins anti-coquelucheux acellulaires. 7 études ont été incluses au total. Les schémas vaccinaux étudiés sont ceux en vigueur aux Etats-Unis. Les principaux résultats sont les suivants (comparés à l’absence de vaccination) : [9]

  • La série de vaccination dans l’enfance (5 doses jusqu'à 5 ans) a une efficacité vaccinale absolue estimée à 91% [IC95%: 87-95%] dans les 2 premières années suivant l'achèvement de la série. Celle-ci diminue de 9.6% chaque année, et atteint 61% [IC95%: 44-73] 6 ans après (soit environ à l’âge de 11 ans).

  • L’efficacité vaccinale initiale du rappel à l’adolescence (entre 11 et 18 ans) est de 85% [IC95%: 84-86%] et baisse de 11.7% [IC95%: 11.1-12.3%] chaque année. Ainsi 7 ans après (soit vers 18 ans), l’efficacité absolue contre la coqueluche n’est plus que de 28% [IC95%: 27-29].

Les auteurs concluent que l’efficacité du vaccin anticoquelucheux est élevée, mais celle-ci diminue au fil du temps.

                              

La méta-analyse de Fulton et al., publiée en 2016, évalue l’efficacité des différents vaccins acellulaires et à germes entiers disponibles en 2016 dans les 3 ans suivant la primo-vaccination (3 doses) contre la coqueluche typique ou sévère tel que défini par l’OMS. 2 ECR et 8 autres études évaluant l’efficacité des vaccins acellulaires chez les enfants de moins de 5 ans ont été inclus : [1]

  • La méta-analyse des 2 ECR évaluant l’efficacité de vaccins acellulaires (l’un à 3 composants et l’autre à 5 composants antigéniques) retrouve une efficacité vaccinale globale de 84% [IC95%: 81-87%] (hétérogénéité non significative).

  • 5 études d’efficacité (études cas-témoins et cohortes) des 8 autres études ont été incluses pour une seconde méta-analyse dont l’estimation d’efficacité n’a pas pu être effectuée devant l’hétérogénéité des études. Cependant, l’efficacité vaccinale de ces 5 études variait entre 74% [IC95%: 51-86%] et 97% [IC95%: 91-99]. Les 3 autres études étaient estimées de trop faible qualité pour être considérées.

Les auteurs concluent que tous les vaccins actuellement disponibles, acellulaires ou à germes entiers, sont efficaces dans la prévention de la coqueluche (tel que défini par l’OMS) à court terme chez les enfants de moins de 6 ans. L’estimation ponctuelle de l’efficacité des acellulaires actuellement disponibles était néanmoins plus faible que les vaccins à germes entiers.

                           

La méta-analyse de McGirr et al., publiée en 2016, évalue la durée de l’immunité protectrice conférée par une série de vaccination infantile de 3 ou 5 doses de DTCa (dose pédiatrique) contre la coqueluche. 11 études (6 évaluant un schéma à 3 doses et 5 un schéma à 5 doses) ont été incluses dans la méta-analyse et les principaux résultats sont : [2]

  • Une absence de différence significative entre les schémas à 3 ou à 5 doses de DTCa

  • Une augmentation du risque de coqueluche de 33% (1.33 [IC95%: 1.23-1.43]) chaque année suivant la dernière dose administrée de DTCa.

  • En supposant une efficacité vaccinale initiale de 85%, la durée moyenne de protection du DTCa est d’environ 3 ans. Ainsi, seulement 10% des enfants vaccinés seraient encore immunisés contre la coqueluche à 8.5 ans après la dernière dose.

Les auteurs concluent que, bien que les vaccins acellulaires soient considérés comme plus sûrs, leur utilisation peut nécessiter des rappels plus tôt et plus fréquent afin d’atteindre un effet troupeau et contrôler la propagation de la coqueluche.

