Efficacité de la vaccination anti-rubéole

 

Efficacité de la vaccination anti-rubéole

 

Introduction

          

HISTORIQUE DES STRATEGIES VACCINALES ANTI-RUBEOLE
IMMUNITÉ NATURELLE ACQUISE

              

/// historique des strategies vaccinales anti-rubeole

               

    Le principal objectif de la vaccination anti-rubéoleuse est de prévenir le syndrome de rubéole congénitale.[3] Pour ce faire, la vaccination contre la rubéole a été instaurée dans les années soixante-dix de manière sélective chez les filles prépubères initialement. On espérait ainsi prévenir la survenue des infections chez les femmes enceintes. La surveillance épidémiologique ainsi que les résultats des travaux de modélisation mathématique ont montré l’impossibilité d’éliminer la rubéole congénitale à travers cette seule approche. La persistance d’infections durant la grossesse était due à la persistance de la transmission virale (via les enfants et la population masculine) couplée à une proportion résiduelle de femmes enceintes non immunisées (non vaccinées ou échec vaccinal).  A noter que la contagiosité débute 5 jours avant le début des symptômes (voir rubéole) et qu'il est ainsi impossible d'empêcher la contamination de la femme enceinte.[1]

 

    C’est pourquoi les pays ont intégré, à la fin des années quatre-vingt, une stratégie de vaccination des nourrissons des deux sexes. Cependant, ces mêmes modèles mathématiques ont montré le danger d’une couverture vaccinale insuffisante chez le nourrisson. Cette stratégie vaccinale, en réduisant la circulation virale sans l’interrompre, aurait comme effet délétère d’élever l’âge moyen des cas résiduels et d’augmenter le risque que ces cas surviennent chez des femmes en âge de procréer.[1] Cela a d’ailleurs été le cas avec plusieurs épidémies identifiées en France en 1993-1994, 1997 et 2000 à l’origine d'une augmentation des cas de rubéoles congénitales malformatives.[4]

    En 1992, un décret impose le dépistage sérologique de la rubéole lors de l'examen prénatal. En 1996, une seconde dose du vaccin ROR a été recommandée en France à 11-13 ans puis à 3-6 ans en 1997 pour éliminer plus rapidemment la rougeole. Depuis 1999, le vaccin triple est pris en charge par l'assurance maladie jusque 13 ans. [1]

 

    En 2011, dans un contexte d'épidémie de rougeole, le HCSP (Haut Conseil de la Santé Publique) recommande le rattrapage de tous les adolescents et adultes nés depuis 1980 et n’en ayant pas déjà bénéficié, ainsi que pour les femmes en âge de procréer nées avant 1980. [1]

    En avril 2012, l’Initiative contre la rougeole et la rubéole a présenté un nouveau plan stratégique mondial de lutte contre la rubéole pour la période 2012-2020. D’ici fin 2020, l’objectif est d’avoir éliminé la rougeole et la rubéole dans 5 régions de l’OMS au moins. [5] Cependant, selon l'examen du SAGE en 2017 (groupe stratégique consultatif d'experts sur la vaccination), 42 pays n'ont toujours pas introduit le vaccin dans leur calendrier et deux régions de l'OMS n'ont pas encore fixé de cible.[2]

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/// immunité naturelle acquise

 

A la suite d'une infection rubéoleuse, l'immunité humorale est détectée dès la 2e semaine. Les immunoglobulines G persistent mais les immunoglobulines M disparaissent dès la 8e semaine. Une semaine après la réponse humorale, l'immunité à médiation cellulaire (via les lymphocytes T spécifiques de la rubéole) s'installe pour persister tout au long de la vie. Dans de rares cas, des réinfections peuvent survenir et occasionnellement être responsables de SRC si elles surviennent lors d'une grossesse.[3]

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SOURCES 

Littérature grise 

  1. GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_la_rubéole.pdf [Internet]. [cité 4 oct 2017]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/pdf/GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_la_rubeole.pdf

  2. OMS | Rubéole [Internet]. WHO. [cité 12 oct 2017]. Disponible sur: http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs367/fr/

  3. wer8629.pdf [Internet] [cité le 12 oct 2017] Disponible sur : http://www.who.int/wer/2011/wer8629.pdf?ua=1

