Rubéole

              

AGENT PATHOGÈNE
SYMPTÔMES ET GRAVITÉ
EPIDÉMIOLOGIE
COUVERTURE VACCINALE

                          

/// AGENT PATHOGÈNE

             

La rubéole était une infection virale commune de l’enfance provoquée par un virus de la famille des Togavirus. L’homme est le seul hôte connu.

Sa transmission se fait par voie aérienne (directement par les sécrétions rhinopharyngées ou, plus rarement, indirectement par des surfaces souillées) ou par voie transplacentaire en cas d’infection lors de la grossesse. La période d'incubation s’étend de 14 à 23 jours.[1][3]

La rubéole a en général un mode de survenue saisonnier, avec des épidémies tous les 5 à 9 ans (l’étendue et la périodicité de ces épidémies restent très variables)[6].

                

/// SYMPTÔMES ET GRAVITÉ

              

Symptômes

L’infection par le virus de la rubéole est généralement bénigne, asymptomatique ou pauci-symptomatique dans environ 50 % des cas. Lorsqu’elle est symptomatique, la maladie débute par une fièvre modérée (avec sensation de malaise et conjonctivite bénigne)  suivie d'une éruption maculo-papuleuse fugace morbilliforme débutant au visage pour s'étendre au tronc et aux membres supérieurs. Elle disparaît sans séquelle au 3ème jour. L'apparition précoce d’adénopathies rétro auriculaires et cervicales postérieures persistantes est assez caractéristique. Elle associe dans 70% des cas des arthralgies chez les femmes adultes. [1]

Les complications sont rares (atteinte articulaire, neurologique, thrombopénie) et la mortalité est quasi-nulle.[1] Une encéphalite post infectieuse survient dans 1 cas/6000.[6]

L'immunité résiduelle est définitive. La période de contagiosité s’étend de 7 jours avant l’éruption à 14 jours après.[1][3] Les enfants atteints de rubéole congénitale peuvent excréter le virus pendant au moins un an.[5]

Le traitement est symptomatique.

              

Gravité

Toute la gravité de la rubéole tient au risque de passage transplacentaire du virus, pouvant alors être responsable de mort fœtale ou de graves malformations congénitales (syndrome de rubéole congénitale).

En cas de primo-infection rubéoleuse de la mère, le risque de transmission fœtale est d'environ 90 % avant 11 semaines d'aménorrhée (SA) puis diminue pour atteindre 25 % entre la 23e et la 26e SA.

Parallèlement, le risque de malformations congénitales est très élevé (de 70 à 100%) quand la primo-infection maternelle survient avant 11 SA ; il varie de 15 à 80 % entre la 12ème et la 18ème SA pour devenir quasi nul après ce délai. [1][3]

Le virus de la rubéole atteint de nombreux organes pendant l’embryogenèse, à l’origine de graves malformations (SRC). Les organes plus souvent concernés sont [3][6]  :

  • Le système nerveux central (microcéphalie, retard mental, lésions cérébrales),

  • l’œil (cataracte, choriorétinite, glaucome, microphtalmie, rétinopathie pigmentaire),

  • l’oreille (surdité de perception),

  • l’appareil cardio-vasculaire (canal artériel, sténose de l’artère pulmonaire, communication intraventriculaire).

Un retard de croissance intra-utérin s’observe également, en particulier dans la fœtopathie (infection au cours du 2e ou 3e trimestre) et peut s’accompagner dans ce contexte d’une hépatosplénomégalie, d’un purpura thrombopénique, d’une anémie hémolytique, de bandes claires métaphysaires osseuses et, éventuellement, d’une encéphalite ou d’une pneumonie.

La sévérité de la rubéole congénitale et les handicaps qu’elle engendre, ainsi que la contagiosité élevée avant le début des symptômes justifient la vaccination généralisée contre la rubéole. [3]

 Haut de page

              

/// EPIDEMIOLOGIE

 

En France [1][3]

En France, une surveillance a été mise en place en 1976  à travers le réseau Renarub. Elle recense les cas d’infections rubéoleuses survenues chez les femmes enceintes et les cas de rubéoles congénitales. La rubéole n’est en revanche pas surveillée en population générale.

Entre 1976 et 1984, avant la promotion de la vaccination pour tous les nourrissons, l’incidence des infections rubéoleuses en cours de grossesse était élevée avec une moyenne annuelle de 29.5 cas pour 100 000 naissances vivantes.

Depuis 2006, le nombre d’infections rubéoleuses diagnostiquées durant la grossesse recensées par Rénarub est inférieur à 15 cas par an soit des taux annuels d’incidence inférieurs à 2 cas pour 100 000 naissances vivantes. Le nombre annuel de rubéoles congénitales malformatives est inférieur à 3 depuis 2006 également.

Cependant, des modèles mathématiques ont montré le danger d’une couverture vaccinale insuffisante chez le nourrisson, qui, en réduisant la circulation virale sans l’interrompre, aurait comme effet d’élever l’âge moyen des cas résiduels et, par là même, d’augmenter le risque que ces cas surviennent chez des femmes en âge de procréer.

                               

Dans le monde [4]

Sur l’année 2017, selon l’OMS, le nombre de rubéoles rapportées (par les pays membres de l’OMS) est de 16 385 cas et le nombre de syndromes de rubéole congénitale rapportés était lui de 830 cas. L'OMS estime en réalité plus de 100 000 naissances avec un syndrome de rubéole congénitale chaque année (la plupart des cas n'est pas rapportée).

  Haut de page

                         

/// COUVERTURE VACCINALE

                 

En France

En 2015, 90.5% des enfants de 2 ans avaient reçu une dose et 78.8% les deux doses du vaccin ROR. Ce chiffre est en augmentation depuis 2010 où l'on relevait, pour les enfants de 2 ans, 89.2% pour une dose de ROR et 60.9% pour les deux doses. [7]

         

Dans le monde

Fin 2016, 152 pays avaient introduit à l’échelle nationale le vaccin contre la rubéole, la couverture mondiale étant estimée à 47%.[2][4]

                Haut de page

               

=> Voir l'efficacité du vaccin contre la rubéole

                             

Sources 

Littérature grise 

  1. Rubéole / Maladies à prévention vaccinale / Maladies infectieuses / Dossiers thématiques / Accueil [Internet]. [cité 27 sept 2017]. Disponible sur: http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Rubeole

  2. OMS | Couverture vaccinale [Internet]. WHO. [cité 4 oct 2017]. Disponible sur: http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs378/fr

  3. GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_la_rubéole.pdf [Internet]. [cité 4 oct 2017]. Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/guide-vaccination-2012/pdf/GuideVaccinations2012_Vaccination_contre_la_rubeole.pdf

  4. WHO World health Organization : Global and regional immunization profile. gs_gloprofile.pdf [Internet] [ .[cité 12 oct 2017]. disponible sur : http://www.who.int/immunization/monitoring_surveillance/data/gs_gloprofile.pdf

  5. OMS | Rubéole [Internet]. WHO. [cité 12 oct 2017]. Disponible sur: http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs367/fr/

  6. wer8629.pdf [Internet] [cité le 12 oct 2017] Disponible sur : http://www.who.int/wer/2011/wer8629.pdf?ua=1

  7. Rougeole, rubéole, oreillons / Données / Couverture vaccinale / Maladies à prévention vaccinale / Maladies infectieuses / Dossiers thématiques / Accueil [Internet]. [cité 13 oct 2017]. Disponible sur: http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Couverture-vaccinale/Donnees/Rougeole-rubeole-oreillons