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La revue systématique Cochrane de Zhang et al., publiée en 2014, évalue l’efficacité et l'innocuité des vaccins anticoquelucheux acellulaires (Ca) chez les enfants. Six essais d’efficacité ont été inclus sur un total de 46.283 sujets. Les principaux résultats issus des 5 Essais qui étaient randomisées sont les suivants : [4]

  • L’efficacité des vaccins à plusieurs composants (≥ 3) variait de 84% à 85% dans la prévention de la coqueluche typique et de 71% à 78% dans la prévention de la coqueluche légère.

  • L’efficacité des vaccins à un ou deux composants variait de 59 à 78% contre la coqueluche typique et de 41% à 58% contre la coqueluche légère.

Les auteurs concluent que les vaccins acellulaires à plus de 3 composants sont efficaces pour prévenir la coqueluche typique et légère chez les enfants, et notamment plus efficaces que ceux à un ou deux composants.

                                                     

La revue systématique de Rivero-Santana et al., publiée en 2014, étudie l’efficacité des différentes stratégies de vaccination visant à réduire indirectement la morbidité et la mortalité des nourrissons de moins de 1 an : vaccination des adolescents, des adultes, pendant la grossesse, des travailleurs de santé et la stratégie du cocooning. Trois études écologiques récentes ont été incluses concernant l’impact de la vaccination des adolescents et des adultes sur les nourrissons : [5]

    • La première aux Etats-Unis évalue l’impact de l’introduction du vaccin acellulaire à 11-12 ans et d’une dose unique pour les adultes de 19 à 65 ans. Malgré l'augmentation de la couverture vaccinale, il n'y a pas eu de différence statistiquement significative sur l’incidence de la coqueluche chez les nourrissons de moins de 12 mois.

    • La deuxième en Australie a évalué l’impact de quatre stratégies de vaccination des adolescents sur les nourrissons de moins de 6 mois. Une seule stratégie retrouvait une diminution significative de la coqueluche chez les nourrissons après 4 ans de suivi. Elle consiste à vacciner à l'âge de 12 ans chaque année après une vaccination de rattrapage des 12-19 ans.

    • La dernière étude a analysé l’effet indirect de la vaccination des enfants de 13-14 ans en Israël : aucun effet statistiquement significatif sur l'incidence de la maladie chez les nourrissons de moins de 12 mois n’a été observé.

Les auteurs concluent que les preuves sont rares, de faible qualité, et insuffisantes pour recommander les stratégies de vaccination évaluées dans le but de protéger les nourrissons.

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La revue systématique de Bechini et al., publiée en 2012, évalue l’efficacité et l'impact de la vaccination anticoquelucheuse acellulaire des adolescents et des adultes, ainsi que des groupes à risques spécifiques (femmes enceintes et nouveau-nés, travailleurs de santé). Les principaux résultats chez l’adolescent et l’adulte sont cités ci-dessous : [6]

  • De nombreux essais ont démontré l’immunogénicité des vaccins acellulaires chez l'adolescent et l'adulte.

  • Une étude prospective et multicentrique sur 2781 sujets a estimé qu’une dose unique de vaccin dTca chez les adolescents et adultes de 15 à 65 ans donnait une efficacité protectrice de 92% [IC95% : 32-99%] contre la coqueluche confirmée au laboratoire (durée de suivi non précisée).

  • Concernant l'impact de la vaccination de rappel des adolescents : 

    • Une cohorte australienne sur 272.000 adolescents de 12 à 19 ans retrouve une efficacité vaccinale, suite au programme de vaccination de masse des étudiants en 2004, de 78.0% [IC95%: 60.7-87.6] contre tous les cas et 85.4% [IC95%: 83.0-87.5] contre les cas confirmés en laboratoire.

    • Une étude américaine retrouve une efficacité vaccinale de 79% entre 13 et 18 ans au cours d'une épidémie dans un collectivité. Une seconde, lors d'une épidémie de coqueluche dans une école ne retrouve pas de résultat significatif.

    • 2 études épidémiologiques autrichienne et américaine retrouvent un diminution de l'incidence de la coqueluche chez l'adolescent suite aux programmes de vaccination.

