Efficacité du Vaccin contre Streptococcus Pneumoniae

                       

Efficacité du Vaccin contre Streptococcus Pneumoniae

                       

Introduction

                         

/// Les différents types de vaccins

                           

Le vaccin conjugué

    Le vaccin anti-pneumococcique conjugué, avec actuellement le vaccin à 13 valences (VPC13), couvre 13 sérotypes (1, 3, 4, 5, 6A, 6B, 7F, 9V, 14, 18C, 19A, 19F et 23F). La conjugaison des antigènes permet d'obtenir une immunité chez le nourrisson avec une réponse mémoire et d'agir sur le portage du pneumocoque. La durée de protection n'est pas connue.  [1], [2], [3]

            

Le vaccin polysaccharidique (non conjugué)

    Le vaccin anti-pneumococcique polysaccharidique 23-valent (VPP23) couvre 23 sérotypes (1, 2, 3, 4, 5, 6B, 7F, 8, 9N, 9V, 10A, 11A, 12F, 14, 15B, 17F, 18C, 19A, 19F, 20, 22F, 23F et 33F). Ce vaccin est très peu immunogène chez le jeune enfant et n’agit pas sur le portage pharyngé. De plus, la répétition rapprochée des vaccinations induit un phénomène d’hyporéponse immunitaire.[1], [2]

                      

                          

/// Immunité naturelle

                   

    En général, la protection immunitaire apportée suite à une infection est spécifique du sérotype en cause, mais on peut observer une protection croisée entre sérotypes apparentés. [3]

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Sources

Littérature grise

  1. GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_les_infections_invasives_pneumocoque.pdf [Internet]. [cité 26 nov 2017]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/pdf/GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_les_infections_invasives_pneumocoque.pdf

  2. PREVENAR 13 - MesVaccins.net [Internet]. [cité 26 nov 2017]. Disponible sur: https://www.mesvaccins.net/web/vaccines/123-prevenar-13

  3. wer8714.pdf [Internet]. [cité 26 nov 2017]. Disponible sur: http://www.who.int/wer/2012/wer8714.pdf      

                           

Efficacité du vaccin

                        

EFFICACITÉ DIRECTE DU VACCIN
Contre les infections invasives et les pneumopathies
Contre les otites moyennes aiguës
EFFICACITÉ INDIRECTE
Sur le portage nasopharyngé
Impact de la vaccination des nourrissons sur les populations non vaccinées ("immunité de groupe")
ECHECS VACCINAUX

            

Nous avons exclu de la recherche les revues étudiant les vaccins anti-pneumococciques non conjugués (non recommandés dans la population générale, ainsi que les revues sur les vaccins conjugués n'incluant aucun essai sur le vaccin à 13 valences.

               

    L'efficacité du VCP-13 a été établie selon les critères de l'OMS en comparant son immunogénicité au VPC-7 et aux seuils de protection pré-définis pour les 6 sérotypes additionnels (son efficacité contre les infections invasives a été étudiée après l'obtention de son AMM).

                         

                      

/// Efficacité directe du vaccin

                              

Contre les infections invasives et les pneumopathies

    La revue systématique et méta-analyse de Alicino et al., publiée en 2017, résume l'impact des vaccins conjugués anti-pneumococciques (à 10 et 13 valences) sur le taux d'hospitalisation pour une pneumopathie chez les enfants de moins de 5 ans. 12 études ont été incluses dans la méta-analyse (4 sur le vaccin à 10 valences, 7 sur le vaccin à 13 valences et 1 sur les deux vaccins). [6] 

Chez les enfants de moins de 2 ans, la méta-analyse retrouve une diminution significative des hospitalisations pour les pneumopathies cliniques de 17% [IC 95 % : 11 à 22%] selon 8 études et de 31% pour les pneumopathies confirmées à la radiographie [IC 95% : 26 à 35%] selon 6 études après l'introduction du nouveau vaccin conjugué anti-pneumococcique.

Chez les enfants entre 2 et 5 ans, la méta-analyse retrouve une diminution de 9% [IC 95% : 5 à 14%] des hospitalisations pour une pneumopathie confirmée cliniquement (selon 4 études) et de 24% [IC 95% : 12 à 33%] des hospitalisations pour une pneumopathie confirmée à la radiographie (selon 6 études) après l'introduction du nouveau vaccin conjugué anti-pneumococcique.