  4. plan_elimination_rougeole.pdf [Internet]. [cité 17 févr 2018]. Disponible sur: http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/plan_elimination_rougeole.pdf

  5. World Health Organization. Global measles and rubella strategic plan: 2012-2020. [Internet]. 2012 [cité 11 oct 2018]. Disponible sur: http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/44855/1/9789241503396%5Feng.pdf

               

Données épidémiologiques

                         

EN FRANCE
AUX ETATS-UNIS
DANS LE MONDE 

             

/// En FRANCE

Taux incidence rubeole 1976 2008

               

Le vaccin anti-rubéoleux a été introduit auprès des jeunes filles dès 1970, puis pour les nourrissons des deux sexes en 1983. L’association avec la rougeole puis avec les oreillons a eu lieu trois ans plus tard (vaccin triple). La deuxième dose est introduite en 1996. [1][3]

                 

Le taux de séroconversion est supérieur à 95% après une dose et pratiquement 100% après 2 doses. Il survient deux à quatre semaines après la vaccination. La 2e dose se justifie de par son association avec le vaccin anti-oreillons et anti-rougeole dont l'efficacité augmente significativement après celle-ci.

             

La présence de ≥10 UI/ml d’IgG antirubéoleuses est considérée comme une preuve de protection. Les études sérologiques montrent la persistance d’anticorps à taux protecteur pendant au moins 10 à 20 ans dans > 95% des cas. Les ré-infections sont cependant possibles chez les sujets vaccinés (les virémies restent exceptionnelles dans ce cas).[2][5][6] Selon l'OMS, l'immunité procurée par le vaccin persiste à vie bien que les taux d'anticorps puissent diminuer au-dessous des seuils détectables. Il n'y a pas lieu de vacciner les femmes ayant eu deux vaccinations préalables quel que soit le résultat de la sérologie.[3] 

           

Une surveillance recensant les cas d’infections rubéoleuses survenues chez les femmes enceintes et les cas de rubéole congénitale chez les nouveau-nés a été mise en place en 1976 à travers le réseau Renarub.

            

               

Evolution du nombre dinfections maternelles ayant donn lieu des interruptions de grossesse ou la naissance denfants atteints de RCM

Entre 1976 et 1984, l’incidence des infections rubéoleuses en cours de grossesse était élevée avec une moyenne annuelle de 29,5 cas pour 100.000 naissances vivantes.

Depuis 2006, le nombre d’infections rubéoleuses diagnostiquées durant la grossesse recensées par Rénarub est inférieur à 15 cas par an soit des taux annuels d’incidence inférieurs à 2 cas pour 100.000 naissances vivantes. Le nombre annuel de rubéoles congénitales malformatives est inférieur à 3 depuis 2006 également. [1][3]

Ces données sont en faveur d’une très faible circulation résiduelle du virus, mais non conforme à l’objectif d’élimination de la rubéole fixé initialement en 2000 (puis repoussé successivement en 2020) par l’OMS. De plus des modèles mathématiques ont par ailleurs montré le danger d’une couverture vaccinale insuffisante chez le nourrisson, qui, en réduisant la circulation virale sans l’interrompre, aurait comme effet d’élever l’âge moyen des cas résiduels augmentant le risque que ces cas surviennent chez des femmes en âge de procréer. (Cf. le glissement épidémiologique - Epidémiologie vaccinale)

Pour éviter la possibilité d’une augmentation du risque de SRC, les pays doivent obtenir et maintenir une couverture vaccinale d’au moins 80%. [3][6]

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/// AUX ETATS-UNIS

Rubeole Etats unis                    

Les Etats-Unis ont été touchés par une épidémie de rubéole qui a sévi en 1964-1965, et a provoqué environ 12,5 millions de cas de rubéole, plus de 2000 cas d’encéphalite, 11 250 pertes fœtales, plus de 20 000 cas de SRC, plus de 8000 cas de surdité, 3580 cas d’enfants sourds et aveugles, et 1800 autres présentant un retard mental. Le coût de cette épidémie est estimé à 840 millions de Dollars.[6]

 