Les auteurs concluent que les données soutiennent la nécessité de considérer la vaccination anticoquelucheuse chez les adolescents comme une intervention préventive cruciale.

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La revue systématique de Rodríguez-Cobo et al., publiée en 2008, évalue l’efficacité clinique et économique de 4 stratégies de rappels différentes du vaccin anticoquelucheux après la primovaccination des nourrisson de moins de 6 mois. 10 études d’observation et 4 modèles mathématiques ont été inclus et les principaux résultats en lien avec le calendrier vaccinal français sont : [7]

  • Concernant la stratégie d’une dose de rappel préscolaire (4 à 6 ans inclus) :

    • Trois études descriptives ont comparé les données de surveillance nationale avant et après l’introduction de ce rappel et constate une réduction du nombre de cas variant de 35% à 55%.

    • Une étude cas-témoin retrouve un risque 1.7 fois plus élevé (RR = 1.7 [IC95%: 1.2-1.4]) de coqueluche chez les enfants n’ayant pas eu le rappel soit une efficacité de 41%.

    • En revanche, une étude écologique auprès de 490 médecins en France n’a trouvé aucun effet significatif.

    • Un effet indirect du rappel sur les nourrissons de moins de 1 an est retrouvé dans 3 études, variant de 18 à 38%, mais non significatif dans une autre étude.

  • Concernant la stratégie d’une dose de rappel chez l’adolescent :

    • Deux modèles mathématiques prévoient respectivement une diminution de l’incidence de la maladie de 37% et 64% chez les adolescents et de 18% et 22% chez les nourrissons de moins de 2 ans par effet indirect.

Les auteurs concluent que les différentes stratégies de rappel semblent ne permettre qu’une faible immunité collective chez les nourrissons, sans pouvoir au vu des preuves disponibles conclure en la supériorité de l’une d’entre-elles.

                      

La méta-analyse de Jefferson et al., publiée en 2003, évalue l’efficacité et l'innocuité des vaccins anticoquelucheux à cellules entières et acellulaires administrés aux enfants. 52 études ont été incluses comprenant 49 ECR et 3 études de cohorte. Concernant les vaccins acellulaires, les principaux résultats sont : [3]

  • L’efficacité vaccinale (EV= 1-RR) absolu pour l’ensemble des vaccins acellulaires était de 75% (IC95%: 65-82%] sur la coqueluche selon la définition OMS d’après la méta-analyse à effets aléatoires.

  • Les vaccins acellulaires à un et deux composants ont une efficacité absolue qui varie de 67 à 70%, et donc moindre que ceux contenant plus de 3 composants dont l’efficacité varie de 80 à 84%.

Les auteurs concluent que l’ensemble des vaccins ont fait preuve de leur efficacité, avec une supériorité des vaccins acellulaires de plus de 3 composants par rapport à ceux contenant 1 à 2 composants.

                        

La revue systématique de Wintermeyer et al., publiée en 1994, évalue l’efficacité, les effets secondaires et la réponse immunologique des vaccins à cellules entières et acellulaires. Concernant les vaccins acellulaires : [8]

  • Les études sur le programme de vaccination Japonais (4 doses) contre la coqueluche avec le vaccin acellulaire retrouvent une efficacité variant de 76.7% à 98%.

  • Un essai suédois retrouve une efficacité de 69% et 55% pour 2 vaccins acellulaires testés chez des enfants de 5 à 11 mois, mais seulement après 2 doses. Une étude de surveillance avec une définition différente des cas de coqueluche retrouve des efficacités de 86% [IC95%:75-93] et 76% [IC95%: 61-85].

Les auteurs concluent que l’efficacité des vaccins acellulaires et entiers est prouvée par la diminution de l’incidence dans tous les pays. Cependant, les données de l’époque ne permettent pas de bien établir l’efficacité clinique des vaccins acellulaires chez les très jeunes nourrissons.