Ces résultats restaient significatifs dans les analyses en sous-groupe pour le vaccin 13-valent (avec un tendance à une réduction plus élevée que le vaccin 10-valent).

Les auteurs signalent une hétérogénéité élevée pour les résultats sur l'efficacité pour les pneumopathies cliniques ou confirmées à la radiographie.

Les auteurs concluent que la méta-analyse retrouve une diminution significative des hospitalisations pour une pneumopathie confirmée cliniquement ou radiologiquement, en particulier chez les enfants de moins de 2 ans, suite à la vaccination par le vaccin 10-valent ou 13-valent.

                 

    La revue systématique et méta-analyse de Ewald et al., publiée en 2016, quantifie l'impact du vaccin conjugué anti-pneumococcique dans l'ensemble de la population. [5] La revue inclue 21 essais randomisés comprenant 361 612 patients. La méta-analyse retrouve une diminution significative des infections invasives (tous sérotypes) : OR = 0.43 [IC 95% : 0.36 à 0.51 ; sur 9 essais]. Elle retrouve une diminution significative des pneumopathies (toutes causes confondues) : RR = 0.93 [IC 95% : 0.88 à 0.97 ; sur 7 essais] et des pneumopathies à pneumocoques : RR = 0.78 [IC 95% : 0.62 à 0.97 ; sur 1 essai]. Par contre, elle ne retrouve pas de différence statistiquement significative grâce au vaccin conjugué anti-pneumococcique sur la mortalité (toutes causes confondues) : RR = 0.95 [IC 95% : 0.88 à 1.03 ; sur 19 essais]. Les auteurs concluent que la méta-analyse trouve une diminution significative du risque d'infection invasive et de pneumopathie sans impact significatif sur la mortalité toutes causes confondues.

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    La revue systématique de Cohen et al., publiée en 2016, a pour objectif de décrire l'impact du vaccin conjugué anti-pneumococcique en France de 2001 à 2014 chez les enfants. La revue rapporte les résultats issus des systèmes de surveillance du pneumocoque et des études de surveillance réalisées pour la plupart par l'agence européenne du médicament. [7] Le VCP-7 a été introduit en France en 2003 avec une couverture vaccinale initialement suboptimale.

  • Après l'introduction du VCP-7, on observe une diminution des infections à pneumocoques dont les sérotypes sont prévenus par le vaccin : -73% pour les méningites, -90% pour les autres infections invasives, -97% pour le portage.

  • Par le phénomène de remplacement de sérotype, l'efficacité globale sur l'ensemble des infections à pneumocoques (tous sérotypes confondus) est modeste sur les méningites (-31%) et les autres infections invasives (-14%). Cette diminution est observée uniquement chez l'enfant de moins de 2 ans.

  • Après l'introduction du VCP-13 en 2010 avec une forte couverture vaccinale immédiate, l'impact est plus important avec une diminution sur l'ensemble des infections à pneumocoques quel que soit l'âge de l'enfant. Chez les enfants < 2 ans, on retrouve une diminution de -20% sur les méningites à pneumocoques, -36% sur les autres infections invasives à pneumocoques, -32% sur les pneumopathies aiguës communautaires à pneumocoques et -15% sur le portage de S. pneumoniae. Une diminution est également retrouvée dans les autres classes d'âge.

  • Le taux de souches résistantes à la pénicilline a diminué après l'introduction du VCP-7 puis du VCP-13.

  • L'introduction du VCP-13 avec une couverture vaccinale élevée et rapide, semble avoir limité le remplacement sérotypique.

                

    La revue systématique de Esposito et al., publiée en 2015, évalue l'impact du vaccin conjugué anti-pneumococcique à 13 valences (VCP-13) chez le jeune enfant. [2] La plupart des 7 études incluses retrouvent une diminution significative des infections invasives à pneumocoques chez les vaccinés et les non vaccinés, pour les sérotypes supplémentaires au VCP-7. Cependant, cette diminution s'accompagne d'une augmentation des infections invasives à pneumocoques de sérotypes différents de ceux contenus dans le vaccin. Concernant les pneumopathies, le VCP-13 est associé à une diminution des pneumopathies à pneumocoques chez les vaccinés et les non vaccinés (témoignant d'une immunité de groupe) dans les 3 études incluses.

