Efficacité des vaccins contre la rubéole

 

Efficacité des vaccins contre la rubéole

 

Introduction

          

HISTORIQUE DES STRATEGIES VACCINALES ANTI-RUBEOLE
IMMUNITÉ NATURELLE ACQUISE

              

historique des strategies vaccinales anti-rubeole

               

Le principal objectif de la vaccination anti-rubéoleuse est de prévenir le syndrome de rubéole congénitale.[3] Pour ce faire, la vaccination contre la rubéole a été instaurée dans les années soixante-dix de manière sélective chez les filles prépubères initialement. On espérait ainsi prévenir la survenue des infections chez les femmes enceintes. La surveillance épidémiologique ainsi que les résultats des travaux de modélisation mathématique ont montré l’impossibilité d’éliminer la rubéole congénitale à travers cette seule approche. La persistance d’infections durant la grossesse était due à la persistance de la transmission virale (via les enfants et la population masculine) couplée à une proportion résiduelle de femmes enceintes non immunisées (non vaccinées ou échec vaccinal).  A noter que la contagiosité débute 5 jours avant le début des symptômes (voir rubéole) et qu'il est ainsi impossible d'empêcher la contamination de la femme enceinte.[1]

 

C’est pourquoi les pays ont intégré, à la fin des années quatre-vingt, une stratégie de vaccination des nourrissons des deux sexes. Cependant, ces mêmes modèles mathématiques ont montré le danger d’une couverture vaccinale insuffisante chez le nourrisson. Cette stratégie vaccinale, en réduisant la circulation virale sans l’interrompre, aurait comme effet délétère d’élever l’âge moyen des cas résiduels et d’augmenter le risque que ces cas surviennent chez des femmes en âge de procréer.[1] Cela a d’ailleurs été le cas avec plusieurs épidémies identifiées en France en 1993-1994, 1997 et 2000 à l’origine d'une augmentation des cas de rubéoles congénitales malformatives.[4]

En 1992, un décret impose le dépistage sérologique de la rubéole lors de l'examen prénatal. En 1996, une seconde dose du vaccin ROR a été recommandée en France à 11-13 ans puis à 3-6 ans en 1997 pour éliminer plus rapidement la rougeole. Depuis 1999, le vaccin triple est pris en charge par l'assurance maladie, initialement jusque 13 ans, actuellement jusqu’à 17 ans à 100% et 65% à partir de 18 ans. [1]

En 2011, dans un contexte d'épidémie de rougeole, le HCSP (Haut Conseil de la Santé Publique) recommande le rattrapage de tous les adolescents et adultes nés depuis 1980 et n’en ayant pas déjà bénéficié, ainsi que pour les femmes en âge de procréer nées avant 1980. [1]

En avril 2012, l’Initiative contre la rougeole et la rubéole a présenté un nouveau plan stratégique mondial de lutte contre la rubéole pour la période 2012-2020. D’ici fin 2020, l’objectif est d’avoir éliminé la rougeole et la rubéole dans 5 régions de l’OMS au moins. [5] 

Bien que l’objectif initial n'ait pas été atteint, le bilan publié par l’OMS Europe en juin 2021 rapporte qu’en 2019, la totalité des pays avaient inscrit la vaccination ROR en deux doses à leur calendrier vaccinal. Plus de la moitié des pays (57%) avaient atteint la cible de couverture vaccinale >= à 95% pour la première dose de vaccin ROR. De plus, l’incidence de la rubéole a chuté de plus de 99% entre 2005 et 2019, passant de 234,9 cas par million d’habitants en 2005 à 0,67 cas par million en 2019. Sur la même période,  le nombre de cas de syndrome de rubéole congénital a diminué de 50% (16 cas en 2005 contre 8 cas en 2019).[6]

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immunité naturelle acquise

 

A la suite d'une infection rubéoleuse, l'immunité humorale est détectée dès la 2e semaine. Les immunoglobulines G persistent mais les immunoglobulines M disparaissent dès la 8e semaine. Une semaine après la réponse humorale, l'immunité à médiation cellulaire (via les lymphocytes T spécifiques de la rubéole) s'installe pour persister tout au long de la vie. Dans de rares cas, des réinfections peuvent survenir et occasionnellement être responsables de SRC si elles surviennent lors d'une grossesse.[3]Il n’existe aucun cas de rubéole congénitale due à l’administration d’un vaccin ROR durant la grossesse.[3]