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Sources

Méta-analyses et Revues systématiques

  1. Fulton TR, Phadke VK, Orenstein WA, Hinman AR, Johnson WD, Omer SB. Protective Effect of Contemporary Pertussis Vaccines: A Systematic Review and Meta-analysis. Clin Infect Dis. 1 mai 2016;62(9):1100‑10. (Prisma ●●●○; Amstar ●●●)

  2. McGirr A, Fisman DN. Duration of pertussis immunity after DTaP immunization: a meta-analysis. Pediatrics. févr 2015;135(2):331‑43. (Prisma ●●●●; Amstar ●●○)

  3. Jefferson T, Rudin M, DiPietrantonj C. Systematic review of the effects of pertussis vaccines in children. Vaccine. 16 mai 2003;21(17‑18):2003‑14. (Prisma ●●●○; Amstar ●●○)

  4. Zhang L, Prietsch SO, Axelsson I, Halperin SA. Acellular vaccines for preventing whooping cough in children. In: The Cochrane Library [Internet]. John Wiley & Sons, Ltd; 2014 [cité 22 avr 2018]. (Prisma ●●●●; Amstar ●●●)

  5. Rivero-Santana A, Cuéllar-Pompa L, Sánchez-Gómez LM, Perestelo-Pérez L, Serrano-Aguilar P. Effectiveness and cost-effectiveness of different immunization strategies against whooping cough to reduce child morbidity and mortality. Health Policy. mars 2014;115(1):82‑91. (Prisma ●●○○; Amstar ●●○)

  6. Bechini A, Tiscione E, Boccalini S, Levi M, Bonanni P. Acellular pertussis vaccine use in risk groups (adolescents, pregnant women, newborns and health care workers): a review of evidences and recommendations. Vaccine. 27 juill 2012;30(35):5179‑90. (Prisma ●●○○; Amstar ●○○)

  7. Rodríguez-Cobo I, Chen Y-F, Olowokure B, Litchfield I. Clinical and economic assessment of different general population strategies of pertussis vaccine booster regarding number of doses and age of application for reducing whooping cough disease burden: a systematic review. Vaccine. 9 déc 2008;26(52):6768‑76. (Prisma ●●●○; Amstar ●●○)

  8. Wintermeyer SM, Nahata MC, Kyllonen KS. Whole-cell and acellular pertussis vaccines. Ann Pharmacother. août 1994;28(7‑8):925‑39. (Prisma ●●○○; Amstar ●○○)

  9. Chit A, Zivaripiran H, Shin T, Lee JKH, Tomovici A, Macina D, et al. Acellular pertussis vaccines effectiveness over time: A systematic review, meta-analysis and modeling study. PLoS ONE. 2018;13(6):e0197970. (Prisma ●●●○; Amstar ●●○)

                  

Avis des autorités

                  

INSTITUTIONS FRANÇAISES
INSTITUTIONS ÉTRANGÈRES
INSTITUTIONS MONDIALES

                  

/// Institutions Françaises

                   

Selon Santé Publique France et le comité technique des vaccinations :[1] il existe une étroite relation entre la couverture vaccinale et l'incidence de la coqueluche dans un pays. En France, l’introduction de la vaccination en 1959 puis l’amélioration de sa couverture vaccinale en 1966 grâce à son association au DTP a considérablement réduit le nombre de cas de coqueluche ainsi que la mortalité.

Courbe France morbi mortalit plus belle modifie

              

L’efficacité clinique des vaccins acellulaires est de l’ordre de 85 % chez l’enfant (variable entre 85 et 100% selon le vaccin) et dure entre cinq et dix ans. [3][4] 

Chez l’adulte, une seule dose a montré une efficacité protectrice de 92 % (IC 95 % : 32-99) sur une durée de suivi de deux ans et demi selon une étude.[1] L’objectif de la vaccination chez l’adulte est de protéger les nourrissons de moins de 6 mois à risque de coqueluche grave, car les membres de l’entourage proche sont les principaux contaminateurs. C’est la stratégie du “cocooning”. [4]

             