En 1969, on dénombrait 57.686 cas de rubéole (58 cas pour 100.000) lorsque la vaccination a été introduite. Dès 1983, le nombre de cas rapportés était inférieur à 1000 par an. Quelques épidémies de rubéole en californie et Pennsylvanie (dans une communauté Amish) en 1990-1991 ont été responsables de 58 cas de SRC sur ces deux années. [9]

 

En 2005,  les Etats-Unis ont déclaré l’élimination de la transmission endémique du virus rubéoleux. En 2015, la Région OMS des Amériques a été la première région OMS à être déclarée exempte de transmission endémique du virus de la rubéole.[5][8]

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/// Dans le monde 

            

Avant l’introduction du vaccin, un à quatre enfants pour 1000 naissances vivantes présentaient un SRC dans les pays les moins immunisés au cours des épidémies. La vaccination à grande échelle au cours de la dernière décennie a permis d’éliminer pratiquement la rubéole et le syndrome de rubéole congénitale dans de nombreux pays développés et dans quelques pays en développement. [5]

Pour exemple, le nombre de cas rapportés (issus des états membres de l’OMS) d’infection rubéoleuse est passé de 670 894 en l’année 2000 à 22 305 en 2016. Le nombre de cas déclarés de SRC est passé de 156 en 2000 à 367 en 2016.[4] En réalité, l’OMS estime à plus de 80 000 cas de SRC chaque année, principalement dans les Régions OMS de l’Afrique et de l’Asie du Sud-Est, où la couverture vaccinale est la plus faible.[6]

Dans les situations de flambée, l’efficacité des différents vaccins a été, selon les estimations, de 90% à 100%. [6]

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Sources

Littérature grise

  1. Rubéole / Maladies à prévention vaccinale / Maladies infectieuses / Dossiers thématiques / Accueil [Internet]. [cité 27 sept 2017]. Disponible sur: http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Rubeole

  2. rubéole [Internet]. [cité 16 oct 2017]. Disponible sur: http://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/rubeole

  3. GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_la_rubéole.pdf [Internet]. [cité 4 oct 2017]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/pdf/GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_la_rubeole.pdf

  4. WHO World health Organization : Global and regional immunization profile. gs_gloprofile.pdf [Internet] [ .[cité 12 oct 2017]. disponible sur : http://www.who.int/immunization/monitoring_surveillance/data/gs_gloprofile.pdf

  5. OMS | Rubéole [Internet]. WHO. [cité 12 oct 2017]. Disponible sur: http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs367/fr/

  6. wer8629.pdf [Internet] [cité le 12 oct 2017] Disponible sur : http://www.who.int/wer/2011/wer8629.pdf?ua=1

  7. Rougeole, rubéole, oreillons / Données / Couverture vaccinale / Maladies à prévention vaccinale / Maladies infectieuses / Dossiers thématiques / Accueil [Internet]. [cité 13 oct 2017]. Disponible sur: http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Couverture-vaccinale/Donnees/Rougeole-rubeole-oreillons

  8. wer8344.pdf [Internet]. [cité 16 oct 2017]. Disponible sur: http://www.who.int/wer/2008/wer8344.pdf?ua=1

  9. Pinkbook | Rubella | Epidemiology of Vaccine Preventable Diseases | CDC [Internet]. [cité 19 oct 2017]. Disponible sur: https://www.cdc.gov/vaccines/pubs/pinkbook/rubella.html

                    

Données des revues systématiques

                  

/// DONNées des REVUES SYSTéMATIQUES DE LITTéRATURE

                

La revue systématique de Mongua-Rodriguez et Al., publiée en 2013, étudie l’impact des différentes stratégies de vaccination anti rubéoleuse aux Amériques sur les taux d’incidence de rubéole et de syndrome congénitale de la rubéole (SRC).[1] L’analyse des 14 études inclues (2 essais cliniques, 2 études de cohorte, 3 études transversales, 5 études écologiques et 2 modèles mathématiques) retrouve, selon les 3 types de stratégie vaccinale :

  1. Stratégie n°1 = vaccination des enfants uniquement (vaccination systématique, de rattrapage ou des groupes à risque) (Brésil, Caraïbes, Costa Rica)  :

    • Réduction du taux d’incidence de rubéole de 23.64% à 99.62% selon les études (pour 5 études). Une étude retrouve une augmentation de l'incidence.

