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Méningocoque C

                         

AGENT PATHOGÈNE
SYMPTÔMES ET GRAVITÉ
EPIDÉMIOLOGIE
COUVERTURE VACCINALE

                     

/// AGENT PATHOGÈNE   [1][4]

              

Le méningocoque (Neisseria Meningitidis) est une bactérie exclusivement humaine et commensale du rhinopharynx. Il est responsable de près de la moitié des méningites bactériennes de l’enfant de 0 à 18 ans.  La capsule polyosidique du méningocoque détermine le sérogroupe et parmi les douze sérogroupes décrits, les souches des sérogroupes B (64%), C (28%), Y (<5%) et W135 (<5%) sont les plus fréquentes en France. La fréquence des sérogroupes varie en fonction des régions du monde : pour exemple le sérogroupe A est lui principalement retrouvé en Afrique subsaharienne (au niveau de la "ceinture méningitique").

Le méningocoque est un germe très fragile qui ne survit pas dans le milieu extérieur. La transmission du méningocoque se fait par les sécrétions rhino-pharyngées, suite à un contact proche et prolongé. La période d'incubation varie de 2 à 10 jours. Elle correspond également à la période de contagiosité du patient, et ce jusqu'à la première administration parentérale d'un antibiotique efficace.

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/// SYMPTÔMES ET GRAVITÉ

           

L’acquisition d’un méningocoque et la colonisation du rhinopharynx (5-10% de la population générale est porteur asymptomatique) sont rarement suivies d’une Infection Invasive à Méningocoque (IIM). Cependant, certains facteurs (virulence de la souche, altération des défenses immunitaires, altération post-grippale de la muqueuse respiratoire, infection ORL locale : angine, otite, sinusite..) peuvent en être responsables : la bactérie peut alors se disséminer dans le sang et passer la barrière hémato-placentaire.

Les personnes les plus touchées sont les nourrissons de moins de 1 an, les enfants de 1 à 4 ans et les adolescents et jeunes adultes de 15 à 24 ans. [6]

             

Les infections invasives à méningocoque (IIM) se manifestent sous deux formes principales  [1][2][4]:

D’autres formes cliniques plus rares existent : arthrites, péricardites, pleurésies, pneumonies invasives.

             

La létalité calculée en France sur les cas entre 2003 et 2009 était de 9 % pour les IIM  de sérogroupe B (40 décès/an en moyenne) et 16 % pour les IIM de sérogroupe C (environ 25 décès/an en moyenne). Le taux de létalité pourrait atteindre 50% en cas d’absence de traitement.[4][7]

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/// EPIDEMIOLOGIE

            

Les infections invasives à méningocoque sont à déclaration obligatoire (à l’ARS) et la caractérisation des souches invasives est assurée par le Centre National de Référence des méningocoques (Institut Pasteur Paris).

Les méningocoques fonctionnent sur un mode endémique (présence constante de la maladie dans une zone géographique précise). Les IIM surviennent la plupart du temps de manière sporadique et sont dues à des génotypes différents. Cependant, des épidémies peuvent survenir au sein des collectivités liées à des souches donnant des clones particuliers ayant une capacité de dissémination plus marquée que les souches endémiques. [4]

            

En France

Meningo

Depuis une vingtaine d’années, l’incidence annuelle des IIM se situe entre 1 et 2 cas pour 100 000 habitants. Le sérogroupe B est prédominant, représentant 64 % des cas contre 28% pour le sérogroupe C. [1]

 

En 2015, on relève 469 cas (0.79/100 000 hab) d’IIM dont 242 du sérogroupe B et 118 du sérogroupe C (0.18/100 000).

Les taux de notification par année d’âge montrent 2 pics :

On constate une saisonnalité des IIM, le pic annuel en France étant généralement observé en février ou mars. [2][9]

           

La fréquence des souches invasives C connaît d'importantes fluctuations cycliques : un pic d’incidence est survenu en 1992 puis un second en 2002, année au cours de laquelle le taux d’incidence a atteint 0.50/100 000. Le taux d’incidence des IIM C est en baisse depuis le dernier pic en 2013. [1][9]

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Dans le monde    

Le sérogroupe A est à l’origine d’épidémies touchant des centaines de milliers de personnes dans la «ceinture africaine de la méningite ».

Le sérogroupe B, qui provoque généralement des cas sporadiques, est prédominant en Europe et en Amérique.

Le sérogroupe C est à l’origine de petites bouffées épidémiques - non seulement en Amérique ou en Europe mais aussi en Asie.

Les sérogroupes Y et W135 sont principalement isolés dans certains pays d’Afrique et moins fréquents.

             

Le continent le plus affecté est l'Afrique, et plus particulièrement 26 pays allant de l’Ethiopie à l’Est au Sénégal à l’Ouest. Ils constituent la "ceinture de la méningite" [8]:

    

Dans les pays industrialisés, l’incidence annuelle des infections à méningocoque est de 1 à 3 cas pour 100 000 habitants. [5]

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/// COUVERTURE VACCINALE

            

En France

Au 31 décembre 2016, la couverture vaccinale contre le méningocoque C était estimée à 70.9% chez les 24 mois, 65.5 % chez les 3-9 ans, 35.7% chez les 10-14 ans, 25.5% chez les 15-19 ans, 10.1% chez les 20-25 ans. Ces chiffres sont en augmentation constante depuis 2011.  [3]

                     

Dans le monde 

Pas de donnée disponible mondiale du fait de politiques vaccinales différentes selon les continents.

Concernant la région africaine à risque : en 2015, 217 millions de personnes avaient été vaccinées par le vaccin antiméningococcique A conjugué dans 15 pays. [8]

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         => Voir l'efficacité du vaccin contre le méningocoque C

                                      

Sources

Littérature grise

  1. Aide-mémoire / Infections invasives à méningocoques / Maladies à prévention vaccinale / Maladies infectieuses / Dossiers thématiques / Accueil [Internet]. [cité 22 oct 2017]. Disponible sur: http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Infections-invasives-a-meningocoques/Aide-memoire

  2. INVS - Bilans annuels - Les infections invasives à méningocoques en 2015 : Donnees_IIM_2015 (1).pdf.

  3. Méningocoque C / Données / Couverture vaccinale / Maladies à prévention vaccinale / Maladies infectieuses / Dossiers thématiques / Accueil [Internet]. [cité 23 oct 2017]. Disponible sur: http://invs.santepubliquefrance.fr/fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Couverture-vaccinale/Donnees/Meningocoque-C

  4. GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_les_infections_invasives_meningocoque.pdf [Internet]. [cité 24 oct 2017]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/pdf/GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_les_infections_invasives_meningocoque.pdf

  5. Méningites à méningocoques [Internet]. Institut Pasteur. 2015 [cité 24 oct 2017]. Disponible sur: https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/meningites-meningocoques

  6. méningites et septicémies à méningocoque [Internet]. [cité 24 oct 2017]. Disponible sur: http://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/meningites-et-septicemies-a-meningocoque

  7. WHO | Number of suspected meningitis cases and deaths reported [Internet]. WHO. [cité 24 oct 2017]. Disponible sur: http://www.who.int/gho/epidemic_diseases/meningitis/suspected_cases_deaths_text/en/

  8. OMS | Méningite à méningocoques [Internet]. WHO. [cité 24 oct 2017]. Disponible sur: http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs141/fr/

  9. Méningocoque C - MesVaccins.net [Internet]. [cité 24 oct 2017]. Disponible sur: https://www.mesvaccins.net/web/diseases/43-meningocoque-c

                    

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