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Contre les otites moyennes aiguës

    La revue systématique de Vojtek et al., publiée en 2017, étudie l'impact du vaccin conjugué anti-pneumococcique sur les otites moyennes aiguës. [1] 

Concernant les essais cliniques, les anciennes revues systématiques étudiant l'efficacité des anciens vaccins conjugués anti-pneumococciques ont retrouvé une efficacité nulle ou faible. 

Concernant les vaccins conjugués contenant davantage de valences, l'efficacité vaccinale sur les otites (à pneumocoques dont les sérotypes sont contenus dans le vaccin) varie de 56 à 67% pour les 4 essais randomisés inclus ; l'efficacité vaccinale sur les otites (toutes causes confondues) varie de -1 à 34% dans les 6 essais randomisés.

Concernant les études observationnelles, les données sont difficilement interprétables (hétérogénéité des études, méthodologies multiples, etc.) De plus, d'autres facteurs confondants gênent l'interprétation des diminutions observées d'incidence des otites : vaccination anti-grippale, changement de politique concernant l'antibiothérapie des otites moyennes, etc.

                                   

    La revue systématique et méta-analyse de Ewald et al., publiée en 2016, quantifie l'impact du vaccin conjugué anti-pneumococcique dans l'ensemble de la population. [5] La revue inclue 21 essais randomisés comprenant 361 612 patients. La méta-analyse retrouve une diminution significative pour les otites moyennes aiguës (toutes causes confondues) : RR = 0.93 [IC 95% : 0.86 à 1.00 ; p = 0.038 ; sur 3 essais] et pour les otites moyennes aiguës à pneumocoques : RR = 0.57 [IC 95% : 0.39 à 0.83 ; sur 2 essais] ; sans effet sur les otites moyennes aiguës récurrentes : RR = 0.87 [IC 95% : 0.72 à 1.05]. 

                          

    La revue systématique de Esposito et al., publiée en 2015, évalue l'impact du vaccin conjugué anti-pneumococcique à 13 valences (VCP-13) chez le jeune enfant.[2] Concernant les otites à pneumocoques, le VCP-13 a permis une diminution des otites à pneumocoques de sérotypes vaccinaux dans les 2 études incluses.

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/// Efficacité indirecte

                          

Sur le portage nasopharyngé

    La revue systématique de Esposito et al., publiée en 2015, évalue l'impact du vaccin conjugué anti-pneumococcique à 13 valences (VCP-13) chez le jeune enfant. [2] Concernant le portage naso-pharyngé, le VCP-13 est associé à une diminution du portage des pneumocoques de sérotypes vaccinaux dans les 3 études inclues.

                       
    La revue systématique et méta-analyse de Nicholls et al., publiée en 2015, évalue l'impact du vaccin conjugué anti-pneumococcique sur le portage naso-pharyngé chez le nourrisson. La revue a inclus 16 essais randomisés (14 776 patients). Le VCP (toutes valences confondues) n'a pas d'impact sur le portage naso-pharyngé des sérotypes vaccinaux après une (écouvillonnage réalisé à l'âge de 4 mois) ou deux doses (écouvillonnage réalisé à environ 6 mois) en comparaison au contrôle (placebo ou autre vaccin). Après 3 doses (écouvillonnage réalisé à environ 7 mois), le portage naso-pharyngé de sérotypes vaccinaux est plus faible que dans le groupe contrôle : RR = 0.67 [IC 95% : 0.56 à 0.81] selon 9 essais sur 7 613 enfants ; mais le portage naso-pharyngé de sérotype non vaccinaux a augmenté RR = 1.23 [IC 95% : 1.09 à 1.40] selon 8 essais sur 5 861 enfants. La méta-analyse ne retrouve pas d'impact global sur le portage naso-pharyngé du pneumocoque (tous sérotypes confondus) après 3 doses.

Les auteurs concluent que la primo-vaccination par le VCP n'a pas d'impact à court terme sur le portage global du pneumocoque (tous sérotypes).