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SOURCES 

Littérature grise 

  1. GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_la_rubéole.pdf [Internet]. [cité 25 mai 2022]. Disponible sur: https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-a-prevention-vaccinale/rubeole/la-maladie/#tabs  

  2. OMS | Rubéole [Internet]. WHO. [cité 12 mai 2022]. Disponible sur: http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs367/fr/

  3. wer8629.pdf [Internet] [cité le 12  mai 2022] Disponible sur : https://apps.who.int/iris/handle/10665/241233

  4. plan_elimination_rougeole.pdf [Internet]. [cité 12 mai 2022]. Disponible sur: http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/plan_elimination_rougeole.pdf

  5. World Health Organization. Global measles and rubella strategic plan: 2012-2020. [Internet]. 2012 [cité 12 mai 2022]. Disponible sur: http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/44855/1/9789241503396%5Feng.pd

  6. Pinkbook | Rubella | Epidemiology of Vaccine Preventable Diseases | CDC [Internet]. [cité 25 mai 2022]. Disponible sur: https://www.cdc.gov/vaccines/pubs/pinkbook/rubella.html

               

Données épidémiologiques

                         

EN FRANCE
AUX ETATS-UNIS
DANS LE MONDE 

             

En FRANCE

Taux incidence rubeole 1976 2008

               

Le vaccin anti-rubéoleux a été introduit auprès des jeunes filles dès 1970, puis pour les nourrissons des deux sexes en 1983. L’association avec la rougeole puis avec les oreillons a eu lieu trois ans plus tard (vaccin triple). La deuxième dose est introduite en 1996. [1][3]

                 

Le taux de séroconversion est supérieur à 95% après une dose et pratiquement 100% après 2 doses. Il survient deux à quatre semaines après la vaccination. La 2e dose se justifie de par son association avec le vaccin anti-oreillons et anti-rougeole dont l'efficacité augmente significativement après celle-ci.

             

La présence de ≥10 UI/ml d’IgG antirubéoleuses est considérée comme une preuve de protection. Les études sérologiques montrent la persistance d’anticorps à taux protecteur pendant au moins 10 à 20 ans dans > 95% des cas. Les ré-infections sont cependant possibles chez les sujets vaccinés (les virémies restent exceptionnelles dans ce cas).[2][5][6] Selon l'OMS, l'immunité procurée par le vaccin persiste à vie bien que les taux d'anticorps puissent diminuer au-dessous des seuils détectables. Il n'y a pas lieu de vacciner les femmes ayant eu deux vaccinations préalables quel que soit le résultat de la sérologie.[3] 

           

Une surveillance recensant les cas d’infections rubéoleuses survenues chez les femmes enceintes et les cas de rubéole congénitale chez les nouveau-nés a été mise en place en 1976 à travers le réseau Renarub.

            

               

Evolution du nombre dinfections maternelles ayant donn lieu des interruptions de grossesse ou la naissance denfants atteints de RCM

Entre 1976 et 1984, l’incidence des infections rubéoleuses en cours de grossesse était élevée avec une moyenne annuelle de 29,5 cas pour 100.000 naissances vivantes.

Depuis 2006, le nombre d’infections rubéoleuses diagnostiquées durant la grossesse recensées par Rénarub est inférieur à 15 cas par an soit des taux annuels d’incidence inférieurs à 2 cas pour 100.000 naissances vivantes. Le nombre annuel de rubéoles congénitales malformatives est inférieur à 3 depuis 2006 également. [1][3]

Ces données sont en faveur d’une très faible circulation résiduelle du virus, mais non conforme à l’objectif d’élimination de la rubéole fixé initialement en 2000 (puis repoussé successivement en 2020) par l’OMS. De plus des modèles mathématiques ont par ailleurs montré le danger d’une couverture vaccinale insuffisante chez le nourrisson, qui, en réduisant la circulation virale sans l’interrompre, aurait comme effet d’élever l’âge moyen des cas résiduels augmentant le risque que ces cas surviennent chez des femmes en âge de procréer. (Cf. le glissement épidémiologique - Epidémiologie vaccinale)

Pour éviter la possibilité d’une augmentation du risque de SRC, les pays doivent obtenir et maintenir une couverture vaccinale d’au moins 80%. [3][6]