L’efficacité sérologique des vaccins est plus difficile à établir, car il n’y a pas à ce jour de corrélation connue entre les taux d’anticorps et la protection clinique. En revanche, il est établi que la présence de taux élevés de plusieurs anticorps vis-à-vis des antigènes coquelucheux est associée à une meilleure protection clinique. Quel que soit le vaccin (ou même l'infection naturelle), les taux d’anticorps sont très variables pour chaque individu et diminuent rapidement avec le temps sans lien clairement établi entre les taux initiaux et la protection. [1]

          

La vaccination post-exposition n’a aucune efficacité pour la prévention de la coqueluche chez une personne déjà contaminée. [4]

          

Selon le groupe Vaccination Prévention de la SPILF, la durée de protection induite par le vaccin acellulaire serait entre 5 et 7 ans. Il est difficile de pouvoir affirmer que son efficacité est de plus courte durée que les vaccins à germes entiers. [2]

L’efficacité du vaccin acellulaire varie en fonction du nombre d’antigène contenu et du temps :

  • En Italie, l’efficacité du vaccin Ca-3 (avec 3 composants) chez les 3-6 ans était de 78-81% après une primovaccination à 2-4-6 mois

  • En Allemagne, l’efficacité d’un Ca-4 chez des enfants de 7 ans était de 89% après une primovaccination à 2,3,4 mois et un rappel à 15 mois

  • Aux Etats-Unis, l’efficacité du Ca-5 était de 98% l’année suivant le rappel chez les 4-10 ans, mais de 71% à 5 ans.

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/// Institutions étrangères

               

Aux Etats unis, selon le CDC (Centers for disease Control and Prevention), le vaccin anti-coquelucheux a prouvé son efficacité. Avant la mise en place de la vaccination (années 1940), environ 200.000 enfants étaient infectés par la coqueluche chaque année aux Etats unis et 9.000 décédaient des conséquences de la maladie. Actuellement, on rapporte entre 10.000 et 40.000 le nombre de cas dont 20 décès par an. [8]

  • Les vaccins DTCa (dose pédiatrique) ont une efficacité de 80 à 90%. En cas d’infection, il diminue le risque de complications (apnée, cyanose, vomissement). La protection associée au vaccin est maximale les deux premières années suivant l’administration du vaccin, puis diminue progressivement chaque année : 98% sont protégés dans l’année suivant la 5e dose, contre 71% entièrement protégés 5 ans après (le reste n'est que partiellement protégé, c’est à dire contre les cas sévères). [8][9]

  • Pour le dTca de l’adolescent et l’adulte, le CDC estime une protection complète de 73% la première année suivant l’injection chutant à 34% à 4 ans. [9]

Depuis les années 1980, une tendance à l’augmentation des cas déclarés de coqueluche a été constatée. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer : une plus grande sensibilisation à la maladie, de meilleurs tests diagnostiques, une amélioration de la notification des cas et une augmentation de la circulation de la bactérie. Enfin, la possibilité de l'affaiblissement de l’immunité, avec des vaccins acellulaires qui semblent ne pas protéger aussi longtemps que les vaccins à germes entiers peut également être en cause.

L’immunité collective ne protège pas contre la coqueluche car la maladie se propage facilement, la protection vaccinale diminue avec le temps et les vaccins acellulaires n’empêchent pas la colonisation ou la propagation de la bactérie. Le vaccin reste l’outil le plus efficace que les médecins ont pour protéger contre la coqueluche.

                 

coqueluche royaume unis

 Au Royaume-Uni [11], avant l'introduction de la vaccination dans les années 1950, le taux de notification annuelle était supérieur à 120.000 cas. Le taux a diminué pour atteindre 2069 notifications en 1972 (couverture vaccinale à 80%). Suite à une crainte publique à propos de l'innocuité du vaccin à germes entiers, la couverture a chuté pour atteindre 30% en 1978 responsable d'épidémies importantes en 1977-79 et 1981-83 (65.000 notifications pour l'année 1978). Depuis 1992, la couverture s'est améliorée (>92%) réduisant le nombre de cas à moins de 5.000 par an, puis à moins de 1.500 par an entre 2000 et 2011. 