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Impact de la vaccination des nourrissons sur les populations non vaccinées ("immunité de groupe")

    La méta-analyse de Vadlamudi et al., publiée en 2018, étudie l’impact de la vaccination anti-pneumococcique 13-valent de l’enfant chez l’adulte. 29 études observationnelles sur 2 033 961 sujets ont été incluses dans la méta-analyse. [9]

  • Concernant les infections invasives à pneumocoque (tous sérotypes confondus), la vaccination a permis une diminution de l'incidence des infections invasives chez les moins de 65 ans : RR = 0.78 [IC 95% : 0.72 à 0.85] et chez les plus de 65 ans : RR = 0.86 [IC 95% : 0.81 à 0.91], selon 21 études observationnelles avec 129 501 sujets.

  • Concernant les infections invasives de sérotypes vaccinaux, la vaccination a permis une réduction de l’incidence des infections invasives chez l’adulte : RR = 0.45 [IC 95% : 0.38 à 0.54] pour les sérotypes du vaccin 7-valent et RR = 0.60 [IC 95% : 0.54 à 0.68] pour les 6 sérotypes supplémentaires du vaccin 13-valent, selon 16 études.

  • Concernant les infections invasives à pneumocoque avec un sérotype non inclus dans le vaccin, la vaccination a engendré une augmentation de l'incidence des infections invasives chez l’adulte : RR = 1.10 [IC 95% : 1.04 à 1.17], en particulier chez les sujets âgés de > 65 ans : RR = 1.20 [IC 95% : 1.11 à 1.29], par remplacement sérotypique.

  • La vaccination a permis une réduction significative chez l’adulte de l’incidence des pneumopathies à pneumocoque : RR = 0.86 [IC 95% : 0.77 à 0.96] (7 études sur 76 337 sujets) et de la mortalité liée aux pneumopathies : RR = 0.67 [IC 95% : 0.57 à 0.78] (5 études sur 20 437 sujets). En revanche, les résultats sont non significatifs chez l’adulte pour les hospitalisations liées au pneumocoque, les méningites à pneumocoque et les infections non invasives à pneumocoque.

Les auteurs concluent que la vaccination 13-valent a un impact modéré sur la réduction des infections invasives chez l'adulte (diminution de l’incidence d’environ 18% à partir des données de population avec une couverture vaccinale anti-pneumococcique élevée). Ce résultat est limité par l’augmentation des infections invasives à sérotypes non vaccinaux en particulier chez les plus de 65 ans (avec une augmentation d’environ 20%).

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    La méta-analyse de Shiri et al., publiée en 2017, évalue l’impact de la vaccination anti-pneumococcique conjuguée du nourrisson sur les infections invasives à pneumocoque chez la population non vaccinée (enfants, adultes et sujets âgés). 242 études ont été incluses. L’impact de la vaccination est quantifié par le calcul du risque relatif de variation des infections invasives par an, suivant l’introduction du vaccin. [10]

  • Les infections invasives à pneumocoque de sérotypes inclus dans le vaccin 7-valent ont diminué dans le groupe non vacciné (tous âges confondus) : RR par an = 0.79 [IC 95% : 0.75 à 0.81]. L’effet reste significatif pour toutes les catégories d’âge.

  • Pour les sérotypes supplémentaires du vaccin 13-valent, les infections invasives (chez les non vaccinés, tous âges confondus) diminuent également : RR par an = 0.75 [IC 95% : 0.64 à 0.87]. Cependant, les résultats ne sont pas significatifs pour les sujets non vaccinés de moins de 18 ans.

  • Les infections invasives à pneumocoque tous sérotypes confondus ont diminué dans l’ensemble des classes d’âge : RR par an = 0.99 [IC 95% : 0.96 à 0.99]. Cependant, les résultats sont non significatifs chez les moins de 18 ans.

  • Concernant les sérotypes non inclus dans les vaccins, les auteurs retrouvent une augmentation significative pour les sujets de plus de 65 ans : RR par an = 1.18 [IC 95% : 1.12 à 1.25].