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AUX ETATS-UNIS

Rubeole Etats unis                    

Les Etats-Unis ont été touchés par une épidémie de rubéole qui a sévi en 1964-1965, et a provoqué environ 12,5 millions de cas de rubéole, plus de 2000 cas d’encéphalite, 11 250 pertes fœtales, plus de 20 000 cas de SRC, plus de 8000 cas de surdité, 3580 cas d’enfants sourds et aveugles, et 1800 autres présentant un retard mental. Le coût de cette épidémie est estimé à 840 millions de Dollars.[6]

 

En 1969, on dénombrait 57.686 cas de rubéole (58 cas pour 100.000) lorsque la vaccination a été introduite. Dès 1983, le nombre de cas rapportés était inférieur à 1000 par an. Quelques épidémies de rubéole en californie et Pennsylvanie (dans une communauté Amish) en 1990-1991 ont été responsables de 58 cas de SRC sur ces deux années. [8]

 

En 2005,  les Etats-Unis ont déclaré l’élimination de la transmission endémique du virus rubéoleux. En 2015, la Région OMS des Amériques a été la première région OMS à être déclarée exempte de transmission endémique du virus de la rubéole.[5][6]

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Dans le monde 

            

Avant l’introduction du vaccin, un à quatre enfants pour 1000 naissances vivantes présentaient un SRC dans les pays les moins immunisés au cours des épidémies. La vaccination à grande échelle au cours de la dernière décennie a permis d’éliminer pratiquement la rubéole et le syndrome de rubéole congénitale dans de nombreux pays développés et dans quelques pays en développement. [5]

Pour exemple, le nombre de cas rapportés (issus des états membres de l’OMS) d’infection rubéoleuse est passé de 670 894 en l’année 2000 à 49 136 en 2019. Le nombre de cas déclarés de SRC est passé de 156 en 2000 à 423 en 2019.[4] En réalité, l’OMS estime à plus de 80 000 cas de SRC chaque année, principalement dans les Régions OMS de l’Afrique et de l’Asie du Sud-Est, où la couverture vaccinale est la plus faible.[6]

Dans les situations de flambée, l’efficacité des différents vaccins a été, selon les estimations, de 90% à 100%. [6]

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Sources

Littérature grise

  1. Rubéole / Maladies à prévention vaccinale / Maladies infectieuses / Dossiers thématiques / Accueil [Internet].[cité 12 mai 2022].. Disponible sur: http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Rubeole

  2. Rubéole | Vaccination Info Service [Internet]. [cité 12 mai 2022].. Disponible sur:  https://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/Rubeole

  3. GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_la_rubéole.pdf [Internet]. [cité 12 mai 2022].. Disponible sur: https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-a-prevention-vaccinale/rubeole/la-maladie/#tabs  

  4. World Health Organization. Global measles and rubella strategic plan: 2012-2020. [Internet]. 2012 [cité 25 mai 2022]. Disponible sur: http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/44855/1/9789241503396%5Feng.pd

  5. OMS | Rubéole [Internet]. WHO. [cité 12 mai 2022]. Disponible sur: http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs367/fr/

  6. wer8344.pdf [Internet]. [cité 12 mai 2022].. Disponible sur: https://apps.who.int/iris/handle/10665/241233

  7. Rubéole – Santé publique France [Internet]. [cité 12 mai 2022]. Disponible sur: https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-a-prevention-vaccinale/rubeole/la-maladie/#tabs

  8. Pinkbook | Rubella | Epidemiology of Vaccine Preventable Diseases | CDC [Internet]. [cité 12 mai 2022].. Disponible sur: https://www.cdc.gov/vaccines/pubs/pinkbook/rubella.html

                    

Données des revues systématiques

                  

DONNées des REVUES SYSTéMATIQUES DE LITTéRATURE

La revue systématique et méta-analyse de Pietrantonj et al., mise à jour en novembre 2021, évalue  l'efficacité, l'innocuité et les effets indésirables à long et à court terme associés aux vaccins ROR / ROR + Varicelle / RORV (vaccin tétravalent contenant les souches de la rougeole, de la rubéole, des oreillons et de la varicelle), administrés à des enfants âgés de 15 ans ou moins. Elle inclut 138 études (23 480 668 participants) dont 51 études (10 248 159 enfants) portant sur l'efficacité des vaccins et 87 études (13 232 509 enfants) portant sur association entre les vaccins et différents effets secondaires. Concernant l’efficacité du vaccin contre la rubéole, les auteurs retrouvent que : [5]

  • L'efficacité du vaccin contre la rubéole est de 89 % (RR 0,11, [IC95% : 0,03 à 0,42] ; 1 étude de cohorte ; 1 621 enfants ; niveau de preuve modéré).          