             

 En 2011, l'incidence  de la coqueluche a augmenté chez les adolescents et les adultes, puis chez les nourrissons à l'origine d'une nouvelle épidémie en 2012. Cela a motivé l'introduction de la vaccination chez la femme enceinte en 2012 au Royaume-Uni, s'avérant efficace dans la protection des nourrissons jusqu'à la vaccination des 2 mois.

            

coqueluche royaume unis 2

         

           

            

            

          

          

            

        

              

           

        

En suisse, selon l’office fédéral de la santé publique et ses recommandations de 2017 [10], l’efficacité de la vaccination de base chez les enfants est d'environ 90% contre les formes graves et d'environ 70% contre toutes les formes. La protection conférée par la vaccination avec une dose de dTca contre la coqueluche confirmée au laboratoire est de 64–85% chez les adolescents et les adultes. La durée d’efficacité est estimée chez l’adulte à une dizaine d’années.  La protection des nourrissons conférée par la vaccination de la mère pendant la grossesse est supérieure à 90% toutes formes confondues. 

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/// Institutions mondiales

           

L’OMS, dans son relevé épidémiologique de août 2015, publie une note de synthèse sur les vaccins contre la coqueluche. L’OMS se positionne en faveur de la vaccination, dans le but de réduire le risque de coqueluche grave chez les nourrissons et jeunes enfants. Elle recommande une vaccination systématique par au moins 3 doses de vaccin pour tous les pays, avec pour objectif une couverture vaccinale supérieure à 90%. [6][5] Cependant, pour l'OMS, les preuves sont insuffisantes pour assurer que les rappels des adolescents et adultes sont efficaces pour réduire les cas de coqueluche grave chez les nourrissons. [5]

Les principaux résultats d’efficacité présentés sont les suivants : [6]

  • Pendant plusieurs décennies, des programmes de vaccination des nourrissons ont obtenu de grands succès pour réduire l’incidence et la mortalité de la coqueluche chez l’enfant à travers le monde (notamment depuis 1974 et le Programme Elargi de Vaccination). [7]

  • Selon les études d’observation, un seule dose du vaccin (acellulaire ou entier) apporterait une protection de 50% contre la coqueluche sévère chez le nourrisson et deux doses une protection de plus de 80%. La protection augmente progressivement avec chaque dose, il est donc indispensable d’achever une série de primovaccination entière pour obtenir un effet protecteur complet.

  • Les souches de B. pertussis ont évolué (modification de leur génome) au cours du temps entre les périodes pré et postvaccinales. Cependant, il n’y a pas de preuve à ce jour de variation d’efficacité des vaccins acellulaires ni à germes entiers.

  • Des études récentes de la vaccination acellulaire maternelle ont démontré l’efficacité de celle-ci dans la protection des nouveau-nés et sur la morbi mortalité.

  • La stratégie du “cocooning” recommandée dans certains pays développés (dont la France) depuis les années 2000 aurait, selon des estimations, prévenu jusqu’à 84% des décès dus à la coqueluche chez les nourrissons de moins de 6 mois. D’autres pays ont rapporté un effet plus faible, voire nul. L’OMS estime que l’impact global et le rapport coût/efficacité de la stratégie du cocooning sont probablement plus faibles que la stratégie de vaccination maternelle (une seule dose au 2 ou 3e trismestre). 

  • Il n’y pas de données actuelles sur l’effet protecteur de la vaccination des agents de santé sur la transmission de la coqueluche aux nouveau-nés et/ou aux nourrissons. Cependant, l'OMS recommande de désigner les agents de santé comme groupe prioritaire pour recevoir le vaccin dans les pays ayant mis en oeuvre un programme de vaccination des adultes.