  • Les auteurs estiment qu’il faut environ 8.9 ans [IC 95% : 7.8 à 10.3] pour obtenir une réduction de 90% des infections invasives de sérotypes vaccinaux du vaccin 7-valent dans la population non vaccinée et 9.5 ans [IC 95% : 6.1 à 16.6] pour les 6 sérotypes supplémentaires du vaccin 13 valent.

Les auteurs concluent que la vaccination des nourrissons confère une protection indirecte significative contre les infections invasives à sérotypes vaccinaux pour la population non vaccinée.

                         

    La revue systématique de Tsaban et al., publiée en 2017, analyse l'impact de l'introduction du vaccin conjugué anti-pneumococcique (VCP) dans le calendrier vaccinal des nourrissons sur les adultes non vaccinés par le VCP. 49 études ont été incluses. [3] Les auteurs concluent que le taux d'infections invasives et de pneumopathies diminue (dans la plupart des études) chez les adultes dans la plupart des pays après l'implantation du VCP dans le calendrier vaccinal. L'effet indirect chez la population plus âgée semble varier en fonction de la couverture vaccinale et de la durée depuis l'introduction du vaccin dans le calendrier vaccinal. La population âgée de plus de 65 ans semble profiter le plus de cet effet de groupe. Cependant, les auteurs notent une augmentation croissante des infections à pneumocoque liées à des sérotypes non vaccinaux.

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/// Echecs vaccinaux

                  

    La revue systématique de Oligbu et al., publiée en 2016, évalue les calendriers vaccinaux, les facteurs de risque, la distribution des sérotypes et les échecs vaccinaux des vaccins conjugués anti-pneumococciques. [4] La revue inclue 20 études avec un total de 7 584 enfants âgés de moins de 5 ans. Les échecs vaccinaux représentaient 2.1% des infections invasives à pneumocoques [IC 95% : 1.8 à 2.4%]. Dans les études qui rapportent les antécédents des enfants ou les conséquences de ces échecs : 42.9% des enfants ayant un échec vaccinal ont une affection sous-jacente selon 9 études ; ces échecs vaccinaux sont associés à un taux de létalité de 2.4% [IC 95% : 0.3 à 8.5%] selon 5 études.

Les auteurs concluent que l'échec du VCP est rare, indépendamment du vaccin ou du calendrier vaccinal utilisé, ce qui confirme l'efficacité élevée de ces vaccins.

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Sources

Revues systématiques et méta-analyses

  1. Vojtek I, Nordgren M, Hoet B. Impact of pneumococcal conjugate vaccines on otitis media: A review of measurement and interpretation challenges. International Journal of Pediatric Otorhinolaryngology. 1 sept 2017;100(Supplement C):174 82. Prisma ●●○○ ; Amstar ●○○

  2. Esposito S, Principi N. Impacts of the 13-Valent Pneumococcal Conjugate Vaccine in Children. J Immunol Res. 2015;2015:591580. Prisma ●○○○ ; Amstar ●○○

  3. Tsaban G, Ben-Shimol S. Indirect (herd) protection, following pneumococcal conjugated vaccines introduction: A systematic review of the literature. Vaccine. 19 mai 2017;35(22):2882 91. Prisma ●●●○ ; Amstar ●●○

  4. Oligbu G, Hsia Y, Folgori L, Collins S, Ladhani S. Pneumococcal conjugate vaccine failure in children: A systematic review of the literature. Vaccine. 7 déc 2016;34(50):6126 32. Prisma ●●○○ ; Amstar ●○○

  5. Ewald H, Briel M, Vuichard D, Kreutle V, Zhydkov A, Gloy V. The Clinical Effectiveness of Pneumococcal Conjugate Vaccines: A Systematic Review and Meta-analysis of Randomized Controlled Trials. Dtsch Arztebl Int. 4 mars 2016;113(9):139 46. Prisma ●●●● ; Amstar ●●●

  6. Alicino C, Paganino C, Orsi A, Astengo M, Trucchi C, Icardi G, et al. The impact of 10-valent and 13-valent pneumococcal conjugate vaccines on hospitalization for pneumonia in children: A systematic review and meta-analysis. Vaccine. 13 oct 2017;35(43):5776 85. Prisma ●●●○ ; Amstar ●●●