  • Les analyses montrent une association entre les vaccins ROR/ROR+V/RORV (souche Jeryl Lynn) et les convulsions fébriles :

    • 1 semaine post vaccination (RR 2,45, [IC95% : 2,21 à 2,71] ; 2 études de cohorte ; 1 451 990 enfants).

    • Entre 1 et 2 semaines post vaccination (RR 3,16, [IC 95% : 2,89 à 3,46] ; 2 études de cohortes ; 2 147 636 enfants), avec un niveau de preuve modéré.

    • Après plus de 2 semaines post vaccination, le risque se normalise (RR 0,97, [IC95% : 0,49 à 1,94] ; 1 étude de cohorte ; 1 018 998 enfants).

    • Cependant, les crises fébriles surviennent normalement chez 2 à 4 % des enfants en bonne santé, au moins une fois avant l'âge de 5 ans. Le risque attribuable de convulsions fébriles induites par le vaccin est estimé à 1 pour 1700 à 1 pour 1150 doses administrées.

  • Les analyses montrent une association entre la vaccination ROR et le purpura thrombocytopénique idiopathique (PTI) (RateR 4,21 ; [IC95% : 2,28 à 7,78] ; 5 études observationnelles ; 3 723 677 enfants, niveau de preuve modéré). Cependant, le risque de PTI après la vaccination est plus faible qu'après une infection naturelle par ces virus. L'infection naturelle du PTI se produit dans 5 cas pour 100 000 (1 cas pour 20 000) par an. Le risque attribuable est estimé à environ 1 cas de PTI pour 40 000 doses de ROR administrées.

  • Il n'y a pas de preuve d'une association entre la vaccination ROR et l'encéphalite ou l'encéphalopathie (OR 0,90, [IC95% : 0,50 à 1,61] ; 2 études observationnelles ; 1 071 088 enfants ; niveau de preuve faible).

  • Il n'y a pas de preuve d'une association entre la vaccination ROR et les troubles du spectre autistique (RateR 0,93, [IC95% : 0,85 à 1,01 ; 2 études observationnelles ; 1 194 764 enfants ; niveau de preuve modéré), voir chapitre dédié.

  • Les preuves sont insuffisantes pour déterminer l'association entre la vaccination ROR et les maladies inflammatoires de l'intestin (odds ratio 1,42, [IC95% : 0,93 à 2,16] ; 3 études observationnelles ; 409 cas et 1416 témoins ; niveau de preuve modéré).

  • Il n'y a pas de preuve d'une association entre la vaccination ROR, chez des enfants de 9 mois à 15 ans, et le retard cognitif (entre 24 mois et 6 ans), le diabète de type 1 (voir chapitre dédié), l'asthme (RateR 1,05 ; [IC95% : 0,80 à 1,39] ; 3 études de cohorte ; 1 067 712 enfants), la dermatite/eczéma, le rhume des foins, la leucémie, la sclérose en plaques (OR 1,03, [IC95% : 0,62 à 2,05] ; 1 étude observationnelle cas témoin ; 1095 enfants ; voir chapitre dédié), les troubles de la marche et les infections bactériennes ou virales (herpes, pneumonies, infection bactérienne invasive), avec un niveau de preuve faible.

 

La revue systématique et méta-analyse de Van den Boogaard et al., publiée en janvier 2021, met à jour le rapport de Prise de position sur le vaccin contre la rubéole de l'OMS datant de 2011. L’étude résume les données probantes sur l'épidémiologie de la rubéole ainsi que sur l'immunogénicité, l'efficacité, la durée de protection, l'innocuité et la politique de vaccination contre la rubéole. Les auteurs ont inclus, en addition aux études datant d’avant 2011 : 32 essais controlés randomisés (ECR) et 4 études observationnelles sur l'immunogénicité (souche RA27/3) chez les enfants et les adolescentes, 5 ECR et 9 études observationnelles sur la durée de protection, 1 article sur l'efficacité et 74 études sur la sécurité, dont 3 portant sur des femmes enceintes. [6]

  • La méta-analyse des données d'immunogénicité a montré une séroconversion de 99 % [IC 95%: 98-99 %] après une dose unique de vaccin contre la rubéole chez les enfants, indépendamment de la co-administration avec d'autres vaccins. La séroconversion après l'administration d’une première dose avant l'âge de 9 mois était de 93 % [IC 95% : 92-95 %].