             

Concernant les vaccins acellulaires, les plus utilisés dans les pays industrialisés : [6]

  • Les éléments disponibles indiquent que les vaccins anticoquelucheux acellulaires et à germes entiers présentent une efficacité initiale équivalente dans la prévention de la coqueluche au cours de la première année de vie.  En revanche, l'immunité s'estompe plus rapidement, avec éventuellement un impact plus limité sur la transmission (possible colonisation asymptomatique) pour les vaccins acellulaires. Ceci pourrait, avec d’autres facteurs (amélioration de la surveillance et dépistage), expliquer un risque de résurgence dans certaines régions. [6][7]

  • Plusieurs études ont prouvé une efficacité des vaccins sur la coqueluche typique  (pas de durée de suivi précisée) :

    • Efficacité de 83% [IC95%: 76-88%] pour un vaccin acellulaire à 4 composants (Ca-4) selon une étude allemande

    • Efficacité de 84% [IC95%: 76- 89%] et [IC95%: 76-90] pour 2 vaccins Ca-3 différents en Italie.

    • Efficacité de 88,7% [IC95%: 76,6-94.6%]  après primovaccination avec un vaccin acellulaire DTCa-3.

  • Deux revues systématiques (dont celle de Jefferson et al.) parviennent à la conclusion que les vaccins acellulaires multicomposants (>3) offrent une plus grande efficacité protectrice contre la coqueluche typique que ceux comprenant 1 ou 2 composants (80-84% contre 67-70%). Cependant les études d’observation montrent tout de même la forte efficacité des vaccins à 1 ou 2 composants et que, avec l’ensemble des éléments disponibles, la différence entre les vaccins reste globalement non significative.

  • La durée de protection est mal connue, mais plusieurs pays ont montré que la protection apportée par la primovaccination et son rappel lors des deux premières années de vie deviendrait insuffisante à l’âge de 6 ans. La décision d’utiliser les vaccins acellulaires nécessite donc des rappels réguliers dans l’enfance et l’adolescence. [6][7]

  • De plus en plus de données tendent à montrer que la protection des rappels vaccinaux diminue plus vite lorsque la primovaccination s’est faite avec des vaccins acellulaires par rapport à des vaccins entiers.

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Sources 

Littérature grise 

  1. GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_la_coqueluche.pdf [Internet]. [cité 13 avr 2018]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/pdf/GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_la_coqueluche.pdf

  2. 2015-prevention-Guiso-vaccin-coqueluche.pdf [Internet]. [cité 16 avr 2018]. Disponible sur: http://www.infectiologie.com/UserFiles/File/medias/_documents/Prevention/2015-prevention-Guiso-vaccin-coqueluche.pdf

  3. Coqueluche [Internet]. [cité 16 avr 2018]. Disponible sur: http://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/Coqueluche

  4. 1715.pdf [Internet]. [cité 17 avr 2018]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1715.pdf

  5. WHO | Pertussis [Internet]. WHO. [cité 20 avr 2018]. Disponible sur: http://www.who.int/immunization/topics/pertussis/en/

  6. wer9035.pdf [Internet]. [cité 20 avr 2018]. Disponible sur: http://www.who.int/wer/2015/wer9035.pdf?ua=1

  7. wer8930_coqueluche.pdf [Internet]. [cité 20 avr 2018]. Disponible sur: https://www.mesvaccins.net/textes/wer8930_coqueluche.pdf

  8. Pertussis | Whooping Cough | Frequently Asked Questions | CDC [Internet]. 2018 [cité 21 avr 2018]. Disponible sur: https://www.cdc.gov/pertussis/about/faqs.html

  9. À propos de la vaccination contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche | CDC [Internet]. 2017 [cité 21 avr 2018]. Disponible sur: https://www.cdc.gov/vaccines/vpd/dtap-tdap-td/hcp/about-vaccine.html

  10. recommandations_vaccination_coqueluche.pdf [Internet]. [cité 21 avr 2018]. Disponible sur: http://ge.ch/sante/media/site_sante/files/imce/epidemiologie-maladies-transmissibles/doc/recommandations_vaccination_coqueluche.pdf

  11. Green Book Chapter 24 v3_0. 2016;26. [Internet]. [cité 20 avr 2018]. Disponible sur  https://assets.publishing.service.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/514363/Pertussis_Green_Book_Chapter_24_Ap2016.pdf