  7. Cohen R, Biscardi S, Levy C. The multifaceted impact of pneumococcal conjugate vaccine implementation in children in France between 2001 to 2014. Hum Vaccin Immunother. 2016;12(2):277 84. Prisma ●○○○ ; Amstar ●○○

  8. Nicholls TR, Leach AJ, Morris PS. The short-term impact of each primary dose of pneumococcal conjugate vaccine on nasopharyngeal carriage: Systematic review and meta-analyses of randomised controlled trials. Vaccine. 3 févr 2016;34(6):703 13. Prisma ●●●● ; Amstar ●●●

  9. Vadlamudi NK, Chen A, Marra F. Impact of 13-pneumococcal conjugate vaccine among adults: a systematic review and meta-analysis. Clin Infect Dis. 12 oct 2018 Prisma ●●●● ; Amstar ●●●

  10. Shiri T, Datta S, Madan J, Tsertsvadze A, Royle P, Keeling MJ, et al. Indirect effects of childhood pneumococcal conjugate vaccination on invasive pneumococcal disease: a systematic review and meta-analysis. Lancet Glob Health. 2017;5(1):e51‑9. Prisma ●●●○ ; Amstar ●●○

                      

Impact des politiques vaccinales

                         

IMPACT DE LA POLITIQUE VACCINALE EN FRANCE
Remplacement du VPC-7 par le VPC-13
LES AUTRES ENJEUX DE LA VACCINATION
La résistance antibiotique
Le remplacement sérotypique
IMPACT DE LA POLITIQUE VACCINALE AU ROYAUME UNI
IMPACT DE LA POLITIQUE VACCINALE AUX ÉTATS-UNIS

          

/// IMPACT DE LA POLITIQUE VACCINALE En France

                     

2003 : introduction du VPC-7 chez les enfants à risque

Le HCSP recommande la vaccination des enfants < 2 ans à risque. [8]

                        

2006 : introduction du VPC-7 (schéma 3 + 1 rappel) pour tous les nourrissons de moins de 2 ans 

                 

2008 : allégement du schéma vaccinal (schéma 2 + 1 rappel)  

Le rapport du HCSP publié en 2012 effectue le bilan de l'apport du vaccin heptavalent. Entre la période 1998-2002 et 2008-2009 : [7]

  • La vaccination par le VPC-7 a été suivie d’une baisse modérée de 25% (environ 98 cas par an évités) de l’incidence des infections invasives à pneumocoques chez les enfants de moins de 2 ans (ciblés par les recommandations vaccinales) et d’une augmentation de l’incidence chez les enfants plus âgés et les adultes.

  • La diminution des infections invasives liées aux souches vaccinales s’est accompagnée d’une augmentation des infections liées aux souches non vaccinales. Ce remplacement sérotypique a concerné toutes les tranches d'âge. Cependant, chez les jeunes enfants, les souches vaccinales ont diminué de manière plus importante que les souches non vaccinales n’ont augmenté ; chez l’adulte, l’inverse s’est produit.

  • Au total, l'incidence des infections invasives (tous les âges confondus) a augmenté de 23% de 1998-2002 à 2008-2009 (+ 40% chez les 2 à 64 ans et + 13% chez les plus de 65 ans) soit 1 618 cas supplémentaires par an environ.

  • Ainsi, l'effet bénéfique global du vaccin heptavalent a été dépassé par l'augmentation des sérotypes non vaccinaux via le remplacement sérotypique. Seul le groupe d'âge ciblé par la vaccination profite de l'effet bénéfique du vaccin.

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2010 : remplacement du VPC-7 par le VPC-13

Le rapport du HCSP publié en 2012 [7] conclut qu'étant donné la diminution du nombre d'infections invasives liées aux sérotypes vaccinaux (16% des infections invasives à pneumocoques liées aux sérotypes vaccinaux chez les enfants de < 2 ans en 2007), le HCSP a recommandé son remplacement par le vaccin à 13 valences (couvrant 73% des sérotypes des infections invasives chez les enfants de < 2 ans). 