    • Réduction de 93.89% du taux de SRC (une seule étude à Sao Paulo) initialement.

    • Néanmoins, persistance d’épidémies et augmentation de leur fréquence chez les jeunes adultes (avec risque d'augmentation secondaire de SRC) prouvant l’insuffisance de cette seule stratégie.

  • Stratégie n°2 = vaccination des adultes à risque (femmes en âge de procréer, professions à risque) en plus des enfants (Brésil) :

    • Réduction initiale du taux d’incidence de rubéole de plus de 95% (dans 2 études),  et de SRC entre 85% (1 étude) à 100% (1 autre étude).

    • Néanmoins, de nouvelles épidémies sont apparues 7 ans plus tard avec un taux d’incidence de rubéole multiplié par 5.5 chez les hommes adultes et la persistance de la circulation du virus (1 étude).

  • Stratégie n°3 = vaccination systématique des enfants et adultes (hommes et femmes)  (Mexique, Costa Rica puis Etats unis) :

    • Réduction majeure (98.93%) du taux de rubéole soit une incidence à 0.58 cas pour 100.000 habitants et l’absence de SRC depuis 2008 au Mexique (1 étude).

    • Réduction de 100% du taux de SRC au Costa Rica (33 cas pour 100.000 naissances vivantes en  1996 à 0 cas en 2002) (1 étude).

Les auteurs concluent que la vaccination systématique des enfants et adultes est la stratégie la plus efficace comme le prouve la diminution majeure des cas de rubéole et la disparition de transmission endémique de rubéole aux Amériques. La vaccination exclusive des enfants présente un effet paradoxal lorsque le taux de couverture vaccinale est inférieure à 95%, avec une susceptibilité accrue de rubéole à l’âge adulte et une augmentation des taux de SRC.

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La revue systématique de Peltola et al., publiée en 2008, étudie l’impact du programme national de vaccination contre la Rougeole, les Oreillons et la Rubéole à partir de l’ensemble des données disponibles en Finlande. Les principaux points concernant l’efficacité vaccinale contre la rubéole sont :

  • Dans les années 1970, avant l’introduction du programme de vaccination ROR en deux doses (initié en 1982), l’incidence annuelle de la Rubéole était de 104 cas pour 100.000 habitants. Le dernier cas de rubéole congénitale a été enregistré en 1986. En 1997, la rubéole a été éliminée de Finlande.

  • Entre 2003 et 2007, la Finlande a relevé 6 cas de rubéole dont un était un échec de la vaccination.

  • L’efficacité sérologique est de 100 % après une dose, mais les taux d’anticorps diminuent au cours des années.

Ainsi, en se basant sur les données des années épidémiques antérieures en Finlande et en tenant compte de la population actuelle de 5.4 millions d’habitants, les auteurs estiment éviter, par an grâce à la vaccination, environ 12.266 cas, 45 syndromes de rubéole congénitale et 2 encéphalites.

 

Le revue systématique de Elliman et al., publiée en 2007, a pour but d’évaluer l’efficacité des vaccins monovalents et du vaccin trivalent ROR sur la rougeole, les oreillons et la rubéole. 102 revues systématiques, essais cliniques randomisés et études observationnelles ont été inclus. Concernant le vaccin contre la rubéole, 2 ECR, plusieurs études observationnelles et études de surveillance ont été incluses. Le vaccin ROR ou monovalent, comparé au placebo ou l’absence de vaccination, est associé à une réduction significative du risque de rubéole : [4]

  • 1 ECR réalisé à Taiwan, au cours d’une épidémie en 1968, a suivi 11.670 enfants de 7 à 12 ans pendant 1 an. Celle-ci met en évidence une diminution d’incidence de la maladie chez les enfants vaccinés (variant de 0% à 0.5% selon le type de vaccin) par rapport au placebo (13-17%) ou l’absence de vaccination (13-16%).

  • Un deuxième ECR réalisé au Japon en 1968 durant une épidémie a suivi 385 étudiants âgés de 16-18 ans. 85 étudiants étaient séronégatifs lors de l’épidémie (non vaccinés et non atteints dans l’enfance). Parmi eux, les étudiants ayant reçu la vaccination lors de l’épidémie ont été significativement moins touchés après 14 jours que ceux non vaccinés : 0% (0/24) contre 67% (41/61), p < 0.001.