  • Pour la durée de protection, les études incluses ont montré une séropositivité comprise entre 88%-100% mesurée entre 1 à 20 ans après une ou deux doses de vaccin contre la rubéole. Cependant, dans l'étude analysant le taux d'anticorps 20 ans après 2 doses, 24% des participants présentaient des taux d'anticorps inférieur à 10 UI/mL, soit inférieur au taux supposé protecteur.

  • La méta analyse portant sur les effets indésirables, rapporte que 140 événements indésirables graves (EIG) ont été signalés comme étant possiblement liés au vaccin contre la rubéole, sur un total de 34 332 participants inclus. Parmi ces rapports, l’association avec le vaccin a été démontrée pour un seul EIG (une encéphalite fulminante). Les autres EIG rapportés comprenaient : 25 convulsions fébriles (0,07 % des enfants), 4 cas de purpura thrombocytopénique idiopathique (0,01 %), 1 arthrite idiopathique juvénile, 1 hospitalisation pour hyperthermie, 1 maladie de Kawasaki atypique, 1 encéphalite d'origine virale, 1 adénite inguinale, 1 cas d'autisme, 1 gonflement de grade 3 de la parotide/des glandes salivaires, 1 anorexie, 1 ataxie, 2 éruptions papuleuses/vésiculaires dont 1 surinfection bactérienne, 1 abcès péri-tonsillaire, 1 abcès périnéal et 1 pneumonie. Les 97 autres EIG n'ont pas été précisés en détail, ils comprenaient des symptômes variés tels que : gastro-entérite, convulsions, bronchospasmes, pneumonie, pharyngite et fièvre. Parmi ces effets indésirables, les informations pour évaluer la probabilité d'une association réelle avec le VCR n’étaient pas suffisantes et aucun EIG à l’exception de l’encéphalite n’a été retenu par les auteurs comme associé à la vaccination anti rubéole. La période de suivi s'étendait généralement de quelques jours après la vaccination à un maximum de six mois.

  • Parmi les 3 000 femmes enceintes qui ont été vaccinées par inadvertance, aucun EIG n'a été signalé, notamment pas de cas de CRS.

 

La revue systématique et méta-analyse de Schenk et al., publiée en 2020 étudie l’immunogénicité et la vitesse de décroissance des anticorps anti rougeole, anti oreillons et anti rubéole dans le temps. Un total de 62 études ont été analysées. Les auteurs retrouvent que : [7]

  • Les taux de séroconversion globaux estimés pour la rubéole étaient de 98,3% ([IC95% : 97,3-99,2] ; I²=93,0%).

  • Il n'y avait pas de différence significative de séroconversion après la première et la deuxième dose du ROR p=0,11 pour la rubéole.

  • Les taux annuels globaux estimés de décroissance pour la rubéole étaient de 0,012 ([IC95% : 0,010-0,014] ; I²=93,3 %).

  • pour les oreillons en excluant la souche Rubini 93,3% ([IC 95 % : 91,1-95,2] ; I²=94,9%), pour les oreillons en incluant la souche Rubini 91,1% ([IC 95 % : 87,4-94,1] ; I²=96,6%). Il n'y avait pas de différence significative de séroconversion après la première et la deuxième dose du ROR (p=0,50 pour les oreillons).

  • Le taux annuel global estimé de décroissance pour les oreillons était de 0,024 ([IC 95 % : 0,016-0,039] ; I²=94,7 %).

Les auteurs ont réalisé une projection hypothétique basée sur les résultats globaux de la méta-analyse, pour montrer comment évoluerait la proportion de séroconvertis dans un groupe de 100 personnes vaccinées sur une période de 50 ans, en supposant que toutes les personnes vaccinées ont reçu une seule dose de vaccin ROR et qu'elles ne sont pas exposées à des virus de type sauvage à un moment quelconque après la vaccination. Après 35 ans, par exemple, la proportion d'individus devenus séronégatifs était d'environ 35 % [IC95% : 31,3-43,3] pour la rubéole.