                      

L'incidence des infections invasives à pneumocoques tous âges confondus est passée de 11.7 en 2009 à 7.7 pour 100 000 en 2016. En comparaison à la période pré-vaccinale, l'incidence des infections invasives à pneumocoques a diminué dans toutes les tranches d'âge et en particulier chez les moins de 2 ans avec une diminution de 48% de l'incidence des infections invasives à pneumocoques. L'incidence a également diminué entre 14 et 41% pour les autres tranches d'âge non ciblées par la vaccination (Cf. ci-dessous). [3]

                      

Evolution de l’incidence des infections invasives à pneumocoques par âge en France métropolitaine, Epibac 1998-2016 [3]

Pneumo3

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Pneumo2

                          

 

Evolution du taux d’incidence des infections invasives à pneumocoques selon l’âge et de la couverture vaccinale à 24 mois, France métropolitaine, 1998-2016 [3]

 

 

 

 

 

 

 

                                  

De 2014 à 2016, les données Epibac retrouvent une augmentation significative de l'incidence des infections invasives à pneumocoques pour les souches non incluses dans le vaccin VPC13 dans tous les groupes d’âge et une légère augmentation pour les souches liées aux 6 sérotypes additionnels du VPC13 chez les enfants de moins de 2 ans et les sujets âgés de 65 ans et plus. [3]

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/// LES AUTRES ENJEUX DE LA VACCINATION

                       

La résistance antibiotique

    Le risque de virulence, la durée de colonisation (portage rhino-pharyngé) et le risque de résistance du pneumocoque varient selon le sérotype.

                  Pneumo7

    Selon le dernier rapport du Centre National de Référence des Pneumocoques (CNRP), sur l'épidémiologie de 2015, les sérotypes 19A, 15A, 19F et 24F représentent plus de 60% des souches de sensibilité diminuée à la pénicilline en 2015. Parmi les 6 sérotypes les plus fréquents dans les infections invasives en 2015, 5 sont sensibles à la pénicilline et un (sérotype 19A) est résistant. Ces sérotypes fréquents et sensibles ont la particularité d'avoir une durée de portage rhinopharyngé courte ce qui limite leur exposition aux antibiotiques et donc la pression de sélection. [2]

                  

                      

Sensibilité à la pénicilline par sérotype des souches de S. pneumoniae isolées d’infections invasives en 2015 (n=1169) [2]

                 

    La vaccination a modifié la distribution des sérotypes (cf. ci dessous), ce qui s'est accompagné d'une diminution des souches de sensibilité diminuée à la pénicilline.

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    Ainsi, concernant l'épidémiologie des bactériémies, la modification de la prévalence des sérotypes s'accompagne d'une diminution significative de la prévalence des pneumocoques de sensibilité diminuée aux bêta-lactamines entre 2001 et 2015 passant de 46% à 22% pour la pénicilline, de 29 à 8% pour l'amoxicilline et de 15 à 2% pour la céfotaxime pour toutes les tranches d'âge. Les résultats sont similaires concernant l'épidémiologie des méningites. [2]Pneumo8

              

            

Incidence des pneumocoques de sensibilité diminuée à l’amoxicilline (CMI > 0,5 mg/L) isolés de bactériémies, selon le groupe d'âge, 2001-2015 [2]

                    

                

               

Une diminution du taux de PSDP a également été constatée pour les cas d'otite moyenne aiguë (notamment grâce à la réduction du sérotype 19A). Cependant, cette tendance commencerait à s'inverser avec l'émergence d'autres sérotypes. [2]

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Pneumo4

Le remplacement sérotypique     

    La diminution des infections invasives à pneumocoques est modérée en regard de la forte couverture vaccinale. Celle ci s'explique par deux phénomènes antagonistes : la baisse de l'incidence des infections invasives par les sérotypes vaccinaux et l'émergence de phénotypes non vaccinaux par remplacement sérotypique. [3], [5]

                

                             

            

Incidence des infections invasives à pneumocoques par groupe de sérotypes, chez les enfants âgés de moins de 2 ans, France métropolitaine, 2001-2016 [3]

                     

                          

                             

Sous l'effet de la pression immunitaire (vaccinale) ou antibiotique, un phénomène de remplacement sérotypique se produit : [8]

  • soit par émergence de populations sous dominantes de pneumocoques, dont la fréquence va progressivement augmenter.