  • 7 études de surveillance de la population conduites aux Etats-Unis, en Australie et en Europe mettent en évidence une diminution du nombre de cas de rubéole et de SRC suite à l’introduction de la vaccination ROR.

  • 2 analyses effectuées au cours d’épidémies ont été incluses afin d’évaluer l’impact de la vaccination sur les cas de rubéole et SRC. L’une réalisée en Grèce est décrite ci-dessous (Panagiotopoulos et al.). La seconde, réalisée au Brésil entre 1999-2000, retrouve 391 cas de rubéoles et 5 cas de SRC dans une région pour laquelle la vaccination n’avait pas encore été mise en place.

La vaccination ROR est considérée efficace dans la prévention de la rougeole, des oreillons et de la rubéole bien que peu d’études contrôlées contre placebo n’ont pu être effectuées et seraient actuellement considérées comme non éthiques.

            

            

La revue systématique de T.Panagiotopoulos et Al., publiée en 1999, [2] étudie les évènements qui ont mené à une épidémie de rubéole congénitale en Grèce en 1993 suite à une épidémie importante de rubéole. Les principaux éléments sont les suivants :

  • La vaccination ROR a été introduite en 1975 en Grèce chez les nourrissons des deux sexes à l’âge de 1 an. Cependant, le pays n'a pas mis en place de réelle politique vaccinale ayant pour but d’atteindre une couverture vaccinale élevée, ni de système de surveillance épidémiologique effectif. Ainsi, la couverture vaccinale est restée durant les années 80 constamment inférieure à 50%.

  • Parallèlement a été constaté que l’âge des sujets atteints de rubéole augmentait (8.5 ans en 1960 contre 17 ans en 1993).

  • De 1950 à 1992, les cas de SRC étaient sporadiques et ne dépassaient jamais 4 cas annuels. Mais en 1993 une épidémie record de rubéole chez les plus de 15 ans, jamais recensée en Grèce depuis 1950, est à l’origine de 25 cas de SRC soit un taux de 24.6/100 000 naissances vivantes. Pourtant, le nombre de cas de rubéole en 1993 était inférieur à celui retrouvé lors de l'épidémie de 1983. L'augmentation des SRC s'explique donc par le phénomère de glissement épidémiologique vers les tranches d'âge plus âgées.

Les auteurs concluent que la faible couverture vaccinale chez les nourrissons des deux sexes a confirmé le risque théorique d’effet paradoxal, à l’origine d’une d’augmentation du nombre de cas de SRC. Il est donc nécessaire de maintenir un taux de couverture élevé en cas de politique vaccinale anti-rubéoleuse.

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Sources

Revues systématiques de la littérature

  1. Mongua-Rodriguez N, Díaz-Ortega JL, García-García L, Piña-Pozas M, Ferreira-Guerrero E, Delgado-Sánchez G, et al. A systematic review of rubella vaccination strategies implemented in the Americas: impact on the incidence and seroprevalence rates of rubella and congenital rubella syndrome. Vaccine. 19 avr 2013;31(17):2145 51.  (Prisma ●●●; Amstar ●●)

  2. Panagiotopoulos T, Berger A, Antoniadou L, Valassi-Adam E. Increase in congenital rubella occurrence after immunisation in Greece: retrospective survey and systematic reviewHow does herd immunity work? BMJ. 4 déc 1999;319(7223):1462 7.(Prisma ●●০০; Amstar ●০০)

  3. Peltola H, Jokinen S, Paunio M, Hovi T, Davidkin I. Measles, mumps, and rubella in Finland: 25 years of a nationwide elimination programme. Lancet Infect Dis. déc 2008;8(12):796‑803. (Prisma ●○○○; Amstar ●○○)

  4. Elliman D, Sengupta N, El Bashir H, Bedford H. Measles, mumps, and rubella: prevention. BMJ Clin Evid [Internet]. 21 déc 2009 [cité 20 août 2018];2009. Disponible sur: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2907817/ (Prisma ●○○○; Amstar ●○○)