 

La revue systématique de Sinzinger et al., publiée en mars 2020 et portant sur 5 études, évalue l'effet du ROR comme dernier vaccin réalisé (comparativement au DTP comme dernier vaccin réalisé) sur la fréquence d’hospitalisation pour maladie infectieuse chez des enfants, au cours de leur deuxième année de vie. Les enfants qui avaient reçu le ROR comme vaccin le plus récent présentaient une diminution du risque combiné de 35 % [IC95% : 12-53 %] d'hospitalisation due à une maladie infectieuse, par rapport aux enfants qui avaient reçu le DTaP comme vaccin le plus récent (trois études, 1 919 192 enfants). L'effet était plus marqué pour les infections des voies respiratoires que pour les infections gastro-intestinales. Deux études ont comparé le ROR seul à l'administration simultanée des vaccins ROR et DTaP. Dans ce cas, l'estimation globale de la réduction du risque d'hospitalisation pour toute maladie infectieuse était plus faible et non significative (15 % ; [IC95% : -9 % à 34 %)]. Le risque de biais était sérieux à critique dans toutes les études. De plus, deux des cinq études ont démontré une réduction significative du risque pour un le groupe contrôle (hospitalisation pour blessures), ce qui indique un biais de vaccination sain ou un facteur de confusion résiduel très probable. Les auteurs concluent que la méta analyse réalisée à partir d’études de faible qualité, avec un risque de biais très élevé, ne permet pas de tirer de conclusion quant à la supériorité de protection conférée par le ROR comme vaccin le plus récent, par rapport au DTP. [8]

 

La revue systématique et méta-analyse de Mangtani et al., publiée en 2020 étudie le profil de sécurité des vaccins monovalents et combinés contre la rubéole chez les femmes vaccinées par inadvertance quelques semaines avant la conception et au cours des trois premiers mois de la grossesse. La méta analyse portant sur 4 études de cohortes avec témoins non vaccinés, incluant 1340 patientes dont 666 exposées retrouve un risque combiné de syndrome de rubéole congénital dont la limite supérieure théorique est estimée à 1/1008, soit un risque théorique maximum de développer un SRC de 0,099% chez les femmes vaccinées répondantes au vaccin, quelque soit le vaccin contre la rubéole. Il n’y avait pas de cas de SRC dans les études de cohorte non contrôlée et dans les autres types d’études observationnelles incluses. [9]

Les auteurs concluent que, du fait de l’absence de cas de SRC retrouvé dans les études, la limite supérieure estimée est plutôt conservatrice. De plus, l'absence de rapports spontanés de SRC dans le cadre de la surveillance passive des situations où une vaccination anti rubéoleuse par inadvertance a eu lieu pendant la grossesse fournit des informations complémentaires sur la sécurité de la vaccination anti rubéoleuse peu avant ou pendant le début de la grossesse.

 

La revue systématique de Mongua-Rodriguez et Al., publiée en 2013, étudie l’impact des différentes stratégies de vaccination anti rubéoleuse aux Amériques sur les taux d’incidence de rubéole et de syndrome congénitale de la rubéole (SRC).[1] L’analyse des 14 études inclues (2 essais cliniques, 2 études de cohorte, 3 études transversales, 5 études écologiques et 2 modèles mathématiques) retrouve, selon les 3 types de stratégie vaccinale :

  1. Stratégie n°1 = vaccination des enfants uniquement (vaccination systématique, de rattrapage ou des groupes à risque) (Brésil, Caraïbes, Costa Rica)  :

    • Réduction du taux d’incidence de rubéole de 23.64% à 99.62% selon les études (pour 5 études). Une étude retrouve une augmentation de l'incidence.

    • Réduction de 93.89% du taux de SRC (une seule étude à Sao Paulo) initialement.

    • Néanmoins, persistance d’épidémies et augmentation de leur fréquence chez les jeunes adultes (avec risque d'augmentation secondaire de SRC) prouvant l’insuffisance de cette seule stratégie.

  • Stratégie n°2 = vaccination des adultes à risque (femmes en âge de procréer, professions à risque) en plus des enfants (Brésil) :

    • Réduction initiale du taux d’incidence de rubéole de plus de 95% (dans 2 études),  et de SRC entre 85% (1 étude) à 100% (1 autre étude).

    • Néanmoins, de nouvelles épidémies sont apparues 7 ans plus tard avec un taux d’incidence de rubéole multiplié par 5.5 chez les hommes adultes et la persistance de la circulation du virus (1 étude).

  • Stratégie n°3 = vaccination systématique des enfants et adultes (hommes et femmes)  (Mexique, Costa Rica puis Etats unis) :

    • Réduction majeure (98.93%) du taux de rubéole soit une incidence à 0.58 cas pour 100.000 habitants et l’absence de SRC depuis 2008 au Mexique (1 étude).