  • soit par un phénomène de switch capsulaire : des pneumocoques de sérotypes différents échangent leurs matériels génétiques capsulaires et donc leurs facteurs de virulence et de résistance. Le risque étant que les sérotypes vaccinaux résistants aux antibiotiques (actuellement moins représentés grâce à la vaccination) échangent leur gêne capsulaire pour devenir des sérotypes non inclus dans le vaccin. Des sérotypes actuellement sensibles risqueraient de devenir résistants. Cette éventualité est surveillée par le sérotypage des souches responsables des cas de méningites et l'étude de leur sensibilité aux antibiotiques. 

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    Par exemple, le dernier rapport du Centre National de Référence des Pneumocoques (CNRP) sur l'épidémiologie de 2015, rapporte l'évolution des sérotypes du pneumocoque avec la diminution des sérotypes vaccinaux et la progression de plusieurs sérotypes non vaccinaux (10A, 12F, 22F, 24F, 38 et 15B/C). [2]

                      

Remplacement des sérotypes chez l'enfants.png

                     

Distribution comparée des sérotypes de S. pneumoniae isolés des infections invasives chez l’enfant de moins de 2 ans de 2001 à 2015. [2]                                  

                     

                      

                     

                         

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/// IMPACT DE LA POLITIQUE VACCINALE Au Royaume Uni

                 

    L'incidence globale des infections invasives à pneumocoques a également diminué de 16.1 pour 100 000 en période pré-vaccinale (2000-2006) à 10.6 pour 100 000 (après l'introduction du VPC-7 en 2006) en 2009-2010 ; puis à 6.85 pour 100 000 en 2013-2014 (après le remplacement par le VPC-13 en 2010). Cela correspond à une réduction globale de l'incidence de 56% par rapport à l'ère pré-vaccinale. [4]

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/// IMPACT DE LA POLITIQUE VACCINALE Aux États-Unis

              

Le CDC rapporte une diminution du nombre d'infections invasives à pneumocoques suite à l'introduction de la vaccination (VPC-7 en 2000 et VCP-13 en 2010). Le nombre d'infections invasives (tous sérotypes) a ainsi diminué de 100 pour 100 000 en 1998 à 9 pour 100 000 en 2015. [1]

                Pneumo5

                          

Tendance des infections invasives à pneumocoque chez les enfants de < 5 ans, 1998-2015 [1]

                          

                        

               

               

               

               

                   

                     

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Sources

Littérature grise

  1. ABCs | Bacterial Surveillance | Trends by Serotype Group, 1998–2015 | CDC [Internet]. [cité 26 nov 2017]. Disponible sur: https://www.cdc.gov/abcs/reports-findings/survreports/spneu-types.html

  2. CNRP2016.pdf [Internet]. [cité 26 nov 2017]. Disponible sur: http://cnr-pneumo.fr/docs/rapports/CNRP2016.pdf

  3. Données épidémiologiques / Infections à pneumocoque / Maladies à prévention vaccinale / Maladies infectieuses / Dossiers thématiques / Accueil [Internet]. [cité 26 nov 2017]. Disponible sur: http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Infections-a-pneumocoque/Donnees-epidemiologiques

  4. green_book_chapter__25.pdf [Internet]. [cité 26 nov 2017]. Disponible sur: https://www.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/596441/green_book_chapter__25.pdf

  5. GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_les_infections_invasives_pneumocoque.pdf [Internet]. [cité 26 nov 2017]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/pdf/GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_les_infections_invasives_pneumocoque.pdf

  6. Point sur les connaissances / Infections à pneumocoque / Maladies à prévention vaccinale / Maladies infectieuses / Dossiers thématiques / Accueil [Internet]. [cité 26 nov 2017]. Disponible sur: http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Infections-a-pneumocoque/Point-sur-les-connaissances

  7. HCSP. Vaccination des nourrissons contre les infections invasives à pneumocoque par le vaccin pneumococcique conjugué 13 valent [Internet]. Paris: Haut Conseil de la Santé Publique; 2012 févr. Disponible sur: http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=255

  8. HCSP. Vaccination par le vaccin pneumococcique conjugué 13-valent [Internet]. Paris: Haut Conseil de la Santé Publique; 2009 déc. Disponible sur: http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=99