    • Réduction de 100% du taux de SRC au Costa Rica (33 cas pour 100.000 naissances vivantes en  1996 à 0 cas en 2002) (1 étude).

Les auteurs concluent que la vaccination systématique des enfants et adultes est la stratégie la plus efficace comme le prouve la diminution majeure des cas de rubéole et la disparition de transmission endémique de rubéole aux Amériques. La vaccination exclusive des enfants présente un effet paradoxal lorsque le taux de couverture vaccinale est inférieure à 95%, avec une susceptibilité accrue de rubéole à l’âge adulte et une augmentation des taux de SRC.

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La revue systématique de Peltola et al., publiée en 2008, étudie l’impact du programme national de vaccination contre la Rougeole, les Oreillons et la Rubéole à partir de l’ensemble des données disponibles en Finlande. Les principaux points concernant l’efficacité vaccinale contre la rubéole sont :

  • Dans les années 1970, avant l’introduction du programme de vaccination ROR en deux doses (initié en 1982), l’incidence annuelle de la Rubéole était de 104 cas pour 100.000 habitants. Le dernier cas de rubéole congénitale a été enregistré en 1986. En 1997, la rubéole a été éliminée de Finlande.

  • Entre 2003 et 2007, la Finlande a relevé 6 cas de rubéole dont un était un échec de la vaccination.

  • L’efficacité sérologique est de 100 % après une dose, mais les taux d’anticorps diminuent au cours des années.

Ainsi, en se basant sur les données des années épidémiques antérieures en Finlande et en tenant compte de la population actuelle de 5.4 millions d’habitants, les auteurs estiment éviter, par an grâce à la vaccination, environ 12.266 cas, 45 syndromes de rubéole congénitale et 2 encéphalites.

 

Le revue systématique de Elliman et al., publiée en 2007, a pour but d’évaluer l’efficacité des vaccins monovalents et du vaccin trivalent ROR sur la rougeole, les oreillons et la rubéole. 102 revues systématiques, essais cliniques randomisés et études observationnelles ont été inclus. Concernant le vaccin contre la rubéole, 2 ECR, plusieurs études observationnelles et études de surveillance ont été incluses. Le vaccin ROR ou monovalent, comparé au placebo ou l’absence de vaccination, est associé à une réduction significative du risque de rubéole : [4]

  • 1 ECR réalisé à Taiwan, au cours d’une épidémie en 1968, a suivi 11.670 enfants de 7 à 12 ans pendant 1 an. Celle-ci met en évidence une diminution d’incidence de la maladie chez les enfants vaccinés (variant de 0% à 0.5% selon le type de vaccin) par rapport au placebo (13-17%) ou l’absence de vaccination (13-16%).

  • Un deuxième ECR réalisé au Japon en 1968 durant une épidémie a suivi 385 étudiants âgés de 16-18 ans. 85 étudiants étaient séronégatifs lors de l’épidémie (non vaccinés et non atteints dans l’enfance). Parmi eux, les étudiants ayant reçu la vaccination lors de l’épidémie ont été significativement moins touchés après 14 jours que ceux non vaccinés : 0% (0/24) contre 67% (41/61), p < 0.001.

  • 7 études de surveillance de la population conduites aux Etats-Unis, en Australie et en Europe mettent en évidence une diminution du nombre de cas de rubéole et de SRC suite à l’introduction de la vaccination ROR.

  • 2 analyses effectuées au cours d’épidémies ont été incluses afin d’évaluer l’impact de la vaccination sur les cas de rubéole et SRC. L’une réalisée en Grèce est décrite ci-dessous (Panagiotopoulos et al.). La seconde, réalisée au Brésil entre 1999-2000, retrouve 391 cas de rubéoles et 5 cas de SRC dans une région pour laquelle la vaccination n’avait pas encore été mise en place.

La vaccination ROR est considérée efficace dans la prévention de la rougeole, des oreillons et de la rubéole bien que peu d’études contrôlées contre placebo n’ont pu être effectuées et seraient actuellement considérées comme non éthiques.

            

            

La revue systématique de T.Panagiotopoulos et Al., publiée en 1999, [2] étudie les évènements qui ont mené à une épidémie de rubéole congénitale en Grèce en 1993 suite à une épidémie importante de rubéole. Les principaux éléments sont les suivants :

  • La vaccination ROR a été introduite en 1975 en Grèce chez les nourrissons des deux sexes à l’âge de 1 an. Cependant, le pays n'a pas mis en place de réelle politique vaccinale ayant pour but d’atteindre une couverture vaccinale élevée, ni de système de surveillance épidémiologique effectif. Ainsi, la couverture vaccinale est restée durant les années 80 constamment inférieure à 50%.

  • Parallèlement a été constaté que l’âge des sujets atteints de rubéole augmentait (8.5 ans en 1960 contre 17 ans en 1993).

  • De 1950 à 1992, les cas de SRC étaient sporadiques et ne dépassaient jamais 4 cas annuels. Mais en 1993 une épidémie record de rubéole chez les plus de 15 ans, jamais recensée en Grèce depuis 1950, est à l’origine de 25 cas de SRC soit un taux de 24.6/100 000 naissances vivantes. Pourtant, le nombre de cas de rubéole en 1993 était inférieur à celui retrouvé lors de l'épidémie de 1983. L'augmentation des SRC s'explique donc par le phénomère de glissement épidémiologique vers les tranches d'âge plus âgées.

Les auteurs concluent que la faible couverture vaccinale chez les nourrissons des deux sexes a confirmé le risque théorique d’effet paradoxal, à l’origine d’une d’augmentation du nombre de cas de SRC. Il est donc nécessaire de maintenir un taux de couverture élevé en cas de politique vaccinale anti-rubéoleuse.

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Sources

Revues systématiques de la littérature

  1. Mongua-Rodriguez N, Díaz-Ortega JL, García-García L, Piña-Pozas M, Ferreira-Guerrero E, Delgado-Sánchez G, et al. A systematic review of rubella vaccination strategies implemented in the Americas: impact on the incidence and seroprevalence rates of rubella and congenital rubella syndrome. Vaccine. 19 avr 2013;31(17):2145 51.  (Prisma ●●●; Amstar ●●)

  2. Panagiotopoulos T, Berger A, Antoniadou L, Valassi-Adam E. Increase in congenital rubella occurrence after immunisation in Greece: retrospective survey and systematic reviewHow does herd immunity work? BMJ. 4 déc 1999;319(7223):1462 7.(Prisma ●●০০; Amstar ●০০)

  3. Peltola H, Jokinen S, Paunio M, Hovi T, Davidkin I. Measles, mumps, and rubella in Finland: 25 years of a nationwide elimination programme. Lancet Infect Dis. déc 2008;8(12):796‑803. (Prisma ●○○○; Amstar ●○○)

  4. Elliman D, Sengupta N, El Bashir H, Bedford H. Measles, mumps, and rubella: prevention. BMJ Clin Evid [Internet]. 21 déc 2009 [cité 20 août 2018];2009. Disponible sur: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2907817/ (Prisma ●○○○; Amstar ●○○)

  5. Di Pietrantonj C, Rivetti A, Marchione P, Debalini MG, Demicheli V. Vaccines for measles, mumps, rubella, and varicella in children. Cochrane Database Syst Rev. 22 nov 2021;11:CD004407. (Prisma ●●●●; Amstar ●●●)

  6. Van den Boogaard J, de Gier B, de Oliveira Bressane Lima P, Desai S, de Melker HE, Hahné SJM, et al. Immunogenicity, duration of protection, effectiveness and safety of rubella containing vaccines: A systematic literature review and meta-analysis. Vaccine. 5 févr 2021;39(6):889‑900. (Prisma ●●●০; Amstar ●●●)

  7. Schenk J, Abrams S, Theeten H, Van Damme P, Beutels P, Hens N. Immunogenicity and persistence of trivalent measles, mumps, and rubella vaccines: a systematic review and meta-analysis. Lancet Infect Dis. févr 2021;21(2):286‑95. (Prisma ●●●●; Amstar ●●●)

  8. Sinzinger AX, Von Kries R, Siedler A, Wichmann O, Harder T. Non-specific effects of MMR vaccines on infectious disease related hospitalizations during the second year of life in high-income countries: a systematic review and meta-analysis. Hum Vaccin Immunother. 2020 Mar 3;16(3):490-498. Amstar 9 / prisma 21 (Prisma ●●●০; Amstar ●●●)

  9. Mangtani P, Evans SJW, Lange B, Oberle D, Smith J, Drechsel-Baeuerle U, et al. Safety profile of rubella vaccine administered to pregnant women: A systematic review of pregnancy related adverse events following immunisation, including congenital rubella syndrome and congenital rubella infection in the foetus or infant. Vaccine. 29 janv 2020;38(5):963‑78. (Prisma ●●০০; Amstar